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02 Septembre 2026 à 13:41:31
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Raconte-moi la pluie (Première partie)

Auteur Sujet: Raconte-moi la pluie (Première partie)  (Lu 2426 fois)

Hors ligne Amymaria

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Raconte-moi la pluie (Première partie)
« le: 06 Février 2016 à 15:38:36 »
Bon ben voilà, premier texte que je vous soumet j'attends vos commentaires.
Ma première inspiration est un de mes rêves qui m'a poursuivi pendant plus d'un an. J'ai réécris ce texte sous quatre versions différentes, mais je dois avouer que celle là est celle qui se rapproche le plus de l'idée de départ.

PS: ceci n'est que la première partie du texte, je posterais la suite plus tard. 


***
« Lou, es-tu là ? »
-   Oui, je suis là.
« Lou, parle-moi. »
-   Que veux-tu que je te dise ?
« Raconte-moi la pluie. »
-   La pluie… Il était une fois, dans un pays très lointain, deux petites filles aux cheveux de chêne et aux yeux de corbeaux. Tout les matins, elles allaient au puits chercher de l’eau pour leur mère. Ensuite, une fois le petit-déjeuner préparé et le repassage fait, elles couraient vers le lavoir, enlevaient leurs vêtements et se baignaient dans l’eau froide. Le courant gelé leur griffait la peau, mais elles s’en fichaient. Elles jouaient ainsi dans l’eau jusqu’à l’heure du déjeuner, puis y retournaient tout l’après-midi avant de revenir, le soir venu, trempées jusqu’aux os, mais plus heureuses que jamais. Un jour, alors qu’elles s’amusaient sur le rebord en pierre, l’une des petites filles tomba dans le courant. Il l’emporta au loin, dans un silence glacé. La première petite fille pleura. Elle rentra en courant à la maison, expliqua tout à sa mère. Mais celle-ci ne pleura pas.
-   C’est comme ça. Dit-elle.
Personne d’autre ne pleura. Personne d’autre ne l’aimait. La première petite fille retourna au lavoir, s’assit sur le rebord du muret et attendit. Alors qu’elle levait la main vers le ciel, la pluie se mit à tomber. Elle comprit qu’il pleurait pour elle. Elle se mit alors à chanter la comptine pour enfant que sa sœur fredonnait le soir avant de dormir. Et, sans vraiment y réfléchir, sans vraiment penser à ce que ça faisait, elle poussa sur ses mains et se laissa emporter. Depuis, souvent, le ciel pleure au-dessus du lavoir. Car plus personne n’est là pour pleurer.
« On dirais nous. »
-   Oui. Je sais.
-   Lou ! Descend de là et viens m’aider avec le repas !
C’est la voix de maman. Je dois y aller.
Je descends les marches en courant, à peu près sûre de ce qui m’attends dans le salon. Ma mère est affalée dans le canapé une bière à la main. La pièce empeste la fumée de cigarette.
-   Dépêche-toi j’ai faim.
J’allume la gazinière et commence à peler les légumes. Trente minutes plus tard, le repas est prêt. Je sers une assiette à ma mère avant d’enfiler mes escarpins noirs.
-   Je vais au travail maman. A tout à l’heure.
-   Ouai, ouai…
Je descends la rue d’un pas décidé et me dirige vers le centre ville. Les panneaux lumineux du grand hôtel me font face. Je ne  peux pas m’empêcher de soupirer. Quel travail ennuyeux. J’ouvre la grande porte en acajou vert en murmurant un « bonjour » quasi inaudible à Jacques, le gardien, avant de me faufiler vers les vestiaires des femmes.
-   Lou, dépêche-toi tu es en retard ! crie Marie-louise à travers la cloison du vestiaire.
-   J’arrive.
J’enfile rapidement ma jupe noir et mon chemisier blanc avant de me diriger vers la grande salle. Marie-louise m’accompagne dans le couloir. C’est une des seules personnes que j’apprécie ici. Elle est toujours rayonnante, avec ses cheveux blonds, son rouge à lèvre rouge et ses ongles roses. Toujours parfaite. La journée passe plus vite quand elle est de service au bar dans la même salle que moi. Le rouge vif des rideaux de velours me pique les yeux lorsque s’ouvre la porte. Je ne m’y habituerais jamais. Le brouhaha de la foule attablée sur du lin blanc, devant des verres en cristaux et des couverts en argents, me donne envie de vomir. Je m’avance vers le piano, l’ouvre et m’assoie avant d’avancer mes doigts sur les touches blanches. La mélodie de Chopin sort du bois noir et s’évapore dans le bruit des conversations. Elle fait partie du décor, sans pourtant être d’une quelconque importance. J’enchaine les morceaux pendant plus de deux heures. Mes doigts deviennent douloureux, mais ce n’est pas grave. C’est mon travail. Je dois jouer.
