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Auteur Sujet: Georges Lucas et l'imaginaire européen  (Lu 19306 fois)

Hors ligne Arnaud Laurent

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Georges Lucas et l'imaginaire européen
« le: 17 Février 2016 à 12:34:47 »


L’imaginaire collectif européen, complexe, et en perpétuelle réactualisation, trouve ses racines dans le monde médiéval. Ses figures archétypales sont restées, à peu près les mêmes : l’histoire qui est au centre de cette mythologie, dépouillée de ses vêtements de circonstance, peut se résumer à ceci :
le jeune héros au cœur pur menant le combat pour anéantir  l’incarnation du mal, sauver le royaume et conquérir le cœur de sa belle. Le héros est de sang royal, il n’a pas peur, car il est convaincu de la justesse de sa cause, et son sens de l’honneur est sans faille. Il tue à coups d’épée, lors d’un combat final dramatique, son ennemi absolu.

A partir de ce noyau mythologique, Georges Lucas, avec la premier trilogie de Star Wars, dont le premier tome fut réalisé en 1976, avec Mark Hamill et Harrison Ford, a crée en trois films ce qui est peut-être le chef d’œuvre absolu du cinéma américain. Une épopée en trois actes qui dépasse le cinéma et n’a que faire de l’histoire et des faits, ou des codes habituels de la fiction hollywoodienne, parce qu’elle plonge ses racines dans la légende, le non-dit, l’impalpable : dans l’inconscient européen.

La comparaison est alors cruelle avec la trilogie du Seigneur des anneaux, de Peter Jackson, reconstitution parfaite, et parfaitement sans intérêt, du livre de Tolkien par le cinéaste néo-zélandais Peter Jackson, qui a monté son film comme on monte une maquette de porte-avions : avec patience et persévérance, sans improvisation ou création aucune, puisque là n’était pas le but ; Jackson, obsédé par le fait de coller à la lettre de Tolkien, a oublié en route l’esprit. D’où un film fade, aux personnages sans consistance, sans réalité, écrasés par le tape-à-l’œil d’effets spéciaux dont la profusion ne sert qu’à masquer faiblement l’absence, d’un bout à l’autre, d’intensité dramatique.

Georges Lucas n’aurait jamais réussi à faire ce qu’il a fait s’il l’avait souhaité. Il est faux de dire qu’il est le créateur de Star Wars : il portait en lui, sans le savoir, cette œuvre immense. Ce qu’il a bâti volontairement n’est rien en comparaison de ce qui s’est exprimé malgré lui, à travers lui.

Georges Lucas, en choisissant de commencer le premier film (ainsi que les deux suivants) par ces mots : Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine… abolit complètement ce qu’il aurait pu avoir de respect poussiéreux et encyclopédique pour les racines de l’imaginaire européen : il se plonge lui-même, et le spectateur avec lui, dans un autre univers, ou les règles habituelles n’ont plus cours.

Dans ce monde, les forces du mal, appelées l’Empire, ont pris le pouvoir, il y a déjà longtemps, lors d’évènements que les personnages centraux, trop jeunes, n’ont pas connus, et que les plus vieux n’ont manifestement pas envie d’évoquer. Les Jedi, en voie d’extinction jusqu’à que le héros (car il s’agit bien d’un héros, ce héros au cœur pur dont nous évoquions plus tôt la figure archétypale), Luke Sylwalker, ne soit formé à cette fin par Yoda, sont une ancienne caste de chevaliers d’élites de l’ordre ancien, utilisant une arme devenue mythique, le sabre laser. Luke apprend, de la bouche du vieil Obi-Wan Kenobi , que son père était un chevalier Jedi, tué par Dark Vador, le bras droit de l’Empereur, dans des circonstances non explicitées.
Ce passé non-dit, mais présent en filigrane, est fondamental dans la première trilogie de Star Wars.
Il donne au monde dans lequel nous immerge Lucas une épaisseur, une réalité qui insuffle au film le coté tragique qui a fait sa grandeur. C’est une légende derrière la légende. Cela aura été la faute de Georges Lucas dans la deuxième trilogie qui est de toute façon un ratage complet : montrer ce qui s’est déroulé avant la première. Ce passé n’était pas fait pour être montré ; Il servait de socle à l’imaginaire. 

Luke Sylwalker, apprenant que la princesse Leia a été faite prisonnière par Dark Vador, part la délivrer avec Obi-Wan Kenobi. Pour les emmener à destination, ils embauchent un mercenaire, Han Solo. Leur rencontre, dans un bar miteux de la planète Tatooine, est l’occasion pour le metteur en scène de montrer la bigarrure de ce monde. Toutes les races, extra-terrestres et humaines, coexistent. C’est une constance de Star Wars : La diversité des races humanoïdes. Georges Lucas s’est tout simplement servi de la technologie du maquillage pour traduire et accentuer, sous des traits extra-terrestres, la diversité ethnique de notre monde. Les soldats de l’Empire, cachés, eux, derrière un masque, sont des êtres humains (c’est-à-dire, dans le code lucassien, des Occidentaux) si on en juge d’après leur silhouette. Les officiers également, mais ce qui frappe chez eux, c’est que leur uniforme rappelle, même si l’impression chez le spectateur n’est pas conscience, l’uniforme des officiers allemands de la seconde guerre mondiale. Lucas mélange ainsi les époques, les genres, les références. Dark Vador, chevalier noir médiéval en armure, commande à des officiers SS réactualisés. Yoda, vieil ermite terré au fond de ses marécages, est en fait un asiatique, ce que son visage, malgré l’alibi des traits extra-terrestres, illustre parfaitement : c’est l’image du vieux sage de l’Orient, autre figure mythique de l’imaginaire européen. Il parle peu, mais à bon escient. Yoda est un Confucius qui enseigne l’art martial par excellence dans le monde de lucas, la télékinésie, appelée « la force ». Les Jedi ne sont pas simplement des chevaliers, ils sont aussi, comme leur utilisation du sabre l’indique, des samouraïs. 

