Voyageur ne saurait trouver sa quête,
Celle d’un être las de respirer.
Vain labyrinthe jonché des peut-être
Ceint de miroirs où point l’altérité
Il vit et c’est tout ce qu’on lui demande,
Porté dans une houle formée d’autres.
Son être se compose à la demande,
Se reconstruit sans peine et nulle faute.
Ô diable trompeur, esprit de disgrâce
Dont le masque est la seule identité
Quand ne pourrais-je enfin revoir ta face
Mise nue, par ma plume confrontée !
Ta fière errance vient souiller l'esprit
De ceux qui, purs, trouvent dans ton beau leurre
Et séduits par ton si malin génie
L'illusoire réponse à leur bonheur
Cruelle engeance, vampire des jours
Au sourire fat, tel un Apollon
Suscitant en nous un trop bel amour
Qui brûle nos âmes de Phaéton !
Et notre malheur, à nous, ceux qui savent
Tenus prisonnier dans nos geôles crasses
Est de crier contre ces voix suaves
Contre les murs d'un temps qui nous dépasse
Car notre voix de poète est vaine chimère,
A l’aune de cet âge d’esprit fait science,
Nos raisons émergeant puissamment de la terre,
Pour mieux se mourir au vent de l’inconscience.
Ainsi face à ce spectacle cupide
Des beaux sourires feints d’affection,
Nous constatons vainement ce putride
Masque, vos terribles ambitions !