Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

12 Juin 2026 à 11:33:48
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le prince oublié, ou

Auteur Sujet: Le prince oublié, ou  (Lu 11721 fois)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #15 le: 03 Septembre 2009 à 12:26:23 »
Je vous l'accorde : les double-posts, c'est pas beau, mais les posts-kilométriques quand on peut les éviter, non plus. Alors voici un nouveau message pour la suite...

_________________


      Je m’étais trompée de chambre. C’était la seule explication : les gardes surveillaient le seul accès à cette partie du donjon, et ils s’affirmaient certains que leur seigneur y était reclus depuis des heures, pour trouver une façon de nous sauver. Mais c’était impossible. Je me sentis subitement vide, moi aussi, encore plus vide qu’à la première ligne où j’étais apparue, sans rien à mettre dans mon crâne. Je m’aperçus que j’étais en train de redescendre les interminables marches quand un nouvel impact de catapulte me ramena à la réalité. Lorsque j’atteignis la sortie, et que les deux soldats se tournèrent vers moi avec anxiété, une colère froide s’était diffusée à tous mes membres.
-   Cet Auteur n’est qu’un immonde petit rat sans cervelle ! fulminai-je entre mes dents.
      Un bout de pierre se détacha du plafond malmené et vint m’administrer une tape à l’arrière de la tête. Je fis volte-face, furieuse. Voilà que monsieur était susceptible ! Je tirai la langue dans le vide, mais il ne réagit plus. Il ne voulait pas m’aider ? Bien ! On allait faire à ma manière. C’est ma vie qui était en jeu. Je revins à mes deux soldats.
-   Le seigneur d’Herbaudt a disparu, l’ennemi nous encercle et nous allons tous mourir, messieurs, débitai-je. Alors… vous (je désignai au hasard le garde de gauche), vous venez avec moi !
      L’interpelé consulta son collègue du regard.
-   Pourquoi ? demanda celui-ci. Où est le seigneur d’Herbaudt ?
-   Bonne question.
      Un vent de panique passa sur eux.
-   Vous croyez qu’il s’est fait enlever ? demanda l’un d’une voix blanche.
-   Ou que l’Auteur a oublié de l’inventer, grommelai-je.
-   Ou qu’il a… fui, dit le deuxième garde.
      Je le dévisageai comme s’il venait de découvrir l’électricité. Chose qui n’aurait pas été de trop dans ce lamentable univers pseudo-moyenâgeux.
-   Oui, par… un passage secret…, poursuivit-il, mal à l’aise.
-   Il n’aurait jamais osé nous abandonner ! s’insurgea son compagnon.
      Le courageux soldat haussa les épaules, gêné.
-   Bon, alors, vous me suivez ? insistai-je. Non, pas tous les deux, un seul.
      Les gardes échangèrent un énième regard interloqué puis celui de gauche obtempéra. Nous grimpâmes les marches quatre à quatre.
-   Qu’est-ce que tu attends de moi ? demanda mon acolyte.
      Il avait les cheveux bruns mal coiffés qui dépassaient de son heaume, et une mine qui aurait convenu à un lapin dévisageant un troupeau de mammouths en train de foncer sur lui. Je ne sais pas s’il réalisait que je le tirais hors de son statut de figurant pour en faire un second rôle à part entière.
-   Quel est votre nom ? demandai-je.
-   Erwan.
-   Eh bien, Erwan, nous allons le trouver, ce passage secret.
