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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La musique de l'antiquaire

Auteur Sujet: La musique de l'antiquaire  (Lu 2127 fois)

Hors ligne Ragne

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La musique de l'antiquaire
« le: 10 Juillet 2016 à 11:51:44 »
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


La porte grinça quand Loue la passa. Voilà des années qu’elle observait le magasin du coin de l’œil. Il la narguait, dans sa poussière triste et son entassement chaotique. C’était un phare urbain, un non-sens dans le lisse de la ville. La baie vitrée se teintait de vert, jurant avec le goudron si propre, avec l’acier si fier. Tout respirait le vieux, l’usagé, l’ancien dans la vitrine. Et pourtant, alors que Loue n’avait jamais juré que dans le consommable et le périssable, ce havre d’âge l’obnubilait.
Elle avait tenté de s’en défaire, se focalisant sur son travail. C’était une personne importante, elle était assistante de direction dans une affaire d’avocat. Fidèle à l’image qu’elle se faisait d’elle-même, elle refusait de se laisser aller à de telles billevesées. Aurait-on pu seulement croire à un complet tailleur chignon dans une telle boutique? Elle résistait, fière et intègre dans sa résolution, boutant son âme d’enfant hors de sa vie d’adulte. Elle était bien plus sérieuse que ça ! Alors chaque jour, pendant des mois, Loue tenait tête, plus digne et plus adulte que jamais quand elle longeait la boutique. C’était un monde qu’elle ne fréquenterait pas.
Pourtant, jour après jour, passage après passage, sa volonté s’érodait, comme une falaise rongée par la mer. Aussi impressionnante et inaccessible qu’elle puisse paraître, marée après marée, la mer l’emportait. Et Loue se faisait grignoter de l’intérieur par ses fantasmes d’enfants.
C’est pour ça qu’un matin de décembre, alors que les flocons enveloppaient la ville dans leur étreinte glacée, en revenant de son bureau dans la nuit hivernale, elle laissa ses pas la guider. La cloche tintinnabula gaiement quand elle ouvrit la porte. Au loin, elle entendit l’antiquaire lui grommeler un sympathique "bienvenue". Sans lui prêter attention, Loue erra entre les artefacts du temps jadis. 
La jeune femme laissa ses doigts glisser le long des meubles vermoulus. Embrassant du regard les trésors. Là, un secrétaire en séquoia rouge irradiait d’une tendre bienveillance, dessus, un plateau d’échec laissait entrevoir une partie si souvent jouée. Plus loin, un miroir en pied était gardé par un cadre où deux gueules de lions se défiaient pour l’éternité.
Enchantée, son âme sérieuse remisée au loin, Loue déambula, les yeux gorgées d’un émerveillement tendre. Son imagination galopait alors qu’elle cherchait à saisir les fantômes du lieu. Chaque meuble, chaque objet exaltait le spectre de mille vies. Elle nageait au milieu des souvenirs Et alors qu’elle se plongeait dans les détails d’une vieille machine à écrire, elle heurta le meuble à côté.
Un mécanisme à ressorts s’imbriqua en conséquence, un dispositif complexe fait de cliquetis, de soubresauts et de vis craqua l’air, chaque son fracturait le silence avec tendresse. De longues secondes s’écoulèrent ainsi, laissant Loue figée face au meuble qui s’agitait. Elle restait interdite, aussi coupable qu’une enfant qui venait de faire une bêtise par inattention. Alors, le haut du meuble s’ouvrit sans fracas. Et un couple de porcelaine en sortit. Un militaire et une duchesse en robe verte étaient enlacés et se mirent à danser sur le piano que faisait résonner la boite à musique. C’était une mélodie simple, faite de trilles rapides et aiguës, la mélancolie faite harmonie. Le cœur de Loue se laissa emporter par les notes et la salle se remplit enfin des spectres qu’elle suggérait.
Loue les voyait, elle voyait les bustes fantomatiques des anciens propriétaires qui couvaient leur bien avec un soin et un amour d’antan. Là, les joueurs d’échecs se défiaient, le regard vif, entraîné par le jeu, mais sans haine. Deux adversaires vieillissants, qui retrouvaient leur vivacité perdue dans la hâblerie lancée par les pièces en bois. Ils semblaient presque se transformer en pierre, figés dans leur lutte éternelle.
Devant le miroir, une fillette s’observait, elle avait revêtu les habits de sa mère et s’empêtrait dans une robe trop longue, la tignasse cachée par un chapeau qui l’ensevelissait. Elle tentait de marcher, tentait d’imiter la personne la plus importante de son monde. Hommage enfantin et candide appelé par un amour dru.
La musique s’amplifia, une seconde gamme se joignant à la première, et voilà que les larmes vinrent au regard de Loue. Dans un coin de la pièce, elle voyait un vieillard caresser tendrement un sabre de cavalerie. L’homme était voûté, comme si le poids des années reposait sur son dos. Il portait un uniforme décrépi, souvenir d’une ancienne guerre et l’arme devait être la sienne. Plus qu’un outil de carnage, il devait lui rappeler qu’il avait déjà côtoyé la mort, avec bravoure et férocité.
La boite à musique recommença, furieuse, à amplifier sa symphonie. Et la pièce entière s’animait d’une kyrielle de lueurs, teintée par la saveur des souvenirs, assourdie par les rêves des anciens propriétaires. Comme si le monde entier chatoyait dans ces trésors. Ils illuminaient comme l’âme d’un innocent. Loue entendait, vivait, ressentait l’amour qu’ils avaient eu pour ces pièces. Le cœur gonflé d’un amour si humain, portée par un chant universel, Loue souhaita enlacer ses chers fantômes.
Mais soudain, dans un cliquetis métallique, la musique s’arrêta, rompant le charme, balayant les spectres et leur couleurs, le silence comme jamais assaillit ses tempes. Alors, des larmes plein les yeux, Loue, tourna les talons et sortit, cherchant dans la nuit sa solitude d’avant, qui avait disparu avec sa quiétude sous la charge de l’enfant.
« Modifié: 25 Juillet 2016 à 08:59:49 par Ragne »
Niou

