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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [AT n°7 | T18] Enfin seuls

Auteur Sujet: [AT n°7 | T18] Enfin seuls  (Lu 4772 fois)

Hors ligne Rémi

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #15 le: 13 Mars 2016 à 21:26:52 »
Salut Mogdhorel,
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contrairement à d'autres, j'aime bien le tout dernier passage.
tu es le seul à avoir lu cette version de la fin, changée en fin d'après-midi.
J'espère qu'elle plaira aussi à ceux qui trouvaient la précédente trop basique et qui m'ont aidé à y réfléchir.

Citer
En fait ton texte m'a fait beaucoup penser à "The Island" au niveau de l'atmosphère.
Je ne connais pas... (je connais aucune série en fait  :-[)

Merci pour ton commentaire.
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Georges Cloné

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #16 le: 14 Mars 2016 à 20:20:08 »
Tout a été dit et corrigé au fur et à mesre.

Je confirme pour les chefs de service (au singulier), ou alors c'est le grand chef d tous les services, mais il y en a qu'un dans ce cas.

Le texte est assez dense puisqu'il embarque dans un univers. C'est un peu la limite de l'exercice, faire un space opera en 3000 mots.
« Modifié: 14 Mars 2016 à 20:22:28 par Georges Cloné »
Blue Mountain, Moka Sidamo, Maragogype...

What else ?

Hors ligne extasy

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #17 le: 14 Mars 2016 à 20:40:34 »
Re Mout !

J'ai lu la nouvelle fin, je la trouve un peu mieux en effet. Je reste sur l'impression qu'il y aurait peut-être moyen de se débrouiller pour trouver encore mieux, mais je ne sais pas trop comment. Et ce n'est qu'une impression hein, rien de plus ^^
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Un chat funambule marche élégamment au sommet de la palissade, la journée sera chaude.
C'est fait exprès, la virgule et pas le point ?

A bientôt Mout :)

Hors ligne Loïc

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #18 le: 14 Mars 2016 à 23:03:29 »
Et bien je crois que je n'ai rien à dire sur ce texte.
L'écriture est maîtrisée, avec ce qu'il faut pour m'accrocher, le monde évoqué me semble bien fonctionner, de belles relations entre persos, même si elles ne sont qu'évoquées.

Si je voulais pinailler, ce serait sur la fin et un peu sur le thème.

Beau boulot.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Hors ligne Rémi

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #19 le: 15 Mars 2016 à 20:49:41 »
Merci Georges Cloné, merci Loïc et merci Extasy.
Oui, je pourrais encore travailler la fin.

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Un chat funambule marche élégamment au sommet de la palissade, la journée sera chaude.
C'est fait exprès, la virgule et pas le point ?
La virgule est volontaire, pour lier le "funambule" et le futur qui sera "chaud", le tout sur un fond de nature en contraste avec les risques (le sifflement d'alerte du merle) engendrés par la technique.

Bon, le Mout range sa trompe et ses défenses, encore merci aux commentateurs.
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Rémi

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T18 - Enfin seuls
« Réponse #20 le: 22 Mars 2016 à 00:39:11 »
Enfin seuls


La veine se gonfle au creux du bras garrotté. La pointe de l’aiguille perce l’épiderme et des volutes de sang dessinent des arabesques carmin dans le cylindre de la seringue. Jérôme actionne le piston sans à-coup puis défait la sangle autour de son biceps. Sans tarder, il rince le matériel dans l’évier de sa paillasse tandis que les premiers membres du laboratoire entrent dans le bâtiment en ce début de matinée. Dans un coin de sa tête, il perçoit les connexions qui s’activent : les profils de MZP, XKJ et BWF sont disponibles. Ils doivent se trouver à moins de vingt mètres de lui et le Serval – le serveur central – lui propose de consulter leur Identyp. Mais Jérôme n’en fait rien, il préfère se faire une idée lui-même de la personnalité de ses collaborateurs, de leurs humeurs et préoccupations. L’un après l’autre, ils viennent le saluer avant de rejoindre leur poste de travail.
Les minutes s’égrènent, interminables, et Jérôme se rassure : il ne ressent aucun effet indésirable suite à l’injection. Il patiente encore une heure avant de piquer le bout de son doigt avec une épingle. La goutte de sang est déposée entre deux plaquettes de verre qu’il installe dans le microscope à balayage électronique. Les nanorobots sont là. Inertes mais bien présents. Jérôme détruit son échantillon à la flamme du bec benzène puis jette les plaquettes à la poubelle. La première partie de son expérience est un succès.