      Nous nous plantâmes au milieu de la pièce. Elle était très chargée, malheureusement. Nous retournâmes le maximum d’objets en un minimum de temps. Les tabourets se retrouvèrent empilés sur le tapis persan, les chandeliers déplacés, les livres retirés un à un de la bibliothèque. Rien ne s’actionna. Pas de tunnel caché, pas d’escalier dérobé. De la fenêtre, nous avions une vue imprenable sur l’ennemi, qui nous encerclait à présent dans les règles de l’art. Je poussai un soupir exaspéré.
-   Si nous nous rendons, articula Erwan, je crains qu’ils ne soient sans pitié.
-   Nous ne nous rendrons pas ! rétorquai-je en fondant sur la table incrustée de marqueteries. Ils veulent un seigneur d’Herbaudt ? Nous leur en donnerons un.
      Je me saisis d’un rouleau de parchemin vierge et d’une plume. Erwan s’approcha de moi.
-   « Je soussigné, sieur d’Herbaudt », lut-il. Qu’est-ce que tu fais ?
-   J’invente un personnage. Comment s’appelait votre mère ?
-   Mélana… Pourquoi ? répondit-il, réticent.
      « Par la présente, poursuivis-je, déclare avoir connu personnellement dame Mélana, il y a de cela… »
-   Quel âge avez-vous ?
      Le garde pâlit démesurément.
-   Qu’est-ce que tu fabriques ? Tu veux faire un faux ? Ça ne va jamais marcher !
      Je lui fis un clin d’œil. Jusqu’ici, mes inventions sur ce qui s’était passé avant le début de cette histoire s’étaient révélées justes.
-   Je crois qu’en temps de guerre, on est peu regardant sur les actes officiels. Et puis, nous avons le sceau personnel du seigneur d’Herbaudt, ajoutai-je en désignant la cire qui trônait sur la table. Ne vous en faites pas, il ne s’agit pas de vous livrer ! Je suis sûre qu’il y a une façon de marchander.
      Il me toisa, outré.
-   Et pourquoi tu ne te fais pas passer pour sa fille, toi ?
-   Oh non, merci ! J’en ai plus qu’assez d’avoir le premier rôle ! Vous n’avez jamais rêvé d’être un héros ?
-   Mais… mais… mais-mais… Là n’est pas la question ! Je ne suis pas le héros de cette… (il s’interrompit, et reprit un ton plus bas) …nouvelle ! Je ne pourrai jamais leur faire croire que je suis son descendant !
-   Rien n’est impossible, faites-moi confiance, m’enflammai-je. Alors, vous êtes d’accord pour tenter le coup ?
      La secousse qui ébranla la tour aida sans doute à sa réponse :
-   Bon, vas-y… On verra bien !
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 271
    • Page perso
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #16 le: 03 Septembre 2009 à 13:16:19 »
Citer
Je débouchai sur une paire de bottes en mouvement.
Cette phrase me choque. C'est la galerie souterraine qui débouche sur la paire de bottes pas elle car dans son mouvement y a aucune notion de rapidité.  (ou sinon faut que je ressorte un dico... x'D)
Non, je maintiens : déboucher = "apparaître soudainement, en parlant d'une personne, d'un animal, d'un véhicule". Je peux mettre "devant" au lieu de "sur" (qui est plus adapté au sens figuré : un couloir qui débouche sur une salle, par exemple). Aucune notion de rapidité... ben si, puisqu'y a "déboucher" ! Tire la langue Je veux dire que c'est l'idée d'apparaître d'un coup - or ça me semble aller avec ce verbe, justement.
Au temps pour moi, c'est juste que vu qu'elle était à bout de souffle juste après et qu'elle sortait sans grâce, je la voyais plus se traîner lamentablement que surgir avec vélocité. :P

