Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

26 Juillet 2026 à 18:21:48
Bienvenue, Invité. Merci de vous connecter ou de vous inscrire.


Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » La poétique du comptable

Auteur Sujet: La poétique du comptable  (Lu 2296 fois)

Hors ligne Stalineuro

  • Plumelette
  • Messages: 12
La poétique du comptable
« le: 08 Février 2016 à 19:41:33 »
Hello,

Ceci est une tentative d'histoire pour l'AT du mois de février, Apparences trompeuses. Comme je ne le présenterai pas dans ce cadre, je le poste ici. Pourriez-vous me dire ce que vous en pensez ?

Merci d'avance.

La bise.

Stalineuro
............................................

C’était le premier jour de la nouvelle stagiaire, Coqueline, et Absence était à deux doigts d’abandonner. Mais cette opération n’allait pas se faire toute seule.  Durant ses deux semaines de vacances, la jeune adolescente serait le seul obstacle entre le chaos et ses cahiers de comptabilité. Elle reprit :
 « C’est parce que les factures des sous-traitants de transport ne sont pas soumises à la TVA qu’il faut inscrire les sommes vers le compte 320. Tu comprends ? »
La gamine resta coite. Seul le grincement de son chewing-gum sur ses jeunes canines troubla le silence. L’expression blasée qui animait ses yeux, en revanche, était éloquente. J’ai rien bité, disait-elle. Rien de rien, et je m’en tamponne un peu, de tes comptes de sous-traitant.
Absence exhala un soupir silencieux et s’affaissa dans son fauteuil.
Coqueline se rendit compte qu’elle était allée trop loin, car elle ajouta : « Nan, mais je comprendrai quand je le ferai, vous inquiétez pas. »
Absence  accepta le mensonge : « je ne me fais pas de souci. Moi aussi, j’ai eu du mal, comme toi.» Elle eu un sourire engageant, mais n’'obtint en retour qu’une moue d’ennui mêlé de résignation. Cette moue, elle la connaissait trop bien.

Le mépris des gens envers la comptabilité avait longtemps été pour elle un insoluble mystère. Dans les bars ou en société, il suffisait qu’elle parle de son métier pour que les sourcils se haussent et  que les conversations meurent. Elle ne comptait plus les gentilles séances de drague qui avaient tourné court à la simple mention du mot comptable. D’ abord choquée par l’injustice à l’égard de sa profession, elle avait tenté de défendre la richesse de son occupation, mais elle ne récoltait pour sa peine que de pénibles lieux communs : c’est bien d’apprendre à aimer ce que tu fais, au moins t’as une situation stable, moi j’ai toujours été nul en math… Face à cette avalanche de pitié et d’incompréhension,  elle avait renoncé.

A bien y réfléchir, il ne s’agissait que d’une forme bénigne de xénophobie. Ses origines remontaient à l’âge tendre où les enfants apprennent à s’exprimer par des phrases maladroites et des dessins naïfs. C’est alors que d’impitoyables instituteurs les bombardent à coup de symboles torsadés, des zéros, des plus, et même des pourcentages. Le bambin veut explorer le monde extérieur, et voilà qu’on le jette sur une chaise et qu’on le force à apprendre des tables entières de hiéroglyphes,  aussi utiles à cet âge qu’un livre de cuisine à un crève-la-faim. Comment s’étonner alors du dégoût pour un métier où les chiffres remplacent l’alphabet ?

Absence était un cas particulier. Un cas passionné. Le titre d’experte comptable était pour elle aussi glorieux que biographe, ou historienne, voire peintre. Il lui suffisait de se lever de sa chaise, de se diriger vers cette armoire encombrée de cahiers au fond de son bureau. Il lui suffisait d’ouvrir l’un d’entre eux pour libérer une sarabande de nombres. Des nombres de toutes les unités, de toutes les couleurs. Des nombres à quatre chiffres, parfois sept. Certains, importants, étaient entourés. D’ autres, honteux, étaient raturés dans une tentative d’annihilation. Ensemble, ces colonnes de nombres racontaient une histoire : celle de l’entreprise.

Toute petite, Absence avait lu un conte fabuleux et terrifiant d’Oscar Wilde : le portrait de Dorian Gray. Le livre racontait l’histoire d’un riche anglais dont le portrait avait la particularité de représenter non son physique, mais son âme : à chaque péché que le dandy commettait, le portrait se déformait pour refléter l’outrage à sa morale. A la fin de sa vie, le bel homme peint sur la toile avait laissé place à une bête grotesque et immonde, insupportable à regarder.