-   Vous avez l’air si triste.
Cette voix venue de nulle part me fait sursauter. Je me retourne et découvre un jeune homme, grand et élancé, qui me fait face, un sourire dans le coin des lèvres. Il est étranger, c’est certain. Ses yeux forment une ligne mince assez surprenante, mais je n’arrive pas à reconnaître son origine. Il porte un costume noir et une cravate bleue. Je le connais. Je sais que je le connais. Je lui adresse un sourire poli avant de reprendre la mélodie. J’entends ses pas s’éloigner et constate quelques secondes plus tard avec soulagement qu’il est parti.
   Les jours se suivent sans vraiment que je n’y fasse attention. Je suis toujours la même routine. Sauf que maintenant, il est là. L’homme au beau costume et à la cravate bleue. Les serveurs l’appellent "l’asiatique". Lorsque j’arrive au travail et que je me place devant mon piano, je le vois m’observer depuis la table numéro cinq. Il boit toujours la même chose, un verre de whisky. Il ne bouge pas de sa place jusqu’à ce que je finisse de jouer. Ensuite il commande un second verre, le boit cul-sec, se lève et s‘éclipse. Il n’est plus venu me parler. Je commençais à m’y faire, mais aujourd’hui c’est différent. Son regard est vraiment insistant. Il me brule le torse. Je jette un coup d’œil à l’horloge dorée du grand salon. Il est 16h35. Je fais signe au responsable que je vais faire une pause. Marie-louise laisse le bar et m’accompagne dans le bureau des employés.
-   Eh bien, il est encore là ? dit-elle en nous servant une tasse de café.
-   Oui.
-   Mais qu’est-ce qu’il te veut à la fin ? Il ne s’arrête jamais de te regarder.
-   Je ne sais pas. Je ne le connais même pas.
-   Tu devrais en parler au patron. On ne sait jamais, c’est peut-être un psychopathe.
-   Tu as surement raison, je lui en parlerais ce soir.
Le café a un gout amer qui m’assèche la gorge, mais je sais que je dois en boire pour tenir le reste de la soirée. J’y rajoute quelques sucres pour qu’il ai un meilleur gout. Thibaut, un des cuisiniers passe derrière nous.
-   Bonjour les filles. Ca va aujourd’hui ?
-   Bonjour Thibaut, répondis-je poliment. Oui, ca va et toi ?
-   Oui.
Un silence tendu s’installe. Je regarde Marie-louise. Elle rougit jusqu’aux oreilles.
-   Bon et bien, j’y retourne… A plus tard.
-   C’est ça. A plus tard.
J’attends qu’il soit partit pour émettre un petit rire amusé.
-   C’est bon il est partit, tu peux reprendre ton souffle.
-   Ce n’est pas drôle ! Je ne sais pas comment réagir quand je le croise.
Je lui donne un petit coup de coude dans les cotes et elle se met à rire elle aussi. Après quelques minutes, nous retournons vers le grand salon  pour reprendre notre poste. Lorsque j’ouvre la porte, le rouge du velours me fait cligner à nouveau des yeux, et je ne me rends pas compte tout de suite de ce qu’il se passe. C’est lorsque j’entends la mélodie que je comprends que c’est lui qui a pris ma place au piano. Il joue Requiem for a dream, à la perfection. Il joue notre chanson.
« Lou… »
Comment connaît-il notre chanson ? Mes yeux s’emplissent de larmes que je m'efforce de retenir fermement. Il est hors de question que je pleure ici. Son regard croise le mien quelques secondes et tout devient flou.
« Lou… C’est lui.»
Je ne comprends pas. La mélodie file dans l’air et le son s’éteint doucement sur une dernière note salée. Il se lève et se plante devant moi en souriant.
-   Bonjour Lou.
Sa main se pose sur ma joue  et me caresse doucement. Je suis incapable de répondre quoi que se soit. Tout se passe alors très vite. J’entends les cris de Marie-louise, et quelqu’un me tire vers l’arrière pour m’écarter de lui. Un bruit sourd se fait entendre. Complètement sonnée, je suis les directives de Marie-louise qui m’entraine vers l’arrière de la salle.
-   Lou ! Est-ce que ça va ?
-   Oui, je crois.
-   Non mais tu vois ? Qu’est-ce que je t’avais dit. C’est un malade ce gars. Heureusement que j’avais prévenu la sécurité !   Non mais pour qui il se prend de te toucher comme ça…
Je l’écoute rager toute seule, sans vraiment répondre.
« C’est lui, Lou. »
Je regarde ton fantôme disparaître dans les airs. Je ne comprends toujours pas qui il est.