Citer
ils s’affirmaient certains
C'est peut-être fait exprès mais je trouve le pléonasme bizarre.

Citer
Il avait les cheveux bruns mal coiffés qui dépassaient de son heaume
J'aurais plutôt vu "des cheveux" mais c'est un détail.

Détail purement scénaristique, bien que l'héroïne répète inlassablement n'être pas très futée, ça m'étonne qu'ils ne cherchent pas aussi un passage secret au niveau de l'escalier d'autant plus que la porte de la chambre n'était pas fermée.

Pauvre Erwan ^^ Je sais pas pourquoi mais je le sens mal pour lui. x'D

Bonne chance pour la suite o/
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #17 le: 03 Septembre 2009 à 15:20:19 »

hop

Citer
Fidèles à leur rôle secondaire, mes guides décidèrent
ce genre d'allusions passe mieux ^^

Citer
Et vous, vous pourriez être un mollusque géant en cavale
haha :mrgreen:

Citer
Yahoo !
"Yahou" ? sinon ça fait vraiment moteur de recherche...

(pas de remarques sur le dernier envoi)

Genette trouverait là un grand intérêt dans la juxtaposition suggérée de l'auteur et du personnage :-¬?

bref, ça gagne en fluidité et tout, c'est cool. La suite ?
« Modifié: 03 Septembre 2009 à 15:23:06 par Loredan »
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #18 le: 04 Septembre 2009 à 08:29:36 »

Je trouve la dernière partie aussi bonne que celle d'avant. J'ai pas relevé de choses gênantes. (désolé mais je ne sais pas trop quoi dire sur cette partie  :-[)
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Turgon Malwesul

  • Tabellion
  • Messages: 25
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #19 le: 04 Septembre 2009 à 15:44:15 »
J'aime beaucoup tes textes, et l'histoire de l'héroïne amnésique qui s'en prend à l'écrivain. Le décor est bien posé, et le personnage principale attachant. Enfin, j'aime beaucoup ton style d'écriture, et j'attends la suite avec impatience!
Crois au pouvoir de l'Ecriture

Hors ligne Leia Tortoise

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 455
    • Mon blog
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #20 le: 04 Septembre 2009 à 16:13:11 »
J'ai lu la suite, et je reste accrochée.
Il y a quand même un petit quelque chose de manquant par rapport à tes autres textes que je préfère, mais je ne saurais pas trop dire quoi... C'est toujours ce truc qui me turlupine et qui m'a fait dire la dernière fois que peut-être le texte était moins intéressant pour les non-Nextés, mais j'oubliais qu'on était encore dans la partie écrite avant ta Nextisation, donc c'est pas vraiment ça...
Rah, j'arrive pas à préciser mon impression, désolée.
Peut-être que ça tourne un peu trop autour de "l'histoire s'invente au fur et à mesure" et le fait qu'on est dans la peau de l'héroïne qui ne sait rien et improvise, et que finalement il n'y a rien d'autre, ça manque de contenu, je sais pas si tu vois ce que je veux dire... J'ai l'impression de tourner en rond, en gros.

Par contre si je passe par-dessus ça j'apprécie toujours l'humour des situations!
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
- Dumbledore -
*
Books ! Best weapons in the world.
- Doctor Who -

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #21 le: 04 Septembre 2009 à 19:30:50 »
Citation de: Kathya
Citation
ils s’affirmaient certains
C'est peut-être fait exprès mais je trouve le pléonasme bizarre.
Pourquoi bizarre ? "Il affirmait être certain d'avoir vu un écureuil", ça passe bien non ? Enfin moi ça ne me fait pas bizarre... ???

Lo --> Bon, ok, je me rends, je mettrai Yahou ^ ^

Matt --> Hum, être si désolé de ne pas trouver de critique, je trouve que ça dénote quelques gènes sadiques... tu es sûr de ne pas avoir de lien de parenté caché avec Loredan ? ^ ^

Tutur... heu, Turgon Malwesul, pardon ! --> Merci beaucoup !

Leia --> Hum... je vois... Peut-être parce que ça fait très déjà vu après Jasper Fforde ? C'est à partir du dernier envoi que j'ai été influencée (rédigé cet été, même si inventé l'an dernier)...



______________________


      Je récupérai la plume qui avait roulé au sol avec le choc et la trempai dans l’encrier. « … déclare avoir connu personnellement dame Mélana, il y a de cela vingt-six ans, écrivis-je en suivant les indications d’Erwan. C’était par un mois de janvier où elle m’a offert l’hospitalité, alors que mes hommes et moi étions retenus en campagne par le froid… »
-   Attends, m’interrompit-il à nouveau. Comment tu sais ça ?
-   Comment je sais quoi ?
-   Qu’un jour où la neige les empêchait de revenir au château, ma mère a accueilli le seigneur et quelques hommes de sa garnison ?
-   Je viens de l’inventer…
-   Mais c’est la vérité ! Ma mère me l’a souvent raconté. C’est pour cette raison que j’ai décidé de m’engager dans la garde rapprochée du seigneur.
      Je ne pus retenir un petit sourire satisfait.
-   Continuons, répondis-je mystérieusement.
      Nous inscrivîmes plusieurs détails de l’enfance d’Erwan, laissant entendre que le seigneur d’Herbaudt avait porté une soigneuse attention à la vie de son fils caché.
-   Prêt à devenir le héros ? lançai-je juste avant d’attaquer le dernier paragraphe.
      Je n’avais aucune idée des conséquences de mon acte – ni de s’il allait en avoir. Cela n’entrait sans doute pas dans les plans de l’auteur ; mais après tout, il n’avait rien fait pour m’arrêter – je vérifiai qu’aucune casserole ne risquait de me tomber sur la tête.
-   Prêt, répondit Erwan d’un ton qui indiquait qu’il mentait avec beaucoup de courage et peu de talent.
      Je plongeai une dernière fois la plume dans l’encrier et terminai le testament du sieur d’Herbaudt :