Dans le troisième tome de la trilogie, on voit également apparaître, de nouveau sous les traits déformés et exagérés d’un extra-terrestre, Jabba , personnage répugnant, cruel, ne pouvant se déplacer à cause de l’ampleur de sa masse corporelle, trouvant plaisir à l’excessivité des plaisirs matériels, entouré d’un harem d’esclaves dont les vêtements, directement copiés sur ceux des danseuses du ventre de l’Orient, ne laissent planer aucun doute : Jabba, qui règne sur une planète qui n’est d’ailleurs qu’un immense Sahara, n’est rien d’autre qu’ un sultan.  Jabba n’a pas la valeur mythologique de Dark Vador, il est d’ailleurs significatif qu’il soit introduit dans l’intrigue par le truchement de ses démêlées avec Han Solo. Celui-ci est un personnage tout à fait particulier : c’est en fait, dans l’histoire, l’homme normal. Il introduit, plus que tout autre, le spectateur dans le monde de Lucas, centré sur ces archétypes que sont Luke Sylwalker (chevalier au cœur pur), Dark Vador (le chevalier noir, incarnation du mal) et la Princesse Léïa. Han Solo représente, en fait, l’Américain moyen. Il est d’ailleurs significatif que les critiques l’aient comparé, à la sortie du premier film, à John Wayne. Pistolet laser au coté, il est effectivement un cow-boy, lancé à l’aventure pour le plus offrant.

Le cinéma américain des années soixante-dix (que nous faisons commencer en 1968 et s’achever vers 1982), est un miracle. Coincées entre l’ancien et le nouveau puritanisme incarné par l’avènement de Ronald Reagan , les seventies sont un moment unique, permis par l’effondrement provisoire des tabous de la société américaine. On assiste alors à une profusion jamais vue des thèmes, des points de vue, et dans tous les cas à l’abandon massif de la prégnance morale du christianisme américain. Des films d’un réalisme aussi terrible que Délivrance (John Boorman, 1972) ou même Un justicier dans la ville (Michael Winner, 1974) étaient quasiment impossibles avant, et disparaitront de nouveau à partir du des années quatre-vingt. Les années soixante-dix sont cet instant improbable ou les cinéastes américains vont se ré-européaniser. La science-fiction est bouleversée avec Stanley Kubrick (2001, L’odyssée de l’espace), le film d’épouvante réinventé avec William Friedkin (L’exorciste). Même Steven Spielberg, futur meilleur représentant de l’esprit américain dans ce qu’il a de plus caricatural, commence sa carrière avec un film époustouflant d’audace (Duel, 1971).
Dans ces films, les enfants peuvent mourir, le personnage principal peut être une parfaite ordure, on peut filmer un viol dans sa réalité la plus terrible.

Georges Lucas choisit, lui, une autre voie que le réalisme. Si la trilogie Star Wars profite également de l’effondrement des anciennes valeurs morales, ce n’est pas pour se livrer simplement à un défoulement de ce qui avait été jusque là contenu. C’est pour aller au-delà, là ou personne n’avait été avant lui.  Ce qui est extraordinaire, c’est que le décorticage symbolique, de l’œuvre de Lucas mêle, à priori, tout et n’importe quoi. Et pourtant la trilogie possède une cohérence interne totale. Ce qui devrait paraitre absurde devient évident, parce qu’en fait toutes les figures présentées par Lucas nous sont intimement familières, et en même temps ne sont pas présentées en tant que telles. Dark Vador n’est pas réellement le chevalier noir des temps médiévaux, Yoda n’est pas vraiment un sage asiatique, etc. L’œuvre de George Lucas nous parle le langage des rêves, le langage de l’inconscient, le langage de l’imaginaire collectif. L’œuvre de Georges Lucas n’est pas «universelle », elle est, d’un bout à l’autre, la mise en scène des mythes fondateurs de l’Europe.


"Si je vaux aujourd'hui quelque chose, c'est que je suis seul et que je hais" Emile Zola

Hors ligne kokox

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #1 le: 17 Février 2016 à 13:30:52 »
Bonjour Arnaud,

Un texte intègre et bien écrit. On sent que tu y a mis sang et eau.
En cela, il semble difficile de pouvoir contredire ton absolutiste point de vue quant à cet embryon de thèse pétrie de symbolisme de la trilogie de "Star Wars".
Mais en définitive, tout cela, pour dire quoi au juste ? Que Lucas est un démiurge, un devin du passé ? Qu'il avait deviné, en parcourant la Bible, l'éclatement de Babel et la dispersion des langages et des races ? Qu'il avait entrevu entre les lignes, les ramages de l'arbre de la connaissance du bien et du mal ?
Bref, sans aucun dédain, rassure-toi, mais en simple lecteur candide, je ne saisis pas trop la portée de ta conclusion, et ce que tu as voulu préciser que beaucoup savent déjà :
L’œuvre de Georges Lucas n’est pas «universelle », elle est, d’un bout à l’autre, la mise en scène des mythes fondateurs de l’Europe.
Pourrais-tu me l'expliciter un peu plus en profondeur, s'il te plaît ?

