La Forêt
Un tapis d'humus, de feuilles et de brindilles,
Sous un ciel obscur et une lune gracile,
Au milieu des broussailles, des fleurs et des ramilles,
Se dresse une clairière, aussi jeune que futile,
Tâchant la forêt, telle l'encre sur un papier,
Clairsemée de souches, de cadavres déboisés,
Symbole profane d'un besoin de tuer,
La vie environnante malgré son ancienneté,
Celle qui se dressait est maintenant abattue,
Pour chauffer les corps de sinistres inconnus,
Grouillante autrefois de vie et de verdure,
Aujourd'hui rasée pour la construction de murs,
Les forêts millénaires, symboles des souvenirs,
De la mémoire même de ceux qui les ont brulées,
Contemple le massacre des hommes qu'ils ont crées,
Chagrinées, déprimées, ne pensant plus a fuir.