Hors ligne manigairie

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Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #1 le: 10 Juillet 2016 à 13:31:42 »
Hello Ragne !

J'ai apprécié l'originalité, un travail d'horloger sorti de sa montre pour en faire profiter un espace plus grand, sans toutefois oser la grande ville. C'est peut-être la rencontre des deux en fait ? Loue cède depuis un bail à la tentation mais son univers à elle mènerait à l'agoraphobie pendant que ce qui l'attire confinerait de son côté à la claustrophobie ?


"Hommage enfantin et candide appelé par un amour dru.
Je ne sais pas si je peux sourire sans me tromper, fais-tu référence à ces volontés inconscientes de ressembler à la mère pour s'attirer les faveur du père (ici remplacé par la métonymie que serait "l'amour dru", sous entendant la première pilosité virile à portée de la toute jeune enfant ) ??

"cherchant dans la nuit sa solitude d’avant, qui avait disparu avec sa quiétude sous la charge de l’enfant.

tu ne voulais pas plutôt dire
"qui avait disparu avec sa quiétude d'enfant.

non?  A moins que tu nous apprennes ici qu'elle est enceinte ?

Mais peut-être que je devrais me fier à ça :

Elle résistait, fière et intègre dans sa résolution, boutant son âme d’enfant hors de sa vie d’adulte
?

Plus particulièrement j'aime :

"Là, un secrétaire en séquoia rouge irradiait d’une tendre bienveillance, dessus, un plateau d’échec laissait entrevoir une partie si souvent jouée. Plus loin, un miroir en pied était gardé par un cadre où deux gueules de lions se défiaient pour l’éternité. "

c'est vraiment vraiment bien trouvé.

et encore plus:

"Chaque meuble, chaque objet exaltait le spectre de mille vies."

Alors ça c'est bluffant avec cet emploi des deux définitions du mot spectre, les fantômes se mélangent en se diffusant comme des lumières cherchant sans jamais y arriver à se libérer d'un prisme de verre. Enfin ça me donne cette impression mais bien sûr je préfère, si je ne m'éloigne pas trop de ce que tu veux dire, ta version.


Le cœur gonflé d’un amour si humain, portait par un chant universel  juste là une petite faute mais je ne suis pas porté sur la correction, mon oeil a trébuché sur celle-ci.

