Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 Mai 2026 à 20:36:59
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Le Verre

Auteur Sujet: Le Verre  (Lu 1312 fois)

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
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Le Verre
« le: 21 Août 2016 à 13:07:59 »
  Salut tout le monde! Je tentes un nouveau style et j'ai besoin de vos conseils, je sais pas si je dois l'exploiter ou l'abandonner. Et je ne suis pas sûr de la fin, elle est peut être trop rapide. Merci d'avance pour votre lecture.

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  Je vois le verre à moitié plein. Une seconde plus tard, il est vide. Alors je le remplis de nouveau. Désormais, il est plein. Il ne me faut que peu de temps pour le finir. Cette soif m'appelle, je me dois de l'étancher. Je le remplis une nouvelle fois, le bois plus de fois que ne le remplis. Où est-il désormais ? Perdu entre flou et réalité. Je suis perdu dans une réalité flou. Elle vire au noir le plus complet, se transforme en un sommeil profond et sans rêves puis en une migraine envahissante.

  Mon réveil sonne. Je l'assomme d'un beau crochet du droit. Les matins comme celui-là, j'ai toujours une allure de boxeur. Puis je boite tel un clochard. Car j'ai ça en commun avec leur archétype ; ce doux venin. Je me suis évanoui la nuit dernière, à seulement quelques centimètres de mon matelas, pas de chance. Le verre est à moitié vide. Pas grave, je me l'enfile quand même.

  Plus de migraine, je vais pouvoir partir au boulot. Ils m'attendent tous là bas, enfin, seulement mon patron, et je suis déjà en retard. Où j'ai foutu mon pantalon ? C'est si dur de réfléchir. J'essaie quand même. Bien sûr ! Dans le four.

  Cette satanée maison est si vide, j'avance en direction de la cuisine mais cette étagère est toujours au milieu. Autant en profiter. Je remplis mon verre et le finis presque dans le même instant. Le voir ainsi me fait me sentir mal, il semble tellement seul, presque autant que moi. Mais pas le temps d'y réfléchir, un dernier bain de bouche et je pars au boulot. Faut encore que je retrouve mes clés. Les voilà, toujours près de la sortie.

  J’enjambe le paillasson dégueulasse qui me souhaite la bienvenue dans ma propre maison. Puis j'ouvre la porte, un peu faiblement, je dois l'avouer. L'air est froid dehors. Le vent semble s'infiltrer sous tous mes vêtements. Mais il ne me berce pas, il m'agresse.

  Je regarde un instant autour de moi. Il y a une femme dans la rue, une maman. Elle est belle et à côté d'elle marche un enfant. Il va à l'école alors que je vais au travail. Puis soudain, lorsque les deux arrivent à ma hauteur, la mère cache les yeux de son fils avec sa main. Elle a l'air indigné tandis que l'enfant ne tente pas de dissimuler un petit rire amusé. La femme baisse les yeux vers mes jambes et crache un soupir de dégoût. Puis elle accélère le pas, forçant le petit bambin au bout de son bras à le faire aussi.

  Ils ne sont plus à portée de vue désormais mais ils me laissent confus. Alors je m'examine de haut en bas. D'abord mon crâne. Non, rien d'anormal si ce n'est qu'il me manque quelques cheveux. Mon torse. Poilu mais pas au point d'en faire pleurer un enfant. Mes jambes. Mon pantalon ! J'ai oublié de l'enfiler.

  Je fonce vers la cuisine et le trouve sur la grille du four. Je le prends et en quelques secondes, m'habille avec. En sortant, je trébuche sur un vieux caleçon sale. Ma tête heurte le sol, mon nez se met à saigner. Comme si j'avais besoin de ça. Direction la salle de bain désormais. Quoi ? Le verre est vide. Bon, je ne le remplirai qu'à moitié, cette fois. Je me laisse emporter par le geste et le remplis à ras bord. Rien que je ne puisse affronter. Tel un cowboy de l'Ouest, je le descend aussi.

