Bon, on ne parlera pas ici du second volet du Tome 2 (foutue technique de rentabilisation d'éditeurs..) ni du tome 3 : ils ne sont pas sortis.
On ne vous présentera pas Jaworski ni son excellent et très remarqué premier roman, "
Gagner la guerre" (prix hugo j'crois). Si vous ne l'avez pas lu, je suis tailladé entre l'envie de vous haïr pour un tel affront, et de vous envier pour le plaisir qu'il vous reste à le découvrir...
M'enfin, ici, on parle donc de :
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.
J'ai relu le tome 1 deux fois. une fois à sa sortie, et une fois juste avant de commencer le tome 2 , pour me le remettre en tête. Beh je peux juste vous dire un truc : j'ai jamais lu un truc pareil. Il est limite mieux que Gagner la Guerre (et j'aurais pas parié dessus !).
On y pioche ce qu'on veut, en fait, ce bouquin est juste un piège ultime. Sous ses faux airs de vieux bouquin de fantasy tout pourri (je plaisante mais faut avouer que c'est légèrement usité comme corde hein), Jaworski vous colle un grand cours d'Histoire (et la vraie, hein...) dans la gueule. Pourquoi ? Parce que ce livre s'attache à vous narrer l'histoire des Celtes, plus particulièrement des Bituriges (à la mythologie foisonnante et aux valeurs guerrières et diplomatique... particulière (Jaworski déteste le terme Gaulois, issu de Galli, terme barbare utilisé par les romains). Tout au long du roman, d'une facon très, très, très fine, Jaworski distille ses recherches (ahurissantes de précision quand on prend la peine de recouper et de vérifier...), ses savoirs, ses techniques ancestrales (ou non, d'ailleurs, mais c'est toujours très pointu dans le fond et pourtant incroyablement fluide dans l'histoire). C'est très simple : vous y apprendrez en quoi les druides sont des sorciers sans l'être vraiment - la magie opère particulièrement dans le livre -, à quoi peut ressembler un Banquet de fête dans une bande de guerrier, comment la nourriture y est attribuée (les loups n'ont qu'à bien se tenir), j'en passe de bien meilleures, et en prime, vous y verrez des phrases à couper le souffle et des figures de style qui semblent juste sorties de la main d'un génie, allez hop, une que j'ai en tête :
"Le rire du géant roula sur les montagnes comme un orage d'été". Et bam, dans ta gueule. J'ai failli écrire cette phrase sur mon mur du salon au posca tellement elle déboite du paté sans la croute. T'es gamin, tu te dis "beh oui ils sont devant un géant, c'est bien écrit, wéé l'aventure", en tant qu'adultes tu te dis "en fait le géant c'est une allégorie de la nature et de la volonté des Dieux..."... c'est juste ultime. Le tout est donc romancé parfaitement, tenant des lecons de pistage qui feraient trembler L'assassin Royale de honte, tenant des cours de stratégie guerrière proprement ahurissante de réalisme, jouant sur les
véritables déesses (si je dis Epona, y'en a quelques uns qui tiquent, Zeldaboys ? Beh lisez le livre, vous allez kiffer...) et sur de véritables particularités Celtes (je ne peux pas spoiler, mais croyez-moi, avant de se battre contre eux, plus d'un devait réfléchir)...
Si jaworski a choisi une narration elliptique parfois surprenante, elle est juste impossible à critiquer, car elle aussi s'inscrit... dans la logique de la conception Celte de la mort, de la vie, et de l'univers en quelque sorte.
Bref, ce bouquin est un énorme piège : il vous feinte, utilise la fantasy comme vieille excuse pourri pour attirer les plows, et vous en ressortez avec des notions de cordage et de navigation, de pistage, de stratégie, vous saurez comment vous accorder la grace des Dieux pour vaincre à coup sûr votre ennemi (mais ce qu'il faudra faire pour avoir la dite faveur vous fera surement renoncer..) mais aussi Historique, linquistiques... vous en ressortez avec votre dictionnaire sous le bras tellement la langue est riche et travaillée, enfin bref, j'en suis tout juste remis (et j'ai relu deux fois le Tome 2 d'affilée tellement ça m'a outré un tel talent).
Le rire du géant roula sur la montagne comme un orage d'été. En lisant ça, j'ai failli foutre le boquin sur la tête d'un mec dans le bus et lui hurler qu'il était vraiment teubé de mater son con de smartphone au lieu d'acheter Jaworski, mais j'ai encore eu peur qu'on me prenne pour un fou - alors qu'au fond, c'est lui, le fou...
Quand on sait que Gagner la Guerre est une tentative (réussie à mon avis) de romancer "Le prince" de Machiavel en lui donnant comme background les clans fratricides et assassins de Florence et ses "hommes de mains", sa politique "de clans multiples" et à quel point ça ouvre des perspectives politiques (le dialogue finale valait presque un "Sa Forderie" dans le meilleur des mondes, entre Benvenuo et Ducatore), je vous le dis clairement : Ratez pas "Rois du Monde", c'est juste un bijou.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.