Bien à toi !

« Modifié: 17 Février 2016 à 13:34:30 par kokox »

Nocte

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #2 le: 17 Février 2016 à 13:50:20 »
L'idée de base est intéressante, ce que je trouve dommage, c'est le manque d'objectivité du propos. Tu encenses trop la franchise (chef d'oeuvre absolu du cinéma américain, rien que ça ?), tu crache sans raison sur Peter Jackson (qui n'est même pas américain, alors pourquoi le mentionner ?). D'autant qu'il a adapté un univers qui n'est pas le sien, contrairement à Lucas ?
Tu aurais pû parler plus explicitement de la politique de censure que subissaient les cinéastes américains aussi. Ce n'est pas qu'ils ne voulaient pas mettre des choses violentes, c'est qu'ils ne le pouvaient pas tout simplement.
C'est tout aussi dommage qu'il n'y ait rien sur le cinéma Européen ? Ce qui m'intéresserait au vu du sujet de base, c'est de savoir si des européens ont reprit ces mêmes schémas, et si la réponse est non, tenter de comprendre pourquoi. Est-ce qu'on ne retrouve pas cela dans un genre en particulier (récit initiatique un brin manichéen ?).
Autre chose, tu dis que cela prend racine dans le monde médiéval, pourquoi pas remonter jusqu'à l'antiquité ?
Du coup, je ne suis pas très convaincu, ce texte est-il juste un encensoir de Star Wars, ou souhaite-t-il développer une vraie analyse ?

Hors ligne Arnaud Laurent

  • Tabellion
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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #3 le: 18 Février 2016 à 10:14:29 »
C'est bête que tu n'aies pas aimé, mais peut-être n'a-tu pas tout compris. Je ne vois pas pourquoi je ne mentionnerais pas Peter Jackson parce qu'il n'est pas américain, il n'y a aucun rapport.

Quant aux Européens, ils ne sont plus capables d’autre chose, quand ils essaient de sortir du cinéma intellectuel, nombriliste et pseudo-élitiste, que de dérision.

Pourquoi n’ont-t-ils pas pu faire Gladiator ? Et plus révélateur encore pour nous, pourquoi Christophe Lambert n’a-t-il pu incarner Vercingétorix que dans un film américain (même si celui-ci se révéla être un navet infâme) ? Vercingétorix, symbole du patriotisme français, qui tenta de repousser par les armes l’invasion étrangère ? Poser la question, c’est apporter la réponse.

Imaginons un film sur ce héros national tourné en France : à quoi pourrait-il ressembler, à part à une comédie grotesque tournant en ridicule les mythes nationaux (ce qu’a été Astérix) ?

Il y a bien une autre option, évidemment, c’est le film de repentance : les soldats gaulois, racistes et moustachus, se montreraient injustement cruels avec les immigrés italiens, mais le chef arverne, révolté, prendrait fait et cause pour les opprimés. Son homosexualité latente s’éveillerait ensuite à l’occasion d’une nuit d’amour avec un jeune éphèbe de Rome arraché des griffes des beaufs celtiques. La bataille finale d’Alésia montrerait tout de même Vercingétorix luttant contre l’ennemi étranger, mais accompagné de son nouveau fiancé ayant trahi la cause de César par amour, ainsi que de quelques Noirs et Arabes dont on expliquerait qu’ils ont traversé les mers pour défendre la liberté et le progressisme contre les fascistes romains, même si l’histoire officielle (de toute façon raciste) n’en garde pas trace.


 En tout cas je t'invite à aller lire ma dernière nouvelle sur short édition :[Lien d'autopromotion supprimé]

EDIT modération : pour les liens vers short éditions, il y a un sujet pour ça dans la section "petites annonces" qui te sera accessible à partir de ton trentième message. Mais si tu souhaite poster ton texte pour le forum, c'est tout à fait possible
« Modifié: 18 Février 2016 à 14:09:11 par Baptiste »
"Si je vaux aujourd'hui quelque chose, c'est que je suis seul et que je hais" Emile Zola

Nocte

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #4 le: 18 Février 2016 à 10:49:13 »

Les moyens, cher ami, les moyens.
« Modifié: 18 Février 2016 à 10:51:15 par Nocte »

Hors ligne Arnaud Laurent

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #5 le: 18 Février 2016 à 11:10:27 »
j'ajouterais même, pour raccorder avec notre littérature : sont-ce les Français ou les Américains qui ont le plus porté à l'écran, ces quarante dernières années, Jules Vernes et Alexandre Dumas ?
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Hors ligne Kanimp