* * *

La cantine du Centre est à son image : gigantesque. Des centaines de personnes y prennent leur repas chaque jour : informaticiens, chercheurs, administrateurs, gestionnaires de données, experts en biotechnologies… Bien que le placement soit libre, les habitudes ont délimité des zones dans lesquelles se regroupent les membres des différents services. Anna et Jeanne ont choisi le self 17 et se sont installées près des fenêtres de la façade ouest.
— J’ai bien vu ton manège, tu sais.
— Mon manège ? demande Jeanne.
— Avec LPR…
— LPR ?
— Oui, avec LPR213, le chef du service des nanotechnologies.
— Ah, Jérôme.
— Tu vois, tu l’appelles Jérôme !
— Anna, tu sais bien que je déteste utiliser les Id-Uniques. Je t’ai déjà appelée XSV214 ?
— Tu peux m’appeler XSV ou XS si tu veux.
— C’est ridicule !
— Mais non, c’est pratique. Une seule XSV214 dans la ville, et c’est moi.
Anna s’essuie la bouche et reprend.
— Alors ?
— Alors quoi ?
— Ton Jérôme… Il te plait, je le vois bien.
Jeanne reste muette et préfère manger que répondre. Anna poursuit son interrogatoire.
— Il va être récompensé pour ses travaux cette semaine et j’ai étudié son Identyp : il est sportif, intelligent, altruiste… Son APB atteint des sommets !
— La cotation d’Actions Positives Bénévoles, tu sais ce que j’en pense ; cette façon de remonter l’info, de mettre des likes, des APB++ quand un mec est sympa… Je préfère connaître les gens et me faire une idée par moi-même.
— Alors tu bosses sur le paramétrage des routines de contrôle dans le Serval et tu ne t’y intéresses pas plus que ça ?
— On ne choisit pas toujours son métier. Ça te passionne toi l’automatisation des retours d’info au Serval ?
Anna tourne la tête, regardant à droite et à gauche.
— Tu devrais te méfier de ce que tu dis. Surtout ici.
— On peut quand-même donner son avis, non ?
— Tu fais ce que tu veux, mais ne me rends pas complice de tes paroles s’il te plait.
Jeanne ouvre la bouche pour répondre mais Anna lève la main et s’excuse d’interrompre la conversation.
— Pardon, une connexion de ma mère.
Pensive, Jeanne finit son repas, tandis qu’Anna échange en silence des messages avec sa mère. Ses pensées, transmises par son bio-implant, transitent par le Serval qui modélise sa voix pour sa génitrice à l’autre bout de la ville.
Pendant qu’Anna exprime sa lassitude par des hochements de tête et des soupirs, Jeanne constate que les collègues attablés autour d’elles discutent peu. La plupart sont connectés, consultant leurs messages les yeux fermés ou prenant connaissance des dernières informations sur les réseaux sociaux. Certains sont certainement en train de jouer à des jeux de logique : ils alignent des bonbons ou encastrent des formes géométriques en 3D.
— Excuse-moi, tu connais ma mère, quand elle commence on ne peut plus l'arrêter.
— Elle va bien ? demande Jeanne sans conviction.
— Toujours aussi ronchonne, donc oui, elle doit être en forme.

* * *

Sur l’estrade, Jérôme est mal à l’aise. Devant les dizaines de chefs de service réunis dans la salle des célébrations, il s’apprête à recevoir officiellement une récompense honorifique prestigieuse : le prix de l’estime communautaire. Les nanorobots développés par son équipe au printemps dernier ont fait leurs preuves aujourd’hui pour lutter contre la maladie de Stargardt. Les premières expérimentations ont permis aux patients traités de maintenir leur acuité visuelle à un niveau proche de la normale. Le Directeur des Recherches Médicales du Centre termine son discours :
— Grâce aux travaux effectués par LPR213, les dernières résistances aux thérapies géniques développées ces dernières années sont vaincues. Non seulement c’est un grand pas en avant pour les malades atteints du syndrome de Stargardt, qui pourront conserver voire retrouver une vue normale, mais aussi et surtout c’est une preuve nouvelle que les nanorobots peuvent décupler l’efficacité des thérapies géniques, en corrigeant en temps réel et de façon permanente les altérations de la fabrication des protéines subsistant après modification génétique. LPR213, le Centre vous remercie et vous décerne le prix de l’estime communautaire.
Jérôme s’approche et, comme le veut la tradition, il pose un genou à terre devant le Directeur des Recherches Médicales du Centre qui appuie sa main sur son épaule. Aussitôt, l’Identyp LPR213 est affublé d’une marque de reconnaissance de la communauté. Jérôme prend brièvement la parole :
— Je remercie la communauté et le Centre. Je voudrais aussi remercier particulièrement mes équipes, et notamment celles de Serge Lansky et de Bruno Pegratti qui ont travaillé sans relâche et sans qui ces résultats n’auraient jamais pu être obtenus.
Une rumeur parcourt l’assemblée lorsque Jérôme nomme ses collaborateurs par leurs patronymes et non leurs Id-Uniques conformément à la nouvelle règle imposée. La cérémonie se poursuit sans incident et Jeanne dans une autre aile du bâtiment voit apparaître le symbole de reconnaissance de la communauté à côté de l’Identyp LPR213.

