Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

28 Juin 2026 à 19:32:10
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » un monde en béton

Auteur Sujet: un monde en béton  (Lu 854 fois)

Hors ligne safa

  • Plumelette
  • Messages: 15
un monde en béton
« le: 03 Novembre 2016 à 11:51:44 »
Bonjour voici le texte avec cette fois la ponctuation et plus aéré pour une lecture fluide j'espère.
Merci pour vos critiques.



UN MONDE EN BETON   
                                                                                                     


"Un maitre dit jadis
dans son antique sagesse
au sommet de sa montagne:
Les chemins de l'impossible
sont intérieures."



        Ce n’est pas bien de parler soi,comme nous disait notre professeur de lettres à la fac, à nous petits étudiants fraîchement bacheliers de cela il y a bien longtemps. Si longtemps que cela n a jamais existé. Ce prof disait, parler de soi en littérature est aussi impoli que de montrer du doigt. Au diable les politesses dans ce monde impoli, crasseux et dévastateur qui m’emporte, me transporte et me porte avec lui et en lui.

     Alors maintenant, je vis à Gemagne, une grande terre d’accueil en France, un no man’s land de liberté ou chaque citoyen du monde, qu’il soit de couleur  blanche, jaune, noire ou rouge, peu vivre ensemble dans la communauté de la rue. Ainsi, ici je rencontrais l Estonie, la Finlande, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Bulgarie, la Hongrie, l’Espagne, le Canada, l’Allemagne, la Belgique,  le Nigeria, le Brésil, la Roumanie, l’Argentine et des pays plus sombres et plus personnels comme 4 doigts multirécidiviste, Kad et son infernale toxicomanie,  maître Cluedo  et ses 30 ans d’internement, le club des alcooliques pas bucoliques en vacances toute l’année, de quoi faire rêver, Punkie la manche, Fafa le squatteur, Johnny l’aboyeur qui se faisait virer régulièrement de ses appartements parce qu’il faisait le chien hurlant à la  mort, aboyant aussi fort qu’un bon gros berger allemand, pendant toutes la nuit. Les voisins, j’imagine, ils n’en pouvaient plus de ne pas dormir et d’aller bosser après. C’était son truc,  aboyer, et les propriétaires de l’expulser .Sans toit où dormir, il allait et venait dans la communauté de la rue. Et dans la rue, on l’entendait aboyer tout son saoule, si bien qu’à la fin les flics débarquaient avec leur muselière pour le faire taire le bougre. A la finale quant il se métamorphosait en son animal fétiche, la communauté de la rue le bannissait. Il y en avait assez de la flicaille. Qu’il aille aboyer ailleurs. Faut dire qu’il les cassait bien les oreilles et avec lui mieux valait être équipé d’une paire de bouchon.
 
       Ici la rencontre des terres profondes continuait avec nos frères et nos soeurs handicapés, enchaînés comme des parias à leurs fauteuils et quand ils sont électriques, on s’épuise à marcher à coté d’eux. Car dans ce vide cosmique qu’est le temps face au désoeuvrement  quotidien de ne rien faire. D’être là à traîner dans les rues, sur les places, les arpenter et s’asseoir. Les bancs des deux communautés finirent par se rencontrer et se côtoyer. Maintenant on pouvait voir des gens de la rue pousser des fauteuils roulants. Un lien social se crée à force d’être des rebus de la société. Faut dire ce qui est, et c’était encore plus dur pour les roms que pur  nous qui connaissions la rue. Pour eux ce n’étaient pas une mince affaire, juste une question de survie et cela  l’est toujours  car nous avons beaucoup de mal à les accepter, à partager.

