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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°7 | T34] Si votre ramage...

Auteur Sujet: [AT n°7 | T34] Si votre ramage...  (Lu 3352 fois)

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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[AT n°7 | T34] Si votre ramage...
« le: 29 Février 2016 à 18:32:58 »
Si votre ramage...


   Il s'accroupit au bord de l'eau. Le torrent sifflait entre les arêtes crayeuses, et crachait parfois sur ses pieds nus. Une odeur âcre lui flottait dans le nez.
   Dans les bras, il portait un sac improvisé : son pull, avec les manches nouées. Du vêtement, il extirpa trois poulets morts, qu'il jeta dans le courant.
   Il trempa ses orteils rougis dans l'eau glacée. Des amas de neige fondue filaient parfois devant lui. Les manches de sa chemise retroussées jusqu'au coude, il saisit une pierre tranchante et, avec, décolla une fiente de la plante de son pied gauche. L'eau emporta l'amas sombre dans sa course.
    L'homme entreprit alors de se frotter les chevilles, puis le dessus de pied, le talon, la plante. Il se nettoya ainsi longuement. Le soleil disparut derrière les cimes des sapins.


*
* *

   
Benjamin prit l'enfant sur ses genoux. Le gamin surexcité se mit debout en lui écrasant les cuisses. L'homme lâcha un juron, manquant quitter le canapé d'un bond.
— Il t'aime déjà.
   Benjamin leva les yeux vers la femme qui se tenait en face de lui. Devant son sourire crispé, elle insista :
— Je t'assure. Tu lui plais.
   Elle s'assit à côté de lui dans un froissement de plumes. Sa magnifique chevelure de huppe fasciée ne comptait pas pour rien dans l'attraction qu'elle exerçait sur son compagnon. Benjamin avait toujours eu un faible pour les belles femmes et les atours d'oiseau. Éveline resplendissait.
   L'enfant étira sa bouche en un grand sourire édenté. Benjamin ne pouvait pas s'empêcher de lui trouver une drôle de tête, avec ses petites lèvres et son nez épaté. Le gamin en revanche semblait apprécier son beau-père.
   Éveline s'assit à côté de lui.
— Est-ce que tu l'emmèneras au travail demain ?
— Tu ne peux vraiment pas ?…
— Ne recommence pas, soupira-t-elle. Je suis de garde ce dimanche.
   Benjamin haussa les épaules. Le gamin venait de glisser de ses jambes. Il se mit en tête de courir tout autour du canapé en battant des bras.
— Tu viendras avec moi Léo ?
   Immobile soudain, le gamin ne réagit pas. Sa mère lui demanda :
— Qu'est-ce que tu as trouvé ? Oh…
   Elle s'approcha de lui.
— Une belle plume !
   Le petit fixait une longue plume beige à la pointe noire.
— Elle est à moi, s'exclama sa mère en riant.
   Le gamin l'empêcha de la prendre, jaloux de son trésor. Son regard d'enfant s'attarda sur le crâne de sa mère : au-dessus du front, aucun cheveu ne poussait. La chirurgie esthétique les avait remplacés.
   Un grand sourire étira les lèvres minces de l'enfant.

*

— Attends-moi là, d'accord ?
   Benjamin jeta un coup d’œil inquiet au petit. Assis sur son postérieur devant la porte du bâtiment d'élevage, l'enfant paraissait contrarié.
— Écoutez monsieur, hésita l'agriculteur. Vous ne voudriez pas l'installer dans votre voiture, votre petit ? On ne va quand même pas le laisser là pendant la visite…
   Un regard foudroyant de Benjamin tarit le filet de voix. Malgré tout, le quinquagénaire tenta encore :
— Ou bien on peut l'amener à ma femme. Elle doit encore s'activer à l'intérieur, à cette heure.
   La proposition le tenta. Cependant, Benjamin ne pouvait pas se permettre de demander des services à cet homme. En tant qu'inspecteur, ce serait manquer de professionnalisme. Que dirait-il à l'éleveur, à la fin de la matinée ? "Vous allez perdre dix mille euros d'aide et devez vider vos locaux pour trois mois, et sinon, à part ça, merci pour le gamin" ?
   Ni une, ni deux, il prit le môme dans ses bras. Il effectuerait la visite avec, tant pis.
   A défaut de combinaison à sa taille, Léo se retrouva enrobé dans un grand plastique bleu, avec juste la tête en dehors.
   Les volailles accueillirent leur entrée dans le hangar à grands renforts de cris et d'agitation.
— Quatre mille huit cents poulets de chair de lignée rustique, couleur beige et noire, de bonne conformation...
   Benjamin marmonnait, tandis que l'enfant s'agitait dans ses bras. L'inspecteur ne s'était jamais trouvé dans une situation aussi inconfortable. Il devait se battre pour arriver à remplir sa grille de visite sanitaire. Le bâtiment d'élevage hébergeait-il toujours la même espèce ? La lutte contre les insectes s'avérait-elle satisfaisante ? Dans quel état global se trouvaient les volailles ?… Léo gigotait de plus en plus. Benjamin lâcha son stylo, qui tomba dans les fientes. Il le ramassa, et le gamin tout entier glissa. Se débarrassant à moitié de son sac plastique, l'enfant se jeta sur un poulet à la crête rose et plate. Le malheureux animal s'écroula, l'agriculteur poussa un cri. Benjamin rattrapa le gosse et le stylo lui échappa à nouveau des doigts. Des poulets le piétinèrent aussitôt. Benjamin décida d'écourter la visite.

