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Auteur Sujet: Les mots que vous n'aimez pas  (Lu 18788 fois)

okho

  • Invité
Les mots que vous n'aimez pas
« le: 22 Mai 2017 à 13:03:35 »
J'ai un peu fouillé le forum mais n'ai a priori pas trouvé un sujet ressemblant (et j'espère que je le poste au bon endroit).

J'ai eu envie d'ouvrir ce fil suite à la lecture de cet article : Bannissez ces 7 mots de votre écriture. L'introduction est trop orienté coatching et "calcul" d'auteur à mon goût mais j'ai apprécié la réflexion sur la précision et sur les 7 mots :

Citer
- un/une des
- certain (certaine, certains, certaines)
- chose
- les verbes "pauvres" : être et avoir
- très
- les adverbes
- les principaux mots : donc, la plupart du temps, pour, souvent [là je n'ai pas trop compris ce que l'auteure entendait par "mots principaux"]

Sur le mot "très", par exemple, l'auteure écrit :

Citer
Mark Twain disait : « Chaque fois que vous serez tenté d’écrire le mot très, remplacez-le »
Pourquoi ? Parce que le mot « très » est paresseux.
Un homme n’est pas très fatigué, il est épuisé.
Edmond n’est pas très triste. Il est morose.
« Très » est le mot le plus inutile de la langue française et peut toujours se remplacer. Non seulement il est inutile, mais il est traître parce qu’il affaiblit toujours ce qu’il devait renforcer.

Je n'y avais jamais pensé et je trouve ça pertinent.

Personnellement, j'ai aussi un problème avec le mot "comme" lorsqu'il introduit une comparaison, particulièrement en poésie : lorsque je le vois, j'ai l'impression que l'auteur me crie "attention, métaphore". Surtout, je trouve que ce mot affaiblit l'implication du lecteur, met une distance trop rationnelle entre le texte et moi, lectrice.

Par exemple, si je lis :
- "Je suis comme un oiseau" -> j'imagine l'auteur qui se sent comme un oiseau, je suis spectatrice, je ne ressens pas grand chose, l'auteur me laisse de côté.
- "Je suis un oiseau" -> je m'imagine être un oiseau, je suis actrice, je ressens ce que ressentirais un oiseau, l'auteur m'embarque.
Même chose pour "je me sens heureux" / "je suis heureux".

Est-ce que vous avez une autre perception du mot "comme" ? Est-ce qu'au contraire vous le trouvez intéressant ?
Avez-vous d'autres mots qui vous "embêtent" ?

Nocte

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #1 le: 22 Mai 2017 à 13:23:39 »
C'est un peu réducteur de faire la chasse à des mots en particulier, car chaque texte possède sa propre vérité. Très peut parfaitement fonctionner pour un truc oral sans prise de tête, les machins "paresseux" en somme. Un bon texte ce n'est pas forcément du vocabulaire tape-à-l'oeil, ça peut être juste quelque chose de sincère dit avec des mots banals, mais surtout des mots justes. Se sentir comme un oiseau ce n'est pas du tout être un oiseau, faudrait pas arriver à un point où le besoin d'accomodation fait perdre son sens à une phrase. Quand l'auteur utilise comme oui y'a ce gros panneau métaphore, mais il sert surtout à créer ce détachement entre ce qui est réel et ce qui ne l'est pas, qu'on puisse différencier les deux sans se demander s'il faut prendre les choses au sens littéral, et surtout pour faire vivre une image saugrenue dans un cadre réaliste (on sait qu'elle est fausse, mais c'est au lecteur d'essayer de faire le jeu de substitution pour voir la réalité du regard fantasmé de l'auteur). Bref chaque mot existe pour une raison bien précise, et j'aime pas ces "conseils" qui font généralement dans la facilité et le conformisme.
Sinon j'aime pas le mot bidet, c'est moche.
« Modifié: 22 Mai 2017 à 14:13:44 par WEG »