   Ça fait plus de trois jours que je ne suis pas allée travailler. On m’a accordé une semaine de pause, mais ça ne m’aide pas. Je tourne en rond dans la maison, sans trop savoir quoi faire. Sans trop savoir quoi penser. Son visage me hante.
« Lou ? »
Oui ?
« Raconte-moi la pluie. »
Je soupire.
-    Il était une fois, dans un pays très lointain, vivaient deux petites filles aux cheveux de chêne et aux yeux de corbeaux. Tout les matins elles allaient au puis chercher de l’eau pour leur mère. Ensuite, une fois le petit-déjeuner préparé et le repassage fait, elles couraient vers le lavoir, enlevaient leurs vêtements et se baignaient dans l’eau froide. Le courant gelé leur griffait la peau, mais elles s’en fichaient. Elles jouaient ainsi dans l’eau jusqu’à l’heure du déjeuner, puis y retournaient tout l’après-midi avant de revenir le soir venu, trempées jusqu’aux os, mais plus heureuse que jamais. Un jour, alors qu’elles s’amusaient sur le rebord en pierre, l’une des petites filles tomba dans le courant. Il l’emporta au loin, dans un silence glacé. La première petite fille pleura. Elle rentra en courant à la maison, expliqua tout à sa mère. Mais celle-ci ne pleura pas.
-   C’est comme ça. Dit-elle.
Personne d’autre ne pleura. Personne d’autre ne l’aimait. La première petite fille retourna au lavoir, s’assit sur le rebord du muret et attendis. Alors qu’elle levait la main vers le ciel, la pluie se mit à tomber. Elle comprit qu’il pleurait pour elle. Elle se mit alors à chanter la comptine pour enfant que sa sœur fredonnait le soir avant de dormir. Et, sans vraiment y réfléchir, sans vraiment penser à ce que ça faisait, elle poussa sur ses mains et se laissa emporter. Depuis, souvent, le ciel pleure au-dessus du lavoir. Car plus personne n’est là pour pleurer.
« C’est lui. »
Mon portable sonne. C’est Marie-louise.
-   Allo, Lou ?
-   Oui ?
-   Ben, tu fais quoi ? Tu viens ce soir au moins ?
-   Comment ça ?
-   Le gala de l’entreprise.
-   Ah oui, dis-je en jetant un coup d’œil à ma montre. J’arrive.
Je me lève et commence à me préparer. J’enfile ma robe rouge et mes escarpins noirs, je couvre mes yeux d’un trait de crayon noir et sors de la maison sans me faire remarquer. Un taxi m’attend devant le trottoir. Je n’ai pas commandé de taxi. La peur me prend quand je vois Marie-louise qui sort part la porte arrière de la voiture. Un soupir de soulagement m’échappe.
-   Je savais que tu oublierais, alors je suis venue te chercher. Dit-elle avec une moue enfantine.
Je lui souris, heureuse qu’elle soit venue. Heureuse qu’elle ai pensé à moi.
-   Alors ? Prête à t’éclater ?
-   C’est juste une soirée Marie-louise.
-   Arrête de faire ta mauvaise tête. Tu es très jolie. Et pour une fois qu’on peu s’amuser…
Je ne lui réponds pas, absorbée par le paysage derrière la vitre.
-   Tu penses encore à l’homme qui vient au bar. C’est ça ?
-   Oui.
-   Tu es amoureuse ?
-   Non ! couinais-je.
-   Alors quoi ?
-   J’ai l’impression de le connaître. C’est tout.
-   Ah.
Elle attend quelques secondes avant d’engager la conversation vers un autre sujet.
-   Au fait tu as pris ton masque ?
-   Mon masque ?
-   C’est un bal masqué Lou ! dit-elle en fouillant dans son sac. Heureusement, je me doutais que tu allais oublier. Alors… Je t’en ai pris un !
Elle sort un masque noir  aux bordures dorées et passe ses mains autour de ma tête pour me le mettre.
-    Il te va comme un gant !
-   Vous êtes arrivées mesdemoiselles ! nous préviens le chauffeur.
Nous sortons de la voiture. Pour une fois, nous entrons dans le grand hôtel par l’entrée principale. Le tapis rouge a été déroulé pour l’occasion. Marie-louise m’attrape par la main et m’entraîne vers la grande salle de réception.
-   Allez Lou, essai de t’amuser d’accord ?
-   Promis. Répondis-je avec un sourire.
Je remarque Thibaut, le cuisinier, au fond de la pièce, en train de discuter avec des collègues. Il dévore Marie-louise des yeux.
-   Tu as soif ? Je vais nous chercher à boire.
-   Attends je viens avec toi.
-   Non, non, ne t’inquiète pas.
-   Pourquoi ? me demande-t-elle surprise.
-   Regarde qui est là-bas. Dis-je en la poussant. Tu ferais mieux d’aller lui parler. Bonne chance.
Je la plante là et me dirige vers le buffet.
-   Un verre de champagne s’il vous plait.
Alors que je m’apprête à attraper le verre que le serveur me tend, une main m’attrape le poignet.
-   Mademoiselle ?
Son regard accroche le mien et je ne peux plus m’en défaire.
« Lou… »
Il prend ma main, et m’entraine vers la piste de danse. Je ne peux pas m’empêcher de le suivre. Il ne dit pas un mot. Je sais que je le connais. Mais je n’arrive pas à me souvenir. Soudainement, les mots sortent de ma bouche sans que je puisse les retenir :
-   Est-ce que vous me harcelez ?
Un petit rire nerveux lui échappe, mais il répond très sérieusement :
-   Je suis là pour vous aider.
« Modifié: 06 Février 2016 à 18:48:01 par Amymaria »