Voilà, c'est aussi appréciable qu'une pierre précieuse trouvée par hasard, qu'on tournerait et retournerait sous nos yeux sans pouvoir s'en détacher alors que le tour est vite fait puisqu'elle ne serait pas plus grosse qu'une pièce de 20 cts.
Je l'ai sûrement fait exprès

Hors ligne Lampadaire

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Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #2 le: 10 Juillet 2016 à 13:48:29 »
Un des plus beaux textes que j'ai lu ici, juste bravo, j'ai rien à redire, admirative...
Je suis tellement fainéant que je ne fais même pas mon âge...

MillaNox

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Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #3 le: 10 Juillet 2016 à 14:40:49 »
salut !

au fil de la lecture...
Citer
La baie vitrée se teintait de vert, jurant avec le goudron si propre, avec l’acier si fier. Tout respirait le vieux, l’usagé, l’ancien dans la vitrine. Et pourtant, alors que Loue n’avait jamais juré que dans le consommable et le temporel si facilement périssable, ce havre d’âge l’obnubilait.
j'aime beaucoup ton début. Là c'est du chipotage hein ;) donc pour dire que tu as une phrase avec deux "si" juste avant, et que du coup, la dernière de ma citation est un tantinet alourdit par la formule "et le temporel si facilement". et en fait ça crée une redondance de parler de temporel et de périssable, je crois que c'est inutile et que tu gagnerais pas mal (notamment sur le jeu de sonorité à virer "le temporel si facilement" et à te le faire en direct "le consommable et le périssable"
mais ça reste du gros chipotage comme dit ^^

Citer
Et aurait-on pu seulement croire à un complet tailleur chignon dans une telle boutique.
pas fan du "et", pourquoi pas direct "aurait-on..." ? + il faudrait un "?" à la fin.

Citer
Elle résistait, fière et intègre dans sa résolution, boutant son âme d’enfant hors de sa vie d’adulte. Elle était bien plus sérieuse que ça ! Alors chaque jour, pendant des mois, Loue résistait, plus digne et plus sérieuse que jamais quand elle longeait la boutique.
pas fan des répétitions qui ne sont pas vraiment des appuis de termes ici, ou bien faudrait reformuler pour que ça le devienne.

Citer
Pourtant, jour après jour, passage après passage, sa volonté s’érodait, comme une falaise face à la mer.
hmmmm je sais pas vraiment comment l'expliquer, mais ce "face à" me gêne et sonne pas terrible. un truc genre "rongée par" ou autre peut-être ?

Citer
Et Loue se faisait grignoter de l’intérieur par ses fantasmes d’enfants.
joli  ^^

Citer
C’est pour ça qu’un matin de décembre, alors que les flocons enveloppaient la ville dans leur étreinte glacée, en revenant de son bureau dans la nuit froide de l’hiver, elle laissa ses pas la guider.
les flocons qui enveloppent et "froide de l'hiver" dans la même phrase je trouve que c'est redondant

Citer
Au loin, elle entendit l’antiquaire lui grommeler un sympathique "bienvenue".
ton sympathique est ironique ? :\?

Citer
Emerveillée, son âme sérieuse remisée au loin, Loue déambula, les yeux gorgées d’un émerveillement tendre.
répétition

Citer
Un mécanisme à ressorts s’imbriqua en conséquence, un dispositif complexe fait de cliquetis, de soubresauts et de vis craqua l’air, chaque son fracturait le silence avec tendresse.
fractura ? ou nouvelle phrase ?
tendresse ne me parait pas adapté

Citer
Elle restait interdite, aussi coupable qu’une enfant qui venait de faire une bêtise par inattention.
"par inattention" me semble inutile

Citer
C’était une mélodie simple, faite de trilles rapides et aiguës, la mélancolie faite harmonie.
je n'aime pas le double faite. composée sur le premier pour garder ta chouette formulation du second ?

Citer
la tignasse cachée par un chapeau qui l’ensevelissait.
hmmmm :\? ensevelir me parait moyen approprié et tu viens de le dire avec cachée non ?

Citer
une seconde gamme se joignant à la prochaine,
pas compris :\? à la première tu veux dire ?

Citer
Plus qu’un outil de mort, il devait lui rappeler qu’il avait déjà côtoyé la mort, avec bravoure et férocité.
bof la répétition de mort

Citer
Le cœur gonflé d’un amour si humain, portait par un chant universel, Loue souhaita enlacer ses chers fantômes.
portée ?
ces ? (ce ne sont pas ses fantômes à elle si ?)

