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Auteur Sujet: Les mots que vous n'aimez pas  (Lu 18793 fois)

Nocte

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #15 le: 24 Mai 2017 à 19:59:02 »
Dans bidet y'a bide et c'est moche les bides.
"Ça" tu peux toujours remplacer par "ce/cette" + un truc pour compléter.

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #16 le: 24 Mai 2017 à 20:09:50 »
Milé : t'aimes pas non plus les zut, flutes, diantre et autres sacré bleu ?

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Dans bidet y'a bide et c'est moche les bides.
Quid des bidons et des panses à bières ? :mrgreen:

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C'est mal, ça, non, de ne pas aimer le mot "espoir" ? Un peu comme si une Miss France déclarait qu'elle n'aime pas la paix.  :o
Je ne souhaite à personne d'avoir une vision aussi pessimiste que la mienne x) mais j'imagine que je n'en suis pas aussi dépourvue que ce que je voudrais bien (j'y travaille)

Sinon j'adore le mot olibrius et tous les mots qui se terminent en "-ius" comme stradivarius ou octopius
Et sinon un de mes grands buts dans la vie c'est de dépasser la dichotomie j'aime/j'aime pas mais c'est mal barré pour le moment
(Et sinon j'aime bien les sinon faut croire)

milena-owein

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #17 le: 24 Mai 2017 à 20:10:59 »
un bidet c'est rigolo, ça ressemble à un mélange entre un lavabo et des toilette.

Zut et flute c'est pas des insultes.

Eveil

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #18 le: 28 Mai 2017 à 13:37:33 »
Bin oui que je m'en prenais aux idées, que je trouve d'un autre âge. Et dangereuses. Je suis virulent avec ça, c'est vrai, mais, comme l'a dit Zach, c'est parce que j'aime profondément que je défends ardemment.

L'égo, c'est un peu la matière première de la littérature. Donc vouloir l'éviter, ça me paraît compliqué. Mais je dirais qu'il en existe deux sortes, comme avec le cholestérol bon et mauvais. L'égo peut être très bénéfique quand il pousse à se dépasser, mais il peut aussi aveugler, et freiner. A chacun d'appréhender son égo, d'en retenir la meilleure partie et de balayer l'ivraie.

Le topic est intéressant, j'aime pas trop le mot "éveil" mais ça doit être parce que je le vois tous les jours. Un peu écoeuré !  ^^


Hors ligne Edel Weiss

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #19 le: 28 Mai 2017 à 14:20:44 »
Je commencerai mon petit commentaire en signalant que le sujet est fort intéressant !

En effet, pour être édité, il faut toujours rendre ses mots aux "normes" étiquetés d'une société d'édition et d'une époque. Ainsi, on nous demande, non pas d'écrire le mieux possible, le plus intéressant, le plus beau, le plus innovateur, mais d'écrire comme on l'attend pour publier. Il y a donc ici une question intéressante : mais que veut dire écrire mal ou écrire bien? Y a-t-il des règles d'écriture? Ce qui nous ramène à l'interrogation lancée par ton post, Okho.

Celui qui a la plume adéquate sera publié facilement (sous-entendu dans notre société : pas de "très", pas d'adjectifs lourds - le substantif seul vaudra toujours mieux -, pas d'adverbe, pas de participe présent, etc...) ou en tout cas reconnu (il plaira) car son écriture remplit les conditions dites de "lecture agréable".

Ainsi, j'amène une autre question : les auteurs ne sont-ils pas ceux-là mêmes qui justement on fait sortir l'écriture normée de leur époque de ses gongs et de ses cadres ? Qui ont fait branler la machine de l'écriture par leur style unique et propre ? Je crois, personnellement, que la réponse est oui : faire un texte intéressant, ce n'est pas avoir utilisé un mot ou un autre, c'est avoir créé quelque chose de personnel qui change la vision que l'on a du monde et de l'écriture ou qui donne à voir aux autres nos visions subjectives.

J'achèverai en disant que j'adore les "comme", ils ont une sonorité douce et dure à la fois que je trouve extraordinaires et leur pouvoir d'association est fabuleux. Je ne rejette pas non les métaphores, plus sensuelles. J'adore les "et", même répétés. J'adore les répétitions. J'adore les adverbes, les adjectifs et les participes présents qui précisent la phrase pour mieux faire sortir l'éclatante nudité du substantif seul un peu plus loin.

Les mots sont beaux, tous, toutes les phrases peuvent être belles, intéressantes, harmonieuses, dysphoriques, bancales, parfaites... il suffit simplement de mettre ses mots en accord avec sa pensée du moment.