Eveil

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #2 le: 22 Mai 2017 à 14:09:27 »
J'ai eu une réaction assez vive quand j'ai lu ton message, et quand j'ai lu le titre de l'article (pas besoin d'en lire plus). Un titre navrant, et qui m'attriste. Il n'y a rien à bannir, encore moins à ordonner quand il s'agit d'écriture. Je trouve ça ridicule, idem avec la réflexion de Twain. J'utilise "très", sciemment, alors que j'aurais cinq synonymes à portée de main. La pauvreté c'est quand il manque de l'intention, je crois, pas parce qu'on utilise être et avoir, ou des adv, ou très etc, ça n'a aucun sens. J'utilise le verbe "dire" plutôt que mille autres, parce que ça ne prend pas de détours, que ça tient en une syllabe ou deux. J'utilise "comme", beaucoup, parce que j'aime forcer la comparaison, la souligner. "Chose" est un des plus jolis mots que je connaisse, c'est un vase vide qui n'attend que l'intention, c'est un mot qui n'existe que par elle. Et alors donc c'est un indice pertinent, je trouve, de la force d'un auteur. Celui qui arrive à "posséder" les mots les plus "désémantisés", par nature ici, ou par l'usage pour d'autres.

Je croyais que c'était pour parler des mots qu'on n'aime pas et c'est ok, c'est subjectif, mais les citations tombent dans des platitudes épouvantables -et fausses, qui nuisent, je le crois, à la création, et au plaisir DU mot. Moi je trouve ça dangereux et ça m'embête qu'on relaye ce genre de conseils à la mords moi le noeud sous couvert d'une pseudo autorité littéraire (Twain en l'occurrence, qui prouve qu'il ne connaissait pas véritablement la langue dont il parle).

Bref il faut se méfier de ces conseils, à mon sens, qui désagrègent petit à petit la richesse et la créativité d'une langue. Et surtout parce qu'ils oublient que la littérarité dépend principalement de ce qu'on fait des mots, et pas des mots en eux-mêmes. C'est un média. 

Hors ligne gage

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #3 le: 22 Mai 2017 à 14:38:44 »
À ma connaissance, le conseil de Mark Twain n'était pas de remplacer le mot "très", mais de le supprimer carrément.
Son conseil exact était de remplacer le mot "très" à chaque fois qu'on aurait eu envie de l''écrire, par un gros mot que l'éditeur se chargerait de supprimer, et du coup le texte serait juste comme il doit être.

Je me permets du coup de considérer que son conseil d'abord concerne la langue anglaise et qu'il est extrêmement difficile de savoir si ce qu'il pourrait avoir à reprocher à "very" est applicable à "très".
De plus, Mark Twain est mort il y a plus de cent ans... est-il vraiment raisonnable d'imaginer que ses conseils d'écritures soient encore tous adaptables à nos écrits d'aujourd'hui ?
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
Amenaient un à un les morceaux de moi-même". Apollinaire

Hors ligne Haunt

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #4 le: 22 Mai 2017 à 18:20:19 »
D'anglais a français ca change tout... :mrgreen:
Retirer le mot très pour un adjectif, je suis pour et contre :
Le mot très est utile et interessant car il insiste sur quelquechose.
Mais varier les plaisirs en ne le mettant pas systématiquement est aussi une bonne chose.
Je rejoins la personne qui a dit qu'aucun mot n'est a bannir ( ton pseudo ne me reviens pas  :/ ) tous les mots ont un sens et une utilité !
Et Dieu surprenant Adam et Eve leur dit " Continuez , faites comme si je n'étais pas là "...

okho

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #5 le: 24 Mai 2017 à 12:36:06 »
J’avais signalé le topic aux modérateurs pour demander sa suppression. Je me dis que l’option ne fonctionne peut-être pas… Alors je vais essayer de répondre. Une seule fois, parce que je sais trop qu’il sort rarement quoi que ce soit de bon d’une discussion qui vire à l’aigre. La plupart du temps c’est ensuite l’escalade. Et ça finit par trop me blesser.