* * *

Ce même jour, à 18h45 précises, Jeanne et Jérôme sortent du Centre et se rejoignent en haut de l’escalier monumental qu’ils commencent à descendre lentement.
— La première étape de l’expérience est un succès, annonce Jérôme.
— Les nanorobots sont stables ?
— Oui, j’ai mesuré leur concentration toutes les heures, elle n’a pas bougé.
— Quand est-ce que tu comptes les activer ? demande Jeanne.
— Il faut d’abord tester l’implantation par voie orale. Es-tu prête à faire le cobaye ?
Jeanne se tait un instant, laissant un homme pressé les dépasser. Lorsqu’elle répond à Jérôme, sa voix tremble.
— Oui, je suis prête, et il ne faut plus perdre de temps.
— Quelles sont les nouvelles de ton côté ? demande Jérôme.
— Le service de paramétrage des requêtes de contrôle va bientôt démarrer les tests d’automatisation de remontée de données.
— Ça veut dire des extractions directes ?
— Oui. Comme je te l’avais signalé les recherches progressent vite. Bientôt, le Serval sera capable de lancer des requêtes directement dans nos cerveaux, chacune de nos pensées pourra être interceptée.
— Alors il faut agir le plus rapidement possible. Demain midi, ça te va ?
— Oui.
— Rendez-vous au self 14, à 12h15, conclut Jérôme.
Arrivés au bas des marches, ils se séparent sans un regard et partent vers des directions opposées.


* * *

Rentrée chez elle, Jeanne reste prostrée, assise dans son fauteuil. Elle refuse plusieurs demandes de communication d’Anna et regarde par la fenêtre le lent déplacement des nuages dans le ciel. Sans qu’elle puisse y mettre fin, des liens vers des sites d’information officiels apparaissent dans son esprit. Elle les rejette et n’en consulte aucun, tente de faire le vide et pense à Jérôme.

À quelques kilomètres de là, Anna s’apprête à préparer son repas. Elle lance l’application d’assistance et aussitôt dans sa tête apparaît l’inventaire des aliments disponibles dans sa cuisine, leur localisation dans les différents placards et le réfrigérateur ainsi que plusieurs propositions de recettes. Elle en choisit une et suit les instructions qui s’affichent en surimpression devant ses yeux. Lorsque le plat est prêt, elle utilise sa montre pour le prendre en photo, télécharge le cliché dans le Serval et l’envoie à son mari et ses enfants : c’est l’heure de passer à table. Vivement que l’on puisse envoyer les images que l’on voit directement au Serval sans devoir utiliser un appareil, se dit-elle.

Après de longues minutes d’immobilité et deux nouvelles demandes de connexion d’Anna qu’elle rejette, Jeanne se lève pour préparer son repas. Sans aucun doute Anna a dû lui transmettre la photo du plat de ce soir. Jeanne pense au temps où sa grand-mère expliquait les recettes à son père qui lui a appris à cuisiner lorsqu’elle était enfant. Elle soupire et se conforte dans sa décision d’agir avec Jérôme le lendemain.

* * *

Le self 14 n’est pas en dehors des zones de répartition habituelles des personnels des nanotechnologies et de ceux de l’automatisation des routines de contrôle, même s’il est presqu’exclusivement fréquenté par des membres du service de construction des bases de données. Jeanne et Jérôme s’y retrouvent à la même table à 12h15.
— Tu peux encore décider de me laisser agir seul, annonce Jérôme.
— J’ai bien réfléchi, je suis prête.
— Très bien.
Jérôme sort de la poche de sa chemise une petite fiole transparente. La cachant au creux de sa main, il ôte le bouchon à pipette et fait tomber une goutte dans son verre qu’il avance ensuite vers Jeanne.
— Voilà, c’est à toi, dit-il.
— Es-tu sûr du dosage ?
— Oui. Quelques milligrammes par individu seront largement suffisants. Tu ne risques rien tant que les nanorobots ne sont pas activés.
Jeanne avale le verre d’eau en fixant Jérôme droit dans les yeux. À cet instant, un inconnu s’approche de lui par derrière et pose sa main sur son épaule.
— Vous êtes LPR213 !
— Oui, répond Jérôme.
L’homme a l’air excité, sa poigne semble solide. Jeanne retient son souffle et l’homme dans sa blouse bleue s’adresse à elle.
— Il n’est pas donné à tout le monde de partager son repas avec LPR213.
Jeanne ne sait que répondre et l’homme s’adresse maintenant à Jérôme.
— Félicitations pour vos recherches, il faudrait plus de chercheurs comme vous !
L’homme tapote l’épaule de Jérôme, et sans attendre de réponse s’éloigne pour rejoindre la file d’attente du self 14. Jeanne laisse échapper un soupir et Jérôme lui demande :
— Confirmation à seize heures, comme prévu ?
— Oui, comme prévu.
Sans plus échanger de paroles, ils terminent leur plateau repas et se séparent.