Cette métaphore était restée gravée dans l’esprit de la jeune comptable. Elle n’avait pas tardé à se rendre compte que, pour chaque entreprise, il existait un portrait de Dorian Gray. La toile sur laquelle se dessinait leur âme n’était autre que ses cahiers de comptes, et leurs auteurs, des témoins de conscience, des Jimini Cricket discrets en costume sombre. Pour peu que vous ouvriez les comptes d’une entreprise, vous pouviez dire si elle licenciait abusivement, trichait sur ses impôts, ou exploitait le travail des enfants. Dans l’un ou l’autre cas, la meilleure chose à faire était de partir aussi vite que vous le pouviez et de prier pour ses employés.

Dans ce rôle de biographe d’un genre un peu spécial, Absence était une virtuose. Pour peu que vous parliez le langage des chiffres, vous dévoriez ses rapports financiers 2015 en une nuit, à la manière d’un excellent polar. Ses retenues sur provisions vous touchaient comme une métaphore d’amour, et ses comptes de résultat chantaient aussi rudement qu’un poème de Yeats. Il ne vous en coûtait pour cela que le simple effort de lui laisser une chance, un petit soupçon de confiance, et elle vous prenait la main pour vous emmener de l’autre côté du miroir.

Le regard d’Absence retomba sur Coqueline. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que la jeune fille qui éclatait des bulles de chewing-gum devant elle était imperméable à la poétique de la comptabilité. Mais on est jamais certain sans avoir essayé, pas vrai ?
La jeune femme ferma le cahier de comptes. Il était temps de jouer franc jeu.
« Dis-moi, Coqueline, j’ai lu sur ton CV que tu écrivais des romans.
-Oui, j’aime beaucoup écrire.
-Et je peux te demander pourquoi ? »
Coqueline cessa de mâcher son chewing-gum. Elle la regarda comme si Absence lui avait demandé son tour de poitrine. Cette dernière soutint son regard. Après quelques instants de silence pesant, la jeune stagiaire déglutit.
« J’imagine que… c’est parce que j’aime bien décrire la nature humaine… » Elle tournicota ses mèches de plus belle, à présent franchement gênée.
Absence hocha la tête, un doux sourire sur les lèvres. « Moi aussi, j’écris, figure-toi.
-C’est vrai ?
-Puisque je te le dis. Tous les soirs, après le travail. J’adore raconter des histoires. » Coqueline la dévisagea comme si elle reconnaissait tout-à-coup une très vieille amie d’enfance.
« Je m’y attendais pas…
-Parce que je suis une comptable ? Au contraire rien d’étonnant. Tu veux savoir pourquoi ?
-Pourquoi ?
-Parce que rien ne ressemble plus à un homme qu’une entreprise. Pendant la journée, je raconte l’histoire de l’entreprise, et la nuit, celle des êtres qui la composent. » Ces mots allumèrent dans les yeux de son interlocutrice une lueur de curiosité enfantine, et Absence sut qu’elle avait presque gagné.
Elle posa la main sur le cahier noir en cuir posé devant elle et baissa la voix, comme pour faire une confidence : « Une partie de mes histoires son dans ces carnets. Tu veux que t’en montre quelques unes ?
-Oui, répondit la jeune fille sur le même ton.
- J’y mets une condition.
-Laquelle ?
-Je veux que tu me jures de ne parler à personne de ce que tu verras.
-Pourquoi ?
-Parce que je vais te montrer l’âme de l’entreprise. Et c’est un peu comme toi avec tes romans : si tu en parlais à une personne et que celle-ci en parlait à tout le monde sans ta permission, tu serais triste, pas vrai ?
-Oui, j’imagine.
-Et bien c’est pareil pour les comptes. Comme c’est pareil pour Dieu. Tu crois en Dieu ? » Demanda Absence.
La gamine hésita. « Oui… Enfin, je vais au catéchisme.
-Eh bien moi je crois que quand Dieu regarde nos âmes, il garde ce qu’il voit pour lui, tu ne penses pas ? »
Elle ne répondit rien.
« Alors, toujours partante ?
-Toujours. »
Absence se leva, prit la gamine par la main et l’emmena de l’autre côté du miroir, là où les apparences cessent d’être trompeuses.
« Modifié: 09 Février 2016 à 14:22:44 par Stalineuro »

Hors ligne toutine

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : La poétique du comptable
« Réponse #1 le: 08 Février 2016 à 20:43:34 »
Hello, "alors de du dégoût" petite faute d'inattention ;)

encombrée de cahier " hum... tu metterais pas un s à cahier?

et leurs patients auteurs des témoins de conscience, manque quelque chose pour moi. Auteurs va avec patients? une virgule entre et leurs patients auteurs, des témoins de conscience. Pas certaine mais à la lecture ça passe pas

"à la poétique de la comptabilité" Def de poétique (ben oui j'ai du aller voir) "Née avec Aristote, la poétique s'attache à définir les lois de fonctionnement de la littérature" je comprends pas bien le choix de ce mot, pourquoi pas la poésie?
"Absence su qu’elle avait presque gagné". C'est pas sut par hasard.

