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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » We're born to run

Auteur Sujet: We're born to run  (Lu 2472 fois)

baysid

  • Invité
We're born to run
« le: 13 Septembre 2009 à 20:43:27 »
Il y a des choses dont on sait, au premier regard, qu’elles sont irrémédiables, qu’elles ne passeront pas avec le temps ; Il est des fardeaux qu’on pense ne jamais pouvoir lâcher dans les bras de quelqu’un d’autre. Avec le temps, ça devient encombrant, ça devient dur ; On se résigne, on abandonne. On met nos derniers efforts, les forces restantes, au service de la fuite. Ca ne fonctionne pas toujours, me direz-vous ; Alors j’ai eu de la chance. Mes jambes ne m’ont jamais
fait faux bond, prêtes à s’échapper dès que l’occasion s’est présentée ; Le but ultime étant de rester en vie le plus longtemps possible, et de rester quelqu’un, de ne pas devenir la sous-chose qu’elle aurait fait de moi, tôt ou tard. On est sa propre raison de survivre.
On devient une chimère ; Un être humain sans composition propre. La peur ronge les artères et le sang ne circule plus bien, les yeux se tachent d’ombres violacées, souvenirs d’aurores douloureuses, et les larmes creusent des sillons acides sur les joues ; On devient l’ombre de soi-même, la marionnette, la pièce d’un jeu sans règles.

C’est avec les yeux de la fascination que je l’ai regardée pendant toutes ces années ; L’intouchable, l’intouchée, celle qui m’a appris à me barricader derrière des murs de faux-semblants en béton armé. Elle était, dans mes yeux d’adolescente perturbée, la seule chose inébranlable sur Terre, la femme sans sentiments, aux larmes en plastique et aux mots en copié collé ; Vénérable, vénérée. La crainte a fait d’elle notre Dieu, le pouvoir réincarné ; Et on s’avilissait, offrant nos vies, qu’elle ne se lassait pas d’écraser à grands coups de talons aiguille. La peur ne suffit pas, c’est un abject mélange de manipulations et de bousculades ; Et on s’efface. On n’est plus rien aux yeux de personne, un cadavre ambulant, un fantôme errant emmitouflé dans une carapace de chair à peine perceptible.

Les jours défilent et les renforts n’arrivent pas ; L’espoir faiblit, on oublie les projets d’ « ailleurs », on accepte, on trouve presque ça normal ; Il est des choses dont on sait, au premier regard, qu’elles sont irrémédiables. On continue, jamais assez immunisé contre ce virus qui s’infiltre et frappe toujours en cachette, ce poison qui se répand et irrigue le corps qui nous sert de terrier ; Il n’y a pas d’antidouleur. Alors on attend, rassemblant les derniers espoirs, les dernières illusions, et on part à toutes jambes, à vive allure ; On sait qu’elle est derrière, décidée à nous rattraper, et nos jambes meurtries filent comme jamais.

Il ne reste que la fuite, il ne reste que ça.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : We're born to run
« Réponse #1 le: 14 Septembre 2009 à 12:09:19 »
Merci de poster le titre de tout nouveau texte, et le lien vers sa page, dans l'Index de la section concernée - en l'occurence ici : http://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=1685.0

Sinon, pour le texte :
J'ai... pas compris  :-[ J'ai pas compris qui est ce "elle". Dans le premier paragraphe je croyais que c'était un narrateur masculin qui parlait d'une femme, puis ensuite une ado endoctrinée, et ensuite, j'ai lu avec entrain et perplexité, parce que je m'attendais à une chute qui expliquerait ce "elle" de façon insolite. Mais comme elle ne vient pas, je n'ai toujours pas compris, en fait  :-[  Désolée...

Pour le détail :

Pas de majuscule après un point-virgule... !

Citer
Il est des fardeaux qu’on pense ne jamais pouvoir lâcher dans les bras de quelqu’un d’autre. Avec le temps, ça devient encombrant, ça devient dur
Je trouve que le "il est", qui est d'un niveau assez relevé, ne colle pas avec les "ça", plus oraux.

« Modifié: 14 Septembre 2009 à 12:11:32 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

baysid

  • Invité
Re : We're born to run
« Réponse #2 le: 14 Septembre 2009 à 12:12:45 »
Ah, d'accord, merci, j'y penserais. :)

Le "elle", c'est ma mère.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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Re : We're born to run
« Réponse #3 le: 14 Septembre 2009 à 12:16:22 »
Hum, d'accord, je vois...

