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02 Septembre 2026 à 11:51:26
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La Solitude V2 (contenu explicite -18)

Auteur Sujet: La Solitude V2 (contenu explicite -18)  (Lu 5205 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« le: 12 Avril 2016 à 18:26:22 »
Bonjour, bonjour,

Nouveau texte, nouvel exercice de style.

ATTENTION : contenu explicite et violent.

Ce texte a encore besoin d'être retravaillé, c'est une forme de tentative de réflexion sur nos modèles et nos conditionnements constants. Je me suis relu un peu vite, n'hésitez pas à corriger l'orthographe si vous relevez des erreurs. À travers le destin d'une femme, je questionne notre rapport à ce qui nous fait tels que nous sommes, et j'y questionne l'humain.

C'est aussi une narration différente, dans la continuité d
'Orphée Aquatique que j'avais proposé précédemment.

Merci à l'avance pour votre lecture !


La Solitude V2

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


   Un instant de réflexion vient nous élever l'esprit, nous devons y penser.
   Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.
   L'existence semblable à un étau invalidant, je n'aurai sans doute aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité. On peut parler d'un événement à part, comme une vie oubliée, or vous y retrouverez les grandes thématiques essentielles.
   Cette femme ne voulait pas d'une vie trop désagréable, et pourtant, le mauvais sort a voulu d'elle. Elle avait chaque instant un peu plus de considération pour les différents problèmes de sa vie, et elle avait toujours de bonnes raisons de trouver les bonnes solutions. On en tirera toutes les conclusions que l'on veut. La parole n'appartient jamais aux victimes. Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité. On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
   Son collègue de travail savait pertinemment que Florence était célibataire ; c'est le « prix d'une sérieuse application au métier, » expliquaient certains pour justifier sa solitude. Il y a mille manières d'être professionnel, Florence avait les siennes. On pouvait la comparer à ces vieilles pierres qui ont fait leur usure dans l'érosion du temps. Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré. C'est gentil de m'apporter ton soutien. Tu pourras me demander ce que tu veux en retour. Je devrais avoir retrouvé l'eau courante d'ici une semaine ; j'espérais disposer de ta douche le temps d'une demi-heure ; j'ai besoin de me remettre en forme pour le boulot de demain.
   ─Nous avons toujours besoin les uns des autres, affirma-t-elle. J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »
   L'accord avait été rapidement conclu, renforcé par l'idéale confiance qui animait les deux équipiers.
   Son collègue n'avait pas manqué de rire en entendant les paroles éclairées de Florence.
   S'était alors mis en marche un mouvement déterminant.
   On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions.
   Les moments où l'on se laisse porter par la simplicité naturelle provoquent occasionnellement l'impensable.
   À sa maison, il avait voulu que Florence lui indique où se trouvait la salle de bain, il fallait qu'elle la lui montre ; puis il s'était empressé de requérir une serviette, il la fallait pour ses soins, pour enfin lui demander comment fonctionnait le loquet. En toute honnêteté, elle voulait faire preuve de politesse. Alors elle avait joué le jeu avec délicatesse. Tout ce cinéma avait poussé Florence à lui faire une démonstration de l'utilisation du loquet de la salle de bain. La situation prenait un tournant surprenant, comme dans un rêve. Ainsi attirée par son collègue de travail, elle avait été abasourdie par sa détermination et par sa soudaine impudeur. Personne ne pouvait prévoir un tel basculement. C'était comme un début de dispute, les paroles se mélangeaient à l'agacement. Il était difficile de faire la part des choses. Celui-là l'avait projetée à l'autre bout de la salle de bain, sans retenue, afin de saisir son corps d'un peu plus près. La force y était, l'exagération également.
   L'acharnement règne toujours en maître.
   « Tu ne m'en veux pas d'être intrusif, n'est-ce pas ? » lâcha-t-il violemment.
   Il cherchait les moyens de pérenniser la stupeur.
   Pour mieux décrire la scène, je dirais qu'on pouvait y voir le déchaînement prémédité. Je ne saurais décrire le regard apeuré de la victime, ni même celui de l'agresseur.
   L'homme avait profité de la stupeur de Florence pour mouiller ses vêtements à l'aide du pommeau de douche. Rien n'est plus déstabilisant qu'un jet d'eau dans un instant imprévu. Il ne fallut qu'un peu de liquide sur le corps de la femme pour justifier son emprise par la force :
   « Je te trouve en bien mauvaise position maintenant que tu es mouillée...
   ─Ne fais pas... essaya Florence.
   ─Toute cette eau sur tes vêtements, il va bien falloir que quelqu'un s'en occupe ! » conclut-il avant d'enlever son pantalon.
   Après avoir déshabillé la victime qu'il maintenait fermement, il cherchait un moyen de l'installer en bonne position.
   Aussi vrai que l'habitude renforce la confiance en soi, l'inhabituel choque et paralyse ; ceux qui l'ont compris manipulent les esprits à leur guise. Il en est de même lorsque l'on veut mettre en place un pouvoir par la force, on n'épargne alors aucune maltraitance.
   Il est clair que l'homme profitait de la pudeur de Florence pour introduire un malaise dont la liberté d'action lui permit l’exécution de son projet lubrique. Les accomplissements criminels sont souvent les plus virulents. Le coup de l'horreur vint sonner la malheureuse en une condition fulgurante.
   Il ne fut pas difficile de violer Florence en passant son cul sur le meuble et en écrasant son visage sur le miroir. Il matraquait son sexe aussi sauvagement que malhabilement. Florence n'éprouvait quasiment aucune douleur, l'homme exploitait sa vulve sans qu'on ne puisse l'arrêter. La main posée sur la nuque d'une victime est toujours la plus imposante. Et le climat oppressant qui habitait la petite salle de bain allait jusqu'à effacer les émotions de l'un comme de l'autre, l'adrénaline avait remplacé la conscience. Il lui dit :
   « J'espère que tu comprends mon geste : ton air triste me fait bouillir. Tu peux comprendre que tes charmes provoquent en moi l'attirance. Un homme s'occupe toujours bien des femmes ; même les moins souriantes ont droit à un peu de compassion, tu comprends ? »
   C'était le meilleur moyen de la maintenir en effroi.
   Il lui avait ensuite proposé de l'inviter au restaurant pour la remercier. On avait quitté le dialogue, on était entré dans l'obéissance. Florence ne put refuser quand elle apprit qu'il avait convié les autres collègues à manger avec eux. Ce n'était pas qu'un instant de pure violence, non, l'homme avait mis en place toute une logique d'asservissement.
   Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de révéler les faits aux autres collègues. Elle allait tout faire pour reprendre le contrôle. Comment pouvait-elle s'assurer qu'il ne leur raconterait pas tout si elle n'acceptait pas l'invitation au restaurant ?
   En fait, la carrière professionnelle prend parfois des tournants vertigineux dans lesquels on ne sait plus ce qu'il faut laisser transparaître de la vie intime. D'un côté il y a l'intégration professionnelle, celle qui fait prendre tant de risques, et de l'autre, il y a le secret qui censure. Dénoncer le viol, oui mais quand ? comment ?
   L'invitation au restaurant fut acceptée, le crime oublié.
   De la manière la plus ignoble qui soit, son collègue violeur avait préparé les autres à cette belle histoire d'amour. Il ne restait de la vie de Florence que l'écho à ce qu'elle avait un jour été. Très rapidement, il sut travestir la réalité, recréant absolument l'identité de Florence.
   Après l'avoir installée chez lui, les jours passèrent à sans cesse proférer de nouvelles menaces afin de contraindre Florence à taire la vérité sur le viol.
   Il suffisait même de parler un peu du boulot pour faire peser l'ombre menaçante sur les perspectives de carrière.
   Chaque soir ramenée du travail à chez lui, cette scène d'horreur se répétait tantôt sur le lit, tantôt sur un canapé. L'homme sachant mentir, il pouvait à tout moment détériorer l'image de cette femme, la défigurer. Florence ne pouvant échapper à la souffrance immense, elle avait au moins appris à souffrir moins, à se protéger légèrement mieux de ces violences ; attendant un jour ou l'autre une issue. C'était comme un contrat d'obéissance, elle devait faire preuve à chaque instant de sa fidélité solide. Et une fois le conditionnement établi, toute forme de résistance avait disparu.
   On fait pareil avec notre mode de consommation, on se laisse prescrire les produits que l'on aime et ceux que l'on doit éviter.
   Je pense que c'est ce que je pouvais révéler de plus précis sur le malheur de Florence et sur sa supposée vie de femme heureuse.
   Car les tortures à répétition lui avaient appris à prétendre qu'elle était satisfaite et libre.
   J'ai raconté son histoire car je ne suis pas sûr qu'elle osera la raconter elle-même.
« Modifié: 21 Avril 2016 à 14:41:14 par Alan Tréard »