  Je prend le nécessaire de soin, la trousse de secours en entier, et saute vers la sortie. Un petit coup pour la route d'abord. Je me soignerai dans la voiture.

  Ma main tremble mais j’arrive quand même à mettre le contact. Tout va bien. Mais je suis en retard. Je grille quelques feux, fait monter l'aiguille au dessus des panneaux et prie pour ne pas tomber sur les flics. Même quand je roule à la bonne vitesse, ils arrivent toujours à me trouver des poux avec leur ballon à la con.

  Je m'engages sur l'autoroute et comme il y a des bouchons, je me soigne le nez. Je ne suis pas chirurgien, ni bon médecin. J'en fous partout, jusque sur ma chemise. Mais j'ai l'expérience, je sais comment dissimuler les traces. Je mets ma cravate par dessus et elles disparaissent plus vite qu'avec Vanish.

  J'appuie sur l’accélérateur puis brusquement sur le frein car le connard devant moi s'est arrêté au feu. Finalement, j'arrive à destination. Avec 30 minutes de retard. Ça va être dur à expliquer.

  Je franchis la porte. Le patron me fonce dessus et commence à crier. Je mets mes boules quies mentales en attendant de ne plus voir ses lèvres bouger. Puis, il ne prononce plus rien, attend ma réponse. Je m'excuses, lui explique que ce n'est pas de ma faute, qu'il y avait trop de circulation. Il semble déceler quelque chose dans mon haleine mais ne le relève pas. Il se contente de m'ordonner de me rendre à mon poste puis s'en va. C'est bientôt Noël, mes collègues en profitent souvent pour déposer leurs congés. Il est en manque d'effectif aujourd'hui mais je sais que dans quelques jours, il me licenciera. J'aurai tenu presque un mois. Un record, j'en suis plutôt fier.

  La matinée s'est passée plutôt bien, c'est l'heure de la pause déjeuner. Je me dirige seul dans un bar-restaurant où je suis un habitué. Je m'assois à ma table préférée, près des toilettes, et attends que le gérant me salue. Il me demande ce que je veux. Il le sait déjà. Il se défile et après un certain temps, un serveur vient à ma rencontre. Il m'apporte mon verre accompagné d'un plat de pâtes fades. Je ne fais pas confiance à l'eau de ce genre d'établissement alors je prends toujours ma propre bouteille avec moi. Mais je les remercie toujours pour le verre. Je le remplis puis le vide. J'attaque le plat de pâtes. J'en prend une. Trois. Puis je me ressert un verre. Cette fois, j'avale une dizaine de pâtes et abandonne l'assiette.

  Mon ventre me fait mal. Il se ressert, mes tripes semblent vouloir défier les cobras dehors. Par réflexe, je cours vers les toilettes. La porte est déjà à portée de bras. Par chance, il n'y pas de panneau « ne pas déranger ». Je m’agenouille à la vue de la cuvette en plastique et mon maigre repas s'enfuit par le siphon. Je me débarbouille dans l'évier. Les pâtes. C'est sûrement les pâtes. Elles n'avaient pas l'air très fraîches.

  Je me lave les mains pour faire penser que je viens d'assouvir une envie pressante. En quelque sorte, c'est ce que j'ai fais. Je souris bêtement sans vraiment savoir pourquoi. Je me regardes dans le miroir. Je hais ce visage. Je regardes l'heure sur ma montre. Merde, je crois bien que je suis en retard. J'avais pas réalisé avoir passé autant de temps ici.

 Je me précipite rapidement vers mon lieu de travail. Mon patron m'y attend déjà. Cette fois, il n'a que faire de l'effectif et je me retrouve à nouveau sans emploi. Autant partir me consoler à la maison. Et puis merde, je commences maintenant. J'ai pas de verre, j'ai une bouteille mais ça fera l'affaire. Emmitouflée dans un sac en plastique, elle n'attend plus que je l'ouvre pour s'enivrer de l'air ambiant, pour que je m'enivres d'elle. Je la regardes dans son sac, lui même dans un autre sac. Elle a l'air si triste. Elle veut être libre, ça se voit. Je dessert le bouchon et je peux presque l'entendre me remercier.