Merci à toi Okho pour ce sujet de réflexion très intéressant (et non pas richissime ou fascinant ou bouleversant) qui illustre parfaitement la quête difficile du mot juste dans la phrase ainsi que le rapport subjectif que chacun entretient avec les mots et la langue !

PS : Il faut bien que les ouvrages de conseil à l'écriture disent quelque chose... Pardonnons-leur, ils tentent d'aider les écrivants à s'auto-corriger (c'est comme quand j'interdis à mes élèves de faire des phrases complexes et que je leur dis qu'une phrase ====== UNE SEULE PUTIN D'IDEE ! c'est pour aider ^^ même si c'est réducteur, l'important c'est de faire prendre conscience à celui qui écrit de quelle manière il écrit !)


En espérant que ce message ne vous endorme pas et ne soit pas tout à fait inutile (un de mes mots préféré avec vain et vide :p)

PS 2 : il y a un endroit pour faire une liste de nos mots préférés ? ^^
« Modifié: 28 Mai 2017 à 14:23:11 par metaphores »
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milena-owein

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #20 le: 28 Mai 2017 à 14:38:38 »
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Ainsi, j'amène une autre question : les auteurs ne sont-ils pas ceux-là mêmes qui justement on fait sortir l'écriture normée de leur époque de ses gongs et de ses cadres ? Qui ont fait branler la machine de l'écriture par leur style unique et propre ? Je crois, personnellement, que la réponse est oui : faire un texte intéressant, ce n'est pas avoir utilisé un mot ou un autre, c'est avoir créé quelque chose de personnel qui change la vision que l'on a du monde et de l'écriture ou qui donne à voir aux autres nos visions subjectives.
Plusieurs critiques (=des personnes qui théorisent la littérature) interprètent notre histoire littéraire comme une alternance de mouvement appolonien et dionisien. A comprendre des mouvements qui fixent des codes (édite une norme) et des mouvement qui détruisent des codes (les renouvelles).
Et je trouve ça pas idiot comme démarche. En gros il aurait innovation, qui tendrait à imposer son esthétisme, fixation des codes, puis re-innovation.
Mais l'idée de cette pensée est aussi de dire qu'il y a deux mouvement d'écriture : l'une pour briser les codes en place, l'autre pour imposer de nouveau codes, et je pense que ça peut être intéressant de savoir où on souhaite se fixer en temps qu'écrivain. Briser les codes pour briser les codes n'est pas un but en soit, imposer un usage parce que "c'est mieux" n'est pas terrible non plus.

De plus, si on suit Sartre qui dit que chaque être humain aspire à faire de sa vie un modèle pour tous les autres (bon ça pensé est plus compliqué et j'ai pas le temps de détaillé mais en gros il part du principe que tout humain agis pour le bien, sinon il vivrait autrement, et qu'à cause de cela il peut potentiellement vouloir que tous le monde face comme lui), alors si on ne se demande pas en permanence comment on voudrait révolutionner la littérature si on en avait les moyens, on risque juste soit de reproduire des codes bêtement soit de briser pour briser.

Je suis partie loin et c'est confus, pardon

Hors ligne Edel Weiss

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #21 le: 28 Mai 2017 à 16:56:18 »
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Plusieurs critiques (=des personnes qui théorisent la littérature) interprètent notre histoire littéraire comme une alternance de mouvement appolonien et dionisien. A comprendre des mouvements qui fixent des codes (édite une norme) et des mouvement qui détruisent des codes (les renouvelles).

C'est exactement ça !  Chaque nouveau courant, en général, n'est là que pour créer une rupture avec ce qu'il y avait avant, mais comme tu le soulèves aucun de ces nouveaux mouvements ne brisent pour briser : c'est toujours une rupture d'anciens codes au nom d'une nouvelle identité de la société (par exemple, le nouveau Roman ou le théâtre de l'absurde sont des réponses, en rupture avec les anciens codes, mais sont surtout de nouvelles façon d'appréhender le monde moderne !)