Hors ligne Cambrien

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Re : La Solitude (contenu explicite -18)
« Réponse #1 le: 12 Avril 2016 à 22:26:21 »
Le thème est traité de façon originale.

Au niveau de la forme, le "il y a" au début du texte est totalement inapproprié. Il s'agit là d'un fondamental selon moi. En ce qui concerne le viol, on se demande quand il commence. Ce n'est pas assez bien amené à mon goût. Quant aux dialogues... la femme parle beaucoup trop bien pour que la chose soit vraiment naturelle. Disons que ça ne "sonne" pas très authentique.

La manipulation qui s'ensuit est  aussi bien pensée qu' inattendue. En revanche, pour une femme aussi intelligente et capable d'assez de force mentale pour tout sacrifier à sa carrière, je la trouve bien influençable, pour ne pas dire manipulable à l'envie. Certes, on imagine que son agression a provoqué une faille en elle mais sur le long terme... je suis assez réservé la-dessus. Je ne continuerais pas sur cette voie car peu habilité pour évoquer ce genre de problème.

En tout cas, l'exercice de style est convaincant si on excepte les éléments relevés plus haut.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #2 le: 13 Avril 2016 à 14:57:32 »
Merci pour ton commentaire, Cambrien.

Je viens de retravailler en profondeur le texte.

En ce qui concerne la forme, le "il y a" que l'on pourrait rattacher à "il était une fois," il introduit la morale qui est contenue dans l'histoire.

Ce n'est pas l'intelligence d'une femme qui est questionnée, mais bien le conditionnement dans lequel nous sommes tous plongés depuis notre plus jeune âge ; ce même conditionnement qui devrait nous permettre de nous intégrer, et qui pourtant devient rapidement un piège plus atroce que dangereux.

La morale de l'histoire, c'est : sommes-nous bien maîtres de ce que nous disons aimer et accepter ? Avons-nous les mains sur ce que nous choisissons être ?

C'est notre identité qui est utilisée contre nous-mêmes.

La manipulation, elle s'adapte. Nul n'est épargné par les illusions qui trompent. L'homme sait changer sa stratégie en fonction de sa cible, si bien que nous devenons tous potentiellement les victimes du crime, quelque soit notre personne.

Ainsi, nul jugement de valeur dans ce texte.

Ensuite, en ce qui concerne le viol, j'ai un peu ajouté des détails pour répondre à tes attentes, mais je fais preuve d'une certaine pudeur afin de ne pas dévier du sujet initial. Ainsi, il en est de même dans la vie de chacun, la limite entre le viol et l'acte consentant  est toujours plus difficile à définir. C'est ce même flou qui caractérise le viol. Ceux qui ne veulent pas violer auront une attitude bien loin de cette limite difficile à observer afin de s'en distinguer, or ceux qui veulent violer prendront souvent le soin d'être à cette même limite afin toujours de préserver l'incertitude et la présomption d'innocence.

C'est en ne sachant pas trop de quoi il en relève que l'on peut échapper à la justice.

Merci à toi pour ta lecture, je transformerai peut-être le texte pour lui enlever son côté moraliste ou autre, mais il me faudra encore un peu de temps pour y réfléchir, et peut-être aussi de nouveaux avis.

