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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°9 | T14] Le baltringue V3

Auteur Sujet: [AT n°9 | T14] Le baltringue V3  (Lu 2531 fois)

Hors ligne Baptiste

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[AT n°9 | T14] Le baltringue V3
« le: 07 Mars 2017 à 17:01:22 »
Le Baltringue

Baltringue : dans l'argot du cirque, désigne celui qui est en charge du montage et démontage de chapiteau.
 

C'est toujours la même histoire. Quand Java se lève le matin, il prépare d'abord son bol de café avec, vous savez, un rien de lait. Juste histoire de rendre le café un peu moins noir. Et le lait un peu moins blanc. Java n'aime pas le noir, Java n'aime pas le blanc. Java aime les couleurs chamarrées. Il aime les tissus précieux et colorés. Il aime le maquillage. Java est un clown. Un Auguste. Un des meilleurs comme il dit.
   Quand Java a bu son café, il s'installe devant sa coiffeuse. D'abord le fond de teint blanc. Puis le crayon noir sous les yeux. Très rapidement, car Java n'aime pas le blanc ni le noir. Le voilà qui, d'un geste expert, rajoute fard et rouge à lèvre. Crayon rouge très rouge. Perruque encore plus rouge. Costume de bric et de broc, de batik, de barège, la veste en brocard et le petit mouchoir de batiste. Voilà. Il est fin prêt. Une dernière chose. Un petit coup de rouge, encore, pour la langue, le nez, les joues.
   Il prend alors son accordéon, aux touches noires et nacre blanc, et descend de sa tour d'ivoire à la Courneuve. Ivoire gris la tour, bien entendu. Et il marche jusqu'au métro. Sur sa route, il croise nombre d'habitants de la cité des 4000. Ici ou là, ça fuse « Eh Java, 'spèce de Baltringue », « Tiens v'la bouffon qu'est de sortie». V'la le guignol, le comique le saltimbanque. C'est toujours la même histoire.
   Et Java en est fier, c'est sa marche de l'orgueil à lui, ces insultes, ces quolibets. Sa montée des marches, son tapis rouge, sa haie d'honneur. Ça le gonfle à bloc. Mais pour s'aider, il ressort un petit peu sa bouteille. De quoi se donner du courage. Bloc de béton, il est, Java quand il arrive sur la place du 8 Mai 45, entre l'avenue Lénine et la rue Paul Vaillant Couturier. Alors, en bon baltringue, il installe son chapiteau grâce à une craie blanche. Il trace à même le sol sa piste aux étoiles. Le soleil est clément et veut bien l'éclairer aujourd'hui encore. C'est que le spectacle continue, y a toujours quelque chose à éclairer. En traçant son cercle, tout autour de lui, il commence son petit numéro.

   Allez approche, approche, M'sieur Mesdames. C'est jour de fête à la Courneuve. J'viens te désengrisailler la vie. Te désentortiller l'ennui. Te désarticuler la morositude.  Approche approche. Voici Java qui vient te voir, et qui vient faire ici le plus beau métier du monde. Viens voir Java dans toute sa splenditude de resplendage. Approche, approche M'sieur Mesdames.
   Un numéro exceptionnel, toutes options comprises. À vous couper le souffre. Du jamais vu, du jamais entendu. Descendez donc de la bétonnière, sortez chapeau, chiffon, couleur. Vous allez voir ce que. Mais pas que. Voici Java, pas un vendeur de vérité de table, un pourvendeur de désillusion. Non non, je suis un menteur. Même plus. Un mensonge intégral. Un authentique et véritable mensonge. Un du genre qui vous conte des craques sur mesure. Allons, allons, y en aura pour tout le monde, approche donc.
   Venez écouter le baratamore, le fausseté, l’esbroufant escogriffe. Entrez au Baltringue Circus, garanti sans strass ni paillettes. Du brut de décoffrage, tout juste sorti du four. Bon comme le pain blanc, ce ne s'ra pas d'la confiture au cochon, c'est moi qui vous le dit. Venez écouter Java qui fait le plus beau métier du monde. Mystification garantie, approche approche.
   La bonne aventure m'sieur dame, la bonne aventure. Le tortillement de langue tel l'anguille prise au piège, les glandes lacrymales sur un navet d'maria à en faire chialer les pâtre notre et les Nostradamus, approche que je te conte notre avenir à tous. 