        Puis dans les plus lointaines profondeurs, dans les vieilles terres la rencontre allât encore plus loin dans le mélange des générations car les vieux comme nous restaient dehors presque toute la journée. Ils demeuraient le plus souvent assis allant de bancs en bancs, dans la lente danse de leurs vieillesses dont nous sentions leurs solitudes aux nombreuses heures vides de sens. Les deux communautés, celle de la rue et  celle du quatrième voire cinquième âge mirent du temps avant de s’apprivoiser. Les vieux ne quittèrent jamais leur défiance vis-à-vis de ceux qui n’ont rien car ils ne firent jamais aucune preuve de générosité. Par exemple ils ne voulaient pas qu’on leur porte leurs courses de peur de nous devoir quelque chose en retour. Si on avait la maladresse ou l’audace de leur demander de l’argent, certains ne nous adressaient plus la parole. Alors nous attendions que le vent tourne dans la patience de notre dénuement.

       Sans le savoir la vie à Gemagne m’emmena au cœur de tout voyage, le moment de la mort avec le départ sans retour d êtres très chers ; Marco le grand frère, le magicien ; ma petite vanille, partie comme une fleur coupée ; Myrtille, la belle, la sauvage et son endurance à faire pâlir plus d’un marathonien. Alicia, et son incroyable bataille contre la faucheuse ; grand-mère Issa et sa force légendaire. Dans la communauté de la rue aussi nous en  avons vu partir plus d’un sans ticket de retour. La Ficelle, la cinquantaine, un joyeux compagnon, le cancer du poumon. Il venait de  la zone de Marseille accompagné de Dome le marrant, avec une tête de clown comme un sur plus de muscle dans la mâchoire, le teint blanchâtre d’un gars du nord et les yeux tous ronds d’un poisson. Il nous faisait trop rire avec son visage et son air éberlué qui ouvre grand les yeux et respire avec la bouche quant il fume. La Ficelle tenait son surnom de son long corps légèrement halé comme une baguette après une belle cuisson toute dorée. Il avait avec lui  son fidèle petit chien avec ses frisettes  blanches. Il était de la race des petits chiens de berger avec des yeux vifs et intelligents. Nous avons appris sa convalescence et qu il était rentré chez lui à Marseille ou l’attendaient sa femme et sa fillette d’une dizaine d’années. Puis la nouvelle tomba deux moi après. Nous étions choqués triste de perdre un frère de rue si jeune. Un bonhomme que nous avions eu la chance de croiser sur notre chemin. Il faisait partie des cœurs sur la main après des années d’errance sur les routes et dans les rues. Il connaissait la zone et sa dèche pire que l’Ardèche d’Apollinaire. Celle ou tu n’as rien et tu n’es rien à part un ventre qui a faim, soif et envie de fumer. Le corps et l’esprit réclament leur pitance  journalière pour vivre. Ainsi aller la vie dans la dèche au jour le jour. On sentait l’expérience chez cet homme ou les luttes intestines ne l’intéressaient  plus. Il se contentait de boire sa bière quelques canettes et fumait son bout. Après avoir su son décès, quand nous fûmes  presque tous réunis, nous nous rappelions les histoires et le temps passé avec la Ficelle. Il revivait à notre mémoire. Qui est celui qui l’avait connu en premier à Gemagne ? Avec qui il avait pris sa première cuite ? Et qui est celui qui  l’avait connu en second ? Ainsi de suite, chacun y allait de sa première fois avec Ficelle. Nous t’aimions vieux frère et tu resteras pour toujours dans nos cœurs de zonards première catégorie.

      Ainsi Dome perdait son binôme à jamais sans espoir. Il s’avéra être un lion parmi les loups, à en rendre plus d’un fou  comme un roi et ses sujets. Maintenant qu’il était seul, plus d’un convoitaient son amitié et ses  belles grâces. Tous nous allions découvrir l’animosité belliqueuse de cet homme car dans son personnage au quotidien, il incarnait à merveille le caractère condescendant et obséquieux décrit dans les romans de Dostoïevski. Il faisait parti de ces rois de la courbette à la manche généreuse, assis en tailleur sa casquette posée devant. Le spectacle pouvait commencer. Une personne s’approchait et il racontait des formules de politesses, accompagnées de flatteries et gentillesses pour se chauffer puis débitait des courbettes verbales,  se mettant plus bas que terre en bon mendiant.  Dome, l’œil complice avec son public, en face, nous autres, se mettait en scène à l’instar des passants, les autres acteurs. Bien sûrs, il conservait en tout temps le premier rôle et  enchaînait les pitreries, se moquant de lui dans une farce à sa mesure, à coup de cirage de pompe, de ces fameuses courbettes obséquieuses et un art pour le vivre. Nous à la première loge, regardions  son spectacle, avec un trait de génie de la part de Dome de donner vie au théâtre de Molière en incarnant la littérature de Dostoïevski. Dans ces moments il devenait d’un comique intemporel et très drôle car tout était dans l’art et la manière de l’improvisation et du rebondissement de son personnage.