Hors ligne Cambrien

  • Aède
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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #3 le: 13 Avril 2016 à 17:24:26 »
L'ensemble est plus crédible et nous sommes moins dans le registre du sous-entendu. Je dois reconnaître que lors de ma première lecture, je ne savais pas trop si le texte se voulait descriptif d'une situation donnée ou plus ou moins moraliste. J'ai fini par intégrer les deux éléments dans ma façon de voir l'histoire ce qui ne constituait pas forcément la meilleurs approche.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #4 le: 13 Avril 2016 à 22:02:26 »
Ah ! Oui, content que la nouvelle version te plaise un peu plus.

Mikis

  • Invité
Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #5 le: 13 Avril 2016 à 22:59:12 »
Salut Alain
pour moi, ton histoire est intéressante. J'aurais aimé que tu la racontes sans passages explicatifs, mais en nous faisant ressentir les émotions décrites dans lesdits  passages par l'écriture. Je ne saurais te conseiller sur le moyen d'obtenir ce résultat, et puis ce ne sont que mes goûts.
Quoi qu'il en soit, j'ai passé un bon moment avec ton texte, merci

Hors ligne Kanimp

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #6 le: 14 Avril 2016 à 11:55:54 »


Dès les premières lignes, je trouve la narration peu fluide et rébarbative.

Citer
Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.
Déjà, Je ne vois pas la simplicité d’un nom et avec ce qui suit je ne comprends pas l’utilité de cette phrase.
« Ici commence le malheur de Florence, prénom simple pour une vie compliquée » ?


Citer
Cette femme ne voulait pas d'une vie trop désagréable, et pourtant, les inconvénients avaient voulu d'elle.
“Cette femme espérait une vie agréable, mes les inconvénients s’acharnaient sur elle”?
Je ne trouve pas le bon mot pour remplacer inconvenient.


Citer
Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.
Ne pas fuir devant les problèmes dénote que l’individu ne les fuit pas, il les affronte.
Dans la phrase, Florence  à le courage de rien faire face aux problèmes.
Où alors remplacer le verbe comprendre par gérer.

Citer
Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité.
J’ai du mal avec ces deux phrases qui me semble contradictoire. Car la première se traduit comme suit :
« Florence s’appliquait à ne pas décevoir pour ne pas entacher son plan de carrière. »
Et est incohérente la compréhension que j’ai de la deuxième partie.
« Elle travaille pour vivre et se contente d’éviter les écueils » JE pense que c’est la réellement le type de caractère de Florence.
Citer
Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
Pas compris, Cela fait référence à ce qu’elle est « elle l'incarnation de la mesure”


Citer
Son collègue de travail savait pertinemment que Florence était célibataire ; c'est le « prix d'une sérieuse application au métier, » expliquaient certains pour justifier sa solitude.
Ici, je trouve que la nature de Florence change. C’est une femme arriviste et car conséquent elle est seule car personne ne veut d’elle ou inversement et se perd dans sa solitude.

Citer
On pouvait la comparer à ces vieux bois qui ont fait leur usure dans l'érosion du temps
à ces vieilles pierres. Le bois est un matériau vivant qui ne s’érode pas.

Citer
Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré.
Elle demande à son collègue de lui apporter des trucs, mais c’est l’inverse qui se passe.

A partir du début de la scène du viol, c’est plus facile à lire.

Citer
   Pour mieux décrire la scène, je dirais qu'on pouvait y voir le déchaînement prémédité. Je ne saurais décrire le regard apeuré de la victime, ni même celui de l'agresseur.
À mettre dans la scène de combat directement.


Alors je trouve le début en conflit avec le reste. Car dès le début du texte Florence se comporte déjà comme la femme qui sera violé plus tard.
La scène du viol et tout au moins le début est un peu abracadabrant.

Pour avoir vu des émissions sur la prostitution.
La domination des prostituées qui tombe involontairement dans   ce milieu, se fait presque comme décrite.
Mais ne fonctionne que si la femme se laisse volontairement pénétrée. Car c’est le fait qu’elle l’ait fait une fois qui permet l’acceptation des suivantes.

Je suis mitigé, car le fond de l’histoire est fort et bien agencé, mais la forme n’est pas à la hauteur.

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #7 le: 14 Avril 2016 à 14:46:26 »
Bonjour Mikis,

En ce qui concerne le descriptif, il semble que tu sois d'un avis contraire à Cambrien. À moi de trancher ! En revanche, étant la seule chose que tu aies relevée de l'histoire, je devine que c'est chez toi une chose d'une particulière importance à tes yeux.

C'est aussi une part importante du récit.

Il faut savoir que les descriptifs que je propose sont volontairement rares et ponctuels, tout autant que les émotions, et que je ne prévois de développer ni les uns ni les autres pour des raisons de structure. Il faut parfois faire preuve de pudeur.

Je te remercie cependant pour ton commentaire, je prendrai le temps de considérer ta lecture au moment de proposer une nouvelle version du texte.



Bonjour Kanimp, c'est un commentaire déçu que tu me proposes aujourd'hui !

 :\?

Dès les premières lignes, je trouve la narration peu fluide et rébarbative.
Désolé.

Déjà, Je ne vois pas la simplicité d’un nom et avec ce qui suit je ne comprends pas l’utilité de cette phrase.
« Ici commence le malheur de Florence, prénom simple pour une vie compliquée » ?
Non ! Tu me donnes une formulation de film populaire. Ce n'est pas un reportage télévisé, mais un texte philosophique. Bon, ce que tu proposes va quand même dans le sens dans lequel je souhaite aller, mais tu vas un peu trop loin pour moi.

“Cette femme espérait une vie agréable, mes les inconvénients s’acharnaient sur elle”?
Je ne trouve pas le bon mot pour remplacer inconvenient.
S'acharnaient, ça fait penser à une pauvre bête. Personnifier les inconvénients me permet d'évoquer le fait qu'ils seront incarnés par un homme. Par ce terme, vouloir d'elle, j'évoque la présence d'une volonté humaine derrière le malheur de Florence, et non d'une intervention divine. En fait, Florence est parfaitement responsable, nulle naïveté chez elle, nulle fatalité divine si ce n'est sa grande conformité.