« Et c’est ainsi que moi, soussigné sieur Erwick d’Herbaudt, remets en les mains de mon fils Erwan d’Herbaudt l’ensemble et la totalité de mes biens et fonctions, vassaux, serfs et dépendants, ainsi que les responsabilités adjointes, dans le cas où le Seigneur me rappellerait à lui avant que ne vienne au monde un enfant légitimement reconnu par les lois des hommes et de l’Eglise. »

      Je levai les yeux du texte et déglutis. Rien n’avait changé dans la pièce, la lumière continuait de décliner, le tir des catapultes s’était apaisé, ou fait plus lointain. J’avais peine à croire que mon destin venait d’être scellé.
      La jeune fille posa la plume sur le bureau et souffla sur la page pour faire sécher l’encre, avant d’apposer le sceau du seigneur d’Herbaudt.
-   Alors, ça fait quoi d’être un prince ? me glissa-t-elle avec ce regard pétillant dont elle ne se départait jamais.
-   Je ne me sens pas vraiment différent, répondis-je en haussant une épaule.
-   Pourtant, vous avez les cartes en main pour être un véritable héros, maintenant.
      Elle ébouriffa ses cheveux blonds, qui semblaient perpétuellement mutinés contre toute notion d’ordre capillaire. Dire que le poids du monde pesait à présent sur mes épaules… Plus exactement, le poids du royaume. Enfin, celui d’un domaine d’un vassal du roi. Mais pour quelqu’un qui n’a jamais eu sur les épaules que le poids de son plastron, l’évolution était de taille.
-   Mince, on a oublié le titre de l’acte ! s’exclama la jeune fille.
      Elle déroula le parchemin et hésita avant d’écrire. Je pense que ni elle ni moi n’avions la moindre idée de ce à quoi ressemblait l’en-tête d’un tel document.
      « Le prince oublié », inscrivit-elle.
-   C’est un peu court, commentai-je.
-   Ajoutons un sous-titre. « Le prince oublié, ou… » Vous avez une idée ?
-   Non, répondis-je en toute franchise.
      Un cri lointain nous rappela que nous étions en pleine bataille. Nous n’avions pas de temps à perdre en tergiversations. Elle ferma le document et se tourna vers moi.
      Elle semblait attendre que je prenne les devants, mais j’étais un simple fantassin ; j’obéissais aux ordres, moi, je ne les donnais pas. Devant mon manque de réaction, elle se leva énergiquement et m’administra un coup de poing dans l’épaule. Je me retins de parer, conscient que c’était une marque d’amitié, et qu’expédier les jeunes femmes au tapis n’était pas conseillé pour le nouvel héritier d’un grand seigneur.
-   Allons, Erwan ! m’encouragea-t-elle. C’est le moment ! Il faut y aller !
      Nous tournâmes les talons et dévalâmes les marches.
-   Halte-là ! Vous avez du nouveau ?
      Je reconnus Aldred, mon coéquipier.
-   Allez chercher les hérauts ! ordonna la jeune femme avec sa fougue habituelle.
      Aldred m’adressa un regard dubitatif.
-   C’est bon, elle est avec moi, pas le temps de t’expliquer, le hâtai-je.
      La jeune femme et moi remontâmes le couloir au pas de course.
-   Conduisez-nous au point le plus visible du château ! ordonna-t-elle. Visible… et audible !
      J’avais une petite idée de sa petite idée à elle. L’ennemi ayant pénétré dans la basse-cour, les tours de la porte devaient être prises ou en ruine à l’heure actuelle. Le toit pointu du donjon ne pouvait pas nous accueillir… Restait le chemin de ronde, entre le donjon et la tour Ouest. Nous aurions senti l’impact s’il avait été détruit, et il donnait directement face à l’adversaire. Je bifurquai à droite.
      Les trois hérauts survivants et un quatrième gars réquisitionné pour l’occasion nous rejoignirent. Le vent froid nous cingla le visage lorsque nous sortîmes du bâtiment à onze mètres de hauteur. Les créneaux avaient résisté aux assauts. Nous surplombions la haute-cour, où quelques combats isolés vivotaient encore. « Réduit » était une exagération optimiste pour qualifier le nombre de nos combattants. Assis dans un coin, un troll immense passait le temps en faisant sauter une à une les pierres du puits principal.
      Sur mon ordre, les hérauts élevèrent leurs carnyx et soufflèrent dedans avec force, produisant les notes caractéristiques de l’annonce de discours seigneurial – dont une fausse : le quatrième volontaire était plus doué avec un glaive qu’avec un instrument de musique. Le son se répercuta entre ce qui restait de l’enceinte, imposant l’attention à tous, amis comme ennemis. Je bombai le torse.
-   Oyez, oyez ! bramai-je de toute ma capacité pulmonaire. Je suis le seigneur d’Herbault !
      Quelques huées moqueuses me répondirent, en bas.
-   Et je peux le prouver ! ajoutai-je, brandissant le faux que nous venions de confectionner.
      Les huées furent cette fois sporadiques.
-   J’exige de rencontrer votre chef, d’égal à égal ! Je suis disposé à envisager une trêve !
      Il était fréquent que les chefs de guerre se livrent à ce type de bravades – mourir avec les honneurs supposait une lutte sans merci jusqu’au dernier souffle – mais notre situation dépassait le stade que les instructeurs qualifiaient de « en train de perdre ». La jeune blonde m’adressa un signe d’encouragement tandis que le silence s’installait sur les décombres de château. Au bout d’environ cinq minutes, un héraut ennemi accourut aux pieds de notre rempart, muni d’une oriflamme claquant au vent pour indiquer sa fonction officielle. Il mit ses mains en porte-voix et déclara :
-   Votre nouveau souverain, le seigneur de Groma, consent à vous entendre ! Le rendez-vous est fixé à l’heure des vêpres, à cent pas après le pont dormant !
      Le petit homme entrechoqua ses talons et fit demi-tour. Je m’autorisai un soupir. J’avais au moins obtenu un délai…
« Modifié: 05 Septembre 2009 à 11:04:01 par Milora »
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Leia Tortoise