   Et le voici, babillant, baguenaudant, sautillant, déblatérant. Depuis dix ans qu'il est là, on pourrait s'attendre à ce que la place soit vide, que les gens passent, tracent, que nul ne s'arrêtasse. En attendant que les gens arrivent, Java se remet un peu de vin. Histoire d'avoir un peu de vie. Pour les curieux. Il y a toujours quelques curieux. Si camarade soleil est de sortie, et bien eux aussi. Et ils regardent, bien en face, Java-soleil qui s’émerveille de plus belle.

   Ah ça m'dame, c'est que c'est un beau foulard que nous avons là. Puis-je pour les besoins de la cause entendue et de la continuation du spectacle vous l'emprunter ? En garantie z'et dépôt, je vous laisse mon mouchoir. Si ça rime, c'est que ça se vaut non ?
   Ah vous monsieur, pas de chapeau de canne, rien ? Une cravate alors ? Votre jolie cravate à pois des jours du dimanche que vous portez là sur vous. Un petit effort ? Merci monsieur.
   Et s'il vous plait un dernier petit bout de tissu ? Quoi ? Que quoi que donc qu'est-ce ? Allons petit, je t'en prie, ton petit pull. Il fait pas si froid. Une chaussure alors. Ou bien le bandage sur ton front. Ce s'rait parfait champion.
   Et maintenant voilà. Maintenant que j'ai tous mes accessoires, le baltringue circus est fier de vous présenter Java, l'homme tiroir, l'homme trottoir, l'homme trop boire, l'homme qui en un mot comme en cent, jongle avec la vie et la raison. Attention, à la une, à la deux …

   Et à la trois, v'la Java qui valse comme un bienheureux. En l'air le petit foulard. En l'air le bandeau et la cravate. Et Java rit en plein soleil. Il jongle avec des bouts d'étoffes. Dans le ciel bleu ça fait des petites tâches. Vert, vermillon, violet. Bisque, bleu et bouton d'or. Fuschia, fauve et fumée. C'est Java qui repeint son ciel dans un grand éclat de rire. Et remplit son verre de rouge.
   Et en lançant les tissus, il retisse et repasse sa vie. C'est toujours la même histoire. Il se gausse de s'appeler Java, mais fut un temps où il aurait pu s’appeler Pierre Dupont. Ou Jacques Lebon. Ou Henri Millau. Allez savoir. C'était un temps lointain où il était dans le pétrin. Tellement dans le pétrin qu'il en était boulanger.
   Le roi de la pâtisserie, l'empereur de l'éclair au chocolat, le prince du croissant. Son commerce rien qu'à lui. Pas si loin, rue de l'abreuvoir, je suis sur que vous connaissez l'adresse. Levé à l'aube, avant même que les camions-poubelles passent, il attendait, dans la fournaise de son fournil que le pain cuise. C'était à l'époque où il aimait le noir de la nuit. Le blanc de sa farine. Rare moment de répit dans une vie pleine de dépit.
   Il avait son commerce oui. Mais il avait tout ce qui allait avec. Les dettes, les banques, les courriers, les relances. Pourtant on peut dire qu'il mettait le cœur à la pâte et la main à l'ouvrage. Toujours debout, toujours levé, et toujours à servir du bon pain frais. Il voyait les clients passer, cernes creusés et traits tirés. Drôle de monde, drôle de vie. Entre le veilleur de nuit qui rentre, l'ouvrier qui sort et la blanchisseuse et ses trois huit qu'on sait jamais celle-là quand elle va passer. Drôle de monde, drôle de vie. Et pourtant c'est toujours la même histoire. On ne s'appartient pas, faut croire.
   Java était établi, comme on dit. Femme et enfant. Du bonheur dans la tempête quand il se rendait compte de sa clientèle fidèle. Pour tout dire, il avait même l'honneur des clodos du quartier qui préféraient ses poubelles plutôt que celles des autres. Question de qualité. Et rien ne vaut la critique de la base populaire à qui on essaye pas de sortir la soupe.
   Mais aujourd'hui, Java jongle et danse sous le soleil de la Courneuve. Déclame quelques vers, en boit quelques autres.