Ne pas fuir devant les problèmes dénote que l’individu ne les fuit pas, il les affronte.
Dans la phrase, Florence  à le courage de rien faire face aux problèmes.
Où alors remplacer le verbe comprendre par gérer.
Non, on est dans un registre métaphysique, là. J'aborde le regard de Florence sur les obstacles qu'elle rencontre, je montre qu'elle réagit normalement. Il s'agit de dire les deux choses que tu proposes car Florence a des petits moments de courage, et des petits moments de faiblesse... comme tout le monde.

J’ai du mal avec ces deux phrases qui me semble contradictoire. Car la première se traduit comme suit :
« Florence s’appliquait à ne pas décevoir pour ne pas entacher son plan de carrière. »
Et est incohérente la compréhension que j’ai de la deuxième partie.
« Elle travaille pour vivre et se contente d’éviter les écueils » JE pense que c’est la réellement le type de caractère de Florence.
Citer
Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?
Pas compris, Cela fait référence à ce qu’elle est « elle l'incarnation de la mesure”
Alors,
C'est une réflexion métaphysique sur sa vie. On se regarde dans le miroir, on fait le tri entre les petites victoires et les petites défaites, on ne sait plus quoi en penser... Ça ne t'arrive jamais ? Florence n'est pas l'incarnation de la mesure, contrairement à ce que certains prétendent, mais elle est l'incarnation du conditionnement : un coup elle s'applique à ne pas décevoir, un coup elle évite les écueils, bref, une attitude tout ce qu'il y a de plus humaine !

Ici, je trouve que la nature de Florence change. C’est une femme arriviste et car conséquent elle est seule car personne ne veut d’elle ou inversement et se perd dans sa solitude.
En tout cas, elle est conditionnée à vivre.

à ces vieilles pierres. Le bois est un matériau vivant qui ne s’érode pas.
J'ai changé la phrase.

Citer
Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré.
Elle demande à son collègue de lui apporter des trucs, mais c’est l’inverse qui se passe.
Lui apporter le nécessaire à lui, ce qui lui est nécessaire à l'homme : la douche. Remarque, je fais exprès de préserver le doute, ça fait partie de la narration, ce petit vice de sens. Le vice de compréhension est un effet de style que j'emploie à plusieurs reprises dans le texte :
Chez moi/chez elle/lui apporter... qui ça au fait ?
Idem tu pourras retrouver dans le texte "Il matraquait son sexe." le sexe à qui, à lui ou à elle ?
C'est l'incarnation de la rupture dans les habitudes, on ne trouve plus ses petits repères.
Et après ça, on revient sur la phrase, on se mélange les pinceaux, le lecteur est tout autant désorienté que Florence.

A partir du début de la scène du viol, c’est plus facile à lire.
Tu l'as dit !!

À mettre dans la scène de combat directement.
La scène de combat comme les actes sexuels ont tout un lot de préliminaires. En fait, à travers ces préliminaires, la scène de combat a commencé ici :
Celui-là l'avait projetée à l'autre bout de la salle de bain, sans retenue, afin de saisir son corps d'un peu plus près.

Alors je trouve le début en conflit avec le reste. Car dès le début du texte Florence se comporte déjà comme la femme qui sera violé plus tard.
La scène du viol et tout au moins le début est un peu abracadabrant.

Pour avoir vu des émissions sur la prostitution.
La domination des prostituées qui tombe involontairement dans   ce milieu, se fait presque comme décrite.
Mais ne fonctionne que si la femme se laisse volontairement pénétrée. Car c’est le fait qu’elle l’ait fait une fois qui permet l’acceptation des suivantes.

Je suis mitigé, car le fond de l’histoire est fort et bien agencé, mais la forme n’est pas à la hauteur.

D'abord, je suis curieux de savoir comment tu distingues une femme protégée d'une femme qui sera violée plus tard. Tu tiens la grande solution à la misère humaine en ayant cette maîtrise. Tu tiens probablement un outil pour faire de la prévention que je n'ai pas.

En ce qui concerne la prostitution, celle-ci est ciblée, contrairement à la scène que je décris qui est moins habituelle, plus difficile à discerner.

Je tiens mes propos d'un vécu, non pas de moi, mais de témoignages directs. Aucun viol n'est abracadabrant, et plus encore, aucun viol n'est formalisé. Je relève donc là un phénomène particulier, un cas à part, qui me permet d'évoquer des principes fondamentaux. J'ai voulu parler d'une femme normale, et de son destin difficile à cause d'un traitre manipulateur. Je questionne la place de notre conditionnement dans le quotidien.

Ce sont toutes nos certitudes qui y sont bousculées.

J'ai conscience que le sujet du viol est un sujet complexe est extrêmement controversé, nulle intention d'ajouter des contradictions aux contradictions ; or c'est un sujet qu'il m'est essentiel d'aborder et de considérer pour redonner place à l'humain qui est en moi.

J'essaierai au fur et à mesure de revenir sur le texte qui reste avant tout un exercice de style, je ferai évoluer le projet, je le retravaillerai.

Je rappelle à nouveau ici que Florence est tout à fait normale, intégrée, citoyenne, mais que l'homme qui lui a menti fait preuve d'une violence sans limite contre laquelle nous avons tous beaucoup de mal à résister.

Hors ligne Kanimp

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Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #8 le: 14 Avril 2016 à 16:05:10 »
C'est une réflexion métaphysique sur sa vie. On se regarde dans le miroir, on fait le tri entre les petites victoires et les petites défaites, on ne sait plus quoi en penser... Ça ne t'arrive jamais ? Florence n'est pas l'incarnation de la mesure, contrairement à ce que certains prétendent, mais elle est l'incarnation du conditionnement : un coup elle s'applique à ne pas décevoir, un coup elle évite les écueils, bref, une attitude tout ce qu'il y a de plus humaine !
Ce qui m’a décontenancé en fait c’est qu’à la lecture de la première partie, je n’ai jamais réussi à typer le personnage. Soit elle était une femme arriviste soit ou femme victime de quelque(s) chose(s).
Après la lecture, pour moi Florence se comportait comme la femme victime du viol qui allait se dérouler plus tard.
À la réflexion, on peut effectivement faire une analogie entre notre mode de vie asservi, à celui d’un être asservi par un tiers.

