Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

15 Août 2026 à 00:23:52
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Silence d'exil

Auteur Sujet: Silence d'exil  (Lu 1469 fois)

Hors ligne Ichtar

  • Tabellion
  • Messages: 24
Silence d'exil
« le: 27 Février 2016 à 12:21:50 »
Un texte tous les deux jours... Promis, après je me calme, c'est l'enthousiasme des débutants ^^

Silence d’exil
 
 
Il est des pays où le silence règne en maître. Ce sont ces terres où le sang a remplacé l'eau des cultures, où les voix ne passent plus au travers du concert des canons et des armes, où les rêves sont ponctués des gémissements des enfants mourants.
Il est des pays où les mots ne sont plus que le vacarme assourdissant de l'espoir mort-né.
 
Il arrive parfois que quelques uns de ces enfants des guerres fuient leur contrée pour se réfugier dans d'autres pays, d'autres continents pour se rebâtir un semblant d'avenir. On les voit passer quelques fois, le regard baissé, comme cherchant dans le sol gris béton un reste de souvenir des terres arables de leur enfance. On les reconnait à leurs cheveux noirs et à leur peau hâlée par un soleil impitoyable. On les fuit ou on les plaint, on se détourne de leur souffrance, on a pitié de leur misère, mais qui se targuerait de tenter les comprendre ?
 
Elle était une enfant du silence. Sa silhouette d'ombre chinoise passait dans les rues, furtive et solitaire, et ses jeunes épaules étaient courbées sous le poids de l'exil. Chacun de ses pas martelaient la vie comme les cris des canons martelaient ses rêves, et, dans ses yeux couleur d'olive, on pouvait apercevoir les arabesques rouges qui avaient ponctué son passé.
 
Ce jour là, qui pu dire ce qui se passa ? Elle-même ignorait comment elle s'était retrouvée au sommet de cette montagne, à un pas d'un vide vertigineux, subtil reflet de celui qui vivait en elle. Elle l'ignorait, mais cela n'avait pas d'importance. Les cris s'étaient tus, et elle avait laissé sa vie derrière elle, loin derrière, de l'autre côté de l'océan.
Échapper à une guerre pour se donner la mort du haut d'une falaise ? C'était sans doute un peu absurde... Mais pas autant que le reste de son existence.
Et elle avait besoin d'envol.
D’un dernier envol.
 
Plongeant son regard dans l'immensité du ciel, elle...
- Je ne ferais pas ça si j'étais toi.
… se retourna.
Un jeune garçon était assis sur l'un des rochers et s'amusait à jongler avec deux pierres rondes qu'il venait sans doute de ramasser. Elle cligna des yeux. Il ne lui adressait pas un regard, et plus que le mépris ou la pitié de ses pairs, son indifférence parvint à ranimer un brasier dans le cœur sec de la jeune fille. Un brasier de colère.
- A ma place, tu aurais déjà sauté.
- Sans doute, mais pas d'ici. Regarde comme l'herbe est épaisse. Elle amortirait ta chute. Et il y a une corniche juste en dessous qui t'empêcherait de plonger dans le vide. Si tu veux, il y a des rochers pointus un peu plus loin. Si tu vises bien tu pourras t'embrocher sur l'un d'entre eux. Je peux t'y emmener, mais pas tout de suite. D'abord, il faut attendre le coucher du soleil. Je suis sûr que tu me comprends.
 
Elle est vieille comme la misère sous son enveloppe d’adolescente. Elle a le visage ravagé par des larmes acides, celles qui brûlent les iris à force de ne pas couler. Dieu, qu’elle est laide ! J’imagine qu’elle n’a jamais appris à vivre. Mais j’ai vu de la curiosité dans son regard. Il s’est allumé quelques secondes, à la manière de mille étoiles s’éveillant à l’unisson.
Elle ouvre la bouche. La referme. Sans doute chancelle-t-elle sous les milliards d’abeilles bourdonnant question sur question à travers son crane.
Elle pue le désespoir ! Ça suinte de partout, c’est visqueux et malpropre. Elle est maigre comme le silence. C’est plein de rien, là-dedans.
Je continue à la regarder refaire surface et fendre la marée d’étonnement. Elle ouvre la bouche pour prendre une goulée d’air. Non, pour parler.
- Qui es-tu ?
Ah, on fait dans le classique. C’est drôle, les mots sortent d’elle comme des pierres, comme des pierres ils tombent au sol, lourds de silence. Elle est toute petite, elle commence juste à apprendre à parler.