*

   
Léo saisit dans ses poings la petite couverture rousse et tira un peu. Ses pieds se mirent à dépasser.
   De l'autre côté de la cloison, sa mère et son beau-père se disputaient.
   Léo entreprit de se sucer le pouce, puis l'index, puis le majeur, puis chacun de ses doigts. Il attaquait les doigts de pied quand les voix se turent.
   Alors, il attrapa les plumes qu'il gardait cachées dans son slip. Avec, il commença à se gratter la tête. Il appuya le bout de la plume sur le cuir chevelu. Relâcha la pression. Se picota.

*

   
Au matin, la mère de Léo aimait à s'appliquer un masque gras sur le plumage. L'opération complète avait chiffré autour de soixante mille euros, et elle tenait à ce que l'investissement dure. Benjamin la trouva occupée à sa tâche, allongée comme d'habitude dans l'une des chaises longues de la véranda. Éveline prenait toujours le temps de soigner son apparence.
— Léo joue dehors ? s'enquit-il.
   La voix de sa compagne lui parvint étouffée.
— Je croyais que tu lui faisais prendre son bain.
   L'homme fronça les sourcils. Il repartit pour inspecter la maison. Léo devait se cacher dans un coin…
   Benjamin ne le trouva pas. Devant son échec, l'inquiétude finit par le gagner. Sans même prendre la peine d'enfiler des chaussures, il sortit dans le jardin. L'herbe verte humide lui chatouilla les pieds.
— Léo ?
   Un merle bondit hors du buisson à côté de lui et fusa vers le ciel dans un grand froissement d'ailes. Son ton monta d'un cran.
— LÉO.
   Il continua d'avancer. Tout à coup, quelque chose craqua sous son talon. Il venait d'écraser un œuf dans un nid minuscule au milieu des herbes. Son regard glissa sur le carnage, pour s'arrêter sur un éclat rouge un peu plus loin, dans la haie. Sa voix trembla.
— Léo ?
   Le gosse se tenait allongé sur le flanc, le front en sang, tremblant. Des plumes éparses l'entouraient. Benjamin l'attrapa et courut jusqu'à la maison.

*

— Je crois vraiment qu'il veut retourner voir les poules, insista-t-elle.
   Trois semaines s'étaient écoulées, mais Benjamin peinait encore à relâcher sa vigilance. Le gosse s'accrochait à la jambe de sa mère, des larmes plein les yeux, le nez rouge et morveux.
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