Mais c’est mon défaut de lecteur, tu n’es pas le premier à me déboussoler de cette manière, pour réfléchir sur la signification du texte, je ne dois pas chercher à le comprendre.

Ce qui explique que j’ai tiqué sur ce point :
Citer
Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :
   « Chez moi, depuis peu, ils ont coupé l'eau, lui avait-il assuré.
Elle demande à son collègue de lui apporter des trucs, mais c’est l’inverse qui se passe.
Lui apporter le nécessaire à lui, ce qui lui est nécessaire à l'homme : la douche. Remarque, je fais exprès de préserver le doute, ça fait partie de la narration, ce petit vice de sens. Le vice de compréhension est un effet de style que j'emploie à plusieurs reprises dans le texte :
Chez moi/chez elle/lui apporter... qui ça au fait ?

Mais pas sur celui-ici :

Idem tu pourras retrouver dans le texte "Il matraquait son sexe." le sexe à qui, à lui ou à elle ?
J’ai instinctivement ajouté « de ». Pour compléter la phrase.

D'abord, je suis curieux de savoir comment tu distingues une femme protégée d'une femme qui sera violée plus tard. Tu tiens la grande solution à la misère humaine en ayant cette maîtrise. Tu tiens probablement un outil pour faire de la prévention que je n'ai pas.
Attention : au cas où cela je ne serais toujours pas clair. Je ne parle pas d’une femme qui se protège de quelque chose (d’un viol en l’occurrence). Pour moi au début du texte, Florence  se comporte déjà comme la femme qui a subi le viol, alors que ce dernier n’arrive que plus tard dans le texte.

En ce qui concerne la prostitution, celle-ci est ciblée, contrairement à la scène que je décris qui est moins habituelle, plus difficile à discerner.
Sans remettre en cause, la pertinence des informations que tu as utilisées pour écrire ton texte. J’en possède d’autres et je ne les aie signalé qu’au cas où. Et c’est intéressant de savoir que cela peut arriver autrement.

Mais nous parlons de deux choses différentes. Toi de la victime et de sa condition (sociale) moi de la méthode d’asservissement. Oui Florence n’est pas une prostituée et son cas est plus difficile à détecter. Malgré cela la méthode pour l’asservir d’une manière sexuelle et fondamentalement identique, à celle utilisées pour prostituer des femmes.


Aucun viol n'est abracadabrant, et plus encore, aucun viol n'est formalisé.
Toutes mes excuses, le mot abracadabrant ne porte pas sur le viol, mais sur la manière employé par son collègue pour attirer Florence dans le guet-apens.


J'ai voulu parler d'une femme normale, et de son destin difficile à cause d'un traitre manipulateur.
Ce que tu as réussi. Puisque tu décris la vie de Florence avant son viol.
Alors que moi je ne comprends pas pourquoi elle se comporte ainsi avant l’événement.

Je rappelle à nouveau ici que Florence est tout à fait normale, intégrée, citoyenne, mais que l'homme qui lui a menti fait preuve d'une violence sans limite contre laquelle nous avons tous beaucoup de mal à résister.
C’est réaliste ce que tu dis, mais pour moi la violence contre laquelle nous ne pouvons lutter c’est du harcèlement.
De mon point de vue le texte gagnerait en clarté et en puissance si Florence était harcelée par un autre collègue. Ce qui permettrait de mettre en avant les techniques d’harcèlement et avec de la chance permettrait au lecteur de les détecter suffisamment à temps, pour s’en prémunir.
Dans un deuxième l’homme de l’histoire réutilise les mêmes techniques afin d’asservir Florence sexuellement.
Les deux thèmes dissocier dans un même texte devrait permettre de les réunir en une réflexion métaphysique sur sa vie. Celle de Florence mais aussi base de travail pour se poser des questions sur sa vie de lecteur.

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Hors ligne Mister Pim

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #9 le: 14 Avril 2016 à 16:25:53 »
On éprouve le même plaisir à lire ce que le texte, Alan, traduit chez toi. J'aime voir comment tu rassembles tes plans que le vent des commentaires a dispersés autour de la maison édifiée à 90%. Les arguments que tu amènes sont convaincants. Aucun risque pour eux de se perdre au large et de sombrer. On sent dans ton discours les visées de l'architecte et les manches retroussées du chef-de-chantier, c'est bien de l'artisanat, pas de la parlotte élitiste, pas de la branlette de cerveau. Et je dis ça sans dénigrer les arguments de Kanimp ou des autres intervenants. Vraiment très intéressant, ami Alan, de nous offrir ça. 
« Modifié: 14 Avril 2016 à 16:28:37 par Mister Pim »

Hors ligne Fried

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #10 le: 14 Avril 2016 à 17:31:28 »
Bonjour Alan,

La trame de ton récit est intéressante, histoire d'une femme seule qui se fait violer et manipuler par un collègue de travail. Je trouve le style un peu étrange ou vieillot. Tous les petits commentaires explicatifs.
Pour les "inconvénients", un euphémisme, pourquoi pas dire le mauvais sort.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #11 le: 14 Avril 2016 à 18:40:03 »
@Fried, On me reproche souvent d'être vieux jeu, c'est mon petit défaut. 8) Pour le mauvais sort, ça fait un équilibre entre ce que j'ai proposé et ce que proposait précédemment Kanimp, je trouve ça équilibré, j'ai changé le texte.



Ce qui m’a décontenancé en fait c’est qu’à la lecture de la première partie, je n’ai jamais réussi à typer le personnage. Soit elle était une femme arriviste soit ou femme victime de quelque(s) chose(s).
Après la lecture, pour moi Florence se comportait comme la femme victime du viol qui allait se dérouler plus tard.
À la réflexion, on peut effectivement faire une analogie entre notre mode de vie asservi, à celui d’un être asservi par un tiers.
Oui, la question de la servitude n'est jamais très loin. Tu as pu remarquer que le texte se concluait ainsi :
"Car les tortures à répétition lui avaient appris à prétendre qu'elle était satisfaite et libre."
Je parle de servitude.
C'est donc bien que la réflexion sur l'absence de liberté était sous-jacente au texte.