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Racontes-moi la pluie (Première partie)
« Réponse #1 le: 06 Février 2016 à 17:26:01 »
Salut !

Citer
Il était une fois [...] vivaient deux petites filles
Tu dois enlever le "vivaient", non ?

Citer
La Première petite fille pleura.
Pourquoi la majuscule ?

Citer
La première petite fille retourna au lavoir, s’assit sur le rebord du muret et attendis
attendit

Citer
Je vais au travaille maman
travail

Citer
La mélodie de Chopin sort du bois noir et s’évapore dans le bruit des conversations. Elle fait partie du décor, sans pourtant être d’une quelconque importance.
Oui je comprends, c'est très énervant.

Citer
et constate quelques secondes plus tard avec soulagement qu’il est partit.
parti
Citer
Les jours se suivent sans vraiment que je n’y fasse attention
Quelque chose sonne faux dans cette phrase ; sans que je n'y fasse vraiment attention ?

Citer
Lorsque j’arrive au travail et que je me place devant  mon piano
Espace en trop avant "mon"

Citer
Bonjour Thibaut. Répondis-je poliment.
Virgule au lieu de point après "Thibaut" ?
Répondre est au passé simple. Comment on dit déjà, réponds-je, répondé-je ? Bref je ne sais pas, mais je pense que "Répondis-je" ne passe pas.

Terminé !

Alors je suis intrigué, j'ai envie de connaître la suite. Je réserve mon avis jusqu'au moment où j'aurais lu toute l'histoire ; je ne peux pas dire autre chose pour l'instant, si ce n'est que je suis curieux.
Il y a quelques lourdeurs dans l'écriture, mais rien de grave je trouve.

A bientôt j'espère :)

Hors ligne Amymaria

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Re : Racontes-moi la pluie (Première partie)
« Réponse #2 le: 06 Février 2016 à 17:33:06 »
Merci beaucoup pour ton avis ! Et désolée pour les fautes d'orthographe... J'ai beau me relire des dizaines de fois, il y en a toujours que je passe ... Je mettrais la suite plus tard...