  Un regard furtif aux alentours pour vérifier que personne ne m'observe. Mais au fond, je crois bien que je m'en fous. Je les déteste tous, mieux, je les emmerde et eux ne se gênent pas pour me rendre la pareille. Je peux les voir qui me fusillent. Ils me souhaiteraient piégé dans un peloton d'exécution, un de ceux que l'on dissimule. Car il paraît que, pour la société, je suis inutile. Je ne suis qu'un corps pour leur voler leur oxygène. S'ils pouvaient y apposer des taxes rien que pour moi, ils ne se gêneraient pas. Pourtant, il y a de ça seulement quelques années, j'étais une source d'espoir, un carriériste en devenir, amassant les billets pour le bien de l'humanité. Si c'est ainsi, qu'ils aillent tous se faire enculer. Je me sens bien plus proche de mon verre lorsqu'il est rempli que de chacun d'eux et je ne me suis jamais senti plus fort que lorsque avec lui, finalement, je m'unis. C'est triste mais c'est le seul qui puisse me comprendre.

  Je marche plus très droit. Je devrais peut être appeler un taxi. Non, j'ai l'habitude, l'ivresse est devenu ma sobriété. Mais faut déjà que je trouve ma caisse. Que ce monde est grand. Et ce parking semble l'être encore plus. Il est un océan pour moi qui suis un marin sans boussole. J'ai mon permis, ça me suffit. Enfin, je crois qu'il me reste des points. Un ou deux, j'ai pas besoin de plus.

  Trois tentatives ne sont pas assez pour infiltrer ma clé dans la serrure. Par deux fois, je raye la peinture. Ça va finir par me coûter cher si je fais pas gaffe, j'ai déjà un phare à remplacer. Mais ma petite Volvo le sait, je lui demande pas d'être belle. Tant que son accélérateur fonctionne, on est heureux en ménage.

  J’arrive finalement à ouvrir la portière. L'intérieur est tellement incrusté de tâches que je pourrais écrire les mémoires de ma voiture rien qu'en les analysant toutes. Malheureusement, j'écris pas une ligne. Depuis que je connais Jack, je vois plus que des courbes.

  Il me reste assez de lucidité pour associer autoroute et mauvaise idée. Je vais plutôt prendre les nationales. Ce sera plus long mais je suis au chômage alors rien ne presse. J'ai disposé de ma bouteille sur la place du mort même si je suis le plus enclin à mourir dans les instants à venir. Ça me rassure de la savoir près de moi.

  J'atteins les 50 km/h. Des coups de klaxon retentissent autour de moi. Ils se font menaçants quand j’emprunte la file de gauche, celle en sens inverse. On dit que l'espérance de vie sur une bande d'arrêt d'urgence se limite à 20 minutes. J'ai jamais vraiment compris pourquoi. À part les véhicules prioritaires, personne ne pénètre jamais cette partie de l'autoroute. Peut être qu'après 20 minutes, une sorte de fou furieux sort de nul part et vient s'écraser sur la barrière de sécurité, prenant le pauvre piéton en sandwich. Ce fou serait sûrement ivre. Ce fou, ça pourrait être moi si je prenais pas la nationale. Mais, dans le cas du fou, dans mon cas, quel est l’espérance de vie ? À ce stade là, la probabilité de mourir doit bien dépasser les 60 %, peut être même qu'elle atteint les 90 %. Bien heureusement, il suffit d' 1 % pour s'en sortir. Avec un peu de chance, je m'en vais retrouver mon verre et pas ma tombe, quoique les deux se ressemblent.
« Modifié: 27 Août 2016 à 02:20:48 par RedSmile »

Hors ligne Miromensil

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Re : Le Verre
« Réponse #1 le: 24 Août 2016 à 17:58:19 »
Bonjour Redsmile, puisse ce commentaire t'être un peu utile !