   C'était z'au temps z'où le temps n'avait pas z'encore trente ans. J'vous la fait sans filigrane histoire de pas perdre trop votre temps. C'est bien ça pourtant, que le temps passe. Maintenant que j'en ai. Parce que moi à l'époque, je bossais de jour comme de suie, à la poêle comme aux fourneaux. J'avais un fils, maigre comme un grain de millet, fin comme du sesame, ch'veux blond comme les blés. Est ce que c'est que tu j'étois mal réveillé. Tête bien que ce jour là, j'avais la tête d'équerre, dans la lune de la noirceur de mon four, la blancheur de ma pâte, va donc savoir ce qu'on en sait. Cette fameuse tête à l'envers, je me l'étais prise avec la patronne. Pour trois fois rien en plus. Des bêtises dispensables. N'empêche que.
Ce matin là, il a voulu m'aider mon fils. C'était bien. C'était heureux. Mais faut dire qu'il tenait de son père. Pas adroit et un peu gauche. Du coup quand il est montationner sur ma tablature, et qu'il m'a dit, « c'est moi qui chauffe », ben j'ai laissé faire. J'ai laisser faire le petit équilibriste qui rame. La bûche n'était pas bien grosse, mais fallait bien nourrir le feu. Il me regardait en paillant, riant, piaffant. Il se moquait de moi «  Ben alors papounet, t'es pas bien frais ». Et sur l'plan incliné, entre deux pas de danse, il a comme qui dirait nouer ses pieds, et il est tombé.
Tombé dans la rougeur du fournil.
Et moi, moi j'étais là. Et j'ai comme qui dirait crié. Voilà ce que j'ai fait, j'ai comme qui dirait crié.

   Java a fini son numéro à présent. C'est toujours la même histoire. Le soleil de la Courneuve est parti. Il a laissé place à un ciel gris. Gris ivoire. Et puis la pluie qui efface les couleurs. Efface le rouge, de ces joues, de sa langue, de son nez. Et laisse le blanc sur sa peau et le noir sous ses yeux. Et, avant de rentrer chez lui, il se erre. Il se erre dans la ville en gueulant. Le spectacle continue. Les gens qui le voient passer se disent :

C'est Java qui se erre. Lui qui fait le plus beau métier du monde. C'est Java qui se erre. Triste comme quelqu'un qui a oublié le nom des choses.
« Modifié: 31 Mai 2017 à 11:19:19 par Zacharielle »

Hors ligne Chipie7

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Re : [T14] Les baltringues
« Réponse #1 le: 07 Mars 2017 à 19:46:26 »
C'est pas très cadré ,cela à un côté mégalo dont j'ai du mal à saisir l'essence ;un peu comme si cela partait en"cacahuète" quand ça doit commencer mais il y a de très beaux mots du vieil argots français et un anglicisme intrus qui m'a fait rire!

Hors ligne Miromensil

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Re : [T14] Les baltringues
« Réponse #2 le: 09 Mars 2017 à 09:58:52 »
Hoy Mout, ceux qui vont te lire te saluent

Citer
J'viens vous désengrisailler la vie
Spontanément j’ai lu « J’vais » ? Sinon j’aime bien désengrisailler

Citer
Approchez approchez, Voici Java
majuscule à voici pour faire comme les écrivains qui commencent un dialogue par une virgule + majuscule ?

Citer
vendeur de vérité toute faites
je dirais
soit vérités toutes faites
soit vérité toute faite

Citer
de désillusion . Non non
espace en trop ici

Citer
des craques sur mesures
sur-mesures

Citer
c'est moi qui vous le dit
qui vous l’dit ?

Citer
les glandes lacrimal
lacrimales

Citer
Tout l'monde est là ? Je commence alors.
J’commence ?

Citer
J'étais le roi de la patisserie
pâtisserie

Citer
J'étais le roi de la patisserie, l'empereur de l'éclair au chocolat, le prince du croissant et de la chocolatine
c'est joliment nostalgique

Citer
J'avais même que comme qui dirait mon commerce à moi rien qu'à moi.
j’ai buté sur tous les que comme qui ; le « que » est en trop non ?

Citer
Pas si loin, rue de l’abreuvoir
pour les noms de rue faut une majuscule je crois… rue de l’Abreuvoir ?