Citer
Alors, les larmes plein les yeux, Loue, tourna les talons et sortit, cherchant dans la nuit sa solitude d’avant, qui avait disparu avec sa quiétude sous la charge de l’enfant.
je pense qu'on dit plutôt "des larmes pleins les yeux"
je mettrais pas de virgule après "d'avant"

hop là, tout lu !
alors j'ai bien aimé l'ambiance, la petite révolution de ta perso qui écoute enfin sa curiosité de grande enfant. Je regrette un peu que le perso de l'antiquaire ne trouve pas de place, et aussi le terme "propriétaire" (mais pas évident de trouver le bon mot) qui donne l'impression que l'amour des objets tient plus à leur ancienne possession qu'à leur usage et usure, ce que tu montres bien à l'inverse dans ton texte, c'est vraiment juste un problème de mot qui gâche le reste du récit (je sais pas vraiment si chui claire)
sur la forme, il me semble que tu peux gagner en sobriété pour alléger le texte et en rendre la lecture plus intense pour le lecteur, c'est en gros ce que je t'ai signalé au fil du texte.
ça reste toutefois plutôt fluide, et une lecture très agréable

merci pour ce joli moment :)

Milla



Hors ligne Ragne

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Re : Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #4 le: 11 Juillet 2016 à 11:27:46 »
Merci à tous pour vos réponses, votre lecture et vos commentaire :) Je réponds et corrige en soirée (je suis en train, c'est déjà assez hasardeux de lancer un forum par la 4g en déplacement :p
Hello Ragne !

J'ai apprécié l'originalité, un travail d'horloger sorti de sa montre pour en faire profiter un espace plus grand, sans toutefois oser la grande ville. C'est peut-être la rencontre des deux en fait ? Loue cède depuis un bail à la tentation mais son univers à elle mènerait à l'agoraphobie pendant que ce qui l'attire confinerait de son côté à la claustrophobie ? Merci infiniment. J'ai plus ou moins voulu opposé la ville aseptisé et le monde coloré des objets en effets :) Les confronter, c'était exposer le personnage à la violence du tiraillement qui en résultait


"Hommage enfantin et candide appelé par un amour dru.
Je ne sais pas si je peux sourire sans me tromper, fais-tu référence à ces volontés inconscientes de ressembler à la mère pour s'attirer les faveur du père (ici remplacé par la métonymie que serait "l'amour dru", sous entendant la première pilosité virile à portée de la toute jeune enfant ) ?? Alors là, tu vas un peu loin ^^ Effectivement, l'enfant veut ressembler à sa mère, mais je le voyais plus comme un besoin de compréhension, comprendre les us et coutumes de notre monde qui passe pour la femme par des stéréotypes auquel les enfants sont très sensible et donc revetir les habits de la mère, lui prendre son maquillage c'était plus s'essayer à la séduction et tenter face au miroir d'appréhender cette idée toujours incompréhensible pour les plus jeunes. Quand à l'amour dru, c'est parce que c'était joli à l'oreille ^^

"cherchant dans la nuit sa solitude d’avant, qui avait disparu avec sa quiétude sous la charge de l’enfant.

tu ne voulais pas plutôt dire
"qui avait disparu avec sa quiétude d'enfant. indeed, je change ça ce soir :p

non?  A moins que tu nous apprennes ici qu'elle est enceinte ?

Mais peut-être que je devrais me fier à ça :

Elle résistait, fière et intègre dans sa résolution, boutant son âme d’enfant hors de sa vie d’adulte
?

Plus particulièrement j'aime :

"Là, un secrétaire en séquoia rouge irradiait d’une tendre bienveillance, dessus, un plateau d’échec laissait entrevoir une partie si souvent jouée. Plus loin, un miroir en pied était gardé par un cadre où deux gueules de lions se défiaient pour l’éternité. "

c'est vraiment vraiment bien trouvé. merci :) (j'adore décrire des brics à bracs ^^)

et encore plus:

"Chaque meuble, chaque objet exaltait le spectre de mille vies."