* * *

Au milieu de l’après-midi, Jeanne croise Jérôme devant les toilettes du dix-septième étage de l’aile Est du centre. Elle lui serre la main en le félicitant :
— Encore bravo pour votre prix de l’estime communautaire.
— Merci, répond-il en prenant un air gêné.
— Il faudrait plus de chercheurs comme vous.
Jérôme sourit intérieurement et ne répond pas. Il tourne les talons et sans tarder retourne au laboratoire en gardant au creux de la main l’échantillon de sang transmis par Jeanne. Rapidement, l’examen au microscope à balayage électronique confirme la présence des nanorobots ; l’intégration dans le sang par voie digestive est un succès.

* * *

   Loin de l’ambiance aseptisée du Centre, Jérôme pénètre dans un bar bondé de la ville basse. L’odeur de friture est presque suffocante, une brume huileuse épaissit l’air entre les tables. On trouve ici des nourritures interdites par les autorités sanitaires et médicales : les gens d’en bas sont peu surveillés, pour l’instant. Nombre d’entre eux ne sont pas connectés, l’obligation de la greffe à l’adolescence étant trop récente pour que la population entière porte aujourd’hui un bio-implant. Jérôme s’avance au milieu des rires et des discussions et rejoint Jeanne à la table du fond du bar.
— Tu n’as pas été suivi ? demande-t-elle.
— Non, pas d’inquiétude à avoir.
— Mais nous pouvons être localisés, ici et ensemble.
— C’est un risque à prendre.
Jeanne fait signe à Jérôme que le serveur s’approche. Après avoir commandé un café, il reprend :
— Tu te sens bien ?
— Oui, je n’ai eu aucun symptôme cet après-midi.
— Tant mieux. Comme je le pensais, l’absorption par voie digestive a fonctionné, les nanorobots sont bien dans ton sang.
— Es-tu sûr qu’il n’y a aucun danger ? demande-t-elle.
— Je ne peux rien garantir, mais j’ai la conviction que les nanos sont inoffensifs, du moins tant qu’ils ne sont pas activés.
Jeanne hésite avant de poser la question suivante. Elle regarde ses mains puis redresse la tête et plante ses yeux dans ceux de Jérôme.
— Quand penses-tu tester l’activation des nanorobots ?
— Après la propagation dans le réseau d’eau du Centre.
— Mais si les effets étaient délétères ?
— C’est un risque à prendre.
— Tu n’as pas le droit, s’offusque Jeanne. Tu dois tester l’activation des nano sur toi avant de contaminer autant de personnes.
— Si j’active les nanorobots qui sont dans mon sang, je me ferai repérer dans le Centre et je ne pourrai pas mener le projet jusque à son terme.
— Alors teste l’activation sur moi.
— Non, pas sur toi !
— Si ! C’est la seule solution, et tu le sais.
Jérôme ne répond pas, sa mâchoire se crispe et il se passe les mains sur le visage. Il tend les bras et serre les doigts de Jeanne entre les siens.
— Tu as raison, dit-il.
— Alors quand ?
— Maintenant si tu veux.
— Je suis prête.
— Très bien.
Jérôme sort de sa poche un petit papier qu’il déplie avec précaution. La poudre qu’il contient est fine comme du talc.
— Tu dois l’inhaler, explique-t-il la gorge serrée. Quelques microgrammes sont suffisants.
Jeanne plante un ongle dans la poudre blanche. La fine couche de poussière qui le recouvre est à peine visible.
— C’est suffisant ? demande-t-elle.
— Oui.
Alors Jeanne approche le doigt de son nez, se bouche une narine et aspire d’un coup sec.

