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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°7 | T20] Marie-Cécile

Auteur Sujet: [AT n°7 | T20] Marie-Cécile  (Lu 3652 fois)

Hors ligne Georges Cloné

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[AT n°7 | T20] Marie-Cécile
« le: 29 Février 2016 à 16:11:41 »
Marie-Cécile


Quand les grandes portes vitrées s’ouvrent, je m’arrête un instant tellement la luminosité de cette fin juin agresse mes yeux. Mon cerveau est submergé par de multiples sensations oubliées. L’odeur de l’herbe fraîchement coupée ; la chaleur du soleil estival sur ma peau trop blanche ; les piaillements de mésanges, de quelques mouettes – la Loire n’est pas bien loin - qui tournent dans le ciel bleu profond de ce milieu de matinée ; le ronronnement discret du moteur d’une ambulance qui approche au ralenti.

La première personne que j’aperçois à l’extérieur, c’est maman. Debout, raide telle une statue de sel, elle ne bouge pas d’un millimètre ; son visage  empâté et rougeaud contraste avec la pâleur de ses yeux gris qui me suivent sans ciller. Des yeux gris dont j’ai hérité, avec son nom et son titre.

Je m’appelle Marie-Cécile Anne Loz de Coët-Saintpair, et suis la fille d’une comtesse de vieille noblesse bretonne ; noble donc, et fortunée aussi. En effet, ma famille a su très tôt, il y a plus de deux siècles, se lancer dans le commerce maritime, les assurances et la banque d’affaires, et y réussir amplement.

Je suis fille unique et j’ai quinze ans.

Raconté comme ça, vous pensez forcément que je suis bénie des dieux, née avec une cuillère en or dans la bouche. Vous pouvez ajouter au tableau que je suis assez jolie, très intelligente et raisonnablement modeste.

Vous avez tout faux, vous vous fiez trop aux apparences.

Si je suis fille unique, c’est parce que mon père est mort dans un banal accident de la route alors que j’avais à peine un an. Maman s’est remariée rapidement - trop ? - avec un riche bourgeois nantais bien plus âgé qu’elle, un être froid et sans âme. Je n’avais pas trois ans, mais j’ai compris immédiatement que je n’avais à attendre de cet homme aucun amour, aucun égard, aucune attention.

Le drame pour moi a été que, placée devant un choix cornélien, maman a préféré son nouveau mari et m’a abandonnée à des nounous. Je dis bien « des », car aucune ne restait bien longtemps, mal payées qu’elles étaient et harcelées par mon beau-père. Car il n’était pas très fidèle, je ne l’ai compris que plus tard ; il trompait éhontément maman, la battait et la traitait comme une domestique.

Pourquoi, dans ces conditions, est-elle restée avec lui ? À ce que j’ai compris, on ne divorce pas dans son monde – qui était encore le mien il y a peu -, on masque son infortune sous le vernis de la respectabilité. Si le vernis se craquelle, on se claquemure. Bien sûr, les violences conjugales ne sont pas l’apanage des classes défavorisées, mais dans la haute bourgeoisie et la noblesse il est impensable de les étaler sur la voie publique. Ça reviendrait à s’exposer à la populace, à se montrer aussi démuni qu’elle devant l’injustice et la brutalité.

Avant mes six ans, j’ai commencé ma scolarité dans l’école privée Notre-Dame de la Couldre, une école située à Parthenay et dirigée par des bonnes sœurs. En pension complète, ne revenant chez moi que pour les vacances. Il ne m’a pas fallu longtemps pour comprendre que je recevais plus d’affection à l’internat qu’à la maison.

En effet, quand je revenais à Nantes, maman ne me manifestait que froideur et mon beau-père m’ignorait superbement. L’enfant que j’étais avait pourtant soif d’amour, mais se heurtait à l’indifférence des deux seuls adultes qui comptaient pour elle.

J’ai essayé d’y remédier en travaillant de mon mieux, en m’efforçant de devenir une petite fille modèle pour leur faire plaisir et honneur. Las, je n’obtenais qu’indifférence en retour. Les années passant, j’aurais pu me rebeller pour enfin déclencher une réaction, mais ce n’est pas dans ma nature. Je me suis repliée sur moi-même, persuadée que tout était de ma faute. Je ne méritais tout simplement pas d’amour, je devais être porteuse d’une tare affligeante qui justifiait l’attitude de ma famille.

Je m’en suis voulu au point de sombrer dans la dépression un peu avant d’entrer au collège, pour mes dix ans. Cet été-là, je ne l’ai pas passé dans la demeure familiale, mais dans un centre de soins pour enfants perturbés. Ce n’est certes pas mon meilleur souvenir, mais la leçon a porté ses fruits : j’ai dès lors complètement masqué mes émotions et présenté un visage lisse et vidé de tout sentiment en présence de maman et de son mari.

Ensuite, j’ai été envoyée dans un nouveau cadre, une nouvelle école : le collège Sainte Geneviève à Rennes. Autant dire que je me retrouvais complètement déracinée une nouvelle fois. J’avais pleuré toutes les larmes de mon corps en quittant Notre Dame, perdant toutes mes amies de l’école primaire. Heureusement qu’à dix ans, on construit vite des liens, surtout entre ados enfermées dans une institution religieuse.

Les années ont passé. J’en arrivais à préférer les périodes de scolarité aux vacances, où je retournais dans un « chez moi » qui l’était de moins en moins dans mon esprit. Quand j’ai eu treize ans, j’ai réalisé que mon beau-père portait son regard sur moi. Enfin. Mais j’ai vite compris que c’était le regard d’un prédateur ; même si j’étais une parfaite oie blanche, je savais que je n’avais rien à attendre de bon de ce changement d’attitude.