 
 
 
- Qui suis-je… Que veux-tu savoir ? Mon nom, ma route, mon histoire ? J’aurais autant d’histoires à te raconter qu’il y a de brins d’herbe sur cette montagne. Veux-tu m’aider à compter les brins d’herbe ? Oh, non bien sûr, tu n’as pas le temps…
Il avait prononcé sa tirade avec un ton terriblement joyeux qui la fit frémir.
- Ton nom. Je veux savoir ton nom.
Il haussa un sourcil surpris. Surpris par une telle évidence.
- Guillaume…
Silence lourd de souvenir.
-… Et toi ?
- Leila.
Il était assez grand, jeune, mince, et souple aussi, comme tissé dans une écharpe de rêve. Des boucles caramels dansaient jusqu’au ras de ses épaules frêles. Il y avait en lui quelque chose d’excessivement joyeux, un bonheur jaloux qu’il enfermait telle une pierre de corail, comme s’il s’arrogeait seul le droit d’être heureux.
- Pourquoi… Que fais-tu là, Guillaume ? Nous sommes loin de tout, ici. Il n’y a rien d’humain. Pourquoi es-tu là ?
- J’attends.
- Tu attends ?
- J’attends le coucher du soleil.
Elle voulut parler. Se tut. Sans plus lui accorder un regard, il avait saisi une grosse pierre et s’amusait à la faire rouler le long de son bras. Elle l’observa, fascinée. Entre les doigts d’artiste, le caillou semblait avoir perdu sa rigidité, échappant peu à peu à la gravité terrestre.
Guillaume rit, et le vent, jaloux, emporta son rire pour s’en faire faire un collier d’insouciance.
S’arrachant à sa contemplation, Leila se retourna face à elle-même. Sauter, sauter enfin, retrouver l’ivresse des premières envols et la liberté du choix…
Mais il y avait ce rire. Ce rire inconnu et familier, qui transperça sa solitude et la retint à la vie par une chaîne de curiosité.
 
Vole, petit caillou ! Vole, toi qui as la chance d’ignorer que tu n’es pas un nuage. Allons, tu préfères rester au creux de mes mains ? Serais-tu stupide ? Il faut que tu sois doué de conscience pour avoir cette peur idiote de la liberté…
Celle-là n’a pas peur de la liberté, mais cela ne l’empêche pas d’être idiote.
Elle me regarde intensément, sans rien dire et je n’aime pas son regard. Il pose trop de questions, trop profondes et trop douloureuses.
Comme elle est légère ! Un rien de vent et elle s’envole. Je crois que c’est son but, d’ailleurs. Pourtant, elle semble s’accrocher à quelque chose. Quelque chose de glissant et d’éphémère, de si fragile…

 
- Guillaume ?
- Hum… ?
- Apprends-moi à vivre.
- Non.
 
Elle le regardait avec une curiosité douloureuse, ce petit bout de vie à l’état brut, si pur et si vif. Elle avait envie de le mordre jusqu’au sang, d’avaler son essence vitale, de s’imprégner de son bonheur et de son courage, d’arracher la malice qui brillait dans ses yeux verts et de se l’approprier, pour qu’enfin le mot « vivre » ne lui écorche plus les oreilles et le cœur.
Il soutint son regard, lui lançant par moment quelques grimaces moqueuses. Et il en rajoutait, tordant son visage pour lui donner des traits grossiers à outrance, s’amusait à sortir de sa gorge les sons les plus incongrus. « C’est mon bonheur, semblait-il dire, et je le garde ».
Le visage de Leila se durcit.
- Tu n’as pas l’intention de m’aider.
Il haussa les épaules.
- Bien. Alors tu sautes avec moi.
- Pardon ?
Devant l’incompréhension qui se lut sur ses traits, Leila éclata de rire.
- Tu m’as parfaitement comprise, Guillaume, susurra-t-elle d’une voix de prédatrice. Tu veux garder ton bonheur, d’accord. Tu refuses de m’aider, très bien. Mais tu me suis.
Elle prit une grande inspiration.
- Je ne te quitte plus, Guillaume.
Celui-ci la fixa avec un air indéchiffrable, puis une expression de malice passa sur son visage.
- Viens me chercher !
Il bondit sur ses pieds avec grâce et souplesse et détala ; les cailloux bougeaient à peine lorsqu’il les effleurait.
Après un instant, Leila le suivit. Et voilà les deux adolescents dévalant la falaise, une insouciance rieuse dans leurs gestes vifs. Le vent, s’amusant de leur ivresse, leur caressa le visage d’un souffle apaisant.
Guillaume bondit. Il passait d’un endroit à l’autre, si aérien que la gravité semblait n’avoir aucune emprise sur lui. Il finit pourtant par se retrouver face au vide.
Pas d’issue.
Il se tourna lentement pour faire face à sa poursuivante.
 