Attention : au cas où cela je ne serais toujours pas clair. Je ne parle pas d’une femme qui se protège de quelque chose (d’un viol en l’occurrence). Pour moi au début du texte, Florence  se comporte déjà comme la femme qui a subi le viol, alors que ce dernier n’arrive que plus tard dans le texte.
Ok, je comprends. :bouquine: L'erreur vient de la narration, il y a sûrement un moyen d'améliorer le début. À l'écrit, j'ai peut-être trop projeté la scène qui suit, j'aurais peut-être dû mieux marquer le contraste entre sa vie d'avant et sa vie d'après,
J'y réfléchirai.

Sans remettre en cause, la pertinence des informations que tu as utilisées pour écrire ton texte. J’en possède d’autres et je ne les aie signalé qu’au cas où. Et c’est intéressant de savoir que cela peut arriver autrement.
Oui, ta comparaison est intéressante, or je suis conscient que j'aborde-là un cas juridique très particulier (à faire pleurer un avocat).

Mais nous parlons de deux choses différentes. Toi de la victime et de sa condition (sociale) moi de la méthode d’asservissement. Oui Florence n’est pas une prostituée et son cas est plus difficile à détecter. Malgré cela la méthode pour l’asservir d’une manière sexuelle et fondamentalement identique, à celle utilisées pour prostituer des femmes.
Je connais mal la prostitution, mais ce que tu dis me paraît absolument rationnel. Je sais que l'élément supplémentaire en ce qui concerne la prostitution, c'est l'effet de groupe (les nombreux clients). Les moyens pour asservir se ressemblent toujours dans leur ignominie.

Toutes mes excuses, le mot abracadabrant ne porte pas sur le viol, mais sur la manière employé par son collègue pour attirer Florence dans le guet-apens.
Oui, alors, pour être plus précis : j'ai conscience que l'homme passe par des chemins très surprenants, je l'ai noté à même le texte, or que c'est en provoquant cette même surprise qu'il tient son emprise sur sa victime. J'ai donc conscience de ne pas raconter une scène banale de la vie quotidienne. Simplement nous parlons d'un sujet qui peut concerner directement un ou plusieurs lecteurs, et que dans un tel cas, il est préférable de faire attention aux mots employés. Disons plutôt que je raconte une situation hors normes. En revanche le texte lui-même explique en quoi cette situation un peu absurde a été savamment orchestrée par le criminel, comme dans toute arnaque.

Ce que tu as réussi. Puisque tu décris la vie de Florence avant son viol.
Alors que moi je ne comprends pas pourquoi elle se comporte ainsi avant l’événement.
C'est que j'ai dû laisser passer quelque chose. Je vais revoir le texte à froid pour trouver ce qui ne marche pas. Ainsi ai-je voulu écrire :
  • Florence est conforme aux règles du vivre ensemble.
  • Quelqu'un qui ne peut pas se doucher ne peut plus venir travailler selon les règles du vivre ensemble, il est donc dans une situation difficile.
  • Si un collègue se trouve dans une telle situation, Florence se doit de faire un geste de solidarité, conformément aux règles du vivre ensemble.
On peut éventuellement reprocher à cette femme de ne pas s'être assez méfiée de son collègue de travail ; mais ayant moi-même été trahi de la pire manière qui soit dans ma propre vie, je ne conçois pas de tirer une conclusion aussi hâtive.
On se protège comme on peut, mais ça ne suffit pas vraiment.
Malheureusement, il est difficile de faire le tri entre ses collègues de travail, et on se voit mal leur refuser l'aide à laquelle ils ont droit.
De cette façon, on pourrait expliquer son comportement ainsi : Florence est conforme aux règles du vivre ensemble.

C’est réaliste ce que tu dis, mais pour moi la violence contre laquelle nous ne pouvons lutter c’est du harcèlement.
De mon point de vue le texte gagnerait en clarté et en puissance si Florence était harcelée par un autre collègue. Ce qui permettrait de mettre en avant les techniques d’harcèlement et avec de la chance permettrait au lecteur de les détecter suffisamment à temps, pour s’en prémunir.
Dans un deuxième l’homme de l’histoire réutilise les mêmes techniques afin d’asservir Florence sexuellement.
Les deux thèmes dissocier dans un même texte devrait permettre de les réunir en une réflexion métaphysique sur sa vie. Celle de Florence mais aussi base de travail pour se poser des questions sur sa vie de lecteur.

Je comprends. Nous avons un regard différent, toi et moi. Je répète ici volontiers la morale du texte, avec laquelle tu as tout à fait les droits d'être en désaccord :
  • Rien ne sert de se prémunir contre le harcèlement, la conformité nous condamne tous.

On éprouve le même plaisir à lire ce que le texte, Alan, traduit chez toi. J'aime voir comment tu rassembles tes plans que le vent des commentaires a dispersés autour de la maison édifiée à 90%. Les arguments que tu amènes sont convaincants. Aucun risque pour eux de se perdre au large et de sombrer. On sent dans ton discours les visées de l'architecte et les manches retroussées du chef-de-chantier, c'est bien de l'artisanat, pas de la parlotte élitiste, pas de la branlette de cerveau. Et je dis ça sans dénigrer les arguments de Kanimp ou des autres intervenants. Vraiment très intéressant, ami Alan, de nous offrir ça. 
Ça fait partie du job.

Hors ligne Vir

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #12 le: 15 Avril 2016 à 23:22:15 »
   Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.

Je ne comprends pas.


   L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.

Je trouve cette phrase un peu lourde, trop moralisatrice, surtout dès le début d’un texte.


   Cette femme ne voulait pas d'une vie trop désagréable, et pourtant, les inconvénients avaient voulu d'elle.

Très joliment tourné. J’aime beaucoup le fait que les inconvénients « aient voulu »


Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.

C’est-à-dire ? Qu’ils sont inévitables ?