Citer
je suis sur que vous vous rappeler de l’adresse
je suis la première à pas mettre les accents circonflexes mais… il en faut un à sûr

Citer
Levé à l'aube, avant même que les camion poubelle passe, j'attendais, dans la fournais de mon fournil que le pain cuise ; J'aimais ce moment. J'aimais la nuit. Rare moment de repis dans une vie pleine de dépit.
Très chouette
mais :
fournaise
répit

Citer
je suis sur que d'une chose
sûr

Citer
Pas de courrier intempestif qui me prendrais de court.
prendrait
« de court » je sais pas comment ça s’écrit en vrai xd

Citer
Pads d'avis d’huissier
pas

Citer
Pas de'avis de la banque
d’avis

Citer
Mais les pensées qui tourne qui tourne.
tournent tournent

Citer
la grande surface qui tue les p'tits commerce
commerces

Citer
des clodos du quartier qui préférais mes poubelles plutôt que celle des autres.
préféraient
celles

Citer
la base populaire à qui ont essaye pas de sortir la soupe.
on

Citer
sans cotation de sans sus ni rien.
sans dessus dessous ? Je comprends pas trop le « sus »

Citer
la bourgeoise de mon Pays la si riche, que ç'en était scandaleux
pa y la si ri ? do ré mi la si do ? t.t pays-là si riche ?
(à le lire ça me dérange pas, et niveau compréhension je lis « pays-là si riche », mais ça fait un peu notes de musique)

Citer
j'étais comme qui dirait à paitre et à paques
ça doit être une expression… « paitre » je vois pas trop à quoi ça se rapporte mais
Pâques

Citer
paimpolaises qui toujours du jour attende les marins en revenance
Paimpolaises ?
attendent

Citer
Elle avait disons le comme qui dirait de l'attitude qui te dit couche toi là
avaient
couche-toi-là ? je sais pas trop

Citer
j'ai juste surintendait.
sur-attendu ?
sinon je vois pas trop l’idée Mout t.t

Citer
à la pêcheà la mouche
pêche à la mouche… il y a peut-être des tirets

Citer
decroché
décroché

Citer
Et pis arriva ce qu'il devait arrivait
arrivé
Mon fils, maigre comme un grain de millet, il s'est posé là et à dit c'est moi qui chauffe.
Hum il arrive un peu tard dans l’histoire non ?
a dit

Citer
Il est montationner sur la tablature, et moi j'était dans loa consternationement, et pis, il ; s'est extirper : « Si j'veux, je s'rais toujours bien frais ».
monter ? après je suis plus haha
j’étais dans la consternation ?
même si je comprends tout à fait ce qui se passe

Citer
j'ai comme qui dirais
dirait

C’est archi bien écrit, plutôt triste, on dirait qu’il est bourré parce qu’il se remémore que son fils est mort alors il boit pour oublier. Mais ce qui est très étrange c’est que ça se voit heu en lisant… enfin on dirait qu’il mange ses mots, se souvient plus comment on dit (AH j’ai compris la dernière phrase), mélange tout, se perd… et pourtant j’ai tout suivi de ce qui se passe, même avec les fautes d’usage j’entends. En fait je me demande s’il faudrait pas les laisser… J’ai tout relevé par habitude, parce que c’est ce que j’ai toujours fait etc, mais certaines étaient pas relevable. Perso les créations de mots, quand c’est bien fait/pensé, je les comprends facilement. Ici j’ai vraiment tout compris à l’histoire même s’il y avait des mots inventés, mâchés, maugréés, etc.

Edit
Citation de:  Chipie
très beaux mots du vieil argots français
Ah ok, autant pour moi, en effet fallait pas que je relève...

EN FAIT, on dirait qu’entre Java et le badaud-lecteur, il n’y a que l’épaisseur d’un papier à cigarette. C’est l’opposé d’écrire en narrateur omniscient. En tant que lecteur lambda, je me serais pas aussi sentie proche de lui.

Est-ce que je suis totalement à côté de la plaque dans ce que je raconte ?

C’était une lecture très étrange, j’ai encore cette impression de dire n’importe quoi en commentaire... Chapeau l'artiste sinon, lecture qui laisse pas indifférent
« Modifié: 09 Mars 2017 à 12:13:27 par Miromensil »

Hors ligne Baptiste

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Re : [T14] Les baltringues
« Réponse #3 le: 10 Mars 2017 à 01:16:10 »
Bonsoir Bonsoir

@Chipie7: merci pour le passage; J'avoue ne pas comprendre l'aspect mégalo, ça doit être malgré moi, parce que ce n'était pas voulu.
Pour l'argot, c'est mon dada, c'est comme qui dirait un truc qui me plait.