        De plus il travaillait bien, comme il excellait dans son rôle, sa place commença à être convoitée. Ceux qui s’y intéressèrent avec acharnement furent les roumains. Et la guerre de la place de Dome commença pour finir par tous se faire virer, sans plus de droit de manche à cet endroit. C’était dans un parking de supermarché en ville. Dome, face à  la persistance des roumains, transformait ce joyeux théâtre en arène. Maintenant il y avait une tension palpable dans l’air qui finit par mettre  les clients mal à l’aise, ne sachant plus à qui donner l’aumône ; dans une guerre ou les deux parties luttaient, en s’insultant de tout ce qui pouvaient leur passer par la tête. Au bout de deux heures de ces conditions de travail et l’alcool aidant, ils perdaient toute gêne dans leurs propos, et Dome n’arrêtait pas de s’excuser en même temps auprès des clients qui passaient en baissant la tête. Le vigile, tenu au courant de la dégradation de la situation, intervenait pour les remettre tous à la rue. Ce cirque continua presque un an sous le regard du gardien qui en réalité fermait un œil, mais ne pouvait se permettre de perdre sa place. Mais rien ni faisait car Dome revenait inexorablement, sans autre moyen de subsistance que de tendre la main pour étancher sa soif et son goût pour la fume.

     Ce qui était drôle ne l’était plus, le temps de la fête partie en mauvaise humeur de fin de soirée permanente à cuver vodka, tequila et guérilla. En tant que chef guerrieros, Dome écrit sa légende urbaine d’être le roi des Clochards dans la grandeur de sa profondeur, pourfendeur d’esprit malade et faible qui vous dévorerait sans vergogne et sans honte ; ceux que nous appelions les gratteurs en puissance. Sa gorge telle une vieille éponge, toute racornie de soif, et une mauvaise sensation d’un souvenir lointain d’une autre vie, certainement de désert de Gobi que rien ne peut apaiser ni étancher. La pire des soifs, celle des déserts, vient habiter la bouche et l’esprit de l’homme, ainsi notre ami Dome fini et subit la transformation de l’alcool en véritable dragon ; son haleine chargée, métamorphosait les mots qui sortaient de sa bouche en acide vitriolé rongeant toutes ses relations. Dans sa folie destructrice, il gravit les derniers mètres de son ascension pour une redescente vertigineuse. Adieu cher compagnon de voltige. Un saltimbanque, un gars du cirque, un voltigeur sans le savoir qui pratiquait de la vrai haute voltige à en devenir fou. Et plus d’un  le sont devenus. Puis dans sa folie sans limite qu’il ne parvenait plus à atteindre en lui-même, ce fut son corps qui céda le premier. Il avait repoussé ses limites dans ses excès, jusqu’à les perdre au-delà du supportable, dans un alcoolisme permanent vodka, tequila et guérilla. Qui me ferait presque chantonner « clandestino » de Manu. Alors un beau jour tout s arrêta net. Dome, parti en cure et se fut au tour de Biscotte son binôme de se retrouver tout seul dans leur squat.