Alors ça c'est bluffant avec cet emploi des deux définitions du mot spectre, les fantômes se mélangent en se diffusant comme des lumières cherchant sans jamais y arriver à se libérer d'un prisme de verre. Enfin ça me donne cette impression mais bien sûr je préfère, si je ne m'éloigne pas trop de ce que tu veux dire, ta version. il y avait un peu cette idée, confronter la projections aux souvenirs.


Le cœur gonflé d’un amour si humain, portait par un chant universel  juste là une petite faute mais je ne suis pas porté sur la correction, mon oeil a trébuché sur celle-ci. oups, merci :p

Voilà, c'est aussi appréciable qu'une pierre précieuse trouvée par hasard, qu'on tournerait et retournerait sous nos yeux sans pouvoir s'en détacher alors que le tour est vite fait puisqu'elle ne serait pas plus grosse qu'une pièce de 20 cts. Merci beaucoup, c'est un compliment qui me va droit au coeur :)

Un des plus beaux textes que j'ai lu ici, juste bravo, j'ai rien à redire, admirative...
Merci énormément Lampadaire. :)

salut !

au fil de la lecture...
Citer
La baie vitrée se teintait de vert, jurant avec le goudron si propre, avec l’acier si fier. Tout respirait le vieux, l’usagé, l’ancien dans la vitrine. Et pourtant, alors que Loue n’avait jamais juré que dans le consommable et le temporel si facilement périssable, ce havre d’âge l’obnubilait.
j'aime beaucoup ton début. Là c'est du chipotage hein ;) donc pour dire que tu as une phrase avec deux "si" juste avant, et que du coup, la dernière de ma citation est un tantinet alourdit par la formule "et le temporel si facilement". et en fait ça crée une redondance de parler de temporel et de périssable, je crois que c'est inutile et que tu gagnerais pas mal (notamment sur le jeu de sonorité à virer "le temporel si facilement" et à te le faire en direct "le consommable et le périssable" oui, je suis d'accords avec toi, mais déjà que l'opposition n'est pas subtile, l'écrire ainsi sans la diluer, ça ne risque pas de géner à la lecture?  Je sais pas, ta proposition est vraiment juste, mais j'ai un peu peur que ce soit trop "violent" à la lecture
mais ça reste du gros chipotage comme dit ^^

Citer
Et aurait-on pu seulement croire à un complet tailleur chignon dans une telle boutique.
pas fan du "et", pourquoi pas direct "aurait-on..." ? + il faudrait un "?" à la fin. ce "et" est vraiment laid  ;D je le supprime ce soir :p

Citer
Elle résistait, fière et intègre dans sa résolution, boutant son âme d’enfant hors de sa vie d’adulte. Elle était bien plus sérieuse que ça ! Alors chaque jour, pendant des mois, Loue résistait, plus digne et plus sérieuse que jamais quand elle longeait la boutique.
pas fan des répétitions qui ne sont pas vraiment des appuis de termes ici, ou bien faudrait reformuler pour que ça le devienne. oui, c'est de l'innatention à cause de la contrainte de temps ^^ je modifie :)

Citer
Pourtant, jour après jour, passage après passage, sa volonté s’érodait, comme une falaise face à la mer.
hmmmm je sais pas vraiment comment l'expliquer, mais ce "face à" me gêne et sonne pas terrible. un truc genre "rongée par" ou autre peut-être ? j'aime bien l'idée oui. Je modifie ausi :)

Citer
Et Loue se faisait grignoter de l’intérieur par ses fantasmes d’enfants.
joli  ^^

Citer
C’est pour ça qu’un matin de décembre, alors que les flocons enveloppaient la ville dans leur étreinte glacée, en revenant de son bureau dans la nuit froide de l’hiver, elle laissa ses pas la guider.
les flocons qui enveloppent et "froide de l'hiver" dans la même phrase je trouve que c'est redondant si je met "glacé" ça sonne mieux? Je vais voir si je modifie ou supprime

Citer
Au loin, elle entendit l’antiquaire lui grommeler un sympathique "bienvenue".
ton sympathique est ironique ? :\? Non, au début je voulais le faire parler et en faire un vieux bougonnant et bourru, mais gentils, juste un homme qui comprends plus que les objets que les hommes, qui a peur de les casser. Je n'ai pas eu le temps à cause de la contrainte d'une heure^^