Hors ligne Kerena

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Re : Racontes-moi la pluie (Première partie)
« Réponse #3 le: 06 Février 2016 à 18:27:26 »
Il faut surtout retirer tous les "s" de l'impératif présent  :-¬?

"raconte-moi", "parle-moi", et j'en passe...

(perso, ça m'a freinée, désolée mais j'ai pas passé les premières lignes  :-[ )

Ce serait aussi sympa de corriger les fautes relevées par exta, parce que les suivants risquent de les relever à nouveau !
Je crois qu'il y a dans le coeur des hommes une place créée pour l'émerveillement, une place endormie qui attend de s'épanouir ~ Les Aventuriers de la mer


Hors ligne Amymaria

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Re : Raconte-moi la pluie (Première partie)
« Réponse #4 le: 06 Février 2016 à 18:43:03 »
Fait !  ;D
Vraiment désolée pour les fautes, comme je l'expliquais dans ma présentation j'ai un problème avec l'ordinateur parce que à l'écrit je ne fais pas de fautes ...

Hors ligne Amymaria

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Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #5 le: 07 Février 2016 à 15:42:45 »
Voici la deuxième partie de mon texte. Pour l'instant je n'ai pas de troisième partie donc il est possible que ce soit une fin, enfin pour moi c'est comme ça que je le conçois.
Encore une fois, désolée pour les fautes... Si vous en trouvez, je les corrigerais avec plaisir.
J'attend vos avis :)