Citer
Je le remplis une nouvelle fois, le bois plus de fois que ne le remplis. Où est-il désormais ? Perdue entre flou et réalité.
On est bien d’accord que le « il » de la 2e phrase ci-dessus se rapporte au verre ? Si oui, pourquoi y a-t-il un « e » a « perdue » ? Il y a un problème d’accord il me semble. Aussi, concernant le fond, je ne comprends pas le flou dont tu parles ; c’est le flou issu du fait que l’eau du verre est plus souvent bue que le verre n’est rempli ? J’imagine que le verre est rempli d’eau, dans l’absence d’indication.

Citer
Je suis perdu dans une réalité flou
floue

Citer
Elle vire au noir le plus complet, se transforme en un sommeil profond et sans rêves puis en une migraine envahissante.
Qui ça « elle », la soif ? J’ai vraiment du mal à comprendre à qui se rapporte les « il », les « elle », les « le » et les « la » > <

Citer
Car j'ai ça en commun avec leur archétype ; ce doux venin.
Les clochards ont du venin ?

Citer
Je me suis évanoui la nuit dernière.
Dans son lit ? :mrgreen:

Citer
Pas grave, je me l'enfiles quand même.
enfile

Citer
Le verre est à moitié vide. Pas grave, je me l'enfiles quand même.
(…)
  Cette foutue maison est si vide, j'avance en direction de la buanderie mais cette étagère est toujours au milieu. Autant en profiter. Je remplis mon verre et le vide presque dans le même instant.
Ca fait beaucoup de vide

Citer
J’enfourche le paillasson dégueulasse qui me souhaite la bienvenue dans ma propre maison.
Un paillasson ça s’enfourche ? :D On le dit plutôt d’un vélo. Tu voulais pas dire « enjambe » le paillasson ?

Citer
Elle a l'air indigné
je crois qu’il faut un « e » à indigné

Citer
La femme baisse les yeux vers mes jambes et crache un soupir de dégoût.
Cracher un soupire ça me semble bizarre… Lâcher un soupir non ? A moins que ça ne soit voulu, si c’est le cas démo de le relever.

Citer
Je me laisses emporter par le geste et le remplit à ras bord.
laisse, remplis, et la phrase d’après c’est puisse

Citer
Je me soignerais dans la voiture.
soignerai

Citer
Je m’engages
m’engage. faut pas de « s » avec un je au présent ;)

Citer
Puis, il ne prononces plus rien, attends ma réponse.
prononce, attend

Citer
Je m’excuses
sans « s ». je vais arrêter de les relever maintenant, je pense que tu as compris.

Citer
Il sembles
semble

Citer
On est en Juillet.
pourquoi une majuscule ?

Citer
J'aurais tenu presque un mois.
aurai

Citer
Je me lave les mains pour faire penser que je viens d'assouvir une envie pressante.
il y a un problème dans la phrase non ? se laver les mains pour penser… ?

Citer
c'est ce que j'ai fais
fait

Citer
Je me sens bien plus proche de mon verre lorsqu'il est rempli que de chacun d'eux et je ne me suis jamais senti plus fort que lorsque avec lui, finalement, je m'unis. C'est triste mais c'est le seul qui puisses me comprendre.
puisse. Cool sinon, j’aime bien ce passage.

Citer
Et ce parking semble l'être encore plus. Il est un océan pour moi, un marin sans boussole.
la phrase laisse supposer que le parking est un marin sans boussole

Le dernier paragraphe claque plutôt bien mais je ne comprends pas la dernière phrase, pourquoi le verre et la tombe se ressemblent ? Parce qu’ils sont vides… ? Mais si le mec rejoint sa tombe, alors celle-ci n’est plus vide. Bref, je n’ai pas tout à fait compris la fin mais j’ai capté que le verre n’était pas rempli d’eau ! Il m’a fallu tout le texte pour m’en rendre compte hum. J’ai été paumée au début, ne sachant pas à quoi se rapportait les il, elle, le et la, mais je t’ai noté ça au début de mon commentaire. Tu as un problème récurrent avec la conjugaison des verbes : je commence ne prends pas de « s », au futur antérieur on dit « j’aurai tenu » sans « s », etc avec le passé composé. Concernant le fond, c’était plutôt cool ce parallélisme entre un verre toujours vide d’alcool et une descente aux enfers du quotidien. Tu as le mérité, je trouve, d’avoir un style d’écriture qui ne s’alourdit pas d’adjectifs inutiles, et c’est un bon point. La fin ne m’a pas semblé trop rapide personnellement, je ne l’ai pas devinée mais elle est mise en place progressivement avec la tournure des événements. Quant à ta question « je sais pas si je dois l'exploiter ou l’abandonner », ce n’est pas à moi qu’il revient de donner une réponse ^^
Voilà voilà, j’espère ne pas avoir été trop dure, et je t’encourage à continuer car je pense que tu as des choses intéressantes à dire :)