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #6 le: 18 Février 2016 à 11:14:18 »
A partir de ce noyau mythologique, Georges Lucas, avec la premier trilogie de Star Wars, dont le premier tome fut réalisé en 1976, avec Mark Hamill et Harrison Ford, a crée en trois films ce qui est peut-être le chef d’œuvre absolu du cinéma américain. Une épopée en trois actes qui dépasse le cinéma et n’a que faire de l’histoire et des faits, ou des codes habituels de la fiction hollywoodienne, parce qu’elle plonge ses racines dans la légende, le non-dit, l’impalpable : dans l’inconscient européen.
La relation entre le médiéval-fantastique et Star-Wars est indéniable, la présence de sabre laser le prouve.
Je ne suis pas d’accord avec « peut-être le chef d’œuvre absolu du cinéma américain », le monde de l’art est en perpétuelle évolution. Ce qui est le mieux aujourd’hui peut devenir ringard demain. Du seul fait que les goûts et les critères du public qui consomme cet art ont changé.
Je suis mitigé pour cette partie « des codes habituels de la fiction hollywoodienne, parce qu’elle plonge ses racines dans la légende, le non-dit, l’impalpable : dans l’inconscient européen. »
Lorsque j’étais jeune (si, si c’est possible) j’étais attiré par l’art US et UK. Car majoritairement, ils se basent sur le fantastique. Tolkien, Marvel etc…
 SW n’a pas changé les codes de la fiction hollywoodienne, il a changé les codes Hollywoodiens. Il y a  eu un avant et après « JAWS ». Premier blockbuster sorti et à cause duquel aujourd’hui il y en a plein. Ou du moins presque tout ce qui vient des USA est conçu pour.
Il y a un avant et un après Star-wars. Car le premier opus à changer la manière de réaliser les films, sans pour autant qu’ils soient fantastiques ou de SF. Ce qui rend la comparaison ci-dessous bancale.


La comparaison est alors cruelle avec la trilogie du Seigneur des anneaux, de Peter Jackson, reconstitution parfaite, et parfaitement sans intérêt, du livre de Tolkien par le cinéaste néo-zélandais Peter Jackson, qui a monté son film comme on monte une maquette de porte-avions : avec patience et persévérance, sans improvisation ou création aucune, puisque là n’était pas le but ; Jackson, obsédé par le fait de coller à la lettre de Tolkien, a oublié en route l’esprit. D’où un film fade, aux personnages sans consistance, sans réalité, écrasés par le tape-à-l’œil d’effets spéciaux dont la profusion ne sert qu’à masquer faiblement l’absence, d’un bout à l’autre, d’intensité dramatique.
Je ne suis pas d’accord avec l’approche suivie pour la comparaison. Premièrement car elle est subjective. J’ai apprécié la trilogie de Jackson et cela ne semble pas être ton cas. Mais est l’argument fart du dénigrement.
L’argumentation repose sur la comparaison de deux approches cinématographiques incomparables. La création d’une œuvre originale et celle d’une adaptation.
La comparaison ne peut se réaliser que sur l’approche cinématographique  blockbuster des deux.
La trilogie du seigneur est un blockbuster créé à grand coups de dollars, pour preuve, les trois ont été tournés en même temps. Que l’on compare au grand blockbuster SW qui n’en était pas un à sa sortie.
Hé oui, le premier film était à petit budget qui exploitait le système D à profusion. Il a révolutionné la manière dont les effets spéciaux étaient réalisés. Il a imposé les bandes sons avec des  orchestres philarmoniques.
Donc de mon point de vue comparé SW à la trilogie des anneaux consiste à comparer un film qui a révolutionné la manière de créer des films avec un film qui se contente d’exploiter des méthodes qui existent.

Georges Lucas n’aurait jamais réussi à faire ce qu’il a fait s’il l’avait souhaité. Il est faux de dire qu’il est le créateur de Star Wars : il portait en lui, sans le savoir, cette œuvre immense. Ce qu’il a bâti volontairement n’est rien en comparaison de ce qui s’est exprimé malgré lui, à travers lui.
Si je suis d’accord que son œuvre le dépasse aujourd’hui. Je suis désolé Georges savait où il allait. S’il n’a pas créé le film qu’il voulait, c’est car la technologie de l’époque ne le lui permettait pas.
 

Georges Lucas, en choisissant de commencer le premier film (ainsi que les deux suivants) par ces mots : Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine… abolit complètement ce qu’il aurait pu avoir de respect poussiéreux et encyclopédique pour les racines de l’imaginaire européen : il se plonge lui-même, et le spectateur avec lui, dans un autre univers, ou les règles habituelles n’ont plus cours.