Je n’osai en parler à personne, même pas à maman : j’étais certaine déjà de n’avoir aucun soutien à en attendre. Elle s’était réfugiée dans l’alcool, perpétuellement imbibée, entre deux whiskys dont elle descendait les bouteilles avec la régularité d’un métronome. Elle évoluait désormais dans un univers parallèle où elle refoulait et niait ses propres souffrances.

Lors de mes visites au domicile familial, je m’efforçais d’éviter mon beau-père, m’enfuyant dès que je risquais de me retrouver seule avec lui dans une pièce, m’enfermant à double tour dans ma chambre. Heureusement, la présence de gens de maison me permettait de mener à bien ma stratégie d’évitement.

Jusqu’au jour où…

Il y a six mois, lors des vacances de Noël, je rêvassais à la fenêtre. Il pleuvait sur Nantes en cette avant-veille de Noël ; la Loire en crue était grise et mouvante, les nuages plombés pleuraient, charriés par un capricieux vent d’ouest. Il est arrivé derrière moi sans que je l’entende.

— Marie-Cécile, j’ai la désagréable impression que vous m’évitez.
— Non, monsieur. Mais je n’ai pas l’habitude que vous me témoigniez quelque intérêt.
— Tu deviens une jolie fille, Marie.

Jamais au grand jamais il ne m’avait tutoyée, d’ailleurs il ne m’avait quasiment jamais adressé la parole en onze ans. Je commençai à me dérober latéralement, mais sa grosse main s’est refermée sur mon épaule et a serré, si fort que la douleur me fit monter les larmes aux yeux. Larmes que je refoulai, je me forçai à le regarder bien en face en me contrôlant de mon mieux.

— Vous me faites mal, lâchez-moi tout de suite.

Ma voix avait grimpé dans les aigus, mais elle ne tremblait pas ; j’étais raisonnablement fière de moi, même si la terreur m’envahissait.

— Te lâcher ? N’y pense même pas. Tu es une jeune femme, à présent, il est temps que tu saches ce que c’est qu’un homme, un vrai.

En éructant ces paroles terribles, penché en avant, le visage congestionné tout près du mien, il postillonnait et me secouait comme un prunier. Sans pouvoir me contrôler, je hurlai. Un cri long et puissant qui surprit mon beau-père ; il se redressa, mais sans me libérer pour autant.

La porte s'ouvrit, son grincement devenant perceptible quand j’ai arrêté de crier. Maman est apparue dans l’embrasure, elle a dû comprendre la situation dès qu’elle nous a aperçus devant la fenêtre.

Je n’oublierai jamais l’instant où j’ai vu son regard s’éteindre ; elle a baissé les yeux et est sortie de la pièce en refermant doucement la porte. Nous laissant seuls, m’abandonnant aux mains de son mari volage et violent.

— Alors, tu es contente ? Tu as vu que ta mère n’en à rien à faire de toi ? Tu es à moi, maintenant.

Oh ça, je l’avais bien vue, maman quittant les lieux ; mon cœur s’est brisé en mille échardes douloureuses devant cette ultime trahison. Mais la grasse satisfaction de cet homme rougeaud et brutal m’a servi de catharsis : ma main libre est partie vers son visage, alors qu’un nouveau cri jaillissait de ma gorge en feu. Mes ongles ont déchiré la chair, mon index découpant sa paupière inférieure. Le sang a commencé à sourdre dans les sillons, plus noir que rouge.

Il m’a enfin lâchée en poussant un grognement de cochon qu’on égorge, mais ma joie a été de courte durée.

Il m’a frappée.

Un poing massif a foncé vers mon visage, j’ai eu le temps de voir les nombreux poils poivre et sel couvrant les phalanges, les jointures ridées et blanchies, la grosse bague sertie de diamants et la chevalière en or cerclant majeur et annulaire. Puis plus rien.

Il semble que le jardinier a découvert la scène et, bravant mon beau-père, a appelé Police et Samu. À l’arrivée des secours, j’étais plus morte que vive. J’avais traversé la fenêtre et été déchiquetée en de multiples endroits par les éclats de verre. Quasiment vidée de mon sang, je n’avais survécu que par miracle tant les coupures étaient nombreuses et profondes.

Les internes de l’Hôtel-Dieu (le CHU de Nantes) m’avaient maintenue dans le coma quinze jours, le temps de sortir de la période durant laquelle le pronostic était réservé.

Durant ce laps de temps, j’avais été opérée à de multiples reprises, les cicatrices barrant mon ventre, mes bras et mes cuisses en attestent. Mon visage avait été mystérieusement épargné par le verre, mais pas par le coup de poing ; la chevalière avait découpé et imprimé sa marque dans la pommette, mon oreille gauche avait souffert, jusqu’au tympan qui avait éclaté.

Je suis restée dans le coma plus longtemps que prévu, malgré les tentatives des internes pour m’en sortir. Je ne me suis réveillée qu’en avril, soit presque quatre mois après l’agression. Un beau matin, j’ai ouvert les yeux et déclenché une alarme qui a fait surgir une infirmière. À compter de cette date j’ai eu droit à plusieurs opérations de chirurgie esthétique et réparatrice. Puis j’ai été transférée à Saint-Jacques, une annexe de l’hôpital spécialisée en rééducation fonctionnelle. Dès lors j’ai enchaîné d’innombrables séances de kiné et de piscine.