Elle aussi s’est arrêtée. Elle avance doucement vers moi avec un déhanchement aquatique. Elle n’est pas si laide, finalement, avec ses cheveux d’ombre chinoise et sa bouche de saule pleureur. Elle réapprend à respirer.
 
Je n’avais jamais vu des yeux pareils. D’un vert miroitant, verts comme le soleil. Ses bras se tendent vers moi, lascifs comme des nuages. Alors comme ça tu ne voulais pas me donner ta vie, hein ? Ne te dérange pas, je vais me servir.

 
Sa bouche de saule pleureur s’ouvre légèrement. Cri ? Murmure ? Désir de baiser ? Son corps frémit dans l’attente d’un éveil qui semble apparaître du plus profond d’elle-même. Qu’elle est légère ! Le vent la caresse, l’épouse et l’étreint avec douceur. Me voilà qui sent un goût amer monter dans ma gorge. Me voilà jaloux. Pourrais-je tuer le vent ?
Non, il s’éloigne. Il m’entend. Il me la laisse.
 

Il s’arrête. Il sait qu’il ne m’échappera plus.
 
Oh, Leila. Princesse de la nuit, à la peau désertée par toute caresse. Leila, femme de ciel plus que de terre. Viens donc ! Ma lumière a besoin de ton ombre pour exister. Viens apaiser ma clarté épuisante et place dans le chant qui habite mon âme quelques-uns de tes soupirs. Et que tes sourcils et tes seins en bataille m’inondent de lait et de larmes.
 
- Tu es à moi, Guillaume.
- Je sais.
 
Plus animal qu’humaine, elle se vautre contre lui à s’en étouffer de vivre.
Au loin, les derniers rayons d’un soleil rougeoyant disparaissent derrière une improbable ligne d’horizon. Le ciel brûle.
 
 
Lorsqu’elle ouvre les yeux, Leila ne reconnaît pas le jour. Eblouie par un soleil curieux, elle cherche Guillaume du regard. Il est assis au bord de la montagne, les jambes dans le vide.
Elle le rejoint et s’assied à ses côtés.
- Que regardes-tu ?
- Ma terre d’exil.
Leïla lui lance un regard surpris. Guillaume rit.
- Te croyais-tu la seule étrangère, princesse ? Mon exil à moi est bien plus lointain que le tien.
- Que veux-tu dire ?
- Rien. Il est des guerres que les Hommes ne doivent pas connaître. Je ne suis pas du même monde qu’eux.
- Moi non plus.
Il lui effleura doucement les cheveux.
- Je sais, dame de la nuit. Et pourtant c’est là que sera ta place pour les prochaines années de ta vie.
Mue par un inexplicable sentiment d’urgence, elle se serre d’avantage contre lui.
- Ma place est avec toi, Guillaume.
- Non, Leïla.
Il la regarde et ses grands yeux verts brillent comme la mousse des arbres.
- Tu vas retourner à ta terre. Moi, mon exil prend fin. Aujourd’hui.
 
L’univers se déchire.
 
C’est le jour, et la clarté du soleil, aveuglante jusqu’à l’insupportable, brûle la rétine de ceux qui ont les yeux ouverts. Il fait nuit et les étoiles sont des centaines d’épingles qui déchirent sauvagement les cœurs des endormis. C’est l’aube, et le sang de chaque homme s’est envolé de chaque veine pour peindre un ciel aux couleurs lugubres. C’est le crépuscule, et le monde est enseveli dans un brouillard d’apocalypse.
Au sommet de la montagne, Leïla pleure.
 