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 455
    • Mon blog
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #22 le: 05 Septembre 2009 à 10:28:29 »
Citer
Pourquoi bizarre ? "Il affirmait être certain d'avoir vu un écureuil", ça passe bien non ? Enfin moi ça ne me fait pas bizarre...

Oui mais non, je suis assez d'accord avec Kathya, ça m'avait frappé à la lecture moi aussi même si je n'avais pas jugé utile de le relever: ça fait assez redondant, "affirmer" et "être certain" étant très appuyés pour un sens très proche...

Sinon:
Citer
-   Alors, ça fait quoi d’être un prince ? me glissa-t-il avec ce regard pétillant dont elle ne se départait jamais.
il ou elle?
D'ailleurs j'ai eu la nette impression d'être perdue dans ces eaux-là: dis-moi si je me trompe: on passe au point de vue du gars pendant un petit moment c'est ça? C'est pô clair du tout... Le passage juste après la rédaction du dernier paragraphe du faux.

Citer
d’avions la moindre idée

Le n s'est mué est d  :mrgreen:

A part ça, je commence enfin à être vraiment passionnée par le texte!
Of course it is happening inside your head, but why on earth should that mean that it is not real ?
- Dumbledore -
*
Books ! Best weapons in the world.
- Doctor Who -

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #23 le: 05 Septembre 2009 à 11:29:09 »

Citer
Pourquoi bizarre ? "Il affirmait être certain d'avoir vu un écureuil", ça passe bien non ? Enfin moi ça ne me fait pas bizarre...

