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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Annaëlle

Auteur Sujet: Annaëlle  (Lu 874 fois)

AsphodHell

  • Invité
Annaëlle
« le: 26 Juillet 2016 à 22:57:52 »
Bon, allons-y doucement pour commencer... Avis sur le fond et commentaires sur la forme sont les bienvenus. Merci)

Dans une sombre bâtisse abandonnée, assise dans la poussière. Les bras ballant le long du corps et le regard vide, j'attends que quelqu'un se souvienne et vienne me chercher...

Cela fait si longtemps qu'ici on m'a laissée, sans un mot prononcer... je suis triste et lasse d'être seule dans cette immensité... ces meubles recouverts de draps blancs m'effraient. Lorsque la nuit tombe, ils semblent s'animer et tenir quelque conciliabule dont je suis la seule à être exclue.

J'aimerais tant pourtant y être invitée... certes, je ne suis pas faite de bois et à leur famille je n'appartiens pas... personne ne me comprends... même lorsqu'une araignée se hasarde à descendre vers moi, elle semble rire de mon désarroi...

Alors, en silence je pleure et attends juste mon heure...

Je ne peux m'enfuir car de cette prison je n'ai pas la clé, ma seule échappatoire, la fenêtre en forme de cœur par laquelle je regarde passer les saisons, le reflet des astres dans les yeux, la tristesse et le désespoir dans le cœur...

J'aimerais tellement aller découvrir ce monde qui de là où je me trouve me semble si beau... chausser mes jolis escarpins brodés et fouler un autre sol que celui de ma cage dorée, sentir autre chose sous mes pieds que ces coussins de satin rose qui sont, depuis trop longtemps décolorés. Toucher du bout des doigts les flocons de neige qui virevoltent contre la fenêtre, sentir la pluie ruisseler sur mon visage, le soleil luire sur ma peau, emportant le souvenir du froid mordant avec la promesse de sa douce chaleur me caressant.

Et lorsqu'il m'arrive de rêver, je revois ce passé béni où j'étais choyée, lorsque de cette maison encore je faisais partie, lorsque le maître sur ses genoux me prenait, coiffait mes cheveux pendant des heures, pensant a son prochain récit et me le contant les yeux luisants de bonheur...

Ces heures sont passés et maintenant lointaines, même ces souvenir sont indistincts et tendent à s'effacer... bientôt j'aurais peut-être tout oublié, je resterai seule ici, me demandant encore plus pourquoi j'existe... peut-être plus torturée mais vide comme un coquillage délaissé...

Depuis si longtemps que je regarde par cette unique fenêtre... si longtemps que j'attends son arrivée... mais mon maître s'en est allé, a quitté son enveloppe et à coté de moi l'a laissée... peu à peu elle se détériore et semble maintenant faire partie du décor...

Et comme à part sa femme personne il ne côtoyait, il est mort seul et n'a jamais été pleuré...

Juste par des larmes silencieuses et transparentes qui ne couleront jamais...

Alors j'attends, je ne puis faire que cela même si je sais que jamais d'ici je ne sortirai, car qui se souviendrait d'une poupée de cire enfermée dans sa cage dorée ?..


Hors ligne Servanne

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Re : Annaëlle
« Réponse #1 le: 27 Juillet 2016 à 09:16:02 »
C'est un début prometteur, c'est bien écrit, je n'ai pas relevé de grosse fautes d'orthographe ni de style, c'est fluide. Pour chipoter peut-être trop de points de suspension dont je ne suis pas friande.
Pour le fond, une histoire de poupée abandonnée à la suite de la mort de son propriétaire si j'ai bien compris. Ma foi, vous réussissez à donner de l'épaisseur à un objet inanimé ce qui n'est pas toujours évident, pour ma part c'est réussi.

Amitiés,

S.
Docteur es Géophysique. En route pour le CNRS


Y'a trop un truc qui cloche grave sa mère ! (P)

AsphodHell

  • Invité
Re : Re : Annaëlle
« Réponse #2 le: 27 Juillet 2016 à 11:05:43 »
Merci pour votre passage ici Servanne, pour votre commentaire et surtout pour ce qu'il contient.

J'essaierai de reprendre ça afin de peut-être retirer quelques points de suspension et arranger la forme.


Amitiés,


Hors ligne Kailiana

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Re : Annaëlle
« Réponse #3 le: 27 Juillet 2016 à 12:55:07 »
Salut ici ^^ Comme pour tous les commentaires, tu prends ou tu laisses les remarques selon ton envie ;)