*

-   J’aimerais que vous me laissiez tranquille.
-   Elle voudrait que je sois là pour vous.
Je cesse de danser. Tout mon corps me hurle de le frapper. Il ne détourne pas son regard. Je m’écarte de lui et m’incline.
-   Excusez-moi.
Je tourne les talons et me dirige vers la sortie. De l’air. Une boule dans ma gorge m’empêche de respirer. Je ne peux plus respirer. Je sors par l’entrée des employés et me retrouve dans la cour intérieure. J’inspire profondément, les mains sur mes genoux et les yeux fermés.
-   Ca va Lou ?
Marie-louise est derrière moi en quelques secondes, la main dans le bas de mon dos.
-   Tu devrais retourner avec Thibaut.
-   Qu’est-ce qu’il c’est passé ?
-   Il était là.
-   Quoi ? Encore ?
-   Je vais rentrer chez moi.
-   Je te raccompagne.
Je me laisse faire. Je la connais et je sais qu’elle ne lâchera pas le morceau avant qu’on soit arrivé chez moi. Nous ne disons pas un mot dans le taxi. Elle me laisse devant ma maison. Je m’empresse de rentrer, monte les marches quatre-à-quatre et m’enferme dans ma chambre. J’entends ma mère regarder la télé à fonds dans le salon en bas. Je me cache sous ma couette pour oublier ce bruit désagréable. J’ai besoin de me calmer.
« Lou. »
J’allume mon téléphone, branche mes écouteurs et ouvre ta playlist. La première musique qui apparait est celle d’un jeux vidéo, celui que tu adorais. Assassin’sCreed – Ezio’s Family. Je me suis toujours demandé qui pouvait aimer les musiques de jeux-vidéo et de films à part toi. Je lance le morceau. Sa douceur me surprend. Je me sens transportée dans un autre monde. Tout disparaît, tout sauf cette musique. Plus rien ne peut m’atteindre. Je m'endors enfin, apaisée par la musique et par ta voix qui chante près de moi.
*
Le jour suivant, quelqu’un sonne à la porte.
-   Lou ! Vas ouvrir ! crie ma mère depuis le salon.
Je descends les marches et ouvre le cadran en verre de la porte d’entrée pour voir qui est la.
-   Bonjour.
C’est lui. Il me regarde en souriant. Je savais qu’il finirait par venir ici. J’en reste interdite. Mon cœur bat plus fort. Ma bouche s’assèche. Mes mains tremblent.
-   Je peux entrer ?
-   Qui c’est Lou ?
-   Un… collègue de travail. Je sors quelques minutes maman !
J’ouvre le loquet et me glisse à l’extérieur. Mes bras se croisent sur mon torse.  Je cache mes mains tremblantes comme je peux. 
-   Qu’est-ce que vous faite là ?
-   Tu le sais Lou.
Il me tutoie maintenant... Je devrais peut-être appeler la police. 
-   Qui êtes-vous ?
Il me sourit et me réponds :
-   Je suis le ciel.
-   Allez-vous-en.
-   Je ne peux pas.
-   Pourquoi ?
-   Je dois t’aider.
-   Je n’ai besoin de personne.
-   Sauf d’elle, n’est-ce pas.
Mes nerfs s’enflamme.
-   Je vous interdis de parler d’elle ! Vous ne savez pas de quoi vous parlez !
-   Au contraire. Je vous connais mieux que tu ne le penses.
« Lou. Calme-toi Lou.»
Je ne crois plus aux contes pour enfants. Tu ne reviendras pas. Je serais seule à jamais. C’est comme ça.
-   Si vous ne partez pas, j’appelle la police.
Il s’incline légèrement, un bras devant son torse et recule avant de s’en aller. Je rentre dans la maison en claquant la porte derrière moi, furieuse. J’enfile mes bottes de pluies et mon manteau.
-   Ou tu vas ?
-   Faire un tour. Je reviendrais pour le diner.
Je sors avant qu’elle ai pu rajouter quoi que se soit. L’air frais du soir me brule la gorge, mais je n’en tiens pas compte. Mes jambes se dirigent seules dans les chemins boisés. Bientôt le lavoir m’apparaît. Je suis essoufflée. Mes jambes tremblent. Ma respiration est saccadée. Le soleil diffuse une faible lumière au travers des feuilles de chêne. J’essai de reprendre mon souffle avant de me diriger vers l’eau. Je la caresse du bout des doigts. Elle est glacée.
« Un matin dans les champs de blé
Tu t’es mise à chanter
Le sang a coulé dans la rivière
Liées pour toujours
Jamais je ne t’oublierais. »
Je te vois, apparaître sur le rebord du muret. Tu me regarde, les yeux emplis de tristesse. Je vois tes lèvres bouger au fur et à mesure que tu chantes pour moi. L’eau qui coule dans le lavoir t’accompagne de son air. Cette fois je pleure sans me retenir. Toi aussi tu pleures. Des perles d’étoiles coulent le long de ta peau de miel et tombent à la surface de l’eau. Je m’assois sur le muret, à tes cotés. Ma voix entonne la mélodie. Mes jambes pendent dans l’eau gelée. Je lève la tête et écoute le vent chanter dans les arbres. Je retiens ma respiration et pense très fort. Qu’a-tu pensé au moment où ton corps a glissé dans l’eau ? A-tu eu peur ? Ou étais-tu heureuse ? Je lève ma main au-dessus de ma tête et laisse filtrer la lumière au travers de mes doigts. Est-ce que ça fais si mal que ça, de disparaître ? Je te regarde. Tes yeux corbeaux pleurent encore. Je ferme les yeux très fort. Mes doigts se crispent sur la pierre. Je m'entend murmurer :
-   Donne-moi du courage. 
Je m’élance. Le liquide doux m’emplit la gorge et les poumons. C’est délicieusement douloureux. J’ai très peur. Mais je sais que bientôt je serais avec toi. Bientôt je ne serais plus seule.
*
Mes bras et mes jambes sont engourdies. J’ai chaud. J’entends ce son. Le piano chante Requiem for a dream. J’ouvre doucement les yeux. La lumière du jour m’assaille. Je suis dans un lit aux draps blancs. Un parfum de cannelle vient me chatouiller le nez. Je tourne la tête. Je suis dans une pièce que je ne connais pas. Je remarque mes vêtements sur le dossier d’une chaise, dans un coin de la chambre. Je soulève tout de suite les draps pour découvrir mon corps affublé d’un jogging bleu ciel. Je me lève, récupère mes vêtements, et me dirige vers la mélodie. Je me retrouve dans un couloir recouvert de tapisserie rouge saillante. Une porte entrouverte retient mon attention. Il est là, en train de jouer du piano. Alors que je pousse la porte il cesse de jouer, referme le couvercle et se tourne vers moi. Il ferme les yeux et commence à parler, d’un air paisible :
-   Il était une fois, dans un pays très lointain, vivaient deux petites filles aux cheveux de chêne et aux yeux de corbeaux. Tout les matins elles allaient au puis chercher de l’eau pour leur mère. Ensuite, une fois le petit-déjeuner préparé et le repassage fait, elles couraient vers le lavoir, enlevaient leurs vêtements et se baignaient dans l’eau froide. Le courant gelé leur griffait la peau, mais elles s’en fichaient. Elles jouaient ainsi dans l’eau jusqu’à l’heure du déjeuner, puis y retournaient tout l’après-midi avant de revenir le soir venu, trempées jusqu’aux os, mais plus heureuse que jamais. Un jour, alors qu’elles s’amusaient sur le rebord en pierre, l’une des petites filles se laissa tomber dans le courant. Il l’emporta au loin, dans un silence glacé. La première petite fille pleura. Elle rentra en courant à la maison, expliqua tout à sa mère. Mais celle-ci ne pleura pas.
-   C’est comme ça. Dit-elle.
Personne d’autre ne pleura. Personne d’autre ne l’aimait. La première petite fille retourna au lavoir, s’assit sur le rebord du muret et attendis. Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’un enfant, qui habitait en haut de la colline avait pour habitude d’observer les deux sœurs avec des jumelles. Ce qu’elle ne savait pas c’est qu’il les aimait, ces deux jumelles aux cheveux de chêne.

