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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » L'enfant des deux mondes

Auteur Sujet: L'enfant des deux mondes  (Lu 1339 fois)

Hors ligne colombo1965

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L'enfant des deux mondes
« le: 05 Février 2016 à 13:41:48 »

Autant que je m'en souvienne, enfant, je vivais ma vie comme on partage une orange. Chaque quartier du fruit représentait un quartier de ma ville. Il en existait surtout deux : le quartier sombre et le quartier lumineux. Ils  se ressemblaient sur très peu de points. L'un avait la réputation d'être difficile voire dangereux, l'autre était on peut dire plus tranquille. J'avais pour origine le quartier lumineux,  que le soleil n'hésitait pas à darder de ses rayons. J' avais fait le choix de vivre le plus souvent possible dans le quartier ténébreux les moments de liberté que me laissaient  ma vie de famille et l'école. Un soir assez tard que je me promenais cherchant une justification à mon destin de terrien, je savais par la mise en garde d'un camarade bien informé des choses de la nuit que quelqu'un m' attendrait sous le porche d'une grande maison blanche. Rue de la Soif. La nuit se prêtait bien à ce genre d'aventure et elle me donnait envie de poursuivre ma dérive tout en connaissance de cause. J'ignorais mon avenir proche mais j'étais près à l 'assumer  d'ici quelques minutes. Je  connaissais cette personne pour l'avoir déjà rencontrée. Il s'appelait Mathis et on m'avait  prévenu qu'il comptait  me soulager de toute la fortune que j'avais sur moi. C'est à dire rien. Mais cela, il l'ignorait. Je laissais derrière moi la facheuse réputation d'être né dans le quartier lumineux et de palper des billets toute la journée. Mais c'était vrai dans son esprit tordu et remplit de préjugés. Il m'avait choisi pour être sa nouvelle victime. Mais  comme je viens de le dire, je ne possédais pas d'argent. Mes parents me donnaient mon mois et dans les derniers jours, il ne me restait plus rien. Nous n'étions pas pauvres mais l'argent se faisait rare.Mon père avait une bonne situation mais  nous étions condamné à vivre à cinq sur un salaire : mes parents ,mes deux sœurs et moi même. Ma mère ne travaillait pas.

On ne sait pas toujours expliquer l'admiration que l'on ressent pour quelqu'un par des causes raisonnables . Cela arrive, un point c'est tout. Ces choses échappent à toute logique et ne trouvent en rien leur justification dans un quelconque entendement..En fait, je ressentais l'envie malsaine de plaire à Mathis que j' admirais secrètement. Il me paraissait libre, sûr de lui, doué d'une bonté naturelle malgré son horrible état. Il se situait au dessus des lois, vivant en marge et ne se montrant que par nécessité de nuire à autrui.  Il vivait facilement de larcins, d'argent volé à des victimes choisies sur le tas, sans discernement. Beaucoup d'enfants avaient fait les frais de ses sévices. Petit à petit, il s'était conforté dans l'idée qu'il pourrait tirer beaucoup de bénéfices en les faisant travailler pour lui. C'est ainsi que je changeais de statut. J'acquis mon importance parmi d'autres camarades de mon âge en  quémandant  auprès d'eux une partie de leur état d'esprit de façon à gagner de l'argent facilement. Je me mis à voler dans les magasins, à piquer les sacs des grands mères qui renfermaient leurs pensions. J' appris  à semer les flics en crapahutant le long des murs de la ville. Je récoltais de quoi m'offrir des objets puérils et sans importance mais qui en revêtaient à mes yeux  car ils représentaient le fruit de mes premières actions délétères. Je passais de longs moments dans la quartier sombre et ténébreux comme le font les enfants aux yeux noirs et aux cheveux bruns. Je me mettais à frayer avec les ouvriers qui prenaient leur  quart, je cotoyais les dockers du port et surtout j'aimais fréquenter les mauvais garçons. Ils vivaient dans l'action,  roulaient à vive allure, faisant fi du tort qu'ils laissaient derrière eux.   Du haut de mes douze ans, je voyais beaucoup, j'entendais aussi, je ne demandais plus qu'à passer à l'acte.

Passer à l'acte, c'était fuir véritablement le milieu familial, s'éloigner de certains amis, pratiquer certains métiers et fuir le quartier lumineux. Je ne me voyais pas d'avenir tangible dans cet espace que je connaissais trop  depuis l'enfance, un avenir coincé entre celui de mon père et la vie de ma mère. Ils faisaient ce qu'ils pouvaient pour élever la fratrie, car j'étais un enfant difficile . Je manquais simplement de  considération, j'aurais aimé qu'ils m’admirent comme j'admirais Mathis, j'aurais apprécier de pouvoir parler à mon père quand il le fallait, s'expliquer la difficulté du monde, comment y faire face ? Pourquoi d'autres parents réussissaient ce challenge avec leur progéniture et pourquoi mes parents y échouaient .Je trouvais cela injuste d'autant plus qu'il s'agissait de toute mon existence dont il était question. Injustement, je pensais que mes parents ne se donnaient pas la peine de m'enseigner la vie, il s'agissait pour moi de l'apprendre à mes dépens. J'avais peur de leurs certitudes qui sont des prisons, je ne connaissais que les doutes qui en sont les clés.