*

   Le gamin grandit. Il allait fêter ses sept ans, mais Benjamin devait se rendre au même moment à Paris pour quelques jours. Il rentra de sa formation dans l'après-midi, un mercredi. La porte d'entrée fermée à clef l'amena à se rendre à l'évidence : Éveline le punissait pour son absence malvenue.
   Pour tuer le temps, il décida de se promener dans la campagne environnante. Quelques jours et, déjà, les paysages de montagne lui manquaient...
   Au bout d'une heure, il envoya un message à sa compagne sur son portable. Elle lui répondit qu'elle se trouvait au proche élevage de poulets. Pourquoi là-bas ? Le gamin avait-il demandé ? Maintenant que Benjamin y pensait, il ne s'étonnait pas qu'elle ait cédé au môme pour son anniversaire.
   Benjamin reprit le volant. Après vingt minutes de conduite, il se gara devant le bâtiment d'élevage. L'odeur âcre lui agressa les narines.
   La porte n'était pas fermée à clef. L'agriculteur ne la verrouillait jamais, le coin ne craignant pas grand-chose. Sûrement travaillait-il en ce moment même dans les champs, avec la récolte des betteraves qui démarrait.
   Soucieux de respecter le protocole sanitaire, Benjamin chercha les combinaisons. Il ne contaminerait pas un élevage en y amenant négligemment tous les germes collés à ses semelles et ses vêtements… A son grand désarroi, il n'en trouva aucune. Il jeta un coup d’œil à l'intérieur, mais le hangar s'étirait trop loin. Il ne vit rien ; appela, ne reçut aucune réponse. Un mouvement attira toutefois son œil, au milieu des poulets… Ni une ni deux, il enleva chaussures et chaussettes, jeta sa veste à terre, et entra nu pieds.
   Il courut sur la paille couverte de fiente, chacun de ses mouvements rythmé par les hurlements de volatiles.
— Éveline ! Éveline ?…
   La femme se tenait prostrée dans un angle, contre le métal froid du mur. Elle tourna vers lui un visage ensanglanté et sourit.
— Oh, Benjamin, murmura-t-elle. Je voulais te montrer le résultat, pas le travail…
   Derrière elle, à genoux, le gosse.
— Qu'est-ce que vous faites ? s'écria Benjamin.
   D'un geste vif, Léo cacha ses mains derrière son dos, laissant malgré tout tomber quelques plumes. Ses joues rosirent. Benjamin s'accroupit à côté d'eux.
   Le haut du front et le crâne d'Éveline dégoulinaient de sang. Au sol, trois poulets gisaient, morts.
— Je lui ai demandé…
   Éveline se frotta le cou, détourna le regard.
— De remettre un peu tout ça en état.
   D'un geste des mains, elle fit bouffer ses cheveux de plumes.
« Modifié: 15 Mars 2016 à 23:18:22 par Mout »

Hors ligne Elk

  • Palimpseste Astral
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Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #1 le: 03 Mars 2016 à 22:41:04 »
Salut Mout !

Mes commentaires au fil du texte :

L'entrée en matière est mystérieuse, et j'aime bien ton style (fluide mais pas trop simple). La présence des fientes est incongrue mais ça lance le mystère ^^.

Citer
L'homme lâcha un juron, manquant quitter le canapé d'un bond.
Je pense que c'est correct tel quel, mais avec un "de" je trouverais ça plus naturel (voire sans participe présent).

Citer
Le gamin en revanche semblait  apprécier son beau-père.
Il y a un(e) double espace entre semblait et apprécier :mrgreen:

Citer
Tu ne peux vraiment pas ?…
Est-ce qu'on ne met pas plutôt les points de suspension avant le point d'interrogation, en général ?

Citer
Son regard d'enfant s'attarda sur le crâne de sa mère : au-dessus du front, aucun cheveu ne poussait. La chirurgie esthétique les avait remplacés.
   Un grand sourire édenté étira les lèvres de l'enfant.
Répétition de "enfant"

Sur ce premier paragraphe de dialogue, il y a un truc qui me gêne un peu et qui m'a rendu la lecture moins fluide, mais je n'arrive pas vraiment à identifier quoi pour l'instant. Peut-être en partie le fait qu'on ne connaît pas les pensées de Benjamin ? Ça peut aussi être un choix :).

Citer
— Quatre mille huit cents poulets de chair de lignée rustique, couleur beige et noire, de bonne conformation...
Des poulets, de la chirurgie esthétique à plumes... il se pourrait que ça se termine mal cette affaire :mrgreen:

Citer
L'inspecteur ne s'était jamais trouvé dans une situation aussi inconfortable.
On n'utilise pas souvent "situation inconfortable" au sens littéral, du coup je n'avais pas compris à la première lecture.

Citer
La porte d'entrée fermée à clef l'amena à se rendre à l'évidence
Je trouve la tournure un peu compliquée (alors que l'idée derrière est plutôt simple)

Citer
les paysages de montagne lui manquaient...
lui avaient manqué, s'il est de retour ?