Hors ligne AJGF

  • Calligraphe
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Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #6 le: 07 Février 2016 à 17:00:30 »
Bonjour,

Etant donné que je n'ai pas lu ta première partie, je ne saurai pas commenter celle-ci.
Je vais te donner une petite astuce, je pense que ce serait plus judicieux de rassembler les deux textes. De cette façon-là, tu aurais beaucoup plus de lecteur et d'avis.

Au plaisir.

Dancarlos

  • Invité
Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #7 le: 08 Février 2016 à 11:22:08 »
Moi non plus je n'ai pas lu la 1ère partie.  Éloge de la simplicité, ce texte à mes yeux a aussi quelque chose à la fois de terriblement réel et d'onirique. Les phrases sont courtes, précises comme un souffle syncopé, une suite de sanglots retenus.  Le rythme est régulier, c'est un pouls en alerte, un cœur qui tient et qui flanche. Pas besoin de connaître le détail des faits quand entre les ligne s'expriment la tristesse en retenue, la nostalgie des non dits ou des peu dits, le courage et la patience, le vide et le plein, l'oubli et la mémoire, l'absence et la solitude. Si j'ai aimé, bien sûr que oui. On signe où?  Tu es comme le canari, on croit qu'il chante bien parce qu'il est heureux ou parce qu'il fait beau  mais c'est autre chose.... Merci Anymaria, continue. Dancarlos

swafran

  • Invité
Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #8 le: 08 Février 2016 à 12:20:34 »
Salut Amymaria

Merci pour ton gentil bonjour, voilà j'ai lu ton texte ! Si tu veux lire le mien mon premier post est ici : http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,19655.msg320382.html#msg320382

J'ai aimé Raconte-moi la pluie, on a envie d'en savoir plus, de découvrir le lien entre l'homme qui approche Lou et la fille qui s'est noyée, etc. La mère alcolo est pas mal, et les conversations entre filles dans l'hôtel assez réalistes. Me permets-tu une critique, de la part de quelqu'un qui a aimé ton histoire ? Tu n'as pas besoin de répéter plusieurs fois l'histoire du lavoir. Tu peux y faire allusion en répétant juste une phrase clé, par exemple. Mais répéter tout le passage, c'est trop.

Hors ligne Amymaria

  • Scribe
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Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #9 le: 08 Février 2016 à 12:41:43 »
Merci pour vos commentaires !

Swafran : Je lirais ton premier écris (sûrement dans la journée d'ailleurs) avec plaisir ! Et merci pour ton conseil, effectivement je pense que tu as raison sur le fait que je devrais condenser le passage du lavoir en une seule phrase... Je vais essayer d'appliquer ça dans mon prochain texte  :)

Dancarlos : Merci pour ta critique ! Ça m'a permis de me situer un peu mieux par rapport à mon texte et je sais maintenant qu'est-ce que je souhaite développer davantage ! Au plaisir de te lire bientôt ! AmyM.

