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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Ginkgo Biloba

Auteur Sujet: Ginkgo Biloba  (Lu 9427 fois)

Hors ligne Zephyr

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 373
Re : Ginkgo Biloba
« Réponse #15 le: 23 juillet 2010 à 09:33:17 »
J'ai enfin réécrit totalement le poème. J'ai repris la forme de la première version, mais j'ai plus travaillé sur le vocabulaire et ce que je voulais dire.
Et il me pose toujours autant de problème. Je préfère cette troisième version. Mais alors, je suis certain que le rythme est vraiment pas génial du tout, que j'ai du encore avoir un problème de pied quelque part. Bref, que je suis encore loin du résultat que ce sujet mérite.

Ici les deux anciennes versions.

Première version :


Ginkgo Biloba

Ô, grand arbre vert,
Donne-moi ta force
Qui contre tout te protège.

Vieil arbre solitaire
Qui survécut quand tout mourait
Prête-moi ta splendeur.

Rien ne peut ébranler
Tes hautes branches,
Tes fruits, ton écorce.
Ta sève toujours coulera.

Et quand bien même
L'automne jaunissant
Te touchera, tu renaîtras,
Phœnix pour l'éternité.

Deuxième version :

Ginkgo Biloba

Je prie devant toi,
Et j'invoque à ton âme,
Ô grand Ginkgo Biloba,
Ma souffrance insoutenable.

Les bombes, les restes,
Les cris et le rien ;
De ce jour si funeste
C'est ce dont je me souviens.

Je meurs coupable,
Pour mon peuple paraît-il,
D'un mal incurable,
Leucémie disent-ils.

Alors que moi je m'en vais,
Toi tu vis, t'élevant
Contre la barbarie dépravée,
Contre le vent hurlant.

Tu es pour moi le phœnix
De mon cœur meurtri,
Tu mourras dans l'onyx
Noir de l'effronterie.

Et de tes cendres encore chaudes
Un germe de paix survivra
Un espoir de vie éclatera
Et toujours tu renaitras.

Tu es seul maintenant,
Survivant de ce monde
Car je m'effondre à tes pieds
Pour toujours contre toi.
Si j'écris quelque fois, je n'écris point d'ardeur,
J'écris naïvement tout ce qu'au cœur me touche,
Soit de bien, soit de mal, comme il vient à la bouche,
En un style aussi lent que lente est ma froideur.

Joachim du Bellay, Les Regrets, « 21 »

 


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