Citer
Maintenant que Benjamin y pensait, il ne s'étonnait pas qu'elle ait cédé au môme pour son anniversaire.
   Benjamin reprit le volant.
Deux "Benjamin" un peu proches l'un de l'autre

Je ne sais pas trop quoi penser de la fin : elle est plutôt réussie (dans le sens où elle file un peu des frissons ^^) mais je m'attendais à quelque chose de plus : une explication, un secret dévoilé... Et finalement ça ne fait pas vraiment le lien avec le premier paragraphe (on ne sait finalement pas comment Benjamin a réagi, pourquoi il s'est retrouvé au bord du ruisseau, ce qu'il ressent (;)))

En bref, j'ai bien aimé, mais il manque peut-être un truc en plus à la fin ! (ou au début :mrgreen:)

Hors ligne Loïc

  • Vortex Intertextuel
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  • Prout
Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #2 le: 04 Mars 2016 à 18:06:05 »
Hello

Citer
Des amas de neige flottée filaient parfois devant lui

C'est quoi de la neige flottée ?

Citer
Au bout d'une heure, il envoya un message à sa compagne sur son portable

Tu as déjà écrit compagne un peu plus haut. Tu peux remettre Évelyne à la première occurrence je pense.

Mon impression est en tout point celle d'Elk. J'ai plutôt bien aimée, y a une belle montée en tension sur la fin, une bonne part de glauque mais ça reste un poil trop obscur pour moi. Un toute petite tentative d'éclaircissement ne ferait pas de mal.

Merci pour la lecture.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne barnacle

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Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #3 le: 05 Mars 2016 à 17:23:10 »
Salut Mout !

Je fais mes remarques au fil de la lecture :

Citer
Des amas de neige flottée
C'est peut-être parce que mes expériences avec la neige sont limitées, mais je ne saisis pas vraiment l'expression.

Citer
la femme qui se tenait devant lui. Devant son sourire crispé
La répétition "devant lui"/"devant son" est un peu dommage.

Citer
il commença à se gratta la tête. Appuyer. Relâcher. Se picoter.
se gratter
Et je devine le sens de "Appuyer. Relâcher." (appuyer la plume sur la peau, puis ne plus appuyer ?), mais ça ne me semble pas dit idéalement.

Citer
Je voulais te montrer le résultat, par le process…
Je suppose que c'est "pas", pas "par" ? (au sens de "Je voulais te montrer le résultat, pas que tu vois comment j'y arrive")
Et process, c'est "processus" interrompu ou un anglicisme ? Dans un cas comme dans l'autre, j'avoue que je préférerais autre chose.

J'aime la bizarrerie tranquille et assumée qui se concentre sur un point (les plumes), nous le fait accepter puis en fait la chute. Je ne trouve pas la fin spécialement frappante, mais l'apprécie comme partie de l'ensemble : il n'y a qu'un détail étrange, mais il ne cesse pas de l'être, et revient de différentes façons, avec des résonances limite freudiennes ou surréalistes (merde, mort, jeux pré-sexuels du gamin, lien mère-fils, sang...).
Je ne suis pas tout à fait sûr par contre de la construction d'ensemble : le tout début, dont je ne suis pas très certain de la fonction (installer l'ambiance ? oui mais quelle fonction dans le récit alors ? Comme l'a dit Elk, il ne nous en donne pas beaucoup plus), et la courte portion entre "courut jusqu'à la maison" et "Le gamin grandit", qui il me semble pourrait être intégrée différemment ou développée. Mais c'est intéressant en tout cas.
« Modifié: 05 Mars 2016 à 17:28:59 par barnacle »

Hors ligne Rémi

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Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #4 le: 07 Mars 2016 à 22:35:43 »
Salut Mout !

Citer
Des amas de neige flottée
neige flottée ?

Citer
L'enfant étira sa bouche en un grand sourire édenté.
Citer
  Un grand sourire édenté étira les lèvres de l'enfant.
Je capte pas ce que tu veux nous dire par cette répétition...

Citer
Vous allez perdre dix mille euros d'aide et devez vider vos locaux pour trois mois, et sinon, à part ça, merci pour le gamin ?"
le point d'interrogation ne me semble pas nécessaire

Citer
— Qu'est-ce que vous faites ? cria l'homme.
un instant je me suis dit "qui est l'homme ?"
Bref, je supprimerais "cria l'homme" ou le modifierais.

Je ne sais pas quoi dire en arrivant à la fin du texte... Je me suis demandé un bon moment à quoi servait le premier paragraphe, je l'avais en tête en me disant : "va y avoir un lien, une révélation..." et puis non (ou alors j'ai pas compris).
Ensuite, la chute est trop bizarre ! C'est du délire mais un délire étrange, qui ne fait pas rire, pas vraiment peur, qui met mal à l'aise et dont je ne comprends pas le sens (sens artistique ou idée que tu veux transmettre). J'ai l'impression d'une écriture automatique...
Après lecture des autres commentaires, j'aime bien la vision freudienne de barnacle, du coup, si c'est le sens du texte, il mériterait d'être un poil plus exposé ou d'interpeller le lecteur.