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Le Verre
« Réponse #2 le: 26 Août 2016 à 13:30:31 »
Tout d'abord, merci beaucoup pour avoir pris le temps de lire mon texte et d'en plus, en donner un avis constructif!

C'est vrai que j'ai un problème avec la conjugaison, je rajoute toujours des s et des e là où il en faut pas et j'en oublie là où il en faut  :D
Quand je parlais de doux venin, c'est l'alcool que j'évoquais. C'est vrai que ça fait bizarre s'il s'évanouit dans son lit  ;D
Pour le soupir, je préfères cracher, je trouves que ça exprime mieux le mépris.
" Je me lave les mains pour faire penser que je viens d'assouvir une envie pressante. "
En gros, il se lave les mains pour que les autres croient qu'il est juste allé aux toilettes, pour pas qu'ils le soupçonnent d'avoir vomi et le fusillent du regard.
Pour les phrases que t'as pas trop compris, c'est fait exprès. Je voulais qu'on puisse s'immiscer dans le crâne du personnage. Or, dans son crâne, tout va trop vite et ils enchaînent les phrases sans transition. Je voulais ainsi accélérer le rythme du récit.
Enfin, pour la tombe et le verre. S'ils se ressemblent, c'est parce qu'ils évoquent tous les deux la mort pour le personnage. Lorsque l'on pénètre dans l'un des deux, c'est qu'on ne vit plus, ni pour soi, ni pour le monde qui nous entoure.
Ne t'inquiète pas, tu n'as pas été trop dur et ton commentaire a été vraiment utile. Merci beaucoup pour ton avis et tes conseils. Et saches que tes mots ne titillent pas la pupille d'un aveugle!  ;)

Hors ligne Eunuque

  • Calligraphe
  • Messages: 105
Re : Le Verre
« Réponse #3 le: 26 Août 2016 à 14:38:25 »
Cher RedSmile, vous êtes mon premier commentaire.

J’ai apprécié cette façon d’écrire. Des phrases courtes qui donnent du rythme. Votre histoire pourrait être mise en scène pour un court métrage sans parole, oscillant entre les côtés comique et dramatique, voire pathétique. D’ailleurs, le découpage de votre texte ressemble à celui d’un montage de film. Voilà, votre texte est très cinématographique.
J’ai juste relevé une petite incohérence. Vous dites que nous sommes en juillet, qu’une maman accompagne son enfant à l’école et qu’il fait froid ( ?). Le gamin va surement au « centre aéré ».

« Si c'est ainsi, qu'ils aillent tous se faire enculer ».
Cette phrase me gêne, car j’ai l’impression qu’elle ne correspond au personnage. Je comprends qu’elle ponctue une colère, mais là pour le coup, je trouve ça vulgaire. Pas choquant, mais vulgaire, inadapté. C’est une perte de contrôle, alors que le personnage, même s’il est bourré, reste conscient de tout ce qui lui arrive. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre ? On sait qu’il en veut à tout ceux qui le jugent, mais au fond, il les emmerde et il n’a pas envie de perdre son temps avec eux, et encore moins perdre son temps à les insulter.
J’aurais écrit :
« Si c'est ainsi, qu'ils aillent tous se faire… ».
Il y a un blanc, un silence, un temps de réflexion et ça repart :
« Je me sens bien plus proche de mon verre lorsqu'il est rempli que de chacun d'eux… » etc.