* * *

Le lendemain, quelques minutes avant midi, Jérôme pénètre dans l’enceinte des installations de traitement des eaux de la ville. Pour une informaticienne de la trempe de Jeanne, récupérer les codes d’accès et les modalités d’entretien du système d’eau potable n’avait posé aucun problème. Comme prévu également, le rang de responsable de service de Jérôme le met à l’abri d’un déclenchement de l’alarme : sa présence n’est pas jugée anormale par le système. Il emprunte l’escalier hélicoïdal et atteint la plateforme de contrôle au sommet du château d’eau juste avant que la routine d’entretien ne se déclenche. Dans quelques secondes la trappe d’insertion des produits correcteurs va s’ouvrir : le chlore et les produits stabilisateurs de pH seront alors déversés automatiquement. Jérôme pose sa mallette à ses pieds, en extrait quatre grands flacons emplis d’un liquide transparent. Quand la trappe s’ouvre, il verse sans hésiter leur contenu : les nanorobots tombent en pluie fine dans la réserve d’eau potable de la ville.

* * *

Depuis douze jours, les nanorobots sont activés dans son corps, et chaque midi elle a signalé à Jérôme qu’ils n’avaient pas encore produit d’effet. Mais aujourd’hui, en le croisant à la cantine, elle lui fait un signe différent. Il s’approche d’elle et l’angoisse se lit dans ses yeux.
— Du nouveau ?
— Oui. Ça a commencé, quelques secondes ce matin très tôt et presque une minute tout à l’heure.
Les mains de Jeanne tremblent, sa bouche se crispe.
— Pas de douleur ?
— Non.
— Pas de nausée ?
— Non, mais j’ai peur, je vais me faire repérer.
— Quitte le Centre tout de suite. Je déclenche l’activation cet après-midi, rendez-vous à l’endroit prévu.
— D’accord, soit prudent.

* * *

L’air conditionné du Centre libère maintenant peu à peu les molécules d’activation des nanorobots. Jérôme a été efficace : en moins d’une heure il a placé des dispositifs dans six gaines d’aération. Il passe par son bureau une dernière fois, y récupère quelques affaires et franchit les portes du Centre. Après être sorti du taxi qui l’a conduit hors de la ville, il ouvre une fiole de plastique et en inhale le contenu.
Tandis qu’il marche pour retrouver Jeanne, la structure moléculaire des nanorobots change dans son organisme. Les atomes de silicium en bout de ramification sont peu à peu remplacés par des atomes de carbone. Les nano deviennent mobiles et se fixent peu à peu sur son bio-implant.

* * *

Le jour se lève et Jérôme se réveille au son du chant des oiseaux. Il caresse les cheveux de Jeanne, l’embrasse sur le front et se lève. Dans la cuisine il allume le vieux poste radio de sa grand-mère.
… particulièrement dans le Centre. Les déconnexions s’accélèrent sans que leur cause puisse être définie et la sécurité des installations est très menacée. Le Serval reçoit par ailleurs de plus en plus d’informations incohérentes et les autorités envisagent pour la première fois de mettre fin aux connexions pour stopper l’altération des bases de données. Le conseil de l'ordre des médecins a lancé une alerte face aux dangers que représenterait un arrêt du suivi à distance des patients sensibles. Dans la ville basse et les autres quartiers, des émeutes se sont déclenchées et les partisans de la fin du monde connecté en viennent aux mains avec les forces de l’ordre désorganisées. Dans le reste du pays, des radios libres commencent à émettre partout et il semblerait que…
Jeanne entre dans la cuisine pieds nus, les cheveux ébouriffés. Elle enlace Jérôme, appuie sa tête sur son épaule, le front contre sa nouvelle barbe.

— Quelles sont les nouvelles ?
— Des combats, des affrontements et peut-être des morts, dit-il en la prenant dans ses bras.
— Ça n'est pas ta faute.

Jérôme ferme les yeux.

— C'est moi qui ai déclenché tout ça, dit-il la gorge serrée.
— Tu sais bien que sans notre action la surveillance se serait généralisée.
— Je sais, mais maintenant j'ai peur des conséquences.
— Ne pas agir aurait été tout aussi dramatique !
— Nous ne le saurons jamais, répond-il dans un souffle.

Jérôme garde le silence un instant puis rouvre les yeux. Par la fenêtre, il aperçoit un merle qui s'envole en lançant son sifflement d'alerte caractéristique. Au fond du jardin, le soleil colore l'érable qui frémit sous la brise. Un chat funambule marche élégamment au sommet de la palissade, la journée sera chaude.
« Modifié: 29 Mars 2016 à 21:54:38 par Mout »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Rémi

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Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

Hors ligne Kanimp

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #22 le: 24 Mars 2016 à 21:50:09 »
Citer
Sans tarder, il rince le matériel dans l’évier de sa paillasse tandis que les premiers membres du laboratoire entrent dans le bâtiment en ce début de matinée.
Je trouve cette phrase vraiment bizarre. Le matériel utilisé pour l’injection est nettoyé au lieu d’être détruit ou stériliser. Étrange pour un labo.
Pour moi une paillasse c’est le synonyme d’un lit. Où mettons nous l’évier ?