Bonne continuation,
Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Déjà, merci beaucoup pour vos retours !   :coeur:

J'ai modifié le texte en tenant compte de toutes vos remarques de forme. Je vais retravailler le corps du texte en suivant vos avis, qui sont tout à fait pertinents.
A bientôt !

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #6 le: 11 Mars 2016 à 09:42:54 »
Bonjour Mout' !

Je sais pas trop quoi faire du premier paragraphe... Se passe-t-il après la chute ? (Vu que le perso a les pieds nus et a marché dans une fiente ?)

J'aime bien l'ambiance bizarre du texte, mais la fin est quand même assez décalée, même dans la logique du texte (la femme sait bien qu'il suffit pas de se planter des plumes sur la tête pour que ça tienne, autant ca choque pas venant du gamin...).  ::)
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #7 le: 12 Mars 2016 à 17:37:10 »
Hello Mout,

Eh bien... C'est mystérieux !
Ça aurait pu me frustrer, mais comme j'ai beaucoup aimé ton écriture, je t'ai suivi avec confiance et c'est plutôt bien passé au final ^^
Bien entendu, je ne serais pas contre des éclaircissements, parce qu'en l'état, j'ai du mal à visualiser tout ça. Je dis bien visualiser, parce que je ne suis même pas sûr de la... disons "nature" des personnages. Des humains ? Un mélange humain/volaille ? Bref, j'ai du mal à comprendre, mais ça ne m'empêche pas d'apprécier le texte, la redondance de certains éléments, cette sorte d'insistance.
D'accord avec les autres, je ne comprends pas trop à quoi sert le premier paragraphe, ni où il se situe chronologiquement.

Bref, j'ai bien aimé :)

A plus, Mout !

Hors ligne Yöda

  • Calame Supersonique
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  • Il a une serviette ! Replions-nous !
Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #8 le: 14 Mars 2016 à 14:29:47 »
Salut Mout !  ^^

Trois petites remarques au fil de la lecture :

"Vous allez perdre dix mille euros d'aide et devez vider vos locaux pour trois mois, et sinon, à part ça, merci pour le gamin" ?
Formulé comme ça, ça veut dire que les locaux doivent être vidés pour une durée de trois mois, est ce vraiment ça que tu voulais dire ou les locaux doivent être libérés dans trois mois ?

Benjamin la trouva occupée à sa tâche, allongée comme d'habitude sur le ventre dans l'une des chaises longues de la véranda.
Comment elle fait pour s'enduire un masque gras en étant allongée sur le ventre ? C'est pas très pratique, nan ?  :\?

— LÉO.
Pourquoi pas un point d'interrogation, comme pour les autres "Léo" ?


Bon, alors ma première impression c'est... c'est bizarre !  :mrgreen: Une histoire un peu fantastique, assez malsaine et qui met mal à l'aise... mais bizarrement j'ai tout de même apprécié ! C'est bien écrit, bien mené, et même si on en ressort avec pas mal d'interrogations (nature exacte des personnages, pourquoi cette lubie avec les plumes, si forte que la femme a subit des actes de chirurgie esthétique, etc...) je pense que le texte se suffit à lui-même, et qu'il perdrait même de sa force avec plus d'explications.

Bravo pour ce petit ovni !  :D
Damn

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Re : Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #9 le: 15 Mars 2016 à 23:10:02 »
Merci pour vos retours  :coeur:

Formulé comme ça, ça veut dire que les locaux doivent être vidés pour une durée de trois mois, est ce vraiment ça que tu voulais dire ou les locaux doivent être libérés dans trois mois ?
>  Non, c'est bien ça ^^ Dans ce cas de problème sanitaire, il faut vider pendant trois mois, le temps de tout nettoyer, et ensuite l'éleveur fait rentrer un nouveau groupe de poussins (entre la naissance et l'abattage, le poulet vit en moyenne 40 jours*, ce qui veut dire que l'éleveur loupe quand même beaucoup de rentrées d'argent, en trois mois).
(*remarque: sur une espérance de vie d'une poule normale de grosso modo dix ans)

Comment elle fait pour s'enduire un masque gras en étant allongée sur le ventre ? C'est pas très pratique, nan ?
> Effectivement  :D