- Regarde, Leila.
A travers son voile de larme, elle lève les yeux. La main de Guillaume est ouverte et désigne, souveraine, l’univers qui l’entoure.
- Regarde, Leila, regarde… Tu vois ce ciel ? A ton avis, combien a-t-il fallu de rêve pour le remplir de bleu ? Et cette ligne d’horizon, Leila, cette ligne d’horizon, ne te donne-t-elle pas envie de jouer les funambules ? Regarde ces nuages, informes et multiformes. Un jour, je me ferai un cordage de nuages, je l’accrocherai au pic de l’autre montagne et j’irai la visiter. Penche la tête, Leila. Regarde en bas. Tu vois ce lac ? Si tu te regardes dedans, tu verras une sirène qui chante, et son chant fera onduler la surface. Regarde, ma princesse. C’est l’univers.
- Je me fous de l’univers, Guillaume ! Je me moque des nuages, des montagnes et du ciel ! Je me moque des sirènes et de leur chant, je me moque de ce lac, je me moque de mon reflet. Je ne veux pas te perdre !
Elle hurle. Guillaume la regarde, sans un mot. Doucement, il lui saisit sa tête entre ses mains et dépose un baiser sur son front.
 
- Ne perds pas ton temps à te façonner une image. Quand tu te regardes dans le miroir de l’autre, la réalité de ton existence est bafouée.
 
Est-ce Guillaume qui a parlé ? Pourtant, elle sent toujours ses lèvres contre sa peau…
 
- Ne perds pas ton temps à t’écorcher les pieds sur les sentiers d’épines qu’ils ont tracés pour toi. Tu emprunteras des chemins de traverse, et les roses s’écarteront sur le passage de ta Vérité.

 
La voix est celle de Guillaume, mais ce n’est pas la sienne. Elle a remonté la nuit des temps pour murmurer à l’oreille de Leila ces mots emplis d’une douceur qui lui brise l’âme.
 
- Ne perds pas ton temps à te débattre dans le noir de leur désillusion. Tu caches le monde entre tes lèvres, et ta langue est constellée des particules de l’étoile d’argent.
 

L’univers. C’est l’univers qui chante.
 
- Ne perds pas ton temps à dénier à ton âme le droit de resplendir. La lumière n’aveugle que ceux dont les yeux n’ont jamais admiré le ballet des vagues de la mer noire et le regard d’un chat dans la nuit.
 

- Ne perds pas ton temps à briser l’amour que tu portes au monde entre tes doigts cruels. Tes mains sont des colombes et le vent tracera sur leurs plumes l’écho lointain d’un peuple oublié.

 
Le contact des mains de Guillaume s’étiole sous une caresse du vent. Son corps ondule comme un mirage, quittant peu à peu la réalité matérielle.
 
- Ne perds pas ton temps à fermer ta fenêtre. A l’aube, tu verras les planètes danser pour ton éveil et un arbre millénaire soutenir de ses branches le poids du ciel, et de ses racines celui de la terre.

 
Le corps du jeune homme n’existe plus. Translucide comme une aile de fée, il laisse passer le monde à travers lui.
 
- Ne perds pas ton temps à maudire le loup qui hurle. Il connaît le véritable langage de la brume et il rira de tes menaces avant d’aller déclarer son amour au reflet de la rivière.

 
Le temps d’un sourire et la silhouette ondulante de Guillaume s’est dissipée dans la montagne. Ne reste à Leila que la chaleur d’un baiser sur le front.
Et la détresse de sa solitude.
 
Seule.
Leila est seule.
Et le poids de la vie repose toujours sur ses épaules.
 
Leila ouvre la bouche pour une inspiration.
Hurle.
Et dans ce cri trop longtemps contenu, résonne enfin la révolte que ses ancêtres ont tue.
 
 

Il est des pays où le silence règne en maître. Ce sont ces terres où le sang a remplacé l'eau des cultures, où les voix ne passent plus au travers du concert des canons et des armes, où les rêves sont ponctués des gémissements des enfants mourants.
 