Ce la rentre en conflit par la suite avec
Citer
Jérôme détruit son échantillon à la flamme du bec benzène puis jette les plaquettes à la poubelle. La première partie de son expérience est un succès.

A la première lecture, j’ai été dérangé mais cela ne m’explique pas le fait que j’ai été désemparé à la lecture.
Mais je ressens le fort potentiel du texte.

A la seconde lecture, cela vient de cette phrase.
Citer
Inertes mais bien présents.
Car cela entre en conflit avec :
Citer
Les nanorobots développés par son équipe au printemps dernier ont fait leurs preuves aujourd’hui pour lutter contre la maladie de Stargardt.
Comme les nanorobots sont inertes et que la maladie de Stargardt, cette maladie est les nanorobots.

Ensuite :
Citer
Non seulement c’est un grand pas en avant pour les malades atteints du syndrome de Stargardt, qui pourront conserver voire retrouver une vue normale, mais aussi et surtout c’est une preuve nouvelle que les nanorobots peuvent décupler l’efficacité des thérapies géniques, en corrigeant en temps réel et de façon permanente les altérations de la fabrication des protéines subsistant après modification génétique.
Sauf que plus loin dans le texte, le seul à avoir testé la méthode est son créateur. Comment dans ces conditions peut-on être aussi catégorique.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Malgré que je l’ai lu, à la première lecture j’ai pas imprimer le contenu de ce paragraphe.
À la seconde, il me parait surnaturel. Car  Jeanne est dans la confidence et je n’ai pas tout compris.
Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Voici la phrase qui prend en défaut la récompense de l’estime communautaire.
Citer
— Tu peux encore décider de me laisser agir seul, annonce Jérôme.

Ici, je pensais qu’il se jouait de Jeanne.
Citer
— Voilà, c’est à toi, dit-il.
— Es-tu sûr du dosage ?
— Oui. Quelques milligrammes par individu seront largement suffisants. Tu ne risques rien tant que les nanorobots ne sont pas activés.

Cette phrase entre en conflit :
Citer
— Quand penses-tu tester l’activation des nanorobots ?
Avec la récompense de l’estime communautaire, mais Jérôme peut mentir.
Avec le fait que Jeanne est manipulée, mais Jérôme peut mentir.

Donc Jérôme alors que dans le texte rien ne le laisse supposer.
Mais le comportement de Jeanne est étrange :
Citation de: Commentaires de Jeanne
— Quand penses-tu tester l’activation des nanorobots ?
— Mais si les effets étaient délétères ?

— Tu n’as pas le droit, s’offusque Jeanne. Tu dois tester l’activation des nano sur toi avant de contaminer autant de personnes.
Toutes ces choses elle aurait posée avant de prendre la goutte dans son verre d’eau.

À la seconde lecture cette phrase entre en conflit
Citer
Quand la trappe s’ouvre, il verse sans hésiter leur contenu : les nanorobots tombent en pluie fine dans la réserve d’eau potable de la ville.
Avec
Citer
— Oui. Quelques milligrammes par individu seront largement suffisants. Tu ne risques rientant que les nanorobots ne sont pas activés.
Car si un minimum suffit, le fait qu’il donne une goutte laisse supposer que la surdose est mauvaise ou alors il sait qu’il va utiliser d’autre cobaye.


J’ai apprécié l’univers qui est peu mis en valeur, je trouve.
Par contre, il est bourré d’incohérences et m’a empêcher de comprendre le texte à la première lecture. 

Merci pour ce texte.

Intéressé par Star Citizen. Utilisez le code STAR-6JJV-BSWP pour obtenir 5000 UEC.

Hors ligne Rémi

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #23 le: 24 Mars 2016 à 22:22:21 »
Salut Kanimp,

Merci pour ton commentaire, je te réponds point par point :

Citer
Je trouve cette phrase vraiment bizarre. Le matériel utilisé pour l’injection est nettoyé au lieu d’être détruit ou stériliser. Étrange pour un labo.
Pas faux, je vais réfléchir à la question.

Citer
Pour moi une paillasse c’est le synonyme d’un lit. Où mettons nous l’évier ?
Une paillasse est un plan de travail avec ou sans évier dans un labo (exemple)

Citer
Ce la rentre en conflit par la suite avec
Citer
Jérôme détruit son échantillon à la flamme du bec benzène puis jette les plaquettes à la poubelle. La première partie de son expérience est un succès.
Non pas d'incohérence, son échantillon, c'est la goutte de sang entre les deux plaquettes

Citer
Citer
Inertes mais bien présents.
Car cela entre en conflit avec :
Citer
Les nanorobots développés par son équipe au printemps dernier ont fait leurs preuves aujourd’hui pour lutter contre la maladie de Stargardt.
Comme les nanorobots sont inertes et que la maladie de Stargardt, cette maladie est les nanorobots.
Là encore, pas d'incohérence : ce ne sont pas les mêmes nanorobots (première scène, il essaye des nanos, dans l'autre scène il est récompensé pour des travaux plus anciens et officiels : Jérôme est chef du service de recherche sur les nanorobots et il fait au départ des recherche en solo qu'il va déployer à la fin.)