Citer
Emerveillée, son âme sérieuse remisée au loin, Loue déambula, les yeux gorgées d’un émerveillement tendre.
répétition a vi

Citer
Un mécanisme à ressorts s’imbriqua en conséquence, un dispositif complexe fait de cliquetis, de soubresauts et de vis craqua l’air, chaque son fracturait le silence avec tendresse.
fractura ? ou nouvelle phrase ? nouvelle phrase^^
tendresse ne me parait pas adapté ha oui? j'aimais bien l'idée de l'oxymore, je vais voir si je peux rendre ça mieux :)

Citer
Elle restait interdite, aussi coupable qu’une enfant qui venait de faire une bêtise par inattention.
"par inattention" me semble inutile indeed

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C’était une mélodie simple, faite de trilles rapides et aiguës, la mélancolie faite harmonie.
je n'aime pas le double faite. composée sur le premier pour garder ta chouette formulation du second ?oh je l'avais pas vu ^^ merci :)

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la tignasse cachée par un chapeau qui l’ensevelissait.
hmmmm :\? ensevelir me parait moyen approprié et tu viens de le dire avec cachée non ? bah j'imaginais la gamine avec un de ces chapeau parisien qui paraissait bien trop immense pour la petite

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une seconde gamme se joignant à la prochaine,
pas compris :\? à la première tu veux dire ? oui ><  innatention

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Plus qu’un outil de mort, il devait lui rappeler qu’il avait déjà côtoyé la mort, avec bravoure et férocité.
bof la répétition de mort ah oui, je l'avais pas vu ><

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Le cœur gonflé d’un amour si humain, portait par un chant universel, Loue souhaita enlacer ses chers fantômes.
portée ?
ces ? (ce ne sont pas ses fantômes à elle si ?)merci pour les deux corrections :)

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Alors, les larmes plein les yeux, Loue, tourna les talons et sortit, cherchant dans la nuit sa solitude d’avant, qui avait disparu avec sa quiétude sous la charge de l’enfant.
je pense qu'on dit plutôt "des larmes pleins les yeux" (oh, plein s'accorde?) et oui pour le "des" merci
je mettrais pas de virgule après "d'avant" oui^^

hop là, tout lu !
alors j'ai bien aimé l'ambiance, la petite révolution de ta perso qui écoute enfin sa curiosité de grande enfant. Je regrette un peu que le perso de l'antiquaire ne trouve pas de place, et aussi le terme "propriétaire" (mais pas évident de trouver le bon mot) qui donne l'impression que l'amour des objets tient plus à leur ancienne possession qu'à leur usage et usure, ce que tu montres bien à l'inverse dans ton texte, c'est vraiment juste un problème de mot qui gâche le reste du récit (je sais pas vraiment si chui claire) oui, j'ai eu la même interrogation, mais je savais pas quoi utiliser, "détenteurs" fait vraiment très lourd. Je vais voir si j'ai mieux
sur la forme, il me semble que tu peux gagner en sobriété pour alléger le texte et en rendre la lecture plus intense pour le lecteur, c'est en gros ce que je t'ai signalé au fil du texte. j'ai tendance à en faire des caisses, j'aime bien la densité^^ mais je fais des efforts pour rendre ça plus digeste, j'le jure
ça reste toutefois plutôt fluide, et une lecture très agréable

merci pour ce joli moment :) merci à toi de m'avoir lu et commenté :)

Milla




Merci infiniment à vous trois pour vos commentaires et lectures, je suis votre obligé devant tant de gentillesse. (je mérite pas tant d'éloge ^^)
Niou

MillaNox

  • Invité
Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #5 le: 11 Juillet 2016 à 11:52:54 »
yop
Citer
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    C’est pour ça qu’un matin de décembre, alors que les flocons enveloppaient la ville dans leur étreinte glacée, en revenant de son bureau dans la nuit froide de l’hiver, elle laissa ses pas la guider.

les flocons qui enveloppent et "froide de l'hiver" dans la même phrase je trouve que c'est redondant
si je met "glacé" ça sonne mieux? Je vais voir si je modifie ou supprime
non tu as déjà "étreinte glacée". tu donnes vraiment deux fois al même info et du coup ça fait remplissage...