Bonne continuation.
Berth

Zellie

  • Invité
Re : Le Verre
« Réponse #4 le: 26 Août 2016 à 15:49:34 »
Hello,

C'est pas mal ! J'aime assez le rythme.

Personnellement je n'ai pas eu de problèmes de compréhension. Par contre autant certaines phrases "sonnent" bien, autant parfois un peu moins j'ai trouvé.

Je ne sais pas mais le terme "buanderie" dans un texte sur un alcoolique qui ressemble le matin à un boxeur ça me laisse assez dubitative. Ça me fait plutôt penser à une ménagère dans sa maison de banlieue avec des problèmes de propreté.

Puis si c'est un alcoolique son pantalon il pourrait être un peu n'importe où, l'endroit n'a pas l'air d'avoir une grande importance, or utiliser le mot "buanderie" qui est peu fréquent mais dont on connait tous la signification, met en lumière de façon trop forte l'endroit où se trouve ce pantalon, donne une importance à ce lieu sans raison valable.

Ensuite les "si" : si dur de réfléchir, cette maison est si vide, si seul, si triste... C'est un peu trop lyrique à mon gout, trop de lamentations, et je trouve que ça va pas trop pour un homme à l'allure de boxeur.  A titre d'exemple j'ai préféré "Que ce monde est grand" (alors que dans le style précédent ça aurait pu donné "ce monde est si grand"), je trouve ça plus franc, plus direct.

Après c'est un choix personnel.

Parenthèse à part j'ai eu l'impression (avec l'emphase sur le fait que cette maison soit vide) qu'un jour elle était habitée peut être par sa femme et ses enfants ? Bonne déduction ou pas ?

En outre le "je m'observe", j'ai eu l'impression qu'il se regardait, je sais pas, dans une glace, pour voir son crâne, or s'il se voit dans une glace il remarquerait tout de suite son pantalon. Après c'est peut être juste moi mais le terme "observer" je le trouve pas très approprié.



Inversement il y a de bonnes choses!

Le choix du verre à moitié plein ou à moitié vide selon le moment. La veille il devait être content il voit le verre à moitié plein, le matin ça ne va pas du coup le verre est à moitié vide.

"Le paillasson dégueulasse" sur lequel il ne veut même pas marcher souligne bien le piteux état de sa maison, qui finalement est le reflet de son état à lui (bon oui par contre enjambe c'est mieux en effet :) ) .

L'allusion à Vanish m'a fait sourire, ça donne de la légèreté. Même s'il est alcoolique le monsieur il a pas tout perdu, il a encore un peu le sens de l'humour ;).

"l"ivresse est devenue ma sobriété" j'aime assez

Les termes un peu cru m'ont pas dérangé. Au contraire je trouve que ça colle avec un personnage un peu inconstant.

Sinon la ressemblance entre le verre et la tombe m'a parut plutôt bonne. Seul avec un verre ou seul avec la mort c'est pas si différent !


En espérant que ces conseils soient constructifs, et merci pour la lecture :)

Hors ligne RedSmile

  • Tabellion
  • Messages: 41
Re : Le Verre
« Réponse #5 le: 27 Août 2016 à 01:27:50 »
Merci à vous tous pour vos avis qui sont tous constructifs! Je vais vous répondre un à un.

Eunuque:
Très heureux d'être ton premier commentaire, bienvenue ici, j'espère que tu t'y plairas.
J'apprécie le fait que tu vois mon texte comme une oeuvre cinématographique, je l'ai pas écrit dans cette optique mais ça me plaît comme idée. Merci d'avoir relevé cette incohérence, je l'avais pas remarqué et je dois avouer que c'est assez dérangeant  :D
L'idée qu'il soit vulgaire à cette instant, c'était voulu. Ce que j'imaginais, c'était un homme calme en apparence mais avec une rage lancinante à l'intérieur. Il en peut plus du monde et de ceux qui l'entourent alors pour les décrire, il ne s'y prend pas avec des pincettes. Merci pour ton avis  :)