Ton commentaire était très enrichissant Milena ! Merci à toi !
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milena-owein

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #22 le: 28 Mai 2017 à 17:19:43 »
J'ai l'impression quand même que tu n'as compris qu'une moitié du truc  :D

Je le redis du coup et si tu avais compris surtout n'y voit rien de mal ;)

L'idée de ces théorie est que la littérature alterne entre des mouvement de construction et de destruction des codes.
Par exemple : le classicisme ne s'est pas placé en rupture avec sa tradition mais au contraire en continuité directe avec les formes issu de la fin du moyen age, il fait la synthèse de tous ce qui a été fait mais apporte des codes voulut pour faire loi. Il impose un usage, c'est un pur mouvement de construction (il ne détruit pas vraiment d'ancien code, il les écarte plutôt et les remplace par quelque chose voulut comme mieux). Il y succède le romantisme qui brise alexandrins classique, la règle des trois unité au théâtre explore des formes poétique autre que le sonnet. Au romantisme succède le réalisme et le naturalisme qui impose une forme canonique au roman. Que brise le nouveau roman etc.
C'est shématique, mais ce que je veux dire c'est que d'après ces critiques des mouvements littéraire ont pour ambition de construire (le classicisme est un bonne exemple : il voulait imposer une forme littéraire, poétique, théâtral pour les siècle à venir, voir même qui seraient éternellement des modèles) et d'autres sont de pur destruction (nouveau roman, théâtre absurde : il ne cherchent pas à construire une nouvelle aproche du théâtre ils sont pure remise en question de ce que l'on croyait savoir).

Hors ligne Edel Weiss

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #23 le: 28 Mai 2017 à 17:29:44 »
Oui, j'avais compris ;) C'est moi qui n'ai pas été claire je pense dans mon commentaire ! Je voulais dire que chaque courant se fait en opposition avec le précédent au sens où comme tu l'as très bien dit, un mouvement instaure des règles, le suivant cherche à les déconstruire pour mieux dire la réalité de son époque, puis après la déconstruction, on cherche à reconstruire, puis on déconstruit...

Donc c'était ma faute, j'ai employé le mot "rupture" qui était confus dans mon ancien commentaire ! J'aurais dû dire "qui déconstruit ou reconstruit en opposition à ce qu'il y avait avant".
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Hors ligne Nexwall

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #24 le: 28 Mai 2017 à 23:32:36 »
Moi j'aime pas les mots vulgaires.
"Le futur aussi. Le futur arrive sans cesse. Il est là sinueux, plein de possibilités et pourtant si limité ! Le présent le déstructure, le détruit petit à petit, puis il l’avale et le recrache en passé. "

N'hésitez pas !
https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=36823.msg584100#msg584100

Anna Rusalka

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #25 le: 29 Mai 2017 à 07:26:48 »
Disons qu'il faut surtout faire attention, non pas au mot que l'on aime pas....Mais aux mots que l'on a tendance à trop souvent employé. Par facilité, par habitude. Il y a tellement de synonymes, la langue française est si riche qu'il est important lorsque l'on écrit un texte de reprendre chaque phrase, chaque mot pour trouver "la justesse" de notre ressenti

Hors ligne Kath

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Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #26 le: 29 Mai 2017 à 13:31:09 »
Et un grand merci pour ta vision de correctrice, c'est un développement instructif. Ça ne doit pas être facile de jongler entre sa propre vision de la création littéraire et le style - forcément différent - d'un autre auteur.

 :D Je n'écris justement pas, et quand j'essaie, j'ai un très mauvais style ! Et j'ai la chance d'être un vrai caméléon stylistique : je m'imprègne du style d'un auteur quand je le corrige, du coup je suggère/modifie toujours dans son style, et sans a priori, je ne fais pas de différence entre un style très travaillé et un style beaucoup plus oral.

Et j'ai aussi du coup, pour rebondir sur les posts précédents, pu remarquer une évolution dans la littérature, sans que ce soit une révolution : comparez simplement ce qui était écrit il y a un siècle à ce qui est écrit aujourd'hui, le style a évolué, les romans d'il y a un siècle nous paraissent pesants, lents, la littérature même est passée sur un mode plus actif, réactif, oserai-je dire, et je pense que c'est un reflet de notre société : on nous serine avec l'efficacité, la performance, on doit toujours être actif, aller plus vite, et finalement, je le ressens dans les romans actuels (sauf exceptions)
« Modifié: 29 Mai 2017 à 13:36:43 par Kath »
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

Nocte

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #27 le: 29 Mai 2017 à 13:42:46 »
La lenteur célavie.

milena-owein

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #28 le: 29 Mai 2017 à 14:08:02 »
Alors que pourtant des romans comme ceux de Balzac ou Zola à leur époque étaient considéré comme des textes commerciaux sans intérêt

Nocte

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #29 le: 29 Mai 2017 à 14:59:41 »
Boarf, l'un n'empêche pas l'autre.
La lenteur c'est bien quand on peint avec les mots.

 


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