Merci pour vos remarques, je fais de nouvelles modifications au texte !
« Modifié: 15 Mars 2016 à 23:20:04 par Mout »

Hors ligne Yöda

  • Calame Supersonique
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  • Il a une serviette ! Replions-nous !
Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #10 le: 15 Mars 2016 à 23:14:35 »
Formulé comme ça, ça veut dire que les locaux doivent être vidés pour une durée de trois mois, est ce vraiment ça que tu voulais dire ou les locaux doivent être libérés dans trois mois ?
>  Non, c'est bien ça ^^ Dans ce cas de problème sanitaire, il faut vider pendant trois mois, le temps de tout nettoyer, et ensuite l'éleveur lance une nouvelle fournée de poulets (entre la naissance et l'abattage, le poulet vit en moyenne 40 jours*, ce qui veut dire que l'éleveur loupe quand même beaucoup de rentrées d'argent, en trois mois).
(*remarque: sur une espérance de vie d'une poule normale de grosso modo dix ans)
Merci pour ces précisions !  ^^
Damn

Hors ligne Georges Cloné

  • Calliopéen
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Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #11 le: 20 Mars 2016 à 09:38:02 »
C'est bien écrit, et ça plonge dans le monde du poulet industriel...
Manque l'odeur, Mout ! Celui qui visite un élevage indus pour la première fois ne mange plus de poulet pendant un an !

Mais le style est là, la langue est maîtrisée. Le texte si lit bien, c'est le principal.
Blue Mountain, Moka Sidamo, Maragogype...

What else ?

Nocte

  • Invité
Re : T34 - Si votre ramage...
« Réponse #12 le: 21 Mars 2016 à 22:51:20 »

La forme est pas mal, on sent qu'il y a de bonnes intentions derrière, mais je trouve que le texte aurait été beaucoup plus plaisant en étant plus clair. Ce côté obscur ne l'aide pas au final, je pense que tu as une belle plume et que tu n'a pas besoin d'en faire autant pour produire un effet.

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
T34 - Si votre ramage...
« Réponse #13 le: 22 Mars 2016 à 00:38:02 »
Si votre ramage...


      Il s'accroupit au bord de l'eau. Le torrent sifflait entre les arêtes crayeuses, et crachait parfois sur ses pieds nus. Une odeur âcre lui flottait dans le nez.
   Dans les bras, il portait un sac improvisé : son pull, avec les manches nouées. Du vêtement, il extirpa trois poulets morts, qu'il jeta dans le courant.
   Il trempa ses orteils rougis dans l'eau glacée. Des amas de neige fondue filaient parfois devant lui. Les manches de sa chemise retroussées jusqu'au coude, il saisit un éclat de pierre et, avec, décolla une fiente de la plante de son pied gauche. L'eau emporta l'amas sombre dans sa course. L'odeur, pourtant, resta à flotter autour de lui.
    L'homme entreprit alors de se frotter les chevilles, puis le dessus de pied, le talon, la plante. Il se nettoya ainsi longuement. Le soleil disparut derrière les cimes des sapins.


*
* *

   Benjamin prit l'enfant sur ses genoux. Le gamin surexcité se mit debout en lui écrasant les cuisses. L'homme lâcha un juron.
— Il t'aime déjà.
   Benjamin leva les yeux vers la femme qui se tenait en face de lui. Devant son sourire crispé, elle insista :
— Je t'assure. Tu lui plais.
   Elle s'assit à côté de lui dans un froissement de plumes. Sa magnifique chevelure de huppe fasciée ne comptait pas pour rien dans l'attraction qu'elle exerçait sur son compagnon. Benjamin avait toujours eu un faible pour les belles femmes et les atours d'oiseau à la dernière mode. Éveline resplendissait.
   L'enfant étira sa bouche en un grand sourire édenté. Benjamin ne pouvait pas s'empêcher de lui trouver une drôle de tête, avec ses petites lèvres et son nez épaté. Le gamin en revanche semblait apprécier son beau-père.
   Éveline s'assit à côté de lui.
— Est-ce que tu l'emmèneras au travail demain ?
— Tu ne peux vraiment pas ?…
— Ne recommence pas, soupira-t-elle. Je suis de garde ce dimanche.
   Benjamin haussa les épaules. Il devait contrôler des agriculteurs, et la présence du gamin ne l'aiderait pas, mais Éveline le savait.
   L'enfant glissa de ses jambes. Il se mit en tête de courir tout autour du canapé en battant des bras.
— Tu viendras avec moi Léo ?
   Immobile soudain, le gamin ne réagit pas. Sa mère lui demanda :
— Qu'est-ce que tu as trouvé ? Oh…
   Elle s'approcha de lui.
— Une belle plume !
   Le petit fixait une longue plume beige à la pointe noire.
— Elle est à moi, s'exclama sa mère en riant.
   Le gamin l'empêcha de la prendre, jaloux de son trésor. Son regard d'enfant s'attarda sur le crâne de sa mère : au-dessus du front, aucun cheveu ne poussait. La chirurgie esthétique les avait remplacés.
   Un grand sourire étira les lèvres minces de l'enfant.