Citer
Citer
je pense qu'on dit plutôt "des larmes pleins les yeux"
(oh, plein s'accorde?) et oui pour le "des" merci
non non chui un boulet, "plein" ne s'accorde pas   :facepalm:  c'était juste pour te signaler le "des" et 'jai pas surveillé mon ortho sur al suite  :D

Citer
   
Citer
Citer
Un mécanisme à ressorts s’imbriqua en conséquence, un dispositif complexe fait de cliquetis, de soubresauts et de vis craqua l’air, chaque son fracturait le silence avec tendresse.

fractura ? ou nouvelle phrase ? nouvelle phrase^^
tendresse ne me parait pas adapté
ha oui? j'aimais bien l'idée de l'oxymore, je vais voir si je peux rendre ça mieux :)
en fait c'est pas l'oxymore qui me gêne, mais le mot tendresse qui implique un sentiment intentionnel, et je trouve que tes "sons" ne sont pas spécialement personnifiés ici et que ça n'a pas de sens de leur donner des intentions. (comme d'hab je sais pas si chui très claire)

bonnes modifs et encore merci pour ce texte :)

Hors ligne zem

  • Plumelette
  • Messages: 13
Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #6 le: 11 Juillet 2016 à 13:25:34 »
" Le cœur gonflé d’un amour si humain, portait par un chant universel, Loue souhaita enlacer ses chers fantômes."
Je pense que tu voulais dire : porté!
Très beau ressenti émotionnel.
Très belle description d'un lieux et d'objets atypiques.
J'ai lu ton texte avec un grand plaisir. la lecture en est aisée, les mots n'accrochent pas, c'est fluide.
 ;)

Hors ligne Fried

  • Calame Supersonique
  • Messages: 2 017
Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #7 le: 11 Juillet 2016 à 18:52:56 »
Pour un texte écrit en une heure sur cette musique, chapeau. J'ai bien vu des choses battues par le temps mais pas d'imprécisions.
L'histoire est bien construite. Loue, la secrétaire de direction qui vie dans un monde actif et ne prend pas le temps de s'attarder sur les choses qui semblent futiles. Elle résiste et finie par cèder "Et Loue se faisait grignoter de l’intérieur par ses fantasmes d’enfants." c'est bien amené. Elle passe enfin la porte...
J'ai lu en écoutant la musique, elles sont jolies les petites notes un peu nostalgiques dans aiguës.
Très belle description du bric à brac. on imagine le plaisir de l'écrire.
Bravo.


« Modifié: 21 Juillet 2016 à 09:38:58 par Fried »

Hors ligne Luv

  • Prophète
  • Messages: 713
  • Aimer, c'est tout.
Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #8 le: 19 Juillet 2016 à 13:33:24 »
Bonjour Ragne,

J'ai aimé l'émotion que dégage cette histoire, le mirage que créent soudain les objets, l'ambiance…   Merci :)
L'écriture est soignée, élégante, assez sensuelle !
Quelques détails m'ont gêné ou particulièrement plu, je te les partage :

"… hâvre d'âge."     :   je n'ai pas apprécié.
" Sa volonté… face à la mer."  J'adore cette phrase.
"… les trésors du lieu."    " du lieu" me semble de trop.
"La jeune femme laissa glisser…" J'aime beaucoup ce paragraphe.  ;)
"… chaque son fracturait…"   Le  passé simple me semblerait plus approprié.
"… hommage enfantin."  je n'ai pas compris ni aimé les sonorités.

Merci encore  de ce petit  moment magique  :-¬?
A bientôt,
Luv
.

Hors ligne Takamari

  • Plumelette
  • Messages: 10
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Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #9 le: 21 Juillet 2016 à 03:02:41 »
Très joli. J'ai lu le texte avec la musique sur la quelle il a été écrite et j'ai passé un très joli moment. Ton texte extériorise une sorte de fantasme pour moi, et je rêve d'un jour vivre un moment semblable, même si, grâce à toi, c'est déjà un peu fait. J'ai rarement réussi à vivre un texte  ce point mais là c'était vraiment ça, j'était présent, je devenait cette femme et m'émerveillais avec elle des milles spectres évoluant dans la lumière tamisée et empoussiérée de l'antiquaire. Merci