Je ne trouve pas que c'est redondant. Ca passe très bien et il n'y a rien de bizarre.

On peut dire : "ce que je dis est sûr", "ce que j'affirme est certain", ou à l'envers, "je suis certain de ce que j'affirme"

----------

J'ai lu la dernière partie et je crois que je me suis un peu perdu dans l'histoire. Je vais devoir tout reprendre. (rien à signaler sinon)
« Modifié: 05 Septembre 2009 à 11:39:21 par Matt »
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Gros Lo

  • ex Lo
  • Clochard céleste
  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 9 903
    • olig marcheur
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #24 le: 05 Septembre 2009 à 12:40:35 »


Le changement de point de vue à partir du moment où il est prince est plutôt bien v(en)u, j'trouve ^^


Citer
Les créneaux avaient résisté aux assauts.
créneaux ou merlons ? :mrgreen:
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #25 le: 05 Septembre 2009 à 12:44:05 »
Citer
-   Alors, ça fait quoi d’être un prince ? me glissa-t-il avec ce regard pétillant dont elle ne se départait jamais.
il ou elle?
D'ailleurs j'ai eu la nette impression d'être perdue dans ces eaux-là: dis-moi si je me trompe: on passe au point de vue du gars pendant un petit moment c'est ça? C'est pô clair du tout... Le passage juste après la rédaction du dernier paragraphe du faux.
C'est bien "elle", oui - faute de frappe due à l'habitude d'une narratrice féminine ! XD
Leia et Matt... Hum, ça m'embête beaucoup ce que vous dites... qu'est-ce qu'on ne comprend pas ?

Citer
Citation
Les créneaux avaient résisté aux assauts.
créneaux ou merlons ?
J'ai hésité, lol. Mais les merlons, c'est bien la partie la plus basse, non ? Donc ce sont les créneaux qui sont susceptibles d'être détruits ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #26 le: 05 Septembre 2009 à 13:41:23 »

Citer
Leia et Matt... Hum, ça m'embête beaucoup ce que vous dites... qu'est-ce qu'on ne comprend pas ?

Je comprends pas ta question. C'est au sujet de mon précédent "commentaire" ?
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
  • Messages: 10 986
  • Championne de fautes de frappe
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #27 le: 05 Septembre 2009 à 13:44:15 »
C'est parce que tu as dit :
"J'ai lu la dernière partie et je crois que je me suis un peu perdu dans l'histoire. Je vais devoir tout reprendre."
Je demandais plus de précision sur ce qui n'était pas net... :S
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Séléna!

  • Scribe
  • Messages: 62
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #28 le: 05 Septembre 2009 à 14:40:31 »
J'ai tout lu d'un coup, et pour ma part, je trouve ça très bien :)
J'aime beaucoup la narration ironique, l'héroïne qui en veut à l'auteur... Et l'histoire qui s'écrit au fur et à mesure des décisions de l'héroïne, ça ne me dérange pas, au contraire. C'est original ! (Mais je ne connais pas Fforde...)
Rrmm... Ce n'est pas très  constructif, comme commentaire, mais bon...
J'attends la suite avec impatience ! ^^
Ich weiss nicht, was soll es bedeuten...

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Le prince oublié, ou
« Réponse #29 le: 05 Septembre 2009 à 14:53:25 »

Citer
C'est parce que tu as dit :
"J'ai lu la dernière partie et je crois que je me suis un peu perdu dans l'histoire. Je vais devoir tout reprendre."
Je demandais plus de précision sur ce qui n'était pas net... :S

En fait quand je lis un texte, morceau par morceau, j'ai tendance à oublier quelques éléments. Puis en plus, comme je lis plusieurs textes différents il m'est assez difficile de me remémorer tout ce qui s'est passé avant. Donc il n'y a rien de négatif dans ce que j'ai dit, c'est juste moi et mes problèmes de mémoire. Rien de grave donc !
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 16 requêtes.