Il arrive parfois que quelques uns de ces enfants des guerres fuient leur contrée pour se réfugier dans d'autres pays, d'autres continents pour se rebâtir un semblant d'avenir. On les voit passer quelques fois, le regard baissé, comme cherchant dans le sol gris béton un reste de souvenir des terres arables de leur enfance. On les reconnait à leurs cheveux noirs et a leur peau hâlée par un soleil impitoyable. On les fuit ou on les plaint, on se détourne de leur souffrance, on a pitié de leur misère, mais qui se targuerait de tenter les comprendre ?
Mais parmi eux, il y avait une exception. Une fille aux yeux noirs, frêle et légère. Lorsqu’elle marchait de sa démarche furtive, ses pieds semblaient à peine effleurer l’asphalte, et ses yeux, brillants comme des olives noirs, étaient toujours levés vers la voûte céleste. Nul ne pouvait déchiffrer les brumes de son esprit, ni soutenir l’insondable tristesse qui résonnait parfois dans sa voix.
Et pourtant, ses rares sourires, brefs et lumineux, éclairaient parfois son visage comme un soleil miniature et faisait briller sur ses joues tous les arc-en-ciel de l’orient.
Et ce sourire là, ce sourire là valait tous les silences du monde. Car ce sourire là était celui d’une princesse redescendue des montagnes avec un grand vide à la place du cœur. Mais une seule lettre sépare le vide de la vie, et cette lettre commençait doucement à s’effacer au rythme du chant de l’univers.
-La décadence me fascine plus.
- Que pensez-vous de l'art ?
- C'est une maladie.
- L'amour ?
- Une illusion.
- La religion ?
- Un substitut élégant pour la foi.
- Vous êtes un sceptique.
- Nullement ! Le scepticisme est un début de croyance.
- Qu'êtes-vous donc ?
- Définir, c'est limiter.

O. Wilde

Hors ligne M.Aèh

  • Scribe
  • Messages: 64
Re : Silence d'exil
« Réponse #1 le: 27 Février 2016 à 20:38:22 »
Salut !
Bon je vais commencer sans introduction, ton jolie texte m'a pris du temps  :mrgreen:

« Il est des pays où le silence règne en maître » → Oh tiens, une formulation qui date des temps modernes ! Je m'y attendais pas.

« où les rêves sont ponctués des gémissements des enfants mourants «  → ça fait lourd, j'aurai mis «  où les rêves sont ponctués de gémissements d'enfants mourants », vu qu'on est parti dans un langage assez soutenu…

« Il est des pays où les mots ne sont plus que le vacarme assourdissant de l'espoir mort-né. «  → même remarque. Une tournure de phrase plus soutenue. (je pense qu'on peut pas faire moitié moitié)

« mais qui se targuerait de tenter les comprendre ? » → pour moi il manque un « de » avant comprendre.

« Ce jour là, qui pu dire ce qui se passa ? » → j'aurai personnellement pas pris ce temps là.

« Et elle avait besoin d'envol »→ ?

« Se tut » → ça marche pas pour moi.

« Entre les doigts d’artiste, le caillou semblait avoir perdu sa rigidité, échappant peu à peu à la gravité terrestre. » → à mon avis, contenu de la suite de la phrase j'aurai mis «  entre ses doigts d'artiste ».

Pour l'histoire de narration, je pense pas qu'on puisse écrire en gras dans un texte. Italique, oui. Mais gras ? J'en doute. Après peut être, mais ça me semble plutôt maladroit.
Sinon pour les pensées de Guillaume, c'est perso, mais j'aurai préféré plus de mystère pour sa part, par rapport à l’insouciance qu'il dégage je n'imaginais pas ce genre de pensée négative… ça m'a un peu déçut de lui.
Sinon à part ça, j'aime beaucoup tes personnages. Je travaille sur le même type de personnage ( la jeunette), donc j'adhère complètement. Par contre je trouve que les choses se passent trop rapidement. Je pense que ton histoire mérite un meilleur développement, une meilleure intrigue etc. Bref, je le vois bien en mode nouvelle ou petit roman (peut être partir en aventure ensemble…). Ça m'a fait penser à certain mangas.