L’un dans l’autre, je ne m’en tire pas trop mal. À moitié sourde de l’oreille gauche, quelques dixièmes de moins à l’œil droit, privée d’une partie d’intestin et de l’utérus — oui, j’aurai du mal à enfanter, je pense —.

Ah, j’oubliais. Je réapprends à marcher, ce n’est pas pour tout de suite.

Je relance mon fauteuil roulant, j’ai tenu à faire de l’exercice et à le conduire moi-même. Fleur, une jeune ASH (agent de service hospitalier ; vous voyez, je commence même à connaître les fonctions et abréviations, à force de pratiquer) suit deux mètres derrière au cas où… C’est marrant de faire tourner les roues à deux mains, je me sens un peu plus autonome ainsi.

J’arrive jusqu’au grand panneau de plexi annonçant « Hôpital Saint-Jacques » et passe à côté de maman. Sans lui manifester la moindre attention ; c’est dur, mais j’y arrive assez bien, lâchant simplement un soupir quand j’ai réussi. J’ai pu l’examiner du coin de l’œil, malgré tout. Elle paraît plus vieille que dans mon souvenir, plus bouffie aussi. L’alcool fait cet effet-là, semble-t-il.

L’employée de l’ASE qui me suit depuis ce matin surveille maman d’un œil sévère. Pas question qu’elle avance vers moi, elle est sous contrôle judiciaire avec interdiction de m’approcher. Je sais qu’un procès va avoir lieu, que son mari risque gros et qu’elle est accusée de complicité. Je m’en fiche ; on leur a retiré l’autorité parentale et je suis sous tutelle de l’Aide Sociale à l’Enfance. Vu mon âge, je ne serai pas adoptable. Ça tombe bien, je n’en ai aucune envie.

Un chauffeur m’attend devant un VSL à la blancheur aveuglante. Je suis inscrite dans un centre de rééducation à Granville pour... je ne sais combien de temps. En plus des soins, je suivrai dès septembre les cours de première en télé-enseignement.

Arrivée devant le véhicule, je me redresse péniblement et Fleur, qui suivait le mouvement, recule prudemment le fauteuil. Je lui souris, j’essaie du moins car c’est encore un adieu. Cette jeune femme s’est occupée de moi bien plus que ne l’exigeait son rôle, séchant parfois mes larmes, venant papoter avec moi en dehors de ses heures de service.

— Au revoir, Marie. Je suis sûre que tu t’en sortiras, tu es une battante.
— Merci pour ta confiance, pour tout. Au revoir, Fleur. Je ne t’oublierai jamais.

Je ne peux retenir une larme lorsqu’elle m’embrasse sur les deux joues, je vois bien qu’elle est émue, elle aussi. Je me détourne et fixe quelques secondes maman. Elle n’a pas remué d’un pouce, me regardant toujours avec la même intensité, la bouche figée. À quoi pense-t-elle à ce moment ? À sa vie gâchée, à ses lâchetés ? Au mal qu’elle m’a fait, par omission, par absence, par défaut ? À la bouteille de whisky qui l’attend chez elle ? Chez elle, dans ce manoir classé qui n’est plus chez moi, car je n’y reviendrai jamais.

Je me détourne ; je n’ai ni la force ni le courage de lui pardonner.

La femme de l’ASE et le chauffeur rivalisent d’amabilité pour m’aider à m’installer à l’arrière, puis c’est le départ pour Granville. Trois heures de route, à peu près. J’appuie la joue contre la glace, les yeux dans le vague, murée dans le silence. Une larme coule lentement sur ma joue, je la laisse rouler.

Vous pensez maintenant que ma vie est pourrie, finie avant d’avoir commencé.

Vous avez tort.

Même si les apparences sont contre moi, je commence aujourd’hui une nouvelle vie ; ma vie. Pas celle que me proposent les autres, non. La mienne, celle que je veux, faite d’amour, de rires et de liberté. De beaucoup d’amour, beaucoup de rires, beaucoup de liberté. Je vais me battre, seule s’il le faut, pour la rendre belle.

Et croyez-moi, j’y arriverai.

Et croyez-moi, j’y arriverai.

LEXIQUE :
CHU : Centre hospitalier universitaire.
ASE : Aide sociale à l’enfance ; service départemental qui remplace l’ancienne DASS.
VSL : Véhicule sanitaire léger. Plutôt un taxi qu’une ambulance.
« Modifié: 20 Mars 2016 à 09:47:37 par Mout »
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Hors ligne Rémi

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #1 le: 29 Février 2016 à 22:20:06 »
Salut Mout !

Citer
— oui, j’aurai du mal à enfanter, je pense —.
le tiret avant le point est de trop

Rien à dire sur la forme, l'écriture est maîtrisée, fluide, pas d'imprécisions. Tu pourrais séparer le lexique à la fin du texte ou même le supprimer, en l'état c'est un peu étrange.

Sur le fond, l'histoire est tragique, malheureusement réaliste mais j'ai trouvé le traitement assez "externe", tu nous racontes l'histoire à la première personne mais on a une histoire "racontée" et pas "visible" ou vécue, surtout au début. À partir de "jusqu'au jour où...", tu passes dans une narration plus dynamique des événements, mais personnellement, le début ne m'avait pas embarqué et du coup j'ai eu du mal à entrer dedans.
De la même façon, à la fin, Marie nous dit qu'elle va se battre, mais on ne le vit pas vraiment.

Rémi
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne extasy

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #2 le: 02 Mars 2016 à 12:02:16 »
Salut Mout !