@WEG, @Eveil, j’aurais aimé que vous me lisiez vraiment avant de sortir vos grands couteaux juste pour un ou deux mots par-ci par-là sortis du reste de mes propos.

Enfin… j’ai très honnêtement tenté de me relire en cherchant où vous étiez allé chercher vos récriminations. Et je ne trouve pas.

Je commence par le titre : "les mots que vous n’aimez pas". Alors oui, @WEG, "j’aime, tu aimes, nous aimons, vous aimez…", bien sûr que c’est subjectif. De quelle autre expérience pourrais-je donc parler que la mienne propre ? Qui plus est de la mienne propre à ce jour, parce que les choses sont mouvantes, y compris au sein d’un même individu. Je sais bien que nous vivons une époque où l’altérité est bien mise à mal, mais bon… pour moi, un individu s’exprime en tant qu’individu, ni moins ni plus. Il n’est légitime que de lui-même mais n’en ai pas moins légitime pour autant.

Je ne l’ai pas intitulé "les mots tout pourris qui feront de vous un auteur tout pourri", clairement. Je ne l’ai pas intitulé, non plus, "les mots à bannir", me démarquant ainsi, tout à fait volontairement, de l’auteure du site cité. Ce sur quoi j’appuie d’ailleurs dès l’ouverture de mon post : "L'introduction est trop orienté coatching et 'calcul' d'auteur à mon goût". Oui, je n’aime pas cette approche "ce que vous devez faire et ce que vous ne devez pas faire". Et ce n’était absolument pas mon propos. Ce que je confirme immédiatement par : "j’ai apprécié la réflexion". Réflexion. Réfléchir, se questionner...

Car oui, je ne vois pas trop comment je pourrais faire l’économie de réfléchir, de me questionner sur ma manière d’écrire (et, au-delà, de m’exprimer de manière plus générale, d’ailleurs). Warning : j’ai bien écrit "je ne vois pas trop comment je pourrais". Je-moi-perso. Que d’autres ne le fassent pas ne regardent qu’eux et je n’ai rien à en dire. Mais comme, en général, j'ai l'illusion de croire que mes fonctionnement ne sont pas exceptionnellement uniques, j'ai imaginé que peut-être d'autres que moi partageaient ce genre de questionnement.

Donc : réflexion, questionnement. Pas injection ni ordre. J’aime questionner mes points aveugles, mes habitudes inconscientes, certains tics qui peuvent s’installer chez moi à l’insu de mon plein gré. Warning encore : je parle de je-moi-perso. Je peux parfaitement concevoir que certains génies ne soient jamais sujets à ce genre de travers, ou que certains n’aient aucune envie de réfléchir là-dessus.

Donc, @Eveil, lorsque tu écris "pas besoin d'en lire plus", encore aurait-il fallu lire, vraiment.

Sur l’histoire de Twain. Alors… l’argument d’autorité ne m’a pas sauté aux yeux. Là je peux vous présenter mes excuses, effectivement. C’est que j’ai une relation à l’autorité… inexistante. Ben oui. Alors elle ne m’impressionne ni ne m’agace. Elle me passe au-dessus. J’ai toujours pratiqué l’assentiment sélectif : au sein de la pensée de tel ou telle (Twain comme Maurice Bernichou), je prends ce qui me semble intéressant, j’écarte le reste. Ici, ce qui me semblait intéressant, c’était : "Un homme n’est pas très fatigué, il est épuisé. Edmond n’est pas très triste. Il est morose." Comme je l’écris ensuite, ça m’a intéressée parce que "ne n’y avais jamais pensé" (je parlais plus haut des "points aveugles").