...

Bon, j'ai lu la suite de ton commentaire et je suis désolé que le sens ne te paraisse pas clair, tu es le premier dans ce cas. Je préfère ne pas expliquer tout de suite (les commentateurs lisent parfois les commentaires avant de lire eux-même  ;)), j'y reviendrai.

Merci de ta lecture.
« Modifié: 24 Mars 2016 à 22:24:41 par Mout »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #24 le: 24 Mars 2016 à 22:44:34 »
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Ce la rentre en conflit par la suite avec
Citer
Jérôme détruit son échantillon à la flamme du bec benzène puis jette les plaquettes à la poubelle. La première partie de son expérience est un succès.
Non pas d'incohérence, son échantillon, c'est la goutte de sang entre les deux plaquettes
C’est pour cela que le matériel de prise du sang doit être stérilisé et pas seulement nettoyé.

Citer
Les nanorobots développés par son équipe au printemps dernier ont fait leurs preuves aujourd’hui pour lutter contre la maladie de Stargardt.
Citer
Comme les nanorobots sont inertes et que la maladie de Stargardt, cette maladie est les nanorobots.
Là encore, pas d'incohérence : ce ne sont pas les mêmes nanorobots (première scène, il essaye des nanos, dans l'autre scène il est récompensé pour des travaux plus anciens et officiels : Jérôme est chef du service de recherche sur les nanorobots et il fait au départ des recherche en solo qu'il va déployer à la fin.)
Dans ce cas, signale qu’il est récompensé pour un travail de plusieurs années. Car autrement c’est difficile de distinguer les deux.

Bon, j'ai lu la suite de ton commentaire et je suis désolé que le sens ne te paraisse pas clair, tu es le premier dans ce cas. Je préfère ne pas expliquer tout de suite (les commentateurs lisent parfois les commentaires avant de lire eux-même  ;)), j'y reviendrai.
 
Chercher la pette bête est devenu une seconde nature. (C’est le genre de truc où je fais très attention dans mes écrits.)


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MillaNox

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #25 le: 25 Mars 2016 à 22:59:13 »
Salut Mout !

au fil de la lecture...
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Les minutes s’égrènent, interminables, et Jérôme se rassure : il ne ressent aucun effet indésirable suite à l’injection.
en fait au début tu parles de volutes de sang qui se dessinent dans la seringue donc ça donne l’impression qu'il se tire du sang plutôt qu'il s'injecte un truc :\?

hop là, tout lu !

sur la globalité, c'est un très chouette texte ! J'apprécie la fluidité de l'écriture qui m'a plongée dans l'histoire :), le scénario ficelé et son fond m'ont également beaucoup plus.
Le seul reproche que je pourrais faire est que j'ai trouvé la proximité avec 1984 un peu trop marquée peut-être :\?

Merci pour cet excellente lecture :)

Milla


Hors ligne Rémi

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #26 le: 26 Mars 2016 à 14:22:49 »
Merci Kanimp pour tes précisions, je verrai lundi si je peux retoucher le texte.

Merci Milla pour le commentaire,
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en fait au début tu parles de volutes de sang qui se dessinent dans la seringue donc ça donne l’impression qu'il se tire du sang plutôt qu'il s'injecte un truc :\?
c'est le sang qui remonte dans la seringue qui fait des volutes en se mélangeant avec le liquide à injecter. Je réfléchis à la formulation.

Content que tu aies apprécié, je serai plus bavard lundi ou mardi, je dois filer.
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #27 le: 27 Mars 2016 à 16:16:50 »
Cher Mout, bonjour !

eh bien j'ai beaucoup apprécié ton petit texte futuriste...

Comme le dit Milla, on peut y voir comme un écho de 1984, mais de toute manière, c'est difficile de concevoir des récits dont l'intrigue n'ait pas été déjà frôlée dans un roman ou une nouvelle antérieure. C'est d’autant plus le cas dans l'anticipation pessimiste.
Je trouve ton texte très équilibré, et le décor et l'ambiance très bien rendus en peu de mots. Tous est suffisamment bien évoqué pour que l'on complète ce qui n'est pas écrit.