       Le squat éveillait dans l’imaginaire le no man’s land intérieur dans l’enceinte de la ville des fois jusqu’au cœur de la vieille cité. Le squat devenait un territoire à part, avec ses règles et ses lois aux frontières de la mort, où chacun y faisaient ses propres expériences. Vivre dans un abri de fortune dans les maisons abandonnées, délabrées, abîmées, détruites en partie, répugnait une partie de la population, comme si les occupants des espèces de sous merde humaine (ce qui est déjà un don en soi) menaçaient leur… ordre social. La grande peur d’être à l’abandon comme ces gens qui squattent comme ils peuvent, histoire de ne pas dormir encore et encore  comme un chien ou pire un animal errant, dehors. Voilà ce que nous sommes, nous les hommes, des animaux errants, vivant dans l’errance intérieure de nous même. A un point  inimaginable. Quand on n’a pas de squat de maison qu’il faut trouver tous les soirs un endroit pour dormir, ainsi commence l’errance. Dans ces moments tout seul, il fait nuit, et plus personnes dans les rues .Le calme soudain me renvoie à ma solitude qui grandit à devenir immense et je me sens vraiment comme un con tout seul avec ma vie à vivre le froid la nuit et cette putain de solitude, qui au fond me réconforte dans la sérénité enveloppante de l’obscurité. Qu’est-ce que les nuits sont longues l’hiver et particulièrement de vivre dehors ! Il fait nuit à 5h. Le début de l’hiver est le coeur de la nuit.

        Dans la rue, la réalité est le grand fossé  avec tout le monde, et même entre nous. Plus rien n’est comme avant, et ne le sera plus, à force de vivre de rien, au jour le jour, sans jamais savoir, livré à l’inconnu. Ainsi beaucoup de choses perdaient leurs sens en dehors d’une vie normale qui devenait, au plus je m’éloignais, une illusion. C’était à cause, ou grâce au dénuement d’où il ne restait plus que l’essentiel.. Le meilleur demeurait la rencontre et l’échange.. Le temps n’échappa  pas à la loi de l’absurde de le perdre à ce point. En ville, il régnait un climat d’esclavage  ou chacun devait participer et payer son tribut afin de pouvoir exister, sans autre choix que d’y aller. Et pour récompense, quelques os à ronger dans sa carpette familiale car le repos est très important pour recommencer le même cirque tous les jours de son existence. Comme un état de fait qui poussait chacun à être le meilleur guignol de sa vie, pour le plus grand plaisir de nos maîtres invisibles. Fallait bien vivre s’il vous plait mon seigneur et maître. Je ne pouvais me soustraire à cette règle, ne sachant vivre autrement que dans la ville. Malgré l’appel de la forêt qui battait dans le rythme de mes nuits sauvages à la belle étoile.
          A la finale cela revenait presque au même à la périphérie dehors, ou au coeur car ville  restait le centre de vie de toute l’activité humaine. Toute l’attraction, des hommes pour la ville, faisait monter les taux de concentration jusqu’à des nombres vertigineux à vous donner la nausée: Paris 10 000 000 Marseille 1 000 000, et d’autres, encore plus petites, me fascinaient. Comme le papillon de nuit avec les lumières de la ville, N’ y  a- t- il rien de plus vil que la ville où le béton coule à flot figé sous nos pieds en prison de notre inconscient.
            Dans le béton tu naîtras
            Dans le béton tu grandiras,
             Travailleras et… tu mouras
            Et dans le béton tu seras mis en terre


       La suite infâme se déroule des années plus tard dans l’oubli et le tabou de notre propre cruauté remplie d’ignorance.
A l’époque, c’est Popol le fossoyeur qui s occupait de la rude tâche d’accélérer le lent labeur du temps. Puanteur et horreur du mimi holocauste du réducteur d’os pas totalement blanchis, ni immaculés, qu’il découpe manuellement à la scie. Pas très pratique mais faut faire de la place pour les suivants qui sont tous frais à la finale, un peu comme pour le poisson Il recevait une prime de deux francs par réduction. Après son forfait, sans prendre de douche, il nous rejoignait à la décharge publique empestant le cadavre, et se coller au tas le plus infesté de mouche comme pour changer de puanteur, pour une autre plus douce, plus acide moins charnelle, moins humaine. Le pic atteignait des sommets en plein mois de juillet lors de la canicule où Popol suait de tous ses pores, de bonhomme petit et gras, dans son travail aussi ingrat que son hygiène. Et le plus surprenant est qu’il s’entêtait à  empester le mort car on lui disait que les poubelles ni feront rien, y a pas mieux qu’une douche et il refusait ne se lavant plus plusieurs jours. Des années passèrent heureusement le vent avait tourner et Popol apprit la propreté et se douchait aujourd’hui. Il sentait bon la lavande et le romarin mais non il empestait le déodorant bon marché  Celui qui ne se marie pas ou jamais avec notre odeur naturelle et qui fait tout le contraire. Il amplifie l’olfaction aigre de la sueur.