J’aurais d’ailleurs pu préciser que pour moi, morose n’aurait pas convenu. Pour moi-je-perso (subjectivité again !). Parce que morose a pour moi une valeur un peu "grognonne", alors je me serais dirigée vers d’autres mots : désespéré, désemparé. Ou alors j’aurais dit quelque chose comme : "il se demanda alors pourquoi les super héros américains portaient toujours des collants moulants" (c’est une phrase qui m’avait beaucoup marquée, question immense tristesse, dans un roman de Michael Collins <- warning ! ceci n’est pas un argument d’autorité, c’est juste un exemple qui m’avait beaucoup plu et je ne me permettrais pas de l’utiliser sans avoir l’honnêteté de citer l’auteur).

Quant au mot "comme", je reprends ce que j’ai écrit : "personnellement", "j’ai un problème", "j’ai l’impression", "je trouve que", "je trouve", "moi, lectrice", "si je lis", "j’imagine", etc. (bon, je ne continue pas, hein). Qui plus est, je termine par la question : "Est-ce que vous avez une autre perception du mot "comme" ? Est-ce qu'au contraire vous le trouvez intéressant ?" Honnêtement, ça me semble quand même assez ouvert et peu dogmatique, du coup. C’était l’envie d’une vraie discussion, d’un échange. Bon là, c’est mort, clairement.

Et d’ailleurs, Weg et Eveil, vous apportez des réponses intéressantes à ce sujet (bien dommage que vos réponses aient été enrobées de tant d’agressivité gratuite), sur lesquelles je vous rejoins tout à fait : bien sûr que le contexte compte ; bien sûr que lorsqu’on fait parler un personnage (y compris s’il est le narrateur), on lui construit un langage bien à lui ; bien sûr que tel ou tel mot/expression peut être un parti pris assumé et efficace...

Je répète ce que je disais plus haut : ce qui m’intéressait dans ce topic, c’est la réflexion sur tout ça. Sur mes (et vos) fonctionnements d’auteurs et de lecteurs, les points aveugles que vous avez – peut-être – un jour repérés au hasard d’une lecture ou d’une discussion, vos "petits" blocages qui parfois vous embêtent, etc.

Voilà. Pour moi la discussion est close. Elle m’aurait intéressée mais je peux entendre qu’elle n’avait, pour tous ici, pas lieu d’être. Dans ce cas, je vous présente toutes mes excuses. Pour l’avoir ouverte ici, pas pour m’intéresser à ces sujets.

Hors ligne Zacharielle

  • Comète Versifiante
  • Messages: 5 798
    • au bord du littéral
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #6 le: 24 Mai 2017 à 13:08:05 »
Modération
Hello okho !
On avait bien vu ton message signalé et on s'apprêtait à te répondre. On a un fonctionnement collégial, donc on se met d'accord avant d'agir, c'est pour ça que tu as peut-être eu l'impression de ne pas avoir été entendue mais le bouton "Signaler au modérateur" marche bel et bien.
Bref on vient de se mettre d'accord pour te proposer de laisser vivre ce fil parce que le débat est en effet (j'allais dire "très intéressant" haha) intéressant, tu apportes la réflexion d'un auteur sur la langue et c'est tout à fait ce type de fil qu'on aime dans cette section, donc il n'y a pas lieu selon nous de le supprimer - sauf si tu y tiens particulièrement mais on trouverait ça dommage. Il faut juste effectivement recadrer la forme des échanges pour rappeler qu'il s'agit d'un débat pacifique et enrichissant pour les différents intervenants ou humbles lecteurs. Je pense qu'on est tous d'accord là-dessus. D'ailleurs WEG ou Eveil ne t'en voulaient à toi personnellement, ça m'étonnerait beaucoup, ils se sont juste un peu laissés emporter par le feu de leur amour pour l'écriture. @WEG @Eveil, vous confirmez ?
Bref si les discussions peuvent reprendre sereinement et dans le respect de chacun ce serait merveilleux  :)
Merci à tous !
Zach

milena-owein

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #7 le: 24 Mai 2017 à 13:14:08 »
Salut,

Je n'ai pas suivit le débat en profondeur et je n'ai pas lu l'article en détail, seulement parcourut, donc peut-être répondrais-je un peu à coté du sujet mais j'aime beaucoup ton dernier post et je pense qu'il y avait matière à réagir.