« Sa bouche de saule pleureur s’ouvre légèrement. » → ? de sale non ?

« Oh, Leila. Princesse de la nuit, à la peau désertée par toute caresse. Leila, femme de ciel plus que de terre. Viens donc ! Ma lumière a besoin de ton ombre pour exister. Viens apaiser ma clarté épuisante et place dans le chant qui habite mon âme quelques-uns de tes soupirs. Et que tes sourcils et tes seins en bataille m’inondent de lait et de larmes.
 
- Tu es à moi, Guillaume.
- Je sais. » → c'est beau, mais c'est trop rapide par rapport au déroulement de l'histoire. Ça mérite vraiment un bon développement.    Ps : des seins en bataille ?!

« Il fait nuit et les étoiles sont des centaines d’épingles qui déchirent sauvagement les cœurs des endormis. » → j'aurai enlever le « des » pour faire moins lourd et plus jolie.

« Et cette ligne d’horizon, Leila, cette ligne d’horizon, ne te donne-t-elle pas envie de jouer les funambules ? » → répétition à mon sens inutile

« Et ce sourire là, ce sourire là valait » → une répétition inutile à mon goût.

Pour conclure , je préfère ce texte à ton premier, plus détaillée, plus dans la narration, on est plus transporté par l'histoire du coup. J'ai déjà énoncer ce qui me déranger dans cette histoire ( trop rapide.). Après c'est triste mais voilà, c'est un parti prix que j'aime. C'est juste dommage que l'accrochage des deux personnage s'est fait trop rapidement. Résultat ça donnait l'impression que ça sortait de nulle part, voir niais. J'ai eu du mal à ce moment là, donc quelques...; pages ?, de plus pour décrire ce changement serait nécessaire pour perfectionner cette petite histoire !

Peace  ~~  ;)
“La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d'être avec soi-même, et le second de n'être pas avec les autres. ”

 Arthur Schopenhauer.

Hors ligne Ichtar

  • Tabellion
  • Messages: 24
Re : Silence d'exil
« Réponse #2 le: 28 Février 2016 à 20:35:00 »
Merci beaucoup, M.Aèh, pour le temps que tu as pris pour répondre. Tu as sans doute raison, je suis parti sur une plume très précise, et il y a un équilibre à respecter. Je vais travailler sur les phrases dont tu m'as parlé.
Citer
Ps : des seins en bataille ?!
Oui, je sais, ça veut rien dire, mais j'aimais bien  :-[.

Citer
Sinon pour les pensées de Guillaume, c'est perso, mais j'aurai préféré plus de mystère pour sa part, par rapport à l’insouciance qu'il dégage je n'imaginais pas ce genre de pensée négative… ça m'a un peu déçut de lui.
Arf, désolé. Mais Guillaume est un personnage assez cruel selon moi, et j'aime bien cet espèce de cynisme enfantin.

Citer
Je pense que ton histoire mérite un meilleur développement, une meilleure intrigue etc
Je pense aussi, et je vais me justifier m'expliquer en disant que je l'avais commencé, puis finit en urgence en une nuit pour un concours. Tu n'es pas la première à m'en faire la reproche, et c'est vrai que c'est un peu pauvre comme déroulement. Mais ça fait tellement longtemps que je l'ai écris, celui là, que je n'ai pas la moindre idée de quelle modification narrative apporter. SI tu as des idées je suis très très très preneuse.

Citer
Bref, je le vois bien en mode nouvelle ou petit roman (peut être partir en aventure ensemble…).
Quel genre d'aventure  :) ?
Citer
Ça m'a fait penser à certain mangas
Ah oui ? C'est drôle ! Lesquels ?

A très vite
-La décadence me fascine plus.
- Que pensez-vous de l'art ?
- C'est une maladie.
- L'amour ?
- Une illusion.
- La religion ?
- Un substitut élégant pour la foi.
- Vous êtes un sceptique.
- Nullement ! Le scepticisme est un début de croyance.
- Qu'êtes-vous donc ?
- Définir, c'est limiter.