Dans ce monde, les forces du mal, appelées l’Empire, ont pris le pouvoir, il y a déjà longtemps, lors d’évènements que les personnages centraux, trop jeunes, n’ont pas connus, et que les plus vieux n’ont manifestement pas envie d’évoquer. Les Jedi, en voie d’extinction jusqu’à que le héros (car il s’agit bien d’un héros, ce héros au cœur pur dont nous évoquions plus tôt la figure archétypale), Luke Sylwalker, ne soit formé à cette fin par Yoda, sont une ancienne caste de chevaliers d’élites de l’ordre ancien, utilisant une arme devenue mythique, le sabre laser. Luke apprend, de la bouche du vieil Obi-Wan Kenobi , que son père était un chevalier Jedi, tué par Dark Vador, le bras droit de l’Empereur, dans des circonstances non explicitées.
Ce passé non-dit, mais présent en filigrane, est fondamental dans la première trilogie de Star Wars.
Il donne au monde dans lequel nous immerge Lucas une épaisseur, une réalité qui insuffle au film le coté tragique qui a fait sa grandeur. C’est une légende derrière la légende. Cela aura été la faute de Georges Lucas dans la deuxième trilogie qui est de toute façon un ratage complet : montrer ce qui s’est déroulé avant la première. Ce passé n’était pas fait pour être montré ; Il servait de socle à l’imaginaire. 
J’ai vraiment du mal à considérer SW comme d’inspiration européenne.
De mon point de vue, il est bel et bien anglo-saxon. C’est du divertissement pour créer du divertissement.
J’ignore le pourquoi, Georges Lucas a voulu commencer son film de cette manière. Il a d’ailleurs omis de demander l’autorisation pour le deuxième et c’est fait allumer. Car obligatoirement un film doit commencer avec le nom des acteurs principaux, règle hollywoodienne.
Toutefois l’interprétation que tu as de la série est typiquement européenne. Rechercher le pourquoi des choses, au lieu de se contenter de le regarder en l’état.

Luke Sylwalker, apprenant que la princesse Leia a été faite prisonnière par Dark Vador, part la délivrer avec Obi-Wan Kenobi. Pour les emmener à destination, ils embauchent un mercenaire, Han Solo. Leur rencontre, dans un bar miteux de la planète Tatooine, est l’occasion pour le metteur en scène de montrer la bigarrure de ce monde. Toutes les races, extra-terrestres et humaines, coexistent. C’est une constance de Star Wars : La diversité des races humanoïdes. Georges Lucas s’est tout simplement servi de la technologie du maquillage pour traduire et accentuer, sous des traits extra-terrestres, la diversité ethnique de notre monde. Les soldats de l’Empire, cachés, eux, derrière un masque, sont des êtres humains (c’est-à-dire, dans le code lucassien, des Occidentaux) si on en juge d’après leur silhouette. Les officiers également, mais ce qui frappe chez eux, c’est que leur uniforme rappelle, même si l’impression chez le spectateur n’est pas conscience, l’uniforme des officiers allemands de la seconde guerre mondiale. Lucas mélange ainsi les époques, les genres, les références. Dark Vador, chevalier noir médiéval en armure, commande à des officiers SS réactualisés. Yoda, vieil ermite terré au fond de ses marécages, est en fait un asiatique, ce que son visage, malgré l’alibi des traits extra-terrestres, illustre parfaitement : c’est l’image du vieux sage de l’Orient, autre figure mythique de l’imaginaire européen. Il parle peu, mais à bon escient. Yoda est un Confucius qui enseigne l’art martial par excellence dans le monde de lucas, la télékinésie, appelée « la force ». Les Jedi ne sont pas simplement des chevaliers, ils sont aussi, comme leur utilisation du sabre l’indique, des samouraïs. 
Alors la waouw, je n’ai jamais réalisé une telle analyse. à mon avis, c’est que lors de leurs soties j’étais trop jeune. Alors que maintenant, je le fais naturellement pour la nouvelle trilogie en cours de diffusion.



Dans le troisième tome de la trilogie, on voit également apparaître, de nouveau sous les traits déformés et exagérés d’un extra-terrestre, Jabba , personnage répugnant, cruel, ne pouvant se déplacer à cause de l’ampleur de sa masse corporelle, trouvant plaisir à l’excessivité des plaisirs matériels, entouré d’un harem d’esclaves dont les vêtements, directement copiés sur ceux des danseuses du ventre de l’Orient, ne laissent planer aucun doute : Jabba, qui règne sur une planète qui n’est d’ailleurs qu’un immense Sahara, n’est rien d’autre qu’ un sultan.  Jabba n’a pas la valeur mythologique de Dark Vador, il est d’ailleurs significatif qu’il soit introduit dans l’intrigue par le truchement de ses démêlées avec Han Solo. Celui-ci est un personnage tout à fait particulier : c’est en fait, dans l’histoire, l’homme normal. Il introduit, plus que tout autre, le spectateur dans le monde de Lucas, centré sur ces archétypes que sont Luke Sylwalker (chevalier au cœur pur), Dark Vador (le chevalier noir, incarnation du mal) et la Princesse Léïa. Han Solo représente, en fait, l’Américain moyen. Il est d’ailleurs significatif que les critiques l’aient comparé, à la sortie du premier film, à John Wayne. Pistolet laser au coté, il est effectivement un cow-boy, lancé à l’aventure pour le plus offrant.
Re waouw.