Tout d'abord beaucoup ici (et j'en fais partie ^^) ont un problème avec les théories littéraires prescriptives.
Je vais parler de mon point de vue : dans mon cas les théories qui prétendent me dire comment écrire me prennent carrément à rebrousse poile et je les rejette avant même de savoir si elles ont raison ou non  :D

Dans ma conception de l'écriture il n'y a pas de "tu dois faire cela pour bien écrire" ou "ton texte est mauvais car il ne respecte pas tel principe" (-> ce sont des théorie prescriptive : elle cherchent à imposer un bon usage). Pourtant le rapport à la théorie est primordiale dans mon approche de l'écriture. Paradoxe ? à mon sens non car réfléchir à ce qui pose ou peut poser problème est le plus important ! A une condition toutefois : bannir l'idée qu'il existe une vérité unique, une prescription valable en tout lieu et en toute circonstance.

J'exècre tout particulièrement les théories américaines sur la littérature qui on pour conséquence de standardiser la littérature, pour avoir un modèle type vendeur (au détriment d'oeuvre plus personnelle et plus inventive dans le style). Il est déjà arrivé que certains lecteur jugent mes textes aux regard de ces théories et ça me met facilement en rogne.

Je pense que c'est un raisonnement similaire qui à provoqué cette réaction chez Weg et Eveil. Et je dis ça sans pour autant leur trouver des excuses (désolé les gars mais sur ce coup là vous auriez pus mieux formuler vos idées).


Pour ce qui est du reste je pense aussi que Weg et Eveil ont avant tout attaquer les idées, non toi en temps que personne.
L'être humain se défini par ses idées et partant de là il peut s'avérer très difficile de voir son opinion être mise à mal sans vergogne et ne pas se sentir atteint soit même, ça demande une distance. Peut-être pourrais tu essayer de considérer qu'une fois qu'une tu poste une idée ici, dans la discussion, elle ne t'appartient plus, elle n'est plus toi, et peut-être qu'alors le débat pourrait rester ouvert sans te blesser pour autant. Ce n'est qu'une proposition et tu es libre d'en faire ce que tu veux, d'ailleurs je ne te connais pas et ne prétend pas savoir qui tu es ou comment tu as pu être touché par cet échange, je ne fais que donner mon sentiment à la lecture des différents messages.

Enfin Gage apporte à mon avis un élément intéressant pour interpréter l'article : il a été écrit en anglais. Et ce fait modifie radicalement le vision que j'en ai, pour ma part en tout cas.

Pour le reste, comme Weg et Eveil je trouve que l'article est trop prescriptif : il est porteur d'une vision de l'écriture et de la posture d'écrivain qui ne peut pas (et le contraire serait dommage) être généralisé. Je suis d'avis qu'aucun mots ne devraient être banni de la langue littéraire "par principe" et que la vision artistique de l'auteur prévaut sur n'importe quel prescription. Par contre on pourrait en effet proposé une formulation moins prescriptive : quels seraient les mots qu'on devrait chercher à remplacer ?

Et là on rejoins un peu le débat lancé sur ce fil : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,21004.msg342991.html#msg342991

Voilà, comme Zach je trouve que le débat est intéressant.
« Modifié: 24 Mai 2017 à 13:29:40 par Milena Owein »

Nocte

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #8 le: 24 Mai 2017 à 13:15:17 »
Non mais c'est juste que dès qu'il s'agit d'écriture on s'enflamme comme des bougies un soir de Noël chez un pyromane et qu'on n'est pas forcément doués pour discuter même en temps normal.
L'aggressivité c'est contre l'article, pas toi ni ta réflexion. Au contraire c'est important de se poser plein de questions quand on veut évoluer en tant qu'auteur, c'est important aussi d'échanger avec les autres sur ces mêmes questions, après bon c'est parfois violent car totalement subjectif, dans ce cas faut juste encaisser et aller de l'avant.