Citer
Las, je n’obtenais qu’indifférence en retour.
Lasse ?
Citer
Je m’en suis voulu au point de sombrer
voulue

J'ai aimé le texte. Très triste, mais bien écrit. C'est fluide, réaliste, et la fin est très sympa.
Cela dit, je pense comme Rémi que tu nous dis parfois les choses plus que tu ne les montres, mais j'aime quand même.

Merci pour ce texte, Mout :)

MillaNox

  • Invité
Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #3 le: 02 Mars 2016 à 21:53:38 »
Salut Mout !

au fil de la lecture :
Citer
Dès avant mes six ans,
bof bof cette formulation

hop, tout lu !

alors, alors...
Je suis un peu embêtée par ta narration. À part l'épisode de l'agression qui est écrit dans un style différent, + dynamique, tu es plutôt dans une accumulation de faits et d'informations. Du coup, ça perd en émotion alors que tu abordes ici une histoire tragique :(

Citer
Citer
Citer
    Je m’en suis voulu au point de sombrer

voulue
non non exta c'est bien "voulu" ;)

Merci pour ta participation :)

Milla

Hors ligne Georges Cloné

  • Calliopéen
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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #4 le: 04 Mars 2016 à 08:05:33 »
Merci à tous et toutes.
Y compris pour la faute d'accord qui n'en est pas une. Le français, il faut s'interroger sans cesse, c'est ce qui énerve et met en joie.

J'ai voulu une écriture distanciée sur tout le corps central.

L'histoire est sordide, et je refusais de la noyer sous le pathos. Marie raconte son histoire de Cosette avec une froideur clinique.

Quand vous êtes dans la m., que vous avez traversé des épreuves lourdes et longues, il faut soit un humour quasi morbide, soit de la distanciation. La jeune fille qu'elle est n'a pas encore le recul nécessaire (dans cinq ans elle en rira -peut-être-).

Alors froideur ; elle raconte ça comme si c'était quelqu'un d'autre qui l'avait vécu, elle raconte comme un psychopathe, sans émotion ou presque.
Et croyez-moi, c'est pas de la tarte d'écrire comme ça.

Milla : dès avant mes dix ans, ça te plaît pas trop ? Je vais voir ; ça fait vieille France...

Extasy : Las, c'est une vieille expression. Cosette s'exprime parfois comme elle a appris, c'est une sorte de contraction de Hélas.

Rémi : le tiret après, il faut pas ? Je ne sais pas. Quelqu'un a une idée ? Je pensais qu'il fallait toujours enfermer le texte entre tirets.
Help !
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Hors ligne Kanimp

  • Calame Supersonique
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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #5 le: 04 Mars 2016 à 11:09:00 »
Citer
Quand les grandes portes vitrées s’ouvrent, je m’arrête un instant tellement la luminosité de cette fin juin agresse mes yeux.
Cette fin juin, ne sonne vraiment pas bien. De plus la luminosité dépend plus du moment de la journée que le jour du mois.

Citer
Debout, raide telle une statue de sel, elle ne bouge pas d’un millimètre, son visage figé et empâté à peine éclairé par ses yeux gris qui me suivent sans ciller.
Toute cette histoire tourne autour de la lumière. Je me trouve dans un monde fantastique que je ne comprends absolument pas. Même corrigé comme suit, je trouve que cela ne colle pas du tout :
« …son visage figé et empâté à peine éclairé par la présence de ses yeux gris qui me suivent sans ciller. »

Citer
Je n’oublierai jamais l’instant où j’ai vu son regard s’éteindre ;
Incohérent avec le début? Ou laisse présager que la mère va défendre sa fille.
À la lecture du texte jusqu’à la fin. Il y a pour moi une incohérence symbolique. Car lors que son mari s’en prend à sa fille son regard s’éteint. Mais au début texte, qui temporellement est postérieur à l’agression. La mère n’ayant pas agi, il n’y a pas de raison que son regard s’illumine  et éclaire son visage.

Le texte est prenant, les sujets sévères et se lit très bien.
Le seul bémol sont les deux premiers paragraphes qui posent le décor et n’ont pas la même écriture fluide et poignante du texte qu’ils introduisent.

C’est très dommageable, car cela me donne l’impression que seul l’histoire de la fille importe, le reste c’est obligé.


Merci pour ce texte, ceci dit. Je l’ai apprécié.

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Hors ligne Tomoyo

  • Calliopéen
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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #6 le: 06 Mars 2016 à 23:17:34 »
Saaalut,

Citer
Mon cerveau est submergé par de multiples sensations oubliées.
Ah, c’est curieux de parler du cerveau et pas de soi d’entrée de jeu. Ça fait très … observation scientifique  ::)

Citer
debout, raide telle une statue de sel, elle ne bouge pas d’un millimètre, son visage figé et empâté à peine éclairé par ses yeux gris qui me suivent sans ciller
j’ai du mal à visualiser la scène : je pensais la narratrice en train d’ouvrir des volets, donc statique, donc je ne comprends pas pourquoi la mère la suit des yeux. Qu’elle la fixe, pourquoi pas, mais la suivre…  :\?   edit : après lecture du texte entier je vois que je ne pouvais pas être beaucoup plus à côté de la plaque  :D

Citer
Raconté comme ça, vous pensez forcément que je suis bénie des dieux, née avec une cuillère en or dans la bouche
Nope, parce qu’il y a une ambulance, ça, ça casse l’idyllique du tableau, c’est le corbeau qui plane  :ninja:

Citer
Vous pouvez ajouter au tableau que je suis assez jolie, très intelligente et raisonnablement modeste.
Yahtzee !  :kei:

Citer
Dès avant mes six ans,
Ouhla moche pas beau ça  :aah:
Avant mes six ans, ça suffit il me semble… ou « j’ai commencé ma scolarité avant mes six ans à… »

Citer
Las, je n’obtenais qu’indifférence en retour.
Tu as « indifférence » la ligne du dessus déjà

Citer
Je ne méritais tout simplement pas d’amour, je devais être porteuse d’une tare affligeante qui justifiait l’attitude de ma famille.
j’aime bien ce genre de formulation simple mais très précise dans les pensées de la narratrice. Je cite celle-là mais tu en as plusieurs du genre que j’aime bien  ^^

Citer
Je n’osai en parler à personne, même pas à maman
C’est pas que le passé simple soit faux , mais c’est juste que c’est le 1er du texte, du coup je le trouve curieux, alors que tu t’en passais jusque-là. Pour moi il faut le changer  :ned:
Et j’aurais plutôt cru qu’elle dirait « surtout pas à maman » et pas « même pas », vu que de toute façon elles ne sont pas proches, ça ne me venait pas à l’idée qu’elle aille vers elle pour en parler.


Citer
Jamais au grand jamais il ne m’avait tutoyée, d’ailleurs il ne m’avait quasiment jamais adressé la parole en onze ans. Je commençai à me dérober latéralement, mais sa grosse main s’est refermée sur mon épaule et a serré, si fort que la douleur me fit monter les larmes aux yeux. Larmes que je refoulai, je me forçai à le regarder bien en face en me contrôlant de mon mieux.
mmmm… j’observe ce passé simple d’un œil méfiant… j’attends de voir la suite…  :relou:

Citer
La porte s’est ouverte, son grincement devenant perceptible quand j’ai arrêté de crier. Maman est apparue dans l’embrasure, elle a dû comprendre la situation dès qu’elle nous a aperçus devant la fenêtre.
Mais du coup pourquoi là c’est plus au passé simple ?

Citer
de l’utérus — oui, j’aurai du mal à enfanter, je pense —.
Ah je trouve l'humour trop décalé, il n’y en a pas depuis le début. :-\


Ok, bon… qu’en pense-je… Je ne sais pas  :\?. En fait c’est curieux, je trouve que tu écris bien, voire très bien par moment, mais alors le mélange des temps m’a cassé mon élan.
En fait, au moment le plus intense, tu as spontanément switché avec du passé simple, alors que tout le reste en est dépourvu, du coup on dirait deux morceaux qui vont pas ensemble.
Ceci dit je comprends le choix du passé simple hein, c’est juste que je l’aurais introduit depuis le début  :P surtout au vu de ton phrasé très précis. Je trouve que ça se marie mieux avec ce ton froid, assez élégant et fier dans la douleur, que le passé composé  :huhu:
Mais je sais que le passé composé est bien aimé pour son côté oral et qui rapproche le lecteur du narrateur… Bref tout ça pour dire que j’aurais préféré l’un ou l’autre, mais pas le mélange  :-¬? (avis tout à fait perso, attends de voir si d'autres relèvent  :-[)

Sinon sur le fond, j’aime le choix de narration détachée, j’ai ressenti beaucoup de mélancolie et de force dedans, ça m’a plu. Ça reste très concis et ça va avec la pudeur de la narratrice qui ne veut pas être plainte. Bref sur moi ça fonctionne.
Après je suis plus du genre à aimer ce qui met en joie… c’est vrai que la fin suggère bien qu’un épisode n’est pas une histoire et que donc il n’y a pas à être triste, mais bon, ça reste quand même … triste  |-|
Donc a priori ce n’est pas un coup de cœur, mais j'ai apprécié et je suis curieuse de savoir ce que tu peux écrire d’autre, vu ta précision dans la narration, qualité que j’aime beaucoup  :)

Au plaisir donc
Merci pour ce texte :D
Mes goûts sont simples : je me contente de ce qu'il y a de meilleur [Oscar Wilde]

Hors ligne Loïc

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #7 le: 08 Mars 2016 à 10:07:53 »
Hello !

Citer
Raconté comme ça, vous pensez forcément que je suis bénie des dieux, née avec une cuillère en or dans la bouche. Vous pouvez ajouter au tableau que je suis assez jolie, très intelligente et raisonnablement modeste.

Sympa.

Citer
Je n’avais pas trois ans, mais j’ai compris immédiatement que je n’avais à attendre de cet homme aucun amour, aucun égard, aucune attention.

La formule n'est pas top.

Citer
Car il n’était pas très fidèle, je ne l’ai compris que plus tard ; il trompait éhontément maman, la battait et la traitait comme une domestique.

Je pense que tu peux te passer du car

Citer
En pension complète, ne revenant chez moi que pour les vacances.

Comme tu en fais une phrase, autant virer le vilain participe présent et mettre un "je ne revenais"

Citer
en quittant Notre Dame,

Notre-Dame

Citer
Les internes de l’Hôtel-Dieu (le CHU de Nantes) m’avaient maintenue dans le coma plus de quinze jours, le temps de sortir de la période durant laquelle le pronostic était réservé

Cette phrase est un peu lourde.

Citer
Je suis restée dans le coma longtemps, malgré les tentatives des internes pour m’en sortir. Je ne me suis réveillée qu’en avril, soit presque quatre mois après l’agression, comme je l’ai expliqué

Comme tu l'expliques, c'est une répétition peu utile ;)

Citer

Vous pensez maintenant que ma vie est pourrie, finie avant d’avoir commencé.

Vous avez tort.