       Mais grâce au temps moderne il y a une morale à cette petite histoire ; le béton est notre meilleur ami. Un ami en béton,  toujours présent dur et juste qui a ses limites comme une frontière à ne pas dépasser .Une nouvelle matrice qui se veut rassurante car elle abrite la cité, là où se passe la vie des hommes. A croire qu’en dehors du genre humain la vie est d’un ennui mortel comme si nous, la très grande race des hommes, détenions les clefs d’autres choses que la maison , la voiture, l’informatique, quelque chose de plus grand, de plus noble mais impossible à prendre. C’est ainsi .que le plus grand nombre d’entre nous, échouions misérablement face à la promesse de  grandeur et de  noblesse de notre destinée,  soi disant élu parmi les pierres, les plantes et les autres animaux, élu parmi les étoiles jusqu’à l’infini firmament. Elu de qui ? De force intelligente qui serait cosmique pour les uns divines pour les autres ou encore énergétiques qui toutes en ont communs le fait d’être inexplicables comme relevant du miracle, difficilement vérifiable, si ce n’est impossible. Sur la route de l’incompréhension se dévoile l’impasse au quelle nous accule notre hermétisme, comme des enfants enfermés dans notre bulle de perception, déçu de ne pouvoir aller au-delà. A chacun ses échec et les miens me suffisaient. Il ne restait plus qu à attendre la sagesse du temps qui adoucit…
                                                                           


                                                                    P.S ; « le béton ç’a rend con
                                                                             la nature ç’a rend pure »
                                                                              Parole de rappeur…





















« Modifié: 05 Novembre 2016 à 13:03:37 par safa »
"Rien dans la vie est donné. Tout ce qui vaut la peine d'être appris doit l'être dans l'effort".CC

Hors ligne safa

  • Plumelette
  • Messages: 15
Re : un monde en béton
« Réponse #1 le: 03 Novembre 2016 à 12:03:21 »
Ha j'oubliais d'écrire ce petit mot.
Bonjour tout le monde voilà mon envie de partager avec vous ce texte. N'hésitez pas pour la critique merci pour votre lecture.
"Rien dans la vie est donné. Tout ce qui vaut la peine d'être appris doit l'être dans l'effort".CC

Hors ligne Winelån

  • Scribe
  • Messages: 62
Re : un monde en béton
« Réponse #2 le: 03 Novembre 2016 à 17:47:44 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.

Bonjour Safa,

J'ai beaucoup apprécié ce texte et c'est pour ça que j'ai pris le temps de te commenter.

Rappelle-toi que ce n'est que l'avi d'une inconnue qui claviote derrière son écran, que je dis seulement ce que je pense et que je ne détiens pas l'objectivité. :)

Tu trouveras entre crochets [...] mes commentaires et annotations diverses. J'ai corrigé directement certaines fautes d'orthographe et de ponctuation. Les fautes de ponctuation, j'ai vraiment été agacée (surtout vu la qualité de ton texte) que tu ne les ai pas corrigé de toi-même.

C'est simple :
1. tous les signes composés de deux entités : "!" "?" ";" ":" etc tu mets un espace AVANT et APRES.
2. TOUJOURS un espace APRES la virgule, JAMAIS un espace AVANT.

Il y a beaucoup de remarques que j'ai dû oublié d'annoter, mais il faut que tu revois ce texte. Il a un très bon potentiel, mais vraiment, fais des efforts pour le rendre encore mieux.