Hors ligne Kath

  • Prophète
  • Messages: 953
  • Eternelle tête en l'air
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #9 le: 24 Mai 2017 à 13:41:56 »
Je vais mettre mon petit grain de sel de correctrice dans cette conversation.

Tout d'abord, je dirai que ton titre est trompeur, je ne m'attendais pas du tout à ça, comme Eveil et WEG, d'ailleurs, je pense (moi les mots que je n'aime pas, ce sont ceux que je n'arrive jamais à écrire du premier coup, comme dilemme ou désespérément).

La citation de Twain que tu fais est intéressante, même si effectivement, à mon avis, son conseil n'est pas tout à fait transposable au français. Mais il  est intéressant dans le sens où son objectif est de pousser à trouver le mot juste, et pas le mot à côté avec un adverbe ou un adjectif devant. "très fatigué" peut en effet être remplacé par "épuisé", "crevé", "exténué", "mal réveillé", ou rester tel quel, car chaque (presque) synonyme apporte une nuance, ne serait-ce que dans le niveau de langage.

Quant aux mots à bannir... eh bien, je dirais que ça dépend aussi du style de l'auteur. Dans le dernier manuscrit que je viens de corriger, l'auteure avait énormément travaillé son texte, était, justement, aller chercher le mot juste pour nuancer son écriture en fonction du personnage dont il était question, et du coup, j'ai été très exigeante :
par exemple, dans cette phrase : "il semblait l’apprécier suffisamment pour pouvoir se laisser influencer", je lui ai fait supprimer "pouvoir", car c'est un verbe "terne" (ie, qu'on utilise très souvent) et qu'il n'apportait pas grand-chose à la phrase, sauf l'allonger inutilement.
Mais si cette même phrase avait fait partie d'un dialogue, je l'aurais certainement laissée telle quelle.
Quand j'ai à faire avec un style plus oral, genre narration à la première personne, je suis aussi plus souple sur pas mal de points.

Après, on peut trouver des milliers de conseils à l'écriture sur le net  :zzz: il faut vraiment faire un tri dedans, et surtout les adapter à son propre style, et aussi au lectorat que vous ciblez : vous écrivez pour la jeunesse, faites attention à votre vocabulaire, si votre lecteur bute toutes les pages sur un mot inconnu, il va vite arrêter ; vous écrivez de la SF, les lecteurs de SF n'ont pas peur des néologismes et des inventions...

Mais j'avoue qu'un de mes grands plaisir est de trouver le mot juste, celui qui va donner plus qu'une information, qui va donner aussi une intention : un traître n'est pas tout à fait la même chose qu'un félon, un judas ou une taupe.

PS : je me doutais bien que la modé n'allait pas fermer le sujet  :P
Relectrice-Correctrice pro, et fière et enthousiaste correctrice du Mout'!

okho

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #10 le: 24 Mai 2017 à 19:22:26 »
le bouton "Signaler au modérateur" marche bel et bien.

Merci pour la réponse, Zacharielle. C'est bon à savoir, ocazou. Pour le reste, pas de souci pour garder le fil.

Je ne me suis pas sentie personnellement attaquée, je vous rassure (c'est un vous collectif  ;)). Simplement, j'ai trop souvent vu de dérives égotiques sur internet (les difficultés du virtuel : on ne se connait pas, il manque le ton et les signes non-verbaux, alors ça dégénère) et je tente de m'en tenir résolument éloignée. Du coup je n'avais pas envie de répondre de peur que ça fasse monter une sale mayonnaise. Mais finalement, je suis contente de l'avoir fait, ça m'a permis de préciser mon propos (surtout pour moi-même, très égoïstement). Et je trouve l'évolution actuelle de la discussion bien plus ouverte.

dans mon cas les théories qui prétendent me dire comment écrire me prennent carrément à rebrousse poile et je les rejette avant même de savoir si elles ont raison ou non