@Miromensil : Merci beaucoup de ton commentaire, c'est très intéressant. Et merci pour le relevé, il y a des fautes indéfendables.Par contre, je dois t'avouer que je vais changer ce texte en profondeur dans la forme.
D'une part parce que je ne suis pas tout à fait convaincu du traitement, et que je pense avoir ecrit ça trop vite, d'autre part parce que je le crois encore un peu trop disparate et pas vraiment cohérent.
Certes je vais garder l'histoire en elle même, la mort d'un enfant et la déchéance du père (tu le décris comme "bourré" je crois que c'est assez vrai, en tout cas, c'est vraiment ça que j'ai voulu faire passer) mais j'ai besoin de donner à ce texte plus de subtilité et surtout plus d'humour. Merci en tout cas de ton commentaire très pointu, et n'hésite pas à repasser quand il y aura eu changement (d'ici trois ou quatre jours).

A tout les commentateurs potentielles, ne vous forcez pas à commenter ce texte qui va beaucoup changer, dès que j'aurais un peu plus de temps à lui consacrer
« Modifié: 10 Mars 2017 à 11:56:21 par Mout »

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Re : [T14] Les baltringues
« Réponse #4 le: 11 Mars 2017 à 10:14:42 »
Ouf tu me rassures, j'ai modifié 10x mon commentaire parce que j'hésitais trop u.u

Certes je vais garder l'histoire en elle même, la mort d'un enfant et la déchéance du père (tu le décris comme "bourré" je crois que c'est assez vrai, en tout cas, c'est vraiment ça que j'ai voulu faire passer) mais j'ai besoin de donner à ce texte plus de subtilité et surtout plus d'humour.
Ouip, il m'a aussi donné l'impression aussi d'être très seul, parce que pendant les 3/4 du texte il semble invectiver les gens ("approchez" etc) mais on a pas les répliques desdits gens, on n'entend que lui, donc on dirait qu'en plus, il parle tout seul.. Et à la fin, on dirait qu'il se souvient brusquement qu'il a un fils et qu'il est mort. Peut-être que c'est ça que tu entends par problème de structure, c'est vrai qu'il arrive un peu comme un cheveu dans la soupe, mais dans la perspective du type seul qui a un peu bu, ça s'expliquait. Enfin dans tous les cas si tu sens qu'il faut améliorer la structure, c'est que ça doit être le cas u.u (là on dirait un commentateur très laxiste haha)

Tu te rends pas la tâche aisée en voulant rajouter de l'humour tout en maintenant la mort de l'enfant et la déchéance du papa.. Je me demande ce que ça va donner, spontanément je dirais que si le texte me donne envie de sourire au début, savoir que quelqu'un meurt à la fin aura pour effet que la couche d'humour du début rajoutera un grand sentiment de gravité au texte en général.. Enfin c'est pas très clair ce que je dis, juste je suis curieuse de voir comment tu vas t'en sortir ^^

Merci en tout cas de ton commentaire très pointu, et n'hésite pas à repasser quand il y aura eu changement (d'ici trois ou quatre jours).
Oui oui bien sûr, je guette le fil !

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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #5 le: 13 Mars 2017 à 22:11:00 »
Eeeeeeeeeeet voilà la version deux. du coup cette fois ci il me semble que au moins la construction est la bonne. Enfin il me semble.
C'est pas beaucoup plus drôle ça  c'est sûr mais ça me semble vachement plus lisible
Donc commentateur de tout poil, n'hésitez plus ^^

@Miro :
Citer
Et à la fin, on dirait qu'il se souvient brusquement qu'il a un fils et qu'il est mort. Peut-être que c'est ça que tu entends par problème de structure, c'est vrai qu'il arrive un peu comme un cheveu dans la soupe,
Ben oui c'est un peu ça qui me choquait. La je passe en partie par un narrateur externe, donc il me semble que c'est plus fin. Mais tu me diras.
Citer
Enfin c'est pas très clair ce que je dis, juste je suis curieuse de voir comment tu vas t'en sortir ^^
Je suis pas convaincu au final qu'il y a plus 'd'humour" mais en tout cas, j'ai l'impression que c'est plus euuuuh léger ? enfin je sais pas. pareil, tu me diras.