On en tirera toutes les conclusions que l'on veut. La parole n'appartient jamais aux victimes.

Une virgule au lieu d’un point ?


Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité.

Mais tu dis juste avant que sa vie était pleine d’inconvénients. Si ces inconvénients touchent une autre partie de sa vie, tu devrais le préciser. « Des inconvénients, toutefois pas dans son travail. »


On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?

C’est la première fois que tu parles de croyance, et je ne vois pas le rapport avec le reste.


Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :

Tu devrais carrément enlevé le « après quelques questions en aparté », comme tu expliques la situation juste après.


J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »

Jusque-là j’imaginais Florence comme quelqu’un de très sérieux, la tête au boulot tout le temps. Mais avec cet humour soudain, je suis très désorientée. Ça ne colle pas.


   Les scènes les plus inhabituelles sont celles qui assomment, qui détournent l'attention et permettent à ceux qui les manipulent d'instaurer l'affaiblissement des autres.

Un peu lourd.


   Il lui avait ensuite proposé de l'inviter au restaurant pour la remercier.

Le revirement est un peu absurde et pourtant pas si surprenant, j’aime beaucoup.


   Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de raconter cette histoire aux autres collègues.

Répétition du mot histoire.



Le passage du viol à une vie entière d’obéissance est un peu rapide à mon goût. Certaines tournures de phrase sont lourdes, celles qui sont moralisatrices surtout comme : « On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions. ». Je crois que ces phrases-là sont à éviter. Par contre, quand on en vient aux actions, c’est beaucoup plus fluide. Le sujet n’est pas évident mais le message passe bien.
  En fait, tu as démarré directement avec ta morale en tête : Avons-nous le choix d’aimer ce que nous aimons. Si tu décidais de clarifier cette morale dès le début beaucoup de phrases très obscures s’éclairciraient (et certains de mes commentaires au-dessus n’auraient plus lieu d’être). Si au contraire, tu veux vraiment qu’on comprenne ça par nous-même alors je te conseillerais d’essayer de nous le faire comprendre très progressivement, très lentement, pour bien faire passer la pilule.
pour réfléchir sur la signification du texte, je ne dois pas chercher à le comprendre.
Voilà, c'est ça qu'il faudrait que tu gardes en tête. Il faut tout leur prémâcher, aux lecteurs.
« Modifié: 15 Avril 2016 à 23:28:57 par Vir »

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #13 le: 16 Avril 2016 à 09:35:31 »
Bonjour Vir, merci pour ce petit commentaire.

 :mafio:

Je dirais que tu parles du sujet avec une certaine distance, j'avoue que j'aimerais avoir ta grande retenue.

   Ici commence le malheur de Florence.
   C'est son nom dans ce qu'il a de plus simple.

Je ne comprends pas.
Le malheur de Florence, c'est "il était une fois."
Son nom dans ce qu'il a de plus simple, c'est "voici l'histoire d'une situation pas vraiment extraordinaire, tel un fait divers."

L'existence étant cet étau invalidant, je n'aurai aucun mal à décrire la situation dans son inévitable causalité.

Je trouve cette phrase un peu lourde, trop moralisatrice, surtout dès le début d’un texte.
Qu'entends-tu par "moralisatrice"?

Elle ne cherchait pas à échapper aux problèmes, elle les comprenait comme il fallait.

C’est-à-dire ? Qu’ils sont inévitables ?
Elle les comprenait comme il fallait, ça signifie qu'elle est lucide, qu'on ne peut pas lui faire le procès d'être naïve.

On en tirera toutes les conclusions que l'on veut. La parole n'appartient jamais aux victimes.

Une virgule au lieu d’un point ?
Il n'y a aucune relation directe entre ces deux phrases, c'est ton esprit qui te joue des tours.

Florence s’appliquait à chaque instant à ce que sa carrière ne soit pas entachée par les déceptions ; il fallait bien vivre, répondre à ses besoins variés en toute tranquillité.

Mais tu dis juste avant que sa vie était pleine d’inconvénients. Si ces inconvénients touchent une autre partie de sa vie, tu devrais le préciser. « Des inconvénients, toutefois pas dans son travail. »
Elle fait de son mieux, la pauvre.

On aurait pu voir en elle l'incarnation de la mesure. Du reste, elle ne savait pas quoi en penser ; avons-nous besoin de croire en quelque chose ?

C’est la première fois que tu parles de croyance, et je ne vois pas le rapport avec le reste.
En fait, là où tu te contentes de poser une action mentalement comme on se contenterait de situer un lieu, un philosophe aurait déjà analysé la situation. Tu oublies que certains lecteurs aiment se questionner sur leurs lectures et démêler le vrai du faux comme dans les enquêtes policières. Des différents éléments de la vie de Florence que j'ai donnés, on pourrait tirer une conclusion :
Florence est parfaitement normale,
Et poser une question :
Pourquoi sommes-nous normaux ? Dans quel but ?

Après quelques questions en aparté, elle avait invité son collègue de travail à faire un petit détour par chez elle afin de lui apporter le nécessaire :

Tu devrais carrément enlevé le « après quelques questions en aparté », comme tu expliques la situation juste après.
Ça sert à faire une rupture avec le début. Sans cette rupture, je risque de perdre une partie des lecteurs. Donc difficile de s'en séparer. En revanche, si tu m'en fais la remarque, c'est que j'ai probablement besoin de retravailler cette transition,
Je prendrai en considération ta remarque lors d'une prochaine réécriture.

J'admets que tu serais sérieusement empêché si tu venais ainsi dans l'équipe, sans avoir bénéficié d'une bonne douche depuis plusieurs jours. Je n'imagine pas l'odeur ! Quelque chose me dit que je vais pouvoir tirer profit de la situation pour te demander une aide en retour sur l'un des dossiers qui me préoccupe. »

Jusque-là j’imaginais Florence comme quelqu’un de très sérieux, la tête au boulot tout le temps. Mais avec cet humour soudain, je suis très désorientée. Ça ne colle pas.
:\?

Les scènes les plus inhabituelles sont celles qui assomment, qui détournent l'attention et permettent à ceux qui les manipulent d'instaurer l'affaiblissement des autres.