Oui, c'est quelque chose qui m'arrive aussi, dans d'autres domaines. J'ai le vague souvenir d'un proverbe qui dit un truc du genre "choisir systématiquement le chemin inverse à celui du berger, c'est encore être esclave du berger" (c'était mieux formulé, mais bon, c'est l'idée). Honnêtement, j'essaie de garder cette phrase en tête mais ça ne fonctionne pas toujours.  ::)

Et là on rejoins un peu le débat lancé sur ce fil : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,21004.msg342991.html#msg342991

Ah zut, si je l'avais vu j'aurais posté à la suite au lieu d'en créer un nouveau, les deux discussions me semblent en effet se rejoindre, merci !

c'est parfois violent car totalement subjectif, dans ce cas faut juste encaisser et aller de l'avant.
Moui... voilà des propos qui me laissent perplexe. Mais ça ferait un trop long hors sujet, alors je vais encaisser.  ^^

Tout d'abord, je dirai que ton titre est trompeur, je ne m'attendais pas du tout à ça, comme Eveil et WEG, d'ailleurs, je pense (moi les mots que je n'aime pas, ce sont ceux que je n'arrive jamais à écrire du premier coup, comme dilemme ou désespérément).

Oui, le problème du titre... il doit être court mais clair, pas facile. Pour moi, comme je l'expliquais, "j'aime" est tout ce qu'il y a de plus subjectif, je n'ai pas envisagé que ça puisse être lu autrement. À tort. Alors je n'ai absolument rien contre l'idée de modifier le titre, si quelqu'un m'en propose un qui lui paraît plus adapté.

Et un grand merci pour ta vision de correctrice, c'est un développement instructif. Ça ne doit pas être facile de jongler entre sa propre vision de la création littéraire et le style - forcément différent - d'un autre auteur.



Nocte

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #11 le: 24 Mai 2017 à 19:34:27 »
Wesh, le titre est clair, j'ai bien dit que j'aimais pas le mot bidet.

Hors ligne Miromensil

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Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #12 le: 24 Mai 2017 à 19:42:23 »
Donc pour plussoyer ton premier post... J'aime pas les "comme" non plus. Parfois c'est difficile de ne pas le mettre, sinon la phrase ne veut rien dire. D'ailleurs je crois que je le mets quand même régulièrement oO Mais sinon je vais essayer d'éviter, pas trop mon truc non plus.

Sinon je me demande si les mots que je n'aime pas n'ont pas ce statut en raison de leur sens. Ma phrase est pas française, mais en gros : j'aime pas le mot "espoir" à cause du sens, de ce à quoi il renvoie. Sinon il y a tous ceux comme "glaire", "morve" etc, qui ne sont pas très ragoûtants. Dernièrement, je me suis dit que j'allais éviter les "yeux" et autre "ciel", parce que je les emploie beaucoup trop... et que ça m'obligera à tourner une scène autrement ou quoi. "Oeil" j'ai l'impression qu'on le voit moins par contre.

En effet, tout ça est très subjectif ^^

okho

  • Invité
Re : Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #13 le: 24 Mai 2017 à 19:52:20 »
j'aime pas le mot "espoir" à cause du sens, de ce à quoi il renvoie.

C'est mal, ça, non, de ne pas aimer le mot "espoir" ? Un peu comme si une Miss France déclarait qu'elle n'aime pas la paix.  :o

Moi j'utilise beaucoup le mot "ça". J'ai une fascination pour le mot "ça". Et il faudrait peut-être que je l'utilise moins mais aucun mot ne parvient à le remplacer avec la même force. Je n'aime pas du tout "cela", du coup. Très subjectivement.  8)

Bidet je n'en pense rien, tiens. Tant qu'on s'en tient au mot.

milena-owein

  • Invité
Re : Les mots que vous n'aimez pas
« Réponse #14 le: 24 Mai 2017 à 19:58:41 »
J'aime pas les insultes à l'écrit : j'aime pas les écrire et j'aime pas les lires.
Je trouve ça vulgaire et trop facile, mettre des gros mots sans créer d'ambience ou de caractères.
Mais même si y avait une ambience je crois que j'aimerais pas

 


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