Merci encore pour le passage en tout cas

Hors ligne Miromensil

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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #6 le: 14 Mars 2017 à 10:26:31 »
Citer
   Un numéro que xptionnel
tellement qu’il en manque des lettres :D

Citer
   Et en lançant les tissus, il retisse et repasse sa vie. C'est toujours la même histoire. Il se gausse de s'appeler Java, mais fut un temps où il aurait pu s’appeler Pierre Dupont. Ou Jacques Lebon. Ou Henri Millau. Allez savoir. C'était un temps lointain où il était dans le pétrin. Tellement dans le pétrin qu'il en était boulanger.
Y a plein de très chouettes passages que je pourrais citer, mais celui-là fait écho à beaucoup de choses ^^


Citer
Et pourtant c'est toujours la même histoire. On ne s'appartient pas, faut croire.
Y a plein de rimes partouut je crois qu’on peut dire que ton texte est plus léger dans le sens qu’il est très rythmé, que ça « swing » un peu

Pari réussi je crois ^^ Y a plus d’ordre et de légèreté, ouip. Après ça dépendra des lecteurs, moi je trouve Java plutôt très attachant et vrai comme personne (et triste). Le texte est joyeux dans le rythme je dirais, avec les répétitions et les rimes, les mots valdinguent (je sais pas comment t’as fait mais c’est dans la façon d’écrire, pour ce que vaut cette expression). Faudrait que je repasse pour les fautes mais je passe en tout cas pour dire que j’ai lu et que j’ai vraiment apprécié, y a tellement de chouettes passages que je pourrais tout citer. J’ai pas tout compris du § avec la bourgeoise, c’est tout des expressions et des mots que je connais pas, mais je pense que je comprends en gros. Pas sure, mais c’est la mère de l’enfant ?

Gg Mout o/

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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #7 le: 14 Mars 2017 à 12:56:20 »
Bonjour Mout,

Citer
Un numéro que xptionnel, toutes options comprises.
Un numéro exceptionnel, toutes options comprises Ou alors il manque des mots.

Je ne sais quoi dire, sur ce texte.
À un moment il se lit bien à d’autre je coince.
 Il a une bonne dynamique, mas d’un autre côté par vraiment.

Je suis ambivalent sur ce texte.
Le texte s’est fermé à moi dès le départ.
Je l’ai survolé faute de mieux, sans trop comprendre où il menait.
Alors qu’habituellement dans ce genre de situation, je passe mon chemin sans me retourner.
Ici, sans jamais y parvenir, j’ai tenté d’entrer dans le texte. 

Est-ce le style d’écriture qui à la fois me dérange et m’attire, je ne le sais pas.

Ceci dit, merci pour ce texte.


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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #8 le: 17 Mars 2017 à 13:58:35 »
Wah, en voilà un texte qui fait plaisir :lecon:

Je crois que j'ai reconnu la griffe et les thèmes de prédilection. Je ne sais pas quoi dire, c'est très bien écrit, c'est triste et c'est beau, c'est gris et en même temps plein de couleurs.
On rigole avec Java et on boit avec lui. Il y a un côté "bateau ivre" qui enchante.

Merci pour ce texte :coeur:
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #9 le: 22 Mars 2017 à 22:08:29 »
Salut Mout !

J'ai beaucoup aimé ton texte :)

Citer
et descend de sa tour d'ivoire à la Courneuve
D'abord ce très chouette "retournement de situation" par rapport à ce à quoi je m'attendais.

Ensuite, j'ai trouvé l'écriture impeccable :coeur:, même (surtout ?) dans les passages où Java parle et part un peu en vrille. J'ai trouvé aussi l'histoire de Java très vivante et très vraie, depuis son rituel maquillage jusqu'à son numéro.
Par contre, je dois t'avouer que les trois derniers paragraphes m'ont un peu paumée, et je ne suis pas sûre d'en avoir bien capté le sens. Le fils de Java est mort ? Il avait bu ce jour-là ? Ou alors il y a une histoire de femme ? Bref, un poil de déception parce que j'ai l'impression qu'il y a vraiment des éléments qui m'échappent sur la fin.