Autre chose : revoie ta ponctuation !! Bon thé, c'est pas possible ! Tu parles de chansons de Manu Chao et de rap à la fin, la musicalité en littérature : c'est la ponctuation. Là, ta chanson elle serait dissonante et personne n'aurait envie d'écouter les paroles. Il faut absolument que tu revoie ta ponctuation ! Il faut du temps pour comprendre certaines de tes "phrases" (qui d'ailleurs sont mal délimitées) et la non ponctuation change le sens de certaines de tes phrases. C'est à toit de guider tes mots avec la ponctuation. Si tu es rapeur, slameur, chanteur (tu dois l'être un peu, je suppose) alors soigne ton rythme ! C'est vraiment dur d'entrer dans un texte qui a une ponctuation inexistante comme le tien, pourtant ça vaut le coup et je suis contente de m'être accrochée par ce que ton texte est bien ! Alors s'il te plaît, revoie ta ponctuation !!!


Winel

Hors ligne safa

  • Plumelette
  • Messages: 15
Re : un monde en béton
« Réponse #3 le: 04 Novembre 2016 à 09:56:40 »
Bonjour Winelan
Déjà un grand merci d'avoir pris le temps de lire le texte et de répondre.
Au moins tu as été clair sur la ponctuation vraiment merci ; et encore j'ai changé et fais un effort avant je ne m'étais que les points à la fin de la phrase. Mais personne ne lisait. Je vais suivre tes conseils revoir toute cette ponctuation. Je ne suis pas chanteur, ni rappeur et slameur. Tant mieux que tu aies apprécier le texte ; il aborde en surface les thèmes qui sont annoncés.
Encore merci pour ta critique constructive. Au plaisir de te lire aussi.
"Rien dans la vie est donné. Tout ce qui vaut la peine d'être appris doit l'être dans l'effort".CC

Hors ligne Winelån

  • Scribe
  • Messages: 62
Re : un monde en béton
« Réponse #4 le: 04 Novembre 2016 à 12:55:22 »
Bonjour Safa,

Ton écriture me semblait assez orale, certaines retranscriptions du phonétique à l'écrit m'ont fait croire que tu étais musicien, ou poète-musical (rappeur, slameur, chanteur). En tous cas ce texte doit être intéressant lu à l'oral comme un poème (ou en tous cas pas comme de la pure prose, il y a quelque chose de rythmé et de direct dans ce texte).

J’essaierais de lire et commenter tes prochains textes, fais-moi signe si tu as besoin.

C'est bien que tu fasses des efforts au niveau de la ponctuation, à force ça deviendra naturel. Ce n'est que de petites habitudes à prendre. Tu écris par ordinateur ou par papier, si ce n'est pas indiscret ? Parce que si tu écris sur papier, les règles des espaces ne sont pas très importantes et visuellement ce n'est pas dérangeant, mais quand tu tapes à l'ordinateur, c'est différent et personnellement je trouve qu'il y a quelque chose qui cloche quand les règles des espaces ne sont pas respectées.
Au niveau de l'orthographe,  tu peux utiliser un correcteur. Tout dépend du traitement de textes que tu as. Moi, j'ai libre office et le correcteur est correct (c'est seulement un correcteur qui te soulignes les mots, il ne remplace pas directement, ce qui permet de faire des néologismes quand même !).

Sinon, quelques conseils pour que tes textes soient plus fluides.
D'abord au niveau de la langue (outre la ponctuation et l'orthographe) :
1. Faire attention à la concordance des temps. Il faut pas tout le temps osciller entre le mode du passé, puis du futur puis du présent... Choisis d'abord le temps de ton récit et base-toi sur ça pour les passages de flash-back ou de prémonition. Par exemple, dans ton texte, imaginons que tu aie choisis le présent comme temps principal, les passages où tu parles de Popol le fossoyeur devront être au passé ou passé composé. Si par contre, tu choisis comme temps principal le passé, alors les passages avec Popol le fossoyeur seront au passé antérieur et plus-que-parfait (avait enterré etc).