Hors ligne Ragne

  • Calligraphe
  • Messages: 116
    • Par chez moi
Re : Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #10 le: 25 Juillet 2016 à 09:00:45 »
J'ai corrigé :) (après trois semaine de retard, et j'ai loupé plein de com haaaaaaaaaa

 :aah:
" Le cœur gonflé d’un amour si humain, portait par un chant universel, Loue souhaita enlacer ses chers fantômes."
Je pense que tu voulais dire : porté!
Très beau ressenti émotionnel.
Très belle description d'un lieux et d'objets atypiques.
J'ai lu ton texte avec un grand plaisir. la lecture en est aisée, les mots n'accrochent pas, c'est fluide.
 ;)
Oulà, merci pour la faute, je file l'éditer
Merci beaucoup Zem :) Ca me touche.

Pour un texte écrit en une heure sur cette musique, chapeau. J'ai bien vu des choses battues par le temps mais pas d'imprécisions.
L'histoire est bien construite. Loue, la secrétaire de direction qui vie dans un monde actif et ne prend pas le temps de s'attarder sur les choses qui semblent futiles. Elle résiste et finie par cèder "Et Loue se faisait grignoter de l’intérieur par ses fantasmes d’enfants." c'est bien amené. Elle passe enfin la porte...
J'ai lu en écoutant la musique, elles sont jolies les petites notes un peu nostalgiques dans aiguës.
Très belle description du bric à brac. on imagine le plaisir de l'écrire.
Bravo.



Oui, ça a été un plaisir à écrire
Merci beaucoup pour la lecture et le commentaire :)

Bonjour Ragne,

J'ai aimé l'émotion que dégage cette histoire, le mirage que créent soudain les objets, l'ambiance…   Merci :)
L'écriture est soignée, élégante, assez sensuelle !
Quelques détails m'ont gêné ou particulièrement plu, je te les partage :

"… hâvre d'âge."     :   je n'ai pas apprécié. hm, moi je l'aime bien, mais je comprend que ça puisse rebuter
" Sa volonté… face à la mer."  J'adore cette phrase. Merci :)
"… les trésors du lieu."    " du lieu" me semble de trop. Indeed, j'édite :)
"La jeune femme laissa glisser…" J'aime beaucoup ce paragraphe.  ;) merci :)
"… chaque son fracturait…"   Le  passé simple me semblerait plus approprié. c'est vrai que ça asse mieux. J'édite
"… hommage enfantin."  je n'ai pas compris ni aimé les sonorités. Ho... c'est vrai qu'à la relecture c'est un peu rêche, je vais y réléchir

Merci encore  de ce petit  moment magique  :-¬?
A bientôt,
Luv
.
Merci beaucoup de ta lecture, de tes corrections et de ton commentaire, il me fait vraiment extrêmement plaisir, je suis touché
Très joli. J'ai lu le texte avec la musique sur la quelle il a été écrite et j'ai passé un très joli moment. Ton texte extériorise une sorte de fantasme pour moi, et je rêve d'un jour vivre un moment semblable, même si, grâce à toi, c'est déjà un peu fait. J'ai rarement réussi à vivre un texte  ce point mais là c'était vraiment ça, j'était présent, je devenait cette femme et m'émerveillais avec elle des milles spectres évoluant dans la lumière tamisée et empoussiérée de l'antiquaire. Merci
Merci Takamari :) Je suis vraiment touché par la gentillesse de ton commentaire et très heureux de l'effet qu'il a réussit à avoir.

Merci une nouvelle fois à vous tous pour vos commentaires, ce texte reçoit tellement de gentillesse que j'en suis tout géné. C'est vraiment adorable à vous de l'avoir lu et commenter avec autant de bienveillance :)
Niou

AsphodHell

  • Invité
Re : La musique de l'antiquaire
« Réponse #11 le: 26 Juillet 2016 à 23:37:29 »
Bonsoir,

Je viens d'arriver et n'ai eu le temps de lire que quelques textes que j'ai trouvé jolis, mais j'ai trouvé le vôtre magnifique. Les décors que vous décrivez, l'atmosphère de ce lieu magique où j'ai pu entrer m'ont donné le frisson. Votre monde est magique et vibrant de couleurs que l'on perçoit à travers vos yeux, une vraie réussite, à n'en pas douter.

Merci pour cet excellent moment de lecture.

 


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