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Cela fait si longtemps qu'ici on m'a laissée, sans un mot prononcer... je suis triste et lasse d'être seule dans cette immensité...
- "sans un mot prononcer" : formulation maladroite. Ca pourrait "faire poétique", mais je trouve que ça ne va pas du tout avec le reste du style du texte
- trop de ... à mon gout
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J'aimerais tant pourtant y être invitée... certes, je ne suis pas faite de bois et à leur famille je n'appartiens pas... personne ne me comprends... même lorsqu'une araignée se hasarde à descendre vers moi, elle semble rire de mon désarroi...
- toujours les ... (je ne le dirai plus)
- "comprend" (le sujet est personne)
- "à leur famille je n'appartiens pas" : formulation bizarre, je ne vois pas l'intérêt d'intervertir plutot que d'écrire "je n'appartiens pas à leur famille"
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Je ne peux m'enfuir car de cette prison je n'ai pas la clé, ma seule échappatoire, la fenêtre en forme de cœur par laquelle je regarde passer les saisons, le reflet des astres dans les yeux, la tristesse et le désespoir dans le cœur...
encore une fois, je trouve la phrase bizarrement construite. Pourquoi "de cette prison je n'ai pas la clé" plutôt que "je n'ai pas la clé de cette prison" ? Ensuite, dans "ma seule échappatoire, la fenêtre [...]", il manque le verbe ("ma seule échappatoire est la fenêtre..."). Ca pourrait être un effet de style mais là j'avoue trouver ça maladroit  :/
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qui sont, depuis trop longtemps décolorés.
soit une virgule avant ET après "depuis trop longtemps", soit aucune
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emportant le souvenir du froid mordant avec la promesse de sa douce chaleur me caressant.
ça fait jamais très joli plein de -ant
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pensant a son prochain récit et me le contant les yeux luisants de bonheur...
idem
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mais mon maître s'en est allé, a quitté son enveloppe et à coté de moi l'a laissée...
je vois pas trop ce que veut dire la métaphore "a quitté son enveloppe"
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Et comme à part sa femme personne il ne côtoyait,
pourquoi pas "il ne cotoyait personne" ?
Citer
que jamais d'ici je ne sortirai
pourquoi pas "je ne sortirai jamais d'ici" ?
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car qui se souviendrait d'une poupée de cire enfermée dans sa cage dorée ?..
j'aurais mieux vu "se souviendra" ; et terminer par ? sans les petits points permettrait de faire plus "phrase de fin"



De manière générale, je trouve que tu exprimes bien le point de vue de la poupée, mais il faut retravailler les formulations. Au niveau du rythme, il y a beaucoup trop de "..." Je trouve aussi qu'il y a trop de paragraphes d'une seul phrase : plutot que de mettre des ... ou de faire des phrases à rallonge, n'hésite pas à les couper en plusieurs (en restant dans le même paragraphe)
Enfin, les inversions que j'ai relevées m'ont vraiment dérangée. Dans un autre texte j'aurais pu éventuellement me dire "c'est un effet de style", mais là je trouve que c'est plutôt maladroit et pas fait exprès ; je ne sais pas dans quel cas tu es, mais quel qu'il soit, je pense que c'est le genre de truc à utiliser quand on maîtrise déjà bien son style (ou dans un texte où on veut tester des trucs, bien sûr ^^ )

Bref, attention à l'agencement des phrases et aux trois points, et ça aura beaucoup plus d'effet ^^
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
Einstein

AsphodHell

  • Invité
Re : Annaëlle
« Réponse #4 le: 27 Juillet 2016 à 14:16:32 »
Hello Kailiana,

Merci pour ton passage et ces critique constructives.
Au lieu de revenir point par point sur ce que tu as marqué, j'ai préféré remanier mon texte en prenant garde à ce que Servanne et toi m'avez fait remarquer.


Voilà donc la correction en espérant qu'il sera mieux ainsi.


Dans une sombre bâtisse abandonnée, assise dans la poussière. Les bras ballant le long du corps et le regard vide, j'attends que quelqu'un se souvienne de moi et vienne me chercher...

Cela fait si longtemps que l'on m'a laissée ici, sans prononcer un seul mot. je suis triste et lasse d'être seule dans cette immensité. Ces meubles recouverts de draps blancs m'effraient ; lorsque la nuit tombe, ils semblent s'animer et tenir quelque conciliabule dont je suis la seule à être exclue.
Pourtant, j'aimerais tant y être invitée, faire partie de leur famille même si je ne lui appartient pas. Personne ne me comprend et même lorsqu'une araignée se hasarde à descendre vers moi, elle semble rire de mon désarroi...

Alors, en silence je pleure et attends juste mon heure...

Je ne peux m'enfuir de cette prison car je n'ai pas la clé ; la fenêtre en forme de cœur par laquelle je regarde passer les saisons est ma seule échappatoire. Alors je reste là, le reflet des astres dans les yeux, la tristesse et le désespoir dans le cœur.

J'aimerais tellement aller découvrir ce monde qui de là où je me trouve me semble si beau. J'adorerais chausser mes jolis escarpins brodés et fouler un autre sol que celui de ma cage dorée, sentir autre chose sous mes pieds que ces coussins de satin rose qui sont depuis bien trop longtemps décolorés.  Juste une fois toucher du bout des doigts les flocons de neige qui virevoltent contre la fenêtre, sentir la pluie ruisseler sur mon visage, le soleil luire sur ma peau ; il emporterait peut-être avec lui le souvenir du froid, le remplaçant par la promesse de sa douce chaleur.

Et lorsqu'il m'arrive de rêver, je revois ce passé béni où j'étais choyée, lorsque le maître me prenait sur ses genoux et que simplement j'existais.
Ces heures sont passées et maintenant lointaines, même ces souvenir sont indistincts et tendent à s'effacer. Bientôt j'aurais peut-être tout oublié, je resterai seule ici, me demandant encore plus pourquoi j'existe ; peut-être alors ne serai-je plus torturée, mais vide comme un coquillage délaissé.

Depuis si longtemps que je regarde par cette unique fenêtre, si longtemps que j'attends une lueur dans mon obscurité.

Mon maître s'en est allé il y a bien longtemps de cela et comme à part sa femme il ne côtoyait personne, il est mort seul et n'a jamais été pleuré, seulement par mes larmes silencieuses et transparentes qui ne couleront jamais.
Son âme a quitté son corps qui doucement se détériore à mes cotés. Il fait maintenant partie du décor et comme moi ne le quittera sûrement plus jamais.

Alors j'attends, je ne puis faire que cela ; car qui donc se souviendrait d'une poupée de cire enfermée dans sa cage dorée ?..

 


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