Même si les apparences sont contre moi, je commence aujourd’hui une nouvelle vie ; ma vie. Pas celle que me proposent les autres, non. La mienne, celle que je veux, faite d’amour, de rires et de liberté. De beaucoup d’amour, beaucoup de rires, beaucoup de liberté. Je vais me battre, seule s’il le faut, pour la rendre belle.

Et croyez-moi, j’y arriverai.

Ça manque quelque peu de subtilité.

Je ne suis pas très fan. Pas grand-chose à reprocher à l'écriture en soi, c'est plus le traitement du sujet qui m'a laissé de marbre. J'ai trouvé que ça manquait un peu d'émotion pour accrocher ; et que la fin est loupée. Vraiment pour le coup.

Bon courage si tu retravailles ce texte.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Georges Cloné

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #8 le: 09 Mars 2016 à 20:28:51 »
Merci à tous et toutes.

Kanimp : la luminosité est relative, elle dépend aussi de'où on vient (pièce mal éclairée), de l'orientation de la porte (si plein sud, tu as le soleil dans le nez).

J'ai corrigé deux trucs (Dès avant 6 a) et un verbe (la porte s'ouvrit), et je relis calmement.

J'ai réécrit la partie centrale hôpital/coma/blessures, pour tenir compte de remarques judicieuses.

Mais ne le sont-elles pas toutes ? Elles expriment le ressenti de chacun, au-delà de l'aspect technique qui est appréciable.
« Modifié: 09 Mars 2016 à 20:38:56 par Mout »
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Hors ligne Kanimp

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #9 le: 09 Mars 2016 à 23:01:40 »
Kanimp : la luminosité est relative, elle dépend aussi de'où on vient (pièce mal éclairée), de l'orientation de la porte (si plein sud, tu as le soleil dans le nez).
Visiblement on ne se comprend pas. Tu as écris deux phrases qui possèdent une dimension symbolique.

« …son visage figé et empâté à peine éclairé par la présence de ses yeux gris qui me suivent sans ciller. »
Et
« Je n’oublierai jamais l’instant où j’ai vu son regard s’éteindre ; »

Si j’en crois ta réponse, le jeu de lumière dépendrait du soleil ou autres.

La première phrase ne dit pas « …son visage figé et empâté à peine éclairé par le soleil, d’où seul ressortaient ses yeux gris qui me suivent sans ciller. »
Et la deuxième ne dit pas « Je n’oublierai jamais l’instant où j’ai vu son regard disparaitre dans l’ombre. »

Dans les deux phrases la lumière vient des yeux. Le visage éclairé par la présence de ses yeux, dans la première. Le regard qui s’éteint ne peut être vrai que si les yeux éclairaient dans la deuxième.

Car symboliquement, si l’étincelle de la vie disparait d’un personnage, alors il meurt. Sans qu’il ne soit nécessaire de tuer physiquement se personnage.

Comme l’histoire parle entre autre d’un inceste commis par le beau-père avec l’aval (sans intervenir), de la mère.

Le regard ou les yeux de la mère symbolise son rôle de mère.

Donc lorsqu’elle quitte la pièce et laisse son mari avec sa fille. Son regard s’éteint équivaut à dire, qu’elle abandonne son rôle de mère.
Alors qu’en début de texte, ses yeux éclairent son visage équivaut à dire qu’elle à garder son rôle de mère ou s’est battue pour le conserver ou le réacquérir. Ce qu’elle n’a pas fait et par conséquent c’est pour moi incohérent.

J’ai une écriture symbolique, ou du moins je tente de l’avoir.
Dans mon histoire, lorsque les personnages rejoigne l’Empire, ils sont nus pour des raisons logiques. Mais symboliquement la nudité est le symbole de la naissance ou de la renaissance.
Donc quelqu’un qui suit l’histoire au premier degré, lira que le personnage se dénude pour des raisons logiques. Par contre un lecteur qui utilise la symbolique saura qu’à, cet instant précis le personnage renie ou perd son passé pour entrer dans une nouvelle vie, à cet instant précis.

Mis en application dans ton texte, où Marie-Cécile entre dans l’ambulance, signifie qu’elle continue sa vie, elle ne renie pas son passé.

« Même si les apparences sont contre moi, je commence aujourd’hui une nouvelle vie ; ma vie. Pas celle que me proposent les autres, non. La mienne, celle que je veux, faite d’amour, de rires et de liberté. De beaucoup d’amour, beaucoup de rires, beaucoup de liberté. Je vais me battre, seule s’il le faut, pour la rendre belle. »     
Alors que si la symbolique est utilisée, alors l’infirmière ne la conduit à l’ambulance. Elle la conduit à la salle de bain où elle plongera nue dans l’eau chaude (moment de renaissance) tout en sachant que dans la soirée elle quittera l’hôpital (nouvelle vie).
Pour un lecteur au premier degré, l’histoire est comparable, il n’y a qu’un bain en plus.
Pour un lecteur symbolique, Marie-Cécile tire un trait réel sur sa vie, fait le deuil de sa vie d’avant dont sa mère et entamera alors une nouvelle vie.


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Hors ligne Georges Cloné

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #10 le: 12 Mars 2016 à 19:17:55 »
Je comprends ton approche, qui n'est pas la mienne. J'ai procédé en impressionniste.

Au début, sortie de l'hôpital, face au soleil. Odeurs, couleurs, sons.

La mère est sur le côté, le visage presque dos au soleil (imagine ça tourné par Sergio Leone). Sa peau est marquée par l'alcool qui la détruit. Ses yeux sont gris pâle, ils n'illuminent pas le visage, non. Ils sont seulement presque blancs. Une tache blanc gris, de la cendre d'un feu éteint. Enfin, deux, quoi.