ChampDeFaye:
Les phrases peu compréhensibles, c'est souvent voulu. J'aime rendre mon texte vague par moment et j'aime pas trop quand tout est trop clair. Je trouve qu ça ajoute une autre dimension et puis, le narrateur n'est pas sous son meilleur état, avec l'alcool, parfois, il ne se comprend pas lui même. Mais il est vrai que certaines maladresses sont à corriger, notamment avec les répétitions donc merci de les avoir relevé.
Après, les fautes de conjugaison, c'est certain que j'ai un problème avec. Habituellement, lorsque je relis mon texte, je m'intéresse pas aux fautes d’orthographe mais je tâcherais d'y faire attention désormais.
Merci beaucoup pour ton avis que je sens sincère, surtout connaissant ton niveau, ça me touche beaucoup et j'assimile tes conseils.

Zellie:
Je pense que je vais changer le mot "buanderie" pour un endroit plus atypique, son pantalon serait dans le four par exemple, ça permettrait d'appuyer la démesure de son alcoolisme.
Je vais voir ce que je peux faire pour les "si" même si, personnellement, ils ne me gênent pas. Faut savoir que toutes les phrases du texte, ce sont ses pensées. Donc quand il dit qu'il a une allure de boxeur, c'est lui qui se le persuade, c'est pas forcément vrai, ça l'aide à avancer de se penser quelqu'un qu'il n'est pas.

"Parenthèse à part j'ai eu l'impression (avec l'emphase sur le fait que cette maison soit vide) qu'un jour elle était habitée peut être par sa femme et ses enfants ? Bonne déduction ou pas ?"
C'est toi qui voit. Je te dirais pas ce que j'ai imaginé dans ma tête pour son passé, ce serait pas drôle. Je pense que dans la littérature, il faut toujours une petite part d'imagination de la part du lecteur. Donc quelque soit ta déduction, pour moi, elle sera bonne vu qu'elle sera tienne  ;D
Maintenant que tu le dis, c'est vrai que observer, ça sonne bizarrement, je le changerais.
Merci à toi pour tes conseils qui étaient bels et bien constructifs, je les utiliserai pour améliorer mon texte  :)

Hors ligne Juliao

  • Scribe
  • Messages: 97
Re : Le Verre
« Réponse #6 le: 28 Août 2016 à 09:12:15 »
Hello,

J'avais déjà lu l'autre texte que tu avais écris et je trouve celui-ci plus aéré et donc plus facile à la lecture.

J'aime bien le texte, cette introspection du personnage. Le fait qu'il rumine toutes ces idées, le ton du texte donne une bonne impression de ce ruminement (Je fais ci, puis ça etc).

J'aurais aimé avoir plus de détails sur l’environnement du personnage, la pièce dans laquelle il est. Qui il est , d'où il vient ? Afin de me faire une meilleure idée du personnage. Dans quelle usine il travail, comment ses collègues le perçoive, sa famille ... (juste des idées ...)

J'aime bien le ton utilisé mais peut-être qu'en insérant aussi d'autres techniques narratives donnerait du relief au texte (Il est trois heures du matin dans ça chambre d’hôtel, x se réveille ... - Juste une idée) Histoire de donné plusieurs rythme de lecture au texte .

Chuss amigo.

Hors ligne Juliao

  • Scribe
  • Messages: 97
Re : Le Verre
« Réponse #7 le: 28 Août 2016 à 09:15:14 »
Hi,

J'aimais bien cette idée du verre à moitié plein et à moitié vide, le fait de jouer avec cette image. je pense que tu aurais même pu plus jouer avec ça dans tout le texte, le verre qui l'accompagne dans sa vie, une sorte de métaphore de la vie qui s'écoule, il est plein en début de journée, se vide au fur et à mesure, une sorte de colonne vertébrale du texte ...

Hors ligne Manu

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : Le Verre
« Réponse #8 le: 02 Septembre 2016 à 19:52:24 »
.
« Modifié: 09 Juillet 2022 à 13:48:48 par Manu »

 


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