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je me permets juste de me demander s'il est vraiment normal, dans le cas d'une injection intraveineuse, que du sang, en quantité non négligeable, remonte dans la seringue...
Je ne pense pas que ce soit logique.

Je te souhaite bon courage et bonne chance pour la suite, cher Mout !
"Tous ceux qui survenaient et n'étaient pas moi-même
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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #28 le: 29 Mars 2016 à 16:49:33 »
Bonjour cher Mout !  ^^

La pointe de l’aiguille perce l’épiderme et des volutes de sang dessinent des arabesques carmin dans le cylindre de la seringue.
Comme les autres, j'ai trouvé bizarre que du sang remontent dans la seringue alors qu'il s'injecte quelque chose.  :\?  Ceci dit, c'est une image joliment dessinée !


Jeanne fait signe à Jérôme que le serveur s’approche. Après avoir commandé un café, il reprend :
D'après la construction de la phrase, "il reprend" se rapporte pour moi au serveur et non pas à Jérôme.


Ton texte est très agréable à lire, l'ambiance et bien rendu et ça m'a rappelé les vieux textes de SF style "Le Meilleur des Mondes" et compagnie. Pas vraiment de surprise pour ma part, mais un bon moment passé !  ^^

Bonne chance pour la suite !
Damn

Hors ligne Rémi

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Re : T18 - Enfin seuls
« Réponse #29 le: 29 Mars 2016 à 22:14:40 »
Salut  :) !
Citation de: MillaNox
en fait au début tu parles de volutes de sang qui se dessinent dans la seringue donc ça donne l’impression qu'il se tire du sang plutôt qu'il s'injecte un truc :\?
Citation de: gage
Je me permets juste de me demander s'il est vraiment normal, dans le cas d'une injection intraveineuse, que du sang, en quantité non négligeable, remonte dans la seringue...
Citation de: Yöda
Comme les autres, j'ai trouvé bizarre que du sang remontent dans la seringue alors qu'il s'injecte quelque chose.  :\?  Ceci dit, c'est une image joliment dessinée !
Je prends bonne note de vos remarques sur ce point, mais j'aime bien l'image pour démarrer le texte et il n'est pas besoin que la quantité de sang soit importante pour qu'il dessine des arabesques dans la seringue. Après réflexion, je garde la formulation. J'ai hésité avec :

"La veine se gonfle au creux du bras garroté et la pointe de l’aiguille perce l’épiderme. Sous la pression, le sang reflue et ses volutes dessinent des arabesques carmin dans le cylindre de la seringue. "
Mais je trouve ça plus lourd et moins joli d'un pont de vue du rythme, et je n'ai pas trop de temps et d'inspiration ce soir pour trouver une modification satisfaisante. :(
(en passant, j'aperçois que garrotter prend deux "t", je corrige  ;))
Bref, je privilégie l'image (ça ne vous parle pas, le mec qui se fait un shoot et le sang qui remonte dans la seringue ? Jérôme n'est pas médecin ou infirmier, il est chercheur en nanorobots), même si ça peut faire réagir. C'est marrant, les commentateurs en phase de poule n'ont pas relevé ce point.

Pour la proximité avec 1984 :
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Le seul reproche que je pourrais faire est que j'ai trouvé la proximité avec 1984 un peu trop marquée peut-être :\?
le point commun est évidement ce couple qui lutte dans un environnement futuriste oppressant. À part ça, je pense que le scénario est assez différent. D'un autre côté :
Citation de: gage
c'est difficile de concevoir des récits dont l'intrigue n'ait pas été déjà frôlée dans un roman ou une nouvelle antérieure.
et
Citation de: Yöda
ça m'a rappelé les vieux textes de SF style "Le Meilleur des Mondes" et compagnie.
Donc, c'est plutôt cool si cette petite nouvelle fait écho avec ces références.

Dernier point :
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Jeanne fait signe à Jérôme que le serveur s’approche. Après avoir commandé un café, il reprend :
D'après la construction de la phrase, "il reprend" se rapporte pour moi au serveur et non pas à Jérôme.
Tu as raison, d'un point de vue grammatical le "il reprend" devrait renvoyer au serveur. Mais "après avoir commandé un café" indique clairement que c'est Jérôme (C Jérôme ? désolé  ><, c'est toi qui a évoqué les "vieux trucs"  :D bon, ici c'est pourri, hein  :() qui parle. Le "il reprend" aussi, non ?
Après, tu as raison... mais encore une fois je préfère ne pas toucher à cette petite didascalie dans le dialogue.

Bref, vos commentaires pourraient être pris en compte sur ces différents passages de façon à améliorer le texte, mais je ne suis pas sûr de moi sur ce coup là  :/

Merci beaucoup pour vos lectures attentives et vos commentaires positifs,
Mout
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

 


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