Marie part "loin" (il y a un centre de rééduc à côté de Nantes, mais non, elle part au nord). Et là-bas, elle en prendra, des bains :P

J'adore ces approches, ces manières de décortiquer un texte ; ça prouve au moins qu'il ne laisse pas indifférent. Je vais essayer de renforcer l'image, merci.

L'embêtant, c'est que je ne veux pas donner de clé trop tôt, genre"son visage couperosé, rougi par l'alcool"... Bref, j'essaie de rester neutre sur cette description.
Modifié !!
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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #11 le: 15 Mars 2016 à 14:57:29 »
Citer
Las, je n’obtenais qu’indifférence en retour.
Hélas / lasse ?

J'ai un avis mitigé. Tu esquives avec adresse le côté mélodramatique que prend facilement ce genre de texte, ça se lit bien, les sujets sont bien traités mais la fin tombe un peu à plat.
(Et la scientifique en moi est assez dubitative sur le tympan éclaté par un coup de poing et la perte de l'utérus suite à une défenestration avec coupure, même si tout est toujours possible suite à un traumatisme. )

Bonne continuation, Mout' !
"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #12 le: 15 Mars 2016 à 15:44:09 »
Salut salut

Je suis un peu embêté parce que je trouve ce texte très cliché, tire-larme et évasif, alors qu'il traite de sujet qui pourraient être importants. Toute la première partie me renvoie de nombreux relents de déjà vu, jusqu'au 13 ans de Marie-Cécile à peu près. Le beau parent manichéen, les contes l'avaient déjà décrit. Je suis un peu déçu, quoi, parce que ça aurait pu être mieux, en s'attardant plus sur certains passages par exemple, et en ne passant pas aussi vite sur 13 ans d'une vie, ou alors le faire bien plus brièvement.

Bref j'ai pas trop accroché, une prochaine fois peut-être.
aucun : les artichauts n'ont aucun rapport avec le Père Noël. Ce ne sont pas des cadeaux et on ne peut pas faire de Père Noël en artichaut.

Hors ligne Georges Cloné

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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #13 le: 16 Mars 2016 à 21:20:52 »
Ben... Faudrait savoir...

C'est froid, clinique, ou bien tire larme  :(

J'ai essayé d'être clinique (dans un hôpital ^^) pour éviter le pathos.

Kathya, pour les dégâts, j'ai fait lire et corriger par un copain toubib. Il m'a suggéré de raccourcir la durée du coma (qui au début était de 6 mois), et n'a pas été dérangé par le reste.

Le format (moins de 3000 mots, j'en suis à 2400 environ) empêche de développer à l'excès. Pas possible de raconter 13 ans de vie. Pour la fin, je la réécris (lentement), disons que je la complète pour détailler l'état d'esprit de Marie.

Bref, Merci !! :noange:
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Re : T20 - Marie-Cécile
« Réponse #14 le: 17 Mars 2016 à 18:02:59 »
Salut Mout !

Tout d'abord, merci pour ce texte ! Je n'ai pas fait de commentaire sur le style, qui me semble assez propre. Concernant le fond, par contre, j'ai pas mal de questions !  ^^ Je te les livre ci-dessous au fil de ma lecture.

Citer
Si je suis fille unique, c’est parce que mon père est mort alors que j’avais à peine un an.
De quoi son père est-il mort ?

Citer
Maman s’est remariée rapidement - trop ? - avec un riche bourgeois nantais bien plus âgé qu’elle, un être froid et sans âme. Je n’avais pas trois ans, mais j’ai compris immédiatement que je n’avais à attendre de cet homme aucun amour, aucun égard, aucune attention.
Pourquoi s'est-elle remariée avec lui ? La mère aimait-elle sa fille ? A-t-elle pris en compte sa fille dans son remariage ?

Citer
Le drame pour moi a été que, placée devant un choix cornélien, maman a préféré son nouveau mari et m’a abandonnée à des nounous.
Pourquoi ? Je trouve que ça va un peu vite. Quel est ce choix cornélien ?

Je repense à cette phrase, qui indique qu'on est à l'époque moderne :
Citer
le ronronnement discret du moteur d’une ambulance qui approche au ralenti.
Or, je lis :
Citer
il trompait éhontément maman, la battait et la traitait comme une domestique.
Le terme est-il vraiment adapté ?

Par ailleurs, pourquoi la mère ne divorce-t-elle pas ? (il y a sûrement des raisons, mais j'aimerais bien savoir ^^)

Citer
Pourquoi, dans ces conditions, est-elle restée avec lui ? À ce que j’ai compris, on ne divorce pas dans son monde
Ah, l'explication arrive ! ^^ Peut-être serait-il mieux de l'apporter directement, et pas en décalé ?

Citer
dans la haute bourgeoisie et la noblesse il est impensable de les étaler sur la voie publique
Je suis un peu sceptique. La mère travaille, a-t-elle des ami(e)s, de la famille, qui auraient pu apercevoir les traces de coup et se douter de quelque chose ? Ont-ils gardé le silence ? Si c'est le cas, il faudrait peut-être détailler un peu. Il y a un petit côté un peu "cliché" dans le déroulement du texte, je trouve ; ce n'est pas parce que les violences conjugales en elles-mêmes sont "cliché", c'est parce que, à mon avis, tu passes trop vite dessus, on n'a pas le temps de tout comprendre, de s'identifier aux personnages. J'aimerais voir la mère réagir, voir sa fille, peut-être, parler de ses sentiments pour elle (compassion ? mépris ? tristesse ?). La narratrice gagnerait à plus exprimer ses émotions (même de façon discrète), je pense.