*

— Attends-moi là, d'accord ?
   Benjamin jeta un coup d’œil inquiet au petit. Assis sur son postérieur devant la porte du bâtiment d'élevage, l'enfant paraissait contrarié.
— Écoutez monsieur, hésita l'agriculteur. Vous ne voudriez pas l'installer dans votre voiture, votre petit ? On ne va quand même pas le laisser là pendant la visite…
   Un regard foudroyant de Benjamin tarit le filet de voix. Malgré tout, le quinquagénaire tenta encore :
— Ou bien on peut l'amener à ma femme. Elle doit encore s'activer à l'intérieur, à cette heure.
   La proposition le tenta. Cependant, Benjamin ne pouvait pas se permettre de demander des services à cet homme. En tant qu'inspecteur, ce serait manquer de professionnalisme. Que dirait-il à l'éleveur, à la fin de la matinée ? "Vous allez perdre dix mille euros d'aides et devez vider vos locaux pour trois mois, et sinon, à part ça, merci d'avoir surveillé le gamin" ?
   Ni une, ni deux, il prit le môme dans ses bras. Il effectuerait la visite avec, tant pis.
   À défaut de combinaison à sa taille, Léo se retrouva enrobé dans un grand plastique bleu, avec juste la tête en-dehors.
   Les volailles accueillirent leur entrée dans le hangar à grands renforts de cris et d'agitation. La puanteur, comme à chaque fois, prit Benjamin à la gorge. Léo, en revanche, ne semblait pas incommodé.
— Quatre mille huit cents poulets de chair de lignée rustique, couleur beige et noire, de bonne conformation...
   Benjamin marmonnait, tandis que l'enfant s'agitait dans ses bras. L'inspecteur ne s'était jamais trouvé dans une situation aussi inconfortable. Il devait se battre pour arriver à remplir sa grille de visite sanitaire. Le bâtiment d'élevage hébergeait-il toujours la même espèce ? La lutte contre les insectes s'avérait-elle satisfaisante ? Dans quel état global se trouvaient les volailles ?… Léo gigotait de plus en plus. Benjamin lâcha son stylo, qui tomba dans les fientes. Il le ramassa, et le gamin tout entier glissa. Se débarrassant à moitié de son sac plastique, l'enfant se jeta sur un poulet à la crête rose et plate. Le malheureux animal s'écroula, l'agriculteur poussa un cri. Benjamin rattrapa le gosse et le stylo lui échappa à nouveau des doigts. Des poulets le piétinèrent aussitôt. Benjamin décida d'écourter la visite.

*

   Léo saisit dans ses poings la petite couverture rousse et tira un peu. Ses pieds se mirent à dépasser.
   De l'autre côté de la cloison, sa mère et son beau-père se disputaient.
   Léo entreprit de se sucer le pouce, puis l'index, puis le majeur, puis chacun de ses doigts. Il attaquait les doigts de pied quand les voix se turent.
   Alors, il attrapa les plumes qu'il gardait cachées dans son slip. Avec, il commença à se gratter la tête. Il appuya le bout de la plume sur le cuir chevelu. Relâcha la pression. Se picota.