Le cinéma américain des années soixante-dix (que nous faisons commencer en 1968 et s’achever vers 1982), est un miracle. Coincées entre l’ancien et le nouveau puritanisme incarné par l’avènement de Ronald Reagan , les seventies sont un moment unique, permis par l’effondrement provisoire des tabous de la société américaine. On assiste alors à une profusion jamais vue des thèmes, des points de vue, et dans tous les cas à l’abandon massif de la prégnance morale du christianisme américain. Des films d’un réalisme aussi terrible que Délivrance (John Boorman, 1972) ou même Un justicier dans la ville (Michael Winner, 1974) étaient quasiment impossibles avant, et disparaitront de nouveau à partir du des années quatre-vingt. Les années soixante-dix sont cet instant improbable ou les cinéastes américains vont se ré-européaniser. La science-fiction est bouleversée avec Stanley Kubrick (2001, L’odyssée de l’espace), le film d’épouvante réinventé avec William Friedkin (L’exorciste). Même Steven Spielberg, futur meilleur représentant de l’esprit américain dans ce qu’il a de plus caricatural, commence sa carrière avec un film époustouflant d’audace (Duel, 1971).
Dans ces films, les enfants peuvent mourir, le personnage principal peut être une parfaite ordure, on peut filmer un viol dans sa réalité la plus terrible.
Attention que retours vers le futur est sorti en 1985. C’est important car en partant dans le passé. Marty se fait draguer par sa mère et ce point à rendu difficile la sortie du film. Pour moi la période est plus logue.
La cause du regain du puritanisme américain, doit certainement être d’ordre politique, mais je pense qu’il est plus basé sur une logique économique. Pour faire un max de fric, ils faut un maximum de spectateurs et donc en conséquence aseptiser aux maximums les films.


Georges Lucas choisit, lui, une autre voie que le réalisme. Si la trilogie Star Wars profite également de l’effondrement des anciennes valeurs morales, ce n’est pas pour se livrer simplement à un défoulement de ce qui avait été jusque là contenu. C’est pour aller au-delà, là ou personne n’avait été avant lui.  Ce qui est extraordinaire, c’est que le décorticage symbolique, de l’œuvre de Lucas mêle, à priori, tout et n’importe quoi. Et pourtant la trilogie possède une cohérence interne totale. Ce qui devrait paraitre absurde devient évident, parce qu’en fait toutes les figures présentées par Lucas nous sont intimement familières, et en même temps ne sont pas présentées en tant que telles. Dark Vador n’est pas réellement le chevalier noir des temps médiévaux, Yoda n’est pas vraiment un sage asiatique, etc. L’œuvre de George Lucas nous parle le langage des rêves, le langage de l’inconscient, le langage de l’imaginaire collectif. L’œuvre de Georges Lucas n’est pas «universelle », elle est, d’un bout à l’autre, la mise en scène des mythes fondateurs de l’Europe.
D’un point de vue état totalitaire, les USA se défendent bien aussi.
J'ai vraiment du mal à concevoir que SW se basent sur les fondamentaux européens. La création des USA fonctionne aussi et même mieux dans ce cas de figure.

EDIT:
j'ajouterais même, pour raccorder avec notre littérature : sont-ce les Français ou les Américains qui ont le plus porté à l'écran, ces quarante dernières années, Jules Vernes et Alexandre Dumas ?
Pour le cinéma, il faut savoir qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, l’industrie cinématographique européenne était à l’instar des pays européen un petit peu complètement détruit.
Si à la fin de la seconde guerre mondiale, les américains avec leur plan Marchal ont dirigé l’Europe vers leur idéologie contre le communisme. Ce qui est connu et reconnu aujourd’hui. Il est moins connu qu’ils ont empêché le cinéma européen de se redéveloppé pour le remplacer par le leur.
Info obtenue lors la vision de débat d’un parti politique français, l’UPR de François Asselineau. Je ne suis pas personnellement d’accord avec eux. Mais leurs discours sont très intéressants et documentés.


C’est bien les films que les US utiliser pour le formatage de masse d’européen à la sauce américaine.
Cf. les films delta force, top gun etc.. qui sont autant de promos pour les USA. Les gentils qui défendent la planète.

Il ne faut pas perdre de vue que les règles du jeu ne sont pas les mêmes. Les USA se sont développés depuis le début en mode uniformisation de la société. Il n’y a que l’immigration d’Amérique latine qui les a obligés à changer et à accepter l’Espagnol comme langue nationale.

En Europe, si la population est plus importante, elle est beaucoup plus diversifiée. De fait, un film crée touchera moins de gens qu’un film américain. Rien qu’à cause de la langue.
« Modifié: 18 Février 2016 à 11:42:31 par Kanimp »

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Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #7 le: 18 Février 2016 à 12:13:40 »
C'est bête que tu n'aies pas aimé, mais peut-être n'a-tu pas tout compris. Je ne vois pas pourquoi je ne mentionnerais pas Peter Jackson parce qu'il n'est pas américain, il n'y a aucun rapport.

Quant aux Européens, ils ne sont plus capables d’autre chose, quand ils essaient de sortir du cinéma intellectuel, nombriliste et pseudo-élitiste, que de dérision.

Pourquoi n’ont-t-ils pas pu faire Gladiator ? Et plus révélateur encore pour nous, pourquoi Christophe Lambert n’a-t-il pu incarner Vercingétorix que dans un film américain (même si celui-ci se révéla être un navet infâme) ? Vercingétorix, symbole du patriotisme français, qui tenta de repousser par les armes l’invasion étrangère ? Poser la question, c’est apporter la réponse.

Imaginons un film sur ce héros national tourné en France : à quoi pourrait-il ressembler, à part à une comédie grotesque tournant en ridicule les mythes nationaux (ce qu’a été Astérix) ?