AGJF : Il est vrai que rassembler mes deux parties semble plus judicieux, mais c'est un choix personnel car je n'étais pas sûre de poster la seconde partie... Mais merci du conseil  :)

Hors ligne extasy

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Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #10 le: 08 Février 2016 à 18:42:43 »
Perso, j'aimerais bien une troisième partie, parce que rien n'est encore résolu ;)

J'aime mieux cet envoi, mais je reste sur ma faim ; j'espère que la dernière partie, si dernière partie il y a, répondra à toutes mes interrogations.

Et pour les fautes, désolé mais je ne peux pas toutes les relever (je pense qu'il y en a moins ici, j'en ai pas croisé beaucoup), mais c'est toujours les mêmes tics qui se répètent ; mes remarques et celles de Kere sont suffisante je pense pour que tu te mettes à les soigner consciemment.

Au plaisir :)

Hors ligne Amymaria

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Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #11 le: 08 Février 2016 à 20:22:34 »
Merci extasy ! C'est vrai que ça manque d'une troisième partie. Je vais y réfléchir et essayer de la mettre en forme. Et je vais travailler sur les fautes  :)

Hors ligne Baptiste

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Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #12 le: 09 Février 2016 à 11:44:35 »
modération

@swafran : merci d'avoir commenté, mais nous souhaitons rappeler que le MDE est une plateforme d'échange basé sur l'entraide, et il n'est pas nécessaire de poster les liens vers ses propres textes de manière à ne pas rentrer dans une logique de renvoi d'ascenseur qui à la longue peut nuire à l'ambiance.
Merci d'avance

Killey

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Re : Raconte-moi la pluie (Première partie)
« Réponse #13 le: 09 Février 2016 à 22:20:36 »
Eh c'est pas mal, vraiment bien même. J'avais quelques doutes au début, je trouvais que l'histoire de la pluie arrivait un peu trop vite, qu'il manquait quelque chose, une description (le narrateur qui hausse les épaules ou soupire d'un air las) mais finalement en lisant la suite, on comprend que le fantôme la lui demande assez souvent, et que Lou donc la dit sans même y réfléchir, d'une traite, comme un automatisme.
Dans l'histoire de la pluie, tu répètes beaucoup de fois les mot "eau" et "courant" mais ça passe aussi, c'est un conte après tout, c'est oral. J'ai dû le relire plusieurs fois pour bien comprendre j'avoue (parce que j'étais fatigué sans doute, et que le début du récit est arrivé trop vite sans préparation et que mon cerveau n'a pas eu le temps de se mettre en mode lecture...).
Le rythme rapide du récit, l'accumulation des événements n'est pas trop un souci car c'est un texte court. Le passage où tu cites le mot "fantôme"est intéressant aussi, surprenant mais on se rend vite compte que le fantôme est donc l'interlocuteur du début. L'incompréhension dure à peine une poignée de secondes.
Tu te débrouilles bien dans les dialogues aussi. C'est de mieux en mieux au fur et à mesure de la lecture. Le début est un peu lourd, mais tu trouves vite ton rythme de croisière.
Je lirai la suite demain soir avec plaisir.

Killey

  • Invité
Re : Raconte-moi la pluie (Deuxième partie)
« Réponse #14 le: 10 Février 2016 à 22:30:50 »
Il y a pas mal de maladresses, mais le rythme est bon, plutôt fluide. Beaucoup trop de répétitions aussi, par exemple dès les premières lignes : "Une boule dans ma gorge m’empêche de respirer. Je ne peux plus respirer. Je sors par l’entrée des employés et me retrouve dans la cour intérieure. J’inspire profondément, les mains sur mes genoux et les yeux fermés."
Ton style est plutôt simple, banal mais ce n'est pas forcément une critique. On sent que tu débutes, mais je tiens à te féliciter pour ton courage d'écrire au présent. C'est un temps de narration assez difficile à maîtriser et tu t'en es plutôt bien sorti.
Je n'ai rien de mieux à dire qu'à mon premier message. L'histoire est assez intéressante, et contrairement aux commentateurs précédents, je pense que la fin est parfaite et qu'elle peut clore le texte. Pas besoin de dire plus, tout est résolu et au lecteur d'imaginer la suite.

Il y a du potentiel. Attention toutefois à la conjugaison futur simple/conditionnel (tu as un énorme problème avec ça), aux répétitions, et il y a beaucoup trop de fautes encore.

 


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