Citer
Je me suis repliée sur moi-même, persuadée que tout était de ma faute. Je ne méritais tout simplement pas d’amour, je devais être porteuse d’une tare affligeante qui justifiait l’attitude de ma famille.
On comprend mieux sa position ^^ Mais, est-elle seulement passive, n'est-elle pas en opposition avec son beau-père ? A-t-elle d'autres personnes dans sa famille (grand-parents,...) ?

Citer
Ensuite, j’ai été envoyée dans un nouveau cadre, une nouvelle école : le collège Sainte Geneviève à Rennes. Autant dire que je me retrouvais complètement déracinée une nouvelle fois. J’avais pleuré toutes les larmes de mon corps en quittant Notre Dame, perdant toutes mes amies de l’école primaire. Heureusement qu’à dix ans, on construit vite des liens, surtout entre ados enfermées dans une institution religieuse.
A ce stade de l'histoire, je me demande : où veux-tu nous emmener ? Tu nous racontes l'histoire difficile d'une jeune fille, mais... Où va-t-on ? Il n'y a pas particulièrement d'interrogation, de mystère qui sont mis en place. En fait, on ne sait pas pourquoi la narratrice nous raconte son histoire. Peut-être pourrais-tu donner plus d'indices ? (par exemple, en reparlant de l'ambulance du début, ou autre,..)

Citer
— Marie-Cécile, j’ai la désagréable impression que vous m’évitez.
— Non, monsieur. Mais je n’ai pas l’habitude que vous me témoigniez quelque intérêt.
Je trouve, dans un contexte où on est presque à la date d'aujourd'hui, que le vouvoiement, surtout venant des parents vers l'enfant, et le "Non, monsieur" sonnent très bizarrement. Est-ce qu'il y a encore vraiment des gens qui s'expriment comme ça en France aujourd'hui ? Si c'est le cas, la narratrice a-t-elle souffert de venir d'un tel contexte social ? J'avoue que j'ai vraiment du mal à croire au fait que le beau-père tutoie Marie-Cécile, alors qu'il la connait depuis l'âge de 3 ans.

Citer
Je n’oublierai jamais l’instant où j’ai vu son regard s’éteindre ; elle a baissé les yeux et est sortie de la pièce en refermant doucement la porte. Nous laissant seuls, m’abandonnant aux mains de son mari volage et violent.
Ah oui, quand même. Elle vient, puis elle repart, alors qu'elle a compris ce qui se passe. Si elle est à ce point détachée de sa fille / diminuée psychologiquement, je pense que ça mériterait que tu le détailles d'avantage précédemment. Peut-être en racontant un épisode particulier ?
En fait, quelque chose auquel je pense ; une partie du fait que le texte semble peut-être moins crédible, un peu cliché, vient à mon avis du fait que la narratrice raconte des "grandes lignes", par exemple "j’ai compris immédiatement que je n’avais à attendre de cet homme", "maman a préféré son nouveau mari et m’a abandonnée à des nounous",... Peut-être que ce serait plus pertinent si tu racontais un évènement de sa vie (par exemple, un épisode où son beau-père s'est mal comporté avec elle dans son enfance), qui permette au lecteur d'en déduire lui-même que le beau-père n'aime pas la fille. Je ne sais pas si je suis très claire ^^ En fait, tu crées une sorte de hors-champ, et tu donnes l'information toute prête au lecteur, mais n'hésite pas à l'immerger, et à lui faire confiance pour comprendre. Je pense que c'est le fait que l'écriture ne rentre pas vraiment dans les expériences vécues, ne soit pas assez "immersive", qui donne une impression de froideur.

A noter : le passage où elle se fait agresser par son beau-père m'a fait me sentir beaucoup plus concernée, parce que l'épisode est raconté "en temps réel", et ce n'est pas juste un bilan. ^^

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À l’arrivée des secours, j’étais plus morte que vive. J’avais traversé la fenêtre et été déchiquetée en de multiples endroits par les éclats de verre.
Que s'est-il passé ? Le coup de poing l'a projetée à travers la vitre ?

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dans ce manoir classé
Pas mal, le détail ! :D

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Une larme coule lentement sur ma joue, je la laisse rouler.
Ça fait très cinéma ^^ Le lecteur sera plus touché si le récit est plus réaliste ; si elle pleure, même un peu, elle doit avoir le nez qui pique (voire qui coule), etc.

Concernant la fin, je m'attendais à un retour sur le début (par exemple, apprendre que l'ambulance du début venait en fait chercher le beau-père, qui était mort), enfin quelque chose comme ça ^^ Du coup, le déroulé me parait un peu linéaire. On a affaire à une jeune fille qui nous raconte son enfance très difficile, et puis qui dit à la fin qu'elle ne se laissera pas abattre. En tant que lecteur, j'ai envie de plus, d'un "mais", d'un rebondissement, de quelque chose d'un peu inattendu ; ou bien, si vraiment c'est la forme que tu veux donner à ton histoire, peut-être donner au lecteur l'impression qu'elle comptait tout abandonner, et le surprendre en lui montrant qu'en fait, ce n'est pas le cas. (Pour l'instant, je n'ai pas trop ressenti de surprise, le récit me parait assez linéaire, la narratrice réagit à ce qui lui arrive mais ne semble pas vraiment actrice de sa vie..)

Bref, un texte qui a du potentiel, je pense !  ^^ Bon courage pour la suite !
« Modifié: 17 Mars 2016 à 18:05:21 par Spes »

 


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