Il y a bien une autre option, évidemment, c’est le film de repentance : les soldats gaulois, racistes et moustachus, se montreraient injustement cruels avec les immigrés italiens, mais le chef arverne, révolté, prendrait fait et cause pour les opprimés. Son homosexualité latente s’éveillerait ensuite à l’occasion d’une nuit d’amour avec un jeune éphèbe de Rome arraché des griffes des beaufs celtiques. La bataille finale d’Alésia montrerait tout de même Vercingétorix luttant contre l’ennemi étranger, mais accompagné de son nouveau fiancé ayant trahi la cause de César par amour, ainsi que de quelques Noirs et Arabes dont on expliquerait qu’ils ont traversé les mers pour défendre la liberté et le progressisme contre les fascistes romains, même si l’histoire officielle (de toute façon raciste) n’en garde pas trace.


 En tout cas je t'invite à aller lire ma dernière nouvelle sur short édition : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/toute-trace-de-mon-passage
J'adoooooore !!
"Salopards de français, vous ne faites plus rien de bien..."
Bon, sur ce débat, je ne sais pas quoi dire, c'est vrai que le cinéma français d'aujourd'hui innove peu et manque d'audace.
 :cendrillon:
Mais quittons un instant le cinéma, Arnaud Laurent, et tournons-nous vers la bande dessinée (=art).

Il y a d'excellentes bandes dessinées françaises, si si, tu devrais aller dans une librairie, tu demandes deux trois conseils au libraire, tu vas te régaler !! Ben oui, tu ne trouveras pas ça "à la télé" mais il ne faut pas non plus tout attendre de "la publicité confortable."

La BD française innove énormément !!  :roidumonde:

Pour le reste je trouve le commentaire de Kanimp très juste.

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #8 le: 18 Février 2016 à 12:31:56 »
Pour le cinéma, il faut savoir qu’à la fin de la seconde guerre mondiale, l’industrie cinématographique européenne était à l’instar des pays européen un petit peu complètement détruit.
Si à la fin de la seconde guerre mondiale, les américains avec leur plan Marchal ont dirigé l’Europe vers leur idéologie contre le communisme. Ce qui est connu et reconnu aujourd’hui. Il est moins connu qu’ils ont empêché le cinéma européen de se redéveloppé pour le remplacer par le leur.
Info obtenue lors la vision de débat d’un parti politique français, l’UPR de François Asselineau. Je ne suis pas personnellement d’accord avec eux. Mais leurs discours sont très intéressants et documentés.


C’est bien les films que les US utiliser pour le formatage de masse d’européen à la sauce américaine.
Cf. les films delta force, top gun etc.. qui sont autant de promos pour les USA. Les gentils qui défendent la planète.

Il ne faut pas perdre de vue que les règles du jeu ne sont pas les mêmes. Les USA se sont développés depuis le début en mode uniformisation de la société. Il n’y a que l’immigration d’Amérique latine qui les a obligés à changer et à accepter l’Espagnol comme langue nationale.

En Europe, si la population est plus importante, elle est beaucoup plus diversifiée. De fait, un film crée touchera moins de gens qu’un film américain. Rien qu’à cause de la langue.

Tes observations sont très intéressantes et souvent justes, néanmoins, sur ces derniers points :

Il est vrai que les Américains ont tenté de détruire ou d'asservir, après la guerre le cinéma européen. J'avais lu un article de la NRH il y a très longtemps, je ne me souviens pas des détails. Mais ce n'est pas de ça que je parle.  Si je prends le cinéma français, je constate qu'il y avait beaucoup plus d'audace, beaucoup plus de créativité, dans les années cinquante et soixante, donc dans l'immédiat après-guerre, qu'aujourd'hui. Il n'y avait pas que des grosses comédies avec Clavier et Depardieu d'un côté et des gros navets pseudo-intellos avec Amalric et... Depardieu de l'autre. Il y avait aussi, justement, des adaptations de Vernes et Dumas, ou de Féval, des films d'action avec Jean Marais. Même un film comme Le professionnel (1981) parait impensable aujourd'hui.

Pourquoi on n'avait une telle variété de films et de sujet, et pourquoi ne l'a-t-on plus ? La cause selon moi est exclusivement, je dis bien exclusivement idéologique. 

Le Jeanne d'Arc de Luc Besson n'est pas un film français mais un film américain, dont les acteurs principaux sont américains, et tourné en langue anglaise. Il a couté à peu près le prix d'un épisode d'Astérix. Ce n'est pas forcément un bon film, je vous l'accord, mais c'est un genre de film que les Français se sont interdits moralement de faire depuis qu'ils sont castrés.





C'est bête que tu n'aies pas aimé, mais peut-être n'a-tu pas tout compris. Je ne vois pas pourquoi je ne mentionnerais pas Peter Jackson parce qu'il n'est pas américain, il n'y a aucun rapport.

Quant aux Européens, ils ne sont plus capables d’autre chose, quand ils essaient de sortir du cinéma intellectuel, nombriliste et pseudo-élitiste, que de dérision.

Pourquoi n’ont-t-ils pas pu faire Gladiator ? Et plus révélateur encore pour nous, pourquoi Christophe Lambert n’a-t-il pu incarner Vercingétorix que dans un film américain (même si celui-ci se révéla être un navet infâme) ? Vercingétorix, symbole du patriotisme français, qui tenta de repousser par les armes l’invasion étrangère ? Poser la question, c’est apporter la réponse.

Imaginons un film sur ce héros national tourné en France : à quoi pourrait-il ressembler, à part à une comédie grotesque tournant en ridicule les mythes nationaux (ce qu’a été Astérix) ?