Un peu lourd.
changement►Aussi vrai que l'habitude renforce la confiance en soi, l'inhabituel choque et paralyse ; ceux qui l'ont compris manipulent les esprits à leur guise.

Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de raconter cette histoire aux autres collègues.

Répétition du mot histoire.
changement►Cette histoire ne devait pas se savoir, Florence devait empêcher l'homme de révéler les faits aux autres collègues.

Le passage du viol à une vie entière d’obéissance est un peu rapide à mon goût. Certaines tournures de phrase sont lourdes, celles qui sont moralisatrices surtout comme : « On peut souvent attribuer à la bonne humeur les plus inavouables illusions. ». Je crois que ces phrases-là sont à éviter. Par contre, quand on en vient aux actions, c’est beaucoup plus fluide. Le sujet n’est pas évident mais le message passe bien.
  En fait, tu as démarré directement avec ta morale en tête : Avons-nous le choix d’aimer ce que nous aimons. Si tu décidais de clarifier cette morale dès le début beaucoup de phrases très obscures s’éclairciraient (et certains de mes commentaires au-dessus n’auraient plus lieu d’être). Si au contraire, tu veux vraiment qu’on comprenne ça par nous-même alors je te conseillerais d’essayer de nous le faire comprendre très progressivement, très lentement, pour bien faire passer la pilule.
pour réfléchir sur la signification du texte, je ne dois pas chercher à le comprendre.
Voilà, c'est ça qu'il faudrait que tu gardes en tête. Il faut tout leur prémâcher, aux lecteurs.

En fait, mon secret, c'est que j'énonce plusieurs propositions qui génèrent de la surprise ou bien du doute au lecteur, comme pour questionner sa compréhension du monde, et que ensuite, je lui propose une base de réflexion.

C'est ça, la littérature.

Sans cette relative "obscurité" comme tu l'appelles, de nombreux lecteurs n'auraient pas le geste naturel de se poser les bonnes questions. Il faut cultiver la curiosité de tous. Mon intention n'est pas de "faire passer la pilule" comme tu dis, mais d'interroger.

Et toi, te poses-tu les bonnes questions ?

Si mon histoire avait été aussi simple qu'un reportage télévisé, ça n'aurait pas été un conte philosophique. J'espère que tu fais la différence entre mon travail et celui de M6 tout de même !! Le principe du conte philosophique étant de ne pas répondre à toutes les questions posées, c'est dans son ADN.

On est très loin d'un monde protégé où les vérités seraient "prémâchées" comme tu dis.

Ainsi, mes lecteurs gardent une forme de liberté sur leur considération du texte, avec aussi un droit de l'interpréter comme ils le souhaitent. Cette femme, Florence, tient elle-même les rênes de sa vie, ce n'est pas à moi de l'encadrer. C'est ça, l'ouverture d'esprit.

 :oxo:

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Re : La Solitude V2 (contenu explicite -18)
« Réponse #14 le: 16 Avril 2016 à 13:46:33 »

Alan les réponses que tu m’as donné et celle que tu donnes à Vir, me permettent de mieux comprendre certaines choses.

Si mon histoire avait été aussi simple qu'un reportage télévisé, ça n'aurait pas été un conte philosophique. J'espère que tu fais la différence entre mon travail et celui de M6 tout de même !! Le principe du conte philosophique étant de ne pas répondre à toutes les questions posées, c'est dans son ADN.

Si je comprends bien, la formulation du texte (conte) dit se détacher des langages aseptisés et abrutissants des mass-médias. 

Mais dans le même temps, le texte traite de sujets graves.

Celui de la femme self-service, abordé par le viol et asservissement qu’elle subit.
Celui de notre mode de vie actuel, abordé succinctement par Florence qui se consacre à sa carrière.
Celui de la mise en conformité, par l’uniformisation afin d’asservir une population à la société de consommation. Ce dernier sujet, je ne l’avais détecté lors de la lecture, c’est une de tes réponses qui m’a guidé dessus.
  • Rien ne sert de se prémunir contre le harcèlement, la conformité nous condamne tous.
Qui après réflexion devient « La lutte contre la conformité est préalable à tout autre combat. Car c’est elle qui créée les différentes luttes auquel il faudra s’opposer. »
 

Il y a quelques (dizaines) années, je m’étais fais une réflexion. Le cinéma d’auteur est le plus intéressant à regarder par les aspects qu’il présente, par les réflexions qu’il induit. Mais pourquoi, faut-il que ce type d’œuvre soit si rébarbatif à regarder ?

Le cinéma répond à une aspérité importante du public qui l’utilise, se déconnecter l’espace d’un instant du monde réel. N’y a-t-il pas là pour le cinéma d’auteur le moyen de transformer ce besoin en opportunité ?

J’y ai répond par l’affirmative de la manière suivante : Une trame principale simple et délassante qui amène le public. Reléguer l’aspect réflectif du cinéma d’auteur dans le décor ou des histoires secondaires traitées à divers endroits de l’histoire présentée.

Méthode que j’applique aujourd’hui, dans mes écrits. La littérature permet aussi de se détacher du monde réel, le temps de la lecture. Mais cette stratégie rend le lecteur réceptif à ingurgiter  toutes ces notions réflectives sans même s’en apercevoir. Libre à lui par la suite d’y réfléchir ou non. De toute façon, cela rendra l’histoire intéressante, car à chaque relecture, il y aura potentiellement quelque chose à découvrir.

Je te retourne la question :
Et toi, te poses-tu les bonnes questions ?
Car à voir les positions que tu défends qui se reflètent dans tes écrits, je n’arrive pas à cerner avec exactitude l’objectif que tu te fixes.

Es-tu exclusivement un auteur qui écrit de la littérature de haut niveau destinée à une élite ?

Où par tes écrits as-tu l’intention de changer le monde ? Auquel ton public cible est abruti par les mass-médias et dans ce cas, tu te loupes car ils ne te liront jamais, c’est trop compliqué pour eux.

Maintenant, rien n’empêche de te situer entre les deux.

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