2. Faire gaffe à la syntaxe. C'est construire des phrases pas trop alambiquées parce que sinon le lecteur se perd. Si tu as vraiment besoin de faire des phrases labyrinthiques, alors tu dois montrer le chemin au lecteur, pour pas qu'il se perde et ça ce fait avec une ponctuation particulière. Par exemple : Si j'eus, en ce jour de novembre de l'an où Eugène, l'ami de ma grande tante, à parler de l'écriture, j'aurais dit inopinément que cet art - non pas ce lard, ne nous perdons guère - était, fut et sera ce que je haie le moins (comme le disait un très cher collègue, décédé depuis longtemps déjà). [plus correct que :] Si j'eus en ce jour de novembre de l'an où Eugène l'ami de ma grande tante à parler de l'écriture j'aurais dit inopinément que cet art non pas ce lard ne nous perdons guère était fut et sera ce que je haie le moins comme le disait un très cher collègue décédé depuis longtemps déjà.
Bon et puis là, par exemple, la phrase que j'ai faite est bourrée de trucs inutiles. Il faut essayer d'élaguer ce qui égare le lecteur et le fait penser à autre chose (/!\ Sauf si justement tu as envie de faire un truc un peu fou, ou de te moquer de tes personnages et/ou de ton lecteur).

3. Réfléchir aux registres. Il faut savoir quels passages tu souhaites faire ressortir du texte en changeant de registre (si tout le texte sauf un paragraphe est en language familier et que le-dit paragraphe est bourré de termes techniques à propos de la mécanique ou juste s'il est en langage soutenu, il se remarquera). C'est un peu comme en musique quand tu fais des couleurs, c'est à dire quand tu changes de tonalité.

Ensuite, au niveau de la forme, des images, du fond :
1. Tu ne peux pas tout donner au lecteur. Pour décrire une chose, tu as quinze mille images en tête, mais tu vas de voir en choisir une seule. Et c'est ça qui donne un coeur à un texte : le choix de l'auteur (quels mots il a utilisés, quelles figures de style ...).

2. Tu ne dois pas tout donner au lecteur au niveau du fond non plus. Là c'est quelque chose qu'on a tendance à faire quand on commence à écrire : tout expliquer. Dire pourquoi tel personnage porte des chaussures roses, pourquoi X aime Y, que l'autre a mangé des sushis, etc etc. Cela donne toutes les informations au lecteur et c'est mauvais. D'une part parce que le lecteur n'a pas forcément besoin de savoir que machin a mangé des sushis et que U porte des tongs roses. D'autre part, parce qu'il faut avoir confiance en le lecteur et en sa propre imagination. Un livre, un texte, une oeuvre d'art, une pièce de théâtre, un film : ce n'est pas l'artiste qui impose sa vision. C'est l'artiste qui propose quelque chose et le lecteur qui fait la moitié du boulot et le perçoit grâce à ses propres feelings. Donc ce qu'il faut c'est ne pas en donner trop (encore une fois : sauf si c'est voulu et que tu veux faire de l'épique, du romantique à l’extrême ou autre).

3. Amène les différents éléments au lieu de les faire apparaître. C'est comme en théâtre quand tu crée une porte imaginaire ou un objet imaginaire, tu ne peux pas juste ouvrir la porte et entrer. Non, tu dois regarder la porte, faire en sorte que l'on voit que tu en prends conscience, puis t'en approcher, prendre la poignée, attendre quelques secondes pour que le public comprenne ce qu'il se passe et enfin ouvrir la porte. En littérature, tu ne peux pas dire que X ouvre la porte si on ne sais même pas qu'il est face à une porte.

4. Au niveau des passages didactiques, c'est un terrain glissant je trouve. La plupart des réflexions qu'on se fait sont inintéressantes (je m'inclus très fort dans le "on") et déjà vues et revues. Soit tu ne fais pas de passages didactiques parce qu'ils sont déjà-vu, soit il faut vraiment les présenter de manière intéressante. Tu dois jouer sur le contexte dans lequel tu places les passages didactiques, si un personnage les dit, de quelle manière tu vas les dire etc etc.


Bref .... Je m'égare un peu. Ces conseils snt juste là à prendre ou à laisser et ils ne sont pas tous en lien direct avec les critiques que j'ai fait à ton texte, c'est juste en général.


Bonne journée,

Winel


P.S.: Pas la peine de me lire.  ;D

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.408 secondes avec 22 requêtes.