Le monde lumineux possédait son soleil  pour s'y complaire à satiété. Les nuits étaient policièrement calmes mais dans la quartier d'à côté, la nuit, c'était aussi le jour. Pas moyen de s'ennuyer dans la cité des réprouvés. Mon acte fondateur qui engageait ma vie était de m'installer dans ce quartier, ou plutôt d'attendre de pouvoir le faire. Je n'avais que douze ans et je n'étais pas libéré des lourdes chaînes qui entravaient le bon déroulement de ce en quoi je rêvais depuis longtemps. J'avais pris la décision d'abandonner ma famille et de m'installer le plus tôt possible dans « le cercle de la mort. ». Je le nommais ainsi par pure provocation auprès de mes parents qui connaissaient mes projets. Mon inconscient se préparait à subir toutes les calamités possibles et inimaginables dans le pire des cas, mais aussi dans le meilleur une vie faite de risques, d'aventure, d'argent facile, d'actes répréhensibles. Je me sacrifiais à ma cause, je m'apprêtais à commettre l'irréparable sous les ordres de Mathis. J'allais me perdre dans l'oeil de la tornade, tuer l'ennui et rechercher la reconnaissance de mes proches et surtout du nouveau milieu qui m'entourait.  Et je conchierai  les tribunaux devant lesquels s'appliquera à faire bonne figure votre serviteur, le réprouvé, l'âme en perdition, l'enfant des deux mondes.

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : L'enfant des deux mondes
« Réponse #1 le: 06 Février 2016 à 18:21:26 »
Salut !

Je trouve l'idée pas mal, mais le traitement un peu inefficace. Je me suis senti trop extérieur au récit, incapable de ressentir les doutes du narrateur.
Mais je continue de penser que c'est un bon texte, je peux entrevoir les sentiments du narrateur, je peux les comprendre malgré mon incapacité à les ressentir.
J'aime beaucoup cette phrase :
Citer
J'avais peur de leurs certitudes qui sont des prisons, je ne connaissais que les doutes qui en sont les clés.

Ce que je reproche aussi un peu à ce texte, c'est que l'intention derrière reste floue à mes yeux. Glorifies-tu le mode de vie encanaillée ? On dirait bien, mais dans ce cas, je ne peux pas ressentir de l'empathie pour le narrateur car je ne sais rien de sa vie, à part qu'il a tout pour être satisfait. Tu me diras que c'est peut-être là le pourquoi de la chose, mais ce n'est pas vraiment exprimé dans le texte.
C'est pourquoi, tel qu'il est décrit, je ne vois qu'un narrateur trompé par son jeune âge et par ce Mathis qui lui fait miroiter l'espoir d'une vie crapuleuse exaltante ; mais c'est rarement beau, ce genre de vie, j'ai envie de dire. Et je ne perçois aucune distance entre l'auteur et le narrateur, comme si tu étais véritablement d'accord avec les pensées de ton personnage ; pourquoi pas, mais comme en plus tu ne les justifies pas (comme je l'ai dit plus haut), je reste dérouté.

J'espère que tu comprends mieux pourquoi je dis avoir bien aimé le texte tout en y trouvant à redire.

(Mais ne fais pas trop attention à tout ça, ce n'est qu'un avis, et il est peut-être complètement erroné).

Merci pour la lecture :)
« Modifié: 06 Février 2016 à 18:29:30 par extasy »

Hors ligne AJGF

  • Calligraphe
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Re : L'enfant des deux mondes
« Réponse #2 le: 07 Février 2016 à 10:04:17 »
Bonjour.

Je suis perplexe.
Je n'ai vraiment trouvé le message derrière ton texte. Je n'ai pas compris ou tu voulais en venir. Je trouve que ton texte reste mystérieux et donc par conséquent un certaine distance avec le lecteur s'installe. On ne sait pas se sentir concerné par ton histoire.
La manière dont elle est racontée me laisse de marbre aussi. Tu utilises un vocabulaire assez banal, sans émotion pour décrire un chamboulement de vie.

Au plaisir.

Hors ligne colombo1965

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Re : L'enfant des deux mondes
« Réponse #3 le: 09 Février 2016 à 18:07:10 »
Bonsoir. Pour tout dire, l'écriture de ce texte m' a été influencé par le roman d'Herman Hesse, Demian. Je n'ai eu d'autres ambitions que de vouloir raconter à ma façon une histoire semblable, et donc complètement inventée. Je ne l'ai pas vécue. Et je ne partage pas la vie du personnage et je n'en fais  pas l'éloge.
Peut être ai-je été maladroit dans la façon de formuler cette histoire où il ne faut voir que l'accomplissement du plaisir d'écrire et d'être lu. D'où peut être des problèmes de compréhension.
Merci en tout cas pour vos critiques toujours constructives.

Hors ligne Auramillia

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Re : L'enfant des deux mondes
« Réponse #4 le: 09 Février 2016 à 18:25:23 »
Citer
Et je ne partage pas la vie du personnage et je n'en fais  pas l'éloge

ça m'étonne quand tu dis ça car personnellement chacun de mes personnages partage ma vie au moment où je l'écris d'une manière ou d'une autre je pense que ton point de vue sur ton propre personnage est peut-être trop distant pour justement faire éprouver des émotions plus intense à tes lecteurs ^^
Je trouve que au niveau de la tournure des phrases c'est intéressant, le vocabulaire est riche, donc rien à dire là dessus

Bonne chance :)
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Les gens qui ne font preuve d'aucun tact lorsqu'ils donnent leur avis sur un texte sont la gangrène au pied de l'écrivain.
Pensez-y, car vous avez tous été, un jour, des amateurs ^^

 


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