Tu es comptable? lol. C'est un texte qui se lit facilement, fluide et bien construit. Pas mon style littéraire préféré mais j'ai tout lu ce qui est bon signe^^
« Modifié: 08 Février 2016 à 20:55:27 par toutine »

Hors ligne Haskard

  • Plumelette
  • Messages: 15
Re : La poétique du comptable
« Réponse #2 le: 08 Février 2016 à 22:22:00 »
Texte dont la durée est extra courte et j'aime ce genre de chose.

On suit les pensées de la comptable pour retourner la situation avec efficacité. Tout ça dans une scène qui ne doit pas dépasser 5 minutes en temps réel, soit le temps qu'il faut pour la lire presque.

« Modifié: 08 Février 2016 à 23:31:59 par Haskard »

Hors ligne Stalineuro

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : La poétique du comptable
« Réponse #3 le: 09 Février 2016 à 09:02:56 »
Salut les collègues,

Merci d'être passés !

@Toutine
Merci pour l'édition,  j'ai tout pris en compte, t'avais raison à chaque fois. Pour la poétique, je te répondrai plus tard, si tu le veux bien, histoire d'éviter d'influencer d'éventuels autres lecteurs avec ma propre vision de mon texte.

Je suis pas comptable, mais j'en côtoie. Par contre je fais un boulot avec des chiffres, et je trouve marrantes les similitudes entre mon taf et l'écriture.

@Haskard
Merci pour le feedback :)

@Versus1 : Je n'ai pas bien compris le fond de ta pensée, je crois :)

@tous (si vous avez le temps) :
1. Est-ce que vous avez aimé ? Sinon, c'est à quel moment que vous vous êtes dit que y avait un truc qui n'allait pas ?
2. Est-ce que vous avez retenu une idée ou une impression du texte ?

Hors ligne toutine

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : La poétique du comptable
« Réponse #4 le: 09 Février 2016 à 09:47:54 »
Salut , je pensais à ton texte en me levant ce matin. Je me disais justement que j'aimais bien tes analogies. Je me demandais ou' tu voulais en venir exactement. Dans le sens que pour un texte long ou tu pars carrement sur un delire genre al capone découvert à cause de la compta et Absence va le percer à jour et de nuit écrire un article sur la vie de la sociétè, ou je suis bien en peine de voir ou' tu veux nous emmener. Donc,vu que je suis montée sur le bateau, à ta plume capitaine et fais nous voyager.

Hors ligne toutine

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : La poétique du comptable
« Réponse #5 le: 09 Février 2016 à 09:52:39 »
une dernière chose. Apparence trompeuse si c'est ça le thème sous-jacent hum, l'idée qu'on se fait de la comptable c'est plutot des préjugés trompeurs que des apparences enfin je me trompe peut-être ;)
Et pour la petite histoire, de formation mon mari est comptable. Il est beaucoup trop cartésien pour avoir la créativité de l'écrivain. C'est peut-être parcequ'Apparence est une femme qu'elle a la capacité d'être cartésienne et creative :)
Et je dis à bas les chewingums sur les lieux de travail, non mais!

Hors ligne Stalineuro

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : La poétique du comptable
« Réponse #6 le: 09 Février 2016 à 10:15:28 »
Oh my gosh, j'aime ton idée de traque comptable ! Du suspense, du sens et de l'action. Merci beaucoup !

Je teste ça ce soir, fieu !

Concernant la différence entre Apparences trompeuses et préjugés trompeurs, oui, c'est vrai qu'il y a une nuance. Je vais modifier mon histoire, même si le fond restera le même. Je laisserai le jury décider si les deux concepts sont suffisamment connectés.

S'il ne rejette pas le texte parce que trop facilement identifiable, lol :)

Mais moi je trouve que l'écriture, c'est super cartésien !

La bise et bonne journée

Hors ligne toutine

  • Tabellion
  • Messages: 26
Re : La poétique du comptable
« Réponse #7 le: 09 Février 2016 à 10:47:40 »
:) c'est vrai que l'écriture à un côté très carthésien mais un bon écrivain et quelqu'un qui sort des carcans du dictat de l'académie.
Bises à toi alors.

Hors ligne vinzWallbreaker

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 836
  • Ga Bu Zo Meu
    • Esquisses-18
Re : La poétique du comptable
« Réponse #8 le: 09 Février 2016 à 13:15:32 »
Texte fluide et agréable qui redonne un peu d'humanité aux comptables (non mais j'te jure quel boulot bizarre  :P).

Sinon, au passage, polar s'écrit sans d à la fin...
Avec des Si on fait de la musique monotone...