O. Wilde

Hors ligne M.Aèh

  • Scribe
  • Messages: 64
Re : Silence d'exil
« Réponse #3 le: 28 Février 2016 à 23:45:47 »
« Merci beaucoup, M.Aèh, pour le temps que tu as pris pour répondre. Tu as sans doute raison, je suis parti sur une plume très précise, et il y a un équilibre à respecter » → Déjà derien ! Ça m'a fait plaisir de te lire ! (bon même si la « correction » ( c'est pas ça mais tu vois l'idée)  détaillé prend beaucoup de temps, elle est très bénéfique pour moi (comme pour toi, si j'ai bien réussi mon travail).

« Arf, désolé. Mais Guillaume est un personnage assez cruel selon moi, et j'aime bien cet espèce de cynisme enfantin. » → je comprends. Vu la joie qu'il incarne je me suis faite bernée…J'ai eu le cœur brisé par tant de cruauté :'( { j'aurai peut être guidé un peu plus le lecteur sur ce trait de son caractère… mais c'est perso je pense}

« Je pense aussi, et je vais me justifier m'expliquer en disant que je l'avais commencé, puis finit en urgence en une nuit pour un concours. Tu n'es pas la première à m'en faire la reproche, et c'est vrai que c'est un peu pauvre comme déroulement. Mais ça fait tellement longtemps que je l'ai écris, celui là, que je n'ai pas la moindre idée de quelle modification narrative apporter. SI tu as des idées je suis très très très preneuse. » « Quel genre d'aventure   ? » → Ton excuse est acceptée ! Mais maintenant, tu as le temps de le retravailler à souhait et nous pondre un chef d’œuvre ;D . Je pense sincèrement que ça pourrait être une base d'un véritable roman tragique et romantique de très bonne qualité si il est mené comme il faut. Pour faire plus long par exemple, intercaler la narration de Guillaume et du perso Leïla. Tu es capable d'écrire à la première personne du pluriel tout le long d'une histoire ?  Si oui, ce que je pourrai te conseiller c'est que tu fasses un chapitre sur deux sur la vision de Leïla et l'autre sur Guillaume, peut être. Sauf si tu veux garder son identité mystérieuse, à toi de voir ce que tu veux qu'on sache de ton personnage, mais ce qui est sûr c'est que c'est pas équilibré, au début on a un bon détail et après on à un saut de 25 chapitres ! En fait, je pense que pour te débloquer tu devrais faire un plan… Au début tu le fais générale après de plus en plus développé, et à ce rythme tu auras énormément d'idée (bon ne les prend pas toutes si elles sont incohérentes mais voilà) que tu pourras trier et donc élargir ton texte de manière équilibrée. Détaillée certaine chose au début, approfondir la relation, la faire évoluer. Ah voilà ! Il manque l'évolution des personnages qui doit se faire, selon moi,  progressivement ! Là on saute, clairement on passe de Guillaume « je m'en fou de ta gueule, t'es moche » à «  ma chérie, mon amour, je t'aime de tout mon cœur » mais genre d'un coup. Il faut un élément déclencheur de cet amour là, tu vois le truc ? Et cet élément il doit être violent et bien agencé pour pas paraître comme par magie, tu vois le genre ? Il doit y aovir une évolution dans le couple, du genre là on part d'un style «  je t'aime pas et t'es moche » avec un «  aide moi s'il te plaît ! » et on finit avec un «  je t'aime comme pas permis, mon amour » avec un «  Si tu savais... » (ou un délire du genre). Et donc, pour finir ma pensée, il faut, peut être, mettre une urgence qui va les obliger à se coutoyer pendant une longue durer et voyager ensemble ( d'où le nom d'aventure) et avec plusieurs éléments stressants, les perso se rapprochent etc ( bon après c'est toi qui imagine, je donne juste des pistes qui pourront peut être te débloquer et voir ou je veux en venir et voir le potentiel infini que tu peux avoir avec cette base là)

Sinon pour le mangas, je retiens jamais les noms… Mais plus du genre sombre, avec beaucoup de drame et d'aventure où une équipe de gens plus bizarre les uns que les autres se forme pour sauver le monde ou un truc du genre, je sais pas si tu vois.

Voilà voilà, espérons que je t'ai été utile

 Peace ~~~ :mrgreen:
“La solitude offre à l'homme intellectuellement haut placé un double avantage : le premier, d'être avec soi-même, et le second de n'être pas avec les autres. ”

 Arthur Schopenhauer.