Merci en tout cas pour cette très chouette lecture :)

Quelques coquilles :

Citer
Il aime les tissus précieux et coloré
colorés

Citer
y a toujours quelque choses à éclairer
chose

Citer
Mais il avait tout ce qu'il allait avec
qui allait

Citer
Le soleil de la Courneuve est partie
Parti

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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #10 le: 23 Mars 2017 à 13:26:41 »
Yop

Fautes et coquilles corrigés (enfin je crois)

alors vous êtes plusieurs à pas trouvé clair cette fin, et effectivement c'est dommage. je suis aller trop loin dans le délire, je vais tenter de rendre ça plus clair dans une v3 d'ici ce week end. En gros, c'est parce que son fils est mort (c'est un peu fantasmé de sa part parce qu'il dit que le fils se jette dans le feu, mais c'est sans doute plus un accident) qu'il se mets à boire et à faire le clown.
quand à la femme dont il cause, pour moi, c'est effectivement sa femme mais qu'il prends pour sa psy. Du coup, va falloir clarifié tout ça.

Merci beaucoup en tout cas pour tout vos retours

Hors ligne Rémi

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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #11 le: 24 Mars 2017 à 20:12:52 »
Salut Mout :)

Le détail :

Citer
Il aime les tissus précieux et coloré
colorés

Citer
« Tiens v'la bouffon qu'est de sortie» ».
double » »

Citer
Le soleil est clément et veux bien l'éclairer
veut

Citer
y a toujours quelque choses à éclairer.
quelque chose

Citer
Un numéro que xptionnel,
à ce point là ? :D

Citer
des craques sur mesures.
mesure

Citer
Entrez au Baltringue Circus, garantie sans strass ni paillettes.
garanti

Citer
que nul ne s'arrêtasse.
y a une faute, mais elle est jolie :)

Citer
Le soleil de la Courneuve est partie.
parti

Citer
sans cotation de sans sus ni rien.
j'capte pas

Dans l'ensemble :
J'aime bien le côté social et humain de ce texte.

J'ai pas trop compris le pourquoi du comment au moment du fournil par contre... Java est occupé avec sa bourgeoise et c'est pour ça qu'il ne gère pas bien son fils à ce moment-là ? Et du coup, il sort d'où ce fils ? Bref, ce passage mériterait pitêt d'être plus clair.

La double voix est chouette, les deux niveaux de langage se répondent super bien. Et bien sûr le travail sur le noir et blanc est aussi très sympa.

Niveau de l'écriture, y a de très chouettes trouvailles aussi.

Merci pour cette belle lecture  :)

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [T14] Le baltringue
« Réponse #12 le: 01 Avril 2017 à 21:06:01 »

Salut !

Lu !

Et en fait, j'ai pas grand chose à dire sur ce texte >< j'aime l'idée, le fond, le personnage, mais j'ai eu pas mal de difficultés à le lire, la forme même ne me touche pas. Toutefois, je ne lui trouve aucun souci, juste que ce n'est pas mon style de base.

Désolée :-[
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Re : [T14] Le baltringue V3
« Réponse #13 le: 02 Avril 2017 à 13:14:18 »
Bon ben définitivement j'ai changé la fin, vu que ça avait pas l'air clair. Merci rémi pour le relevé de faute, normalement c'est corrigé. et merci pour ton passage.
Luna, ben désolé que ce texte ne t'ai pas touché, en même temps, je comprends c'est assez particulier. mais merci pour ton passage

du coup comme il ne reste plus qu'aujourd'hui pour modifier je crois que ce sera la dernière version de ce texte. Merci pour vos retours, très constructif.

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Re : [T14] Le baltringue V3
« Réponse #14 le: 03 Avril 2017 à 13:05:05 »
Re-salut Mout,

Cette nouvelle fin me paraît plus claire tout en ayant gardé le style de départ, bien joué pour cette v3 !  :)

Je relève quelques dernières coquilles, si tu as le temps de repasser :

Citer
J'avais un fils, maigre comme un grain de millet, fin comme du sesame, ch'veux blond comme les blés.
sésame & blonds

Citer
Du coup quand il est montationner sur ma tablature
montationné ? (c'est la première fois que je me questionne sur la conjugaison du verbe montationner)

Citer
J'ai laisser faire le petit équilibriste qui rame
laissé

Citer
Il me regardait en paillant, riant, piaffant
piaillant ?

Citer
il a comme qui dirait nouer ses pieds
noué

Citer
Efface le rouge, de ces joues, de sa langue, de son nez
ses

Encore merci pour ce texte !

 


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