Hors ligne Stalineuro

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : La poétique du comptable
« Réponse #9 le: 09 Février 2016 à 14:24:16 »
Hello vinzWallbreaker,

Merci pour le retour, ça fait plaisir.

Corrigé pour le polar.

Hors ligne vinzWallbreaker

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 2 836
  • Ga Bu Zo Meu
    • Esquisses-18
Re : La poétique du comptable
« Réponse #10 le: 09 Février 2016 à 15:19:14 »
Et vinz qui voudrait faire croire qu'il peut être arbitre en tout et partout ... et là, du je qui s'est excusé ... Dia, vinz ! un arbitre d'une humanité de cartoons plutôt, non ? Et après, c'est quoi la prochaine étape : on se décervele ou on tourne en rond ? Je dis ça : c'est bien le Web !

Pour le reste ... Quand ça fait semblant de ne pas comprendre ...

????  :o J'ai dû louper un truc dernièrement, parce que je capte pas trop ta remarque... Pour le coup je préfère voir ça avec toi en MP, histoire de ne pas pourrir le fil de Stalineuro.
Avec des Si on fait de la musique monotone...

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 753
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : La poétique du comptable
« Réponse #11 le: 09 Février 2016 à 16:49:46 »
Oui, je pense que Versus n'est pas vraiment d'accord avec le propos du texte ; il peut y avoir des désaccords, même si c'est important de comprendre que le forum regroupe des personnalités différentes avec des engagements différents. Eh ! Oui, écrire, c'est aussi prendre position dans un monde toujours plus contradictoire. Et il y a autant de lecteurs qu'il y a de lectures.

Pour ma part, je pense, Stalineuro, que tu as écrit un texte qui révèlerait le "grand secret du comptable," mais dont je me suis senti un peu exclu. La construction de la narration telle qu'elle est proposée gagnerait à offrir plus de "perches" ; autrement dit : plus d'échange avec le lecteur. C'est-à-dire que j'aimerais savoir ce qu'il y a d'autant "intéressant" dans une vie de comptable (si ce n'est l'argent), peut-être pour favoriser la compréhension du texte. Effectivement, j'aurais aimé être un peu plus dans la confidence, profiter un peu du secret, plutôt que de lire un texte qui m'explique qu'il y a un secret que je ne connaîtrai jamais. Bien sûr, ce n'est peut-être pas ton intention, et dans un tel cas, difficile de trouver une issue...

 :bouquine:

Ton texte ne fait-il pas un peu penser à un conte qui dirait : "Il était une fois une belle princesse reine de la joie, mais je ne vais pas vous raconter son histoire..." ?

Hors ligne Stalineuro

  • Plumelette
  • Messages: 12
Re : La poétique du comptable
« Réponse #12 le: 09 Février 2016 à 18:38:30 »
Hello,

Oui oui, je vois bien ce que tu veux dire. J'aime pas trop non plus parce que y a trop de description et pas assez d’événements, ni d'évolution dans la situation. Du coup ça fait un peu blague sans chute.

Toutine m'a suggéré d'autres pistes de réflexion, mais ça va tout changer, du coup.

Merci pour ton retour :)

@Versus1 : si tes réponses étaient un peu moins obscures, je pourrais répondre à tes postes, mais là, je ne comprends vraiment rien :(


La bise.
« Modifié: 09 Février 2016 à 18:49:30 par Stalineuro »

Hors ligne Alan Tréard

  • Vortex Intertextuel
  • Messages: 7 753
  • Optimiste, je vais chaud devant.
    • Alan Tréard, c'est moi !
Re : La poétique du comptable
« Réponse #13 le: 09 Février 2016 à 19:41:17 »
D'accord, je peux comprendre. Tu sembles cacher plus d'un secret ! C'est mystérieux. C'est toujours difficile de poster un texte, tu as bien fait de nous le partager, même si les avis sont inégaux. Parfois, on n'hésite à dire une chose plutôt qu'une autre, c'est tout le travail de l'auteur que de privilégier un sujet ou un autre. On en saura plus sur toi aux prochains textes, je pense. Merci pour ta réponse.

Hors ligne pehache

  • Grand Encrier Cosmique
  • Messages: 1 468
Re : La poétique du comptable
« Réponse #14 le: 09 Février 2016 à 21:00:26 »
Sympa.
Quelques coquilles:
Elle euT un sourire engageant,
d'un riche Anglais
Mais on N' est jamais certain

 


Écrivez-nous :
Ou retrouvez-nous sur les réseaux sociaux :
Les textes postés sur le forum sont publiés sous licence Creative Commons BY-NC-ND. Merci de la respecter :)

SMF 2.0.19 | SMF © 2017, Simple Machines | Terms and Policies
Manuscript © Blocweb

Page générée en 0.019 secondes avec 23 requêtes.