Hors ligne Kathya

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 271
    • Page perso
Re : Silence d'exil
« Réponse #4 le: 01 Mars 2016 à 23:39:29 »
(Un texte court pas court, joie  :D)

Citer
qui pu dire
put

Citer
Guillaume rit, et le vent, jaloux, emporta son rire pour s’en faire faire un collier d’insouciance.
J'aime beaucoup cette image.  :coeur:

Citer
sa bouche de saule pleureur
Je suis désolée mais quand je lis ça j'imagine Cthulhu.  ><. (fhtagn !)

Ce qui me fait sourire dans le fait qu'ils s'aiment et se haïssent en cinq minutes c'est que ce qui attire Leila au départ, c'est son indifférence.  ;D

J'ai bien aimé. Mais je suis le bon public pour les envolées lyriques.  :mrgreen: J'ai juste un peu moins aimé le discours de l'univers, mais j'ai tendance à pas aimer le ton moralisateur des contes, donc c'est une remarque toute personnelle.

"Je suis la serveuse du bar Chez Régis ! Ou un leprechaun maléfique barrant l'entrée d'un escalier imaginaire..."

Et puis la Nuit seule.
Et rien d'autre, et plus rien de plus.

Avant l'hiver, Léa Silhol

Hors ligne Tokoonz

  • Plumelette
  • Messages: 14
Re : Silence d'exil
« Réponse #5 le: 02 Mars 2016 à 01:26:01 »
Coucou !
Tout d'abord, j'ai adoré ton texte !
Mais je n'ai pas bien compris. A la fin, Guillaume il saute de la falaise ? Je n'ai pas bien compris sa disparition.

Ensuite mes remarques détaillées :

"Chacun de ses pas martelaient la vie comme les cris des canons martelaient ses rêves, et, dans ses yeux couleur d'olive, on pouvait apercevoir les arabesques rouges qui avaient ponctué son passé." -> Superbe phrase, j'aime !

"Elle a le visage ravagé par des larmes acides, celles qui brûlent les iris à force de ne pas couler." -> Bon là je vais pinailler un peu : si ses larmes ne coulent pas, comment elles peuvent ravager son visage ? J'ai juste un peu de mal à me représenter l'image du coup...

"Guillaume rit, et le vent, jaloux, emporta son rire pour s’en faire faire un collier d’insouciance." J'aime beaucoup cette personnalisation du vent ! Et elle permet de pressentir le côté dépressif latent de Guillaume, comme si ce vent, en le rappelant à la réalité, lui volait son bonheur éphémère.

"Entre les doigts d’artiste, le caillou semblait avoir perdu sa rigidité, échappant peu à peu à la gravité terrestre." "Il passait d’un endroit à l’autre, si aérien que la gravité semblait n’avoir aucune emprise sur lui." c'est exactement la même image dans les deux phrases, ce qui laisse un goût de répétition.
" Sa silhouette d'ombre chinoise passait dans les rues," "avec ses cheveux d’ombre chinoise" même remarque

"Me voilà jaloux. Pourrais-je tuer le vent ?" après que le vent lui ai piqué son rire, il lui vole la fille... J'aime bien cette espèce de jeu  entre Guillaume et le vent !

Plus animal qu’humaine, elle se vautre contre lui à s’en étouffer de vivre.
Au loin, les derniers rayons d’un soleil rougeoyant disparaissent derrière une improbable ligne d’horizon. Le ciel brûle.
 
 
"Plus animal qu’humaine, elle se vautre contre lui à s’en étouffer de vivre.
Au loin, les derniers rayons d’un soleil rougeoyant disparaissent derrière une improbable ligne d’horizon. Le ciel brûle.
 
 
Lorsqu’elle ouvre les yeux, Leila ne reconnaît pas le jour. Eblouie par un soleil curieux, elle cherche Guillaume du regard. Il est assis au bord de la montagne, les jambes dans le vide." Là j'ai du mal à te suivre. Dans ma tête, quand je lis, je vois Leila se serrer contre Guillaume et fermer les yeux. Comment n'a-t-elle pas pu sentir qu'il s'était éloigner ?

Voilou !

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.013 secondes avec 18 requêtes.