Il y a bien une autre option, évidemment, c’est le film de repentance : les soldats gaulois, racistes et moustachus, se montreraient injustement cruels avec les immigrés italiens, mais le chef arverne, révolté, prendrait fait et cause pour les opprimés. Son homosexualité latente s’éveillerait ensuite à l’occasion d’une nuit d’amour avec un jeune éphèbe de Rome arraché des griffes des beaufs celtiques. La bataille finale d’Alésia montrerait tout de même Vercingétorix luttant contre l’ennemi étranger, mais accompagné de son nouveau fiancé ayant trahi la cause de César par amour, ainsi que de quelques Noirs et Arabes dont on expliquerait qu’ils ont traversé les mers pour défendre la liberté et le progressisme contre les fascistes romains, même si l’histoire officielle (de toute façon raciste) n’en garde pas trace.


 En tout cas je t'invite à aller lire ma dernière nouvelle sur short édition : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/toute-trace-de-mon-passage
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Bon, sur ce débat, je ne sais pas quoi dire, c'est vrai que le cinéma français d'aujourd'hui innove peu et manque d'audace.
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Mais quittons un instant le cinéma, Arnaud Laurent, et tournons-nous vers la bande dessinée (=art).

Il y a d'excellentes bandes dessinées françaises, si si, tu devrais aller dans une librairie, tu demandes deux trois conseils au libraire, tu vas te régaler !! Ben oui, tu ne trouveras pas ça "à la télé" mais il ne faut pas non plus tout attendre de "la publicité confortable."

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Pour le reste je trouve le commentaire de Kanimp très juste.


La BD, c'est encore pire que le cinéma. Le héros PD, ou mieux, l'amazone lesbienne de gauche transportée au Moyen-âge pour combattre la méchante inquisition qui persécute les gentilles minorités... La BD française actuelle est prise en main, entièrement, par les sectes d'extrême-gauche qui font régner leur ordre idéologique d'une main de fer. C'est une catastrophe absolue.

Que ce soit le cinéma, la littérature ou la bande dessinée, nous n'avons plus le droit, en Europe, que de faire du catéchisme.

« Modifié: 20 Février 2016 à 23:12:11 par El_ChiCo »
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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #9 le: 18 Février 2016 à 12:46:26 »
Je te prie de savoir deux choses, d'abord je ne savais pas pour cette histoire de "secte d'extrême-gauche" mais je dois dire que l'art n'est pas aux mains du politique, comme dans un idéal magique qui irait appauvrir le monde ; ensuite les propos homophobes ne peuvent pas être acceptés, selon la loi et également selon une certaine liberté de l'autre qui se doit d'être préservée.

Tu es responsables de tes propos, dans tous les cas, et en toute circonstance.

Personne ne pourra légitimer ces appels à la haine, y compris d'éventuels "sauveurs d'extrême-droite."

Enfin, je pense que tu as besoin d'exprimer une certaine colère que je peux comprendre, même s'il est essentiel que tu le fasses dans les limites du respect et de la dignité.

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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #10 le: 18 Février 2016 à 12:47:58 »
Et moi j'aime bien les héros PD...  :coeur: :coeur: :coeur:
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Re : Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #11 le: 18 Février 2016 à 12:50:41 »
Je te prie de savoir deux choses, d'abord je ne savais pas pour cette histoire de "secte d'extrême-gauche" mais je dois dire que l'art n'est pas aux mains du politique, comme dans un idéal magique qui irait appauvrir le monde ; ensuite les propos homophobes ne peuvent pas être acceptés, selon la loi et également selon une certaine liberté de l'autre qui se doit d'être préservée.

Tu es responsables de tes propos, dans tous les cas, et en toute circonstance.

Personne ne pourra légitimer ces appels à la haine, y compris d'éventuels "sauveurs d'extrême-droite."

Enfin, je pense que tu as besoin d'exprimer une certaine colère que je peux comprendre, même s'il est essentiel que tu le fasses dans les limites du respect et de la dignité.


bien sur que l'art est aux mains du politique. Ca s'appelle les subventions.
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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #12 le: 18 Février 2016 à 12:51:50 »
Attention à ne pas se restreindre aux discours dominants, de nombreux artistes ne sont pas subventionnés, c'est vrai.

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Re : Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #13 le: 18 Février 2016 à 12:53:33 »
Et moi j'aime bien les héros PD...  :coeur: :coeur: :coeur:

Renaud Camus est mon dieu.
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Re : Georges Lucas et l'imaginaire européen
« Réponse #14 le: 18 Février 2016 à 13:02:29 »
Sache que ce forum ne bénéficie d'aucune subvention, et n'est en lien avec aucun parti. Ta liberté de parole sera confrontée à celle de membres tout aussi libres que toi. Tu peux y exprimer ton opinion tant que tu restes dans les limites de la cordialité, c'est-à-dire de l'échange, les propos racistes et homophobes, conformément à la loi, ne peuvent être tolérés. C'est donc un forum neutre. Personnellement, je n'ai aucun lien avec aucun parti politique quel qu'il soit. Certains membres auront des opinions similaires aux tiennes, d'autres non, ce forum n'a aucune ligne politique de droite ou de gauche.

Voilà, pour que tu ne mélanges pas tout.

 


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