*

   Le matin, la mère de Léo aimait s'appliquer un masque gras sur le plumage. L'opération complète avait chiffré autour de soixante mille euros, et elle tenait à ce que l'investissement dure. Benjamin la trouva occupée à sa tâche, allongée comme d'habitude dans l'une des chaises longues de la véranda. Éveline prenait toujours le temps de soigner son apparence. Elle s'occupait un peu moins de son fils, qui pourtant l'admirait beaucoup.
— Léo joue dehors ? s'enquit-il.
   La voix de sa compagne lui parvint étouffée.
— Je croyais que tu lui faisais prendre son bain.
   L'homme fronça les sourcils. Il repartit pour inspecter la maison. Léo devait se cacher dans un coin…
   Benjamin ne le trouva pas. Devant son échec, l'inquiétude finit par le gagner. Sans même prendre la peine d'enfiler des chaussures, il sortit dans le jardin. L'herbe verte humide lui chatouilla les pieds.
— Léo ?
   Un merle bondit hors du buisson à côté de lui et fusa vers le ciel dans un grand froissement d'ailes. Son ton monta d'un cran.
— LÉO.
   Il continua d'avancer. Tout à coup, quelque chose craqua sous son talon. Il venait d'écraser un œuf dans un nid minuscule au milieu des herbes. Son regard glissa sur le carnage, pour s'arrêter sur un éclat rouge un peu plus loin, dans la haie. Sa voix trembla.
— Léo ?
   Le gosse se tenait allongé sur le flanc, le front en sang, tremblant. Des plumes éparses l'entouraient. Il avait essayé de se les planter dans la peau.
   Benjamin, le souffle coupé, l'attrapa et courut jusqu'à la maison.

*

— Je crois vraiment qu'il veut retourner voir les poules, insista-t-elle.
   Trois semaines s'étaient écoulées, mais Benjamin peinait encore à relâcher sa vigilance. Le gosse s'accrochait à la jambe de sa mère, des larmes plein les yeux, le nez rouge et morveux. Benjamin secoua la tête.
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.
   Il imagina le gosse en train de ramasser des plumes au milieu des fientes, pour les accumuler ensuite dans une cachette – sous son lit peut-être ? Benjamin se promit de chercher, un jour.

*


   Le gamin grandit. Il allait fêter ses sept ans, mais Benjamin devait se rendre au même moment à Paris pour une semaine. Il rentra de sa formation dans l'après-midi, un mercredi. La porte d'entrée fermée à clef l'amena à se rendre à l'évidence : Éveline le punissait pour son absence malvenue.
   Pour tuer le temps, il décida de se promener dans la campagne environnante. Quelques jours et, déjà, les paysages de montagne lui manquaient...
   Au bout d'une heure, il envoya un message à sa compagne sur son portable. Elle lui répondit qu'elle se trouvait au proche élevage de poulets. Pourquoi là-bas ? Le gamin avait-il demandé ? Maintenant que Benjamin y pensait, il ne s'étonnait pas qu'elle ait cédé au môme pour son anniversaire.
   Benjamin reprit le volant. Après vingt minutes de conduite, il se gara devant le bâtiment d'élevage. L'odeur âcre lui agressa les narines.
   La porte n'était pas fermée à clef. L'agriculteur ne la verrouillait jamais, le coin ne craignant pas grand-chose. Sûrement travaillait-il en ce moment même dans les champs, avec la récolte des betteraves qui démarrait.
   Soucieux de respecter le protocole sanitaire, Benjamin chercha les combinaisons. Il ne contaminerait pas un élevage en y amenant négligemment tous les germes collés à ses vêtements et à ses semelles… À son grand désarroi, il n'en trouva aucune. Il jeta un coup d’œil à l'intérieur, mais le hangar s'étirait trop loin. Il ne vit rien ; appela, ne reçut aucune réponse. Un mouvement attira toutefois son œil, au milieu des poulets… Ni une ni deux, il enleva chaussures et chaussettes, jeta sa veste à terre, et entra nu pieds.
   Il courut sur la paille couverte de fiente, chacun de ses mouvements rythmé par les hurlements et les battements d'ailes de volatiles.
— Éveline ! Éveline ?…
   La femme se tenait prostrée dans un angle, contre le métal froid du mur. Elle tourna vers lui un visage ensanglanté et sourit.
— Oh, Benjamin, murmura-t-elle. Je voulais te montrer le résultat, pas le travail…
   Derrière elle, à genoux, le gosse.
— Qu'est-ce que vous faites ? s'écria Benjamin.
   D'un geste vif, Léo cacha ses mains derrière son dos, laissant malgré tout tomber quelques plumes. Ses joues rosirent. Benjamin s'accroupit à côté d'eux.
   Le haut du front et le crâne d'Éveline dégoulinaient de sang. Au sol, trois poulets gisaient, morts. Un flacon de fluide anti-rejet, des anticorps monocyclaux, reposait non loin.
— Je lui ai demandé…
   Éveline se frotta le cou, détourna le regard.
— De remettre un peu tout ça en état.
   D'un geste des mains, elle fit bouffer ses cheveux de plumes.
« Modifié: 29 Mars 2016 à 22:32:59 par Mout »

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