Le texte a donc l'air très personnel, si tu dis que c'est ta mère, et pas celle de ton personnage... Désolée si mon commentaire était un peu sec, dans ce cas.
Si tu as voulu exprimer le besoin de fuir, de t'échapper, c'est bien rendu :)
Par contre, si tu veux que ce soit un peu plus accessible, un peu moins mystérieux pour le lecteur - pour ma part je n'arrive pas à accrocher à un texte que je ne comprends pas, sauf très rares occasions - je pense qu'il faudrait laisser quelques éléments pour qu'il puisse le deviner. Le "on s'avilissait" m'a fait penser que le personnage faisait partie d'un groupe, mené par ce "elle". L'allusion aux talons aiguilles connote plus le "elle" comme une femme que comme une mère (j'ai pas dit que les mères n'avaient pas le droit de porter de talons aiguilles ! lol. Mais juste que, le texte restant évasif au sujet de ce personnage, on s'en tient à la direction vers laquelle tendent les allusions comme celle-ci...)
« Modifié: 14 Septembre 2009 à 15:21:35 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne camdailclot

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Re : We're born to run
« Réponse #4 le: 14 Septembre 2009 à 15:00:41 »
Aie !
Les rapports mère fille ne sont pas toujours faciles mais là !
Personnellement j'avais identifié à la première lecture ce personnage comme la métaphore d'un sentiment, quelque chose de désincarné, de douloureux, d'inévitable.
Tu ne donnes aucune clef pour comprendre.
C'est ton choix.
Cela ne retire rien à la force des mots et du texte.
Cela montre juste que chacun aborde la lecture avec ses propres douleurs et ses propres fantasmes sans forcément comprendre ceux des autres.
Cela nous indique aussi que le langage n'est pas universel, les mots n'ont pas la même valeur chez chacun de nous.
C'est en tout cas un texte qui m'a donné du plaisir et de l'émotion
Bravo

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Re : We're born to run
« Réponse #5 le: 14 Septembre 2009 à 15:14:55 »
Comme Mil, je ne voyais pas de qui tu parlais avec ce "elle".

Bon, je ne vois pas grand chose à ajouter après ce qu'a dit camdailclot.
It will reveal its meaning when it lives in victory...

baysid

  • Invité
Re : We're born to run
« Réponse #6 le: 14 Septembre 2009 à 17:47:27 »
Merci.

Je me disais, donc, que pour peut-être rendre le texte plus accessible, et pour continuer le traitement qu'il opère, j'allais continuer. Étoffer. Mettre une suite, un début, une queue, une tête.
Dois-je ?

(Ps, Milora : Le "on s'avilissait", c'est parce qu'on est 4. J'ai trois soeurs.)

Hors ligne camdailclot

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Re : We're born to run
« Réponse #7 le: 14 Septembre 2009 à 18:03:59 »
ça n'est pas la structure qui est en cause, c'est plutôt quelques éléments de ce texte.
étoffer oui,
Il y a cependant un piège, il faut garder un peu de mystère, mais donner plus d'éléments qui conduisent à la vérité.
Peut être seulement dans la chute ce qui accentuerai l'effet de surprise.
ce n'est que mon avis, et étant passionné je ne suis pas objectif.
L'idée est très forte en tout cas depuis que je sais que c'est de ta mère que tu parles.
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Hors ligne Kathya

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Re : We're born to run
« Réponse #8 le: 14 Septembre 2009 à 19:00:01 »
J'avais lu rapidement les commentaires tout à l'heure, sans quoi j'aurais sûrement buté à mon tour sur le "elle". ::)

Citer
Il est des fardeaux qu’on pense ne jamais pouvoir lâcher dans les bras de quelqu’un d’autre.
Cette phrase m'a gênée. Je ne trouve pas la tournure très élégante, et "lâcher dans les bras" me dérange dans le sens où je ne comprends pas s'il est censé remplacer une idée comme "confier", ou comme "se délester"... Je ne comprends pas si le narrateur se désole de ne pouvoir s'en ouvrir à personne ou s'en débarrasser en laissant quelqu'un d'autre traîner son fardeau à sa place... Enfin quand je lis ça, je me dis qu'il n'y a pas beaucoup de fardeaux qu'on "lâche dans les bras" d'autrui...

Je pense aussi qu'il manque un mot ou un indice pour aiguiller le lecteur sur le sens de ce "elle" qui donne sa signification profonde au texte. A moins qu'il n'est été intentionnel de noyer le poisson et de perdre le lecteur...
L'aspect inextricable de la situation est bien décrit, ainsi que le désir de fuite du narrateur. ^^
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

pehache

  • Invité
Re : We're born to run
« Réponse #9 le: 15 Septembre 2009 à 09:32:05 »
Il y a des choses fortes dans ce texte mais qui, pour le lecteur que je suis, pourraient encore gagner en puissance, peut-être en suggérant un peu plus ? En ramassant encore l'écriture ?
La chute m'a semblé assez plate.

 


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