Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

24 Juillet 2026 à 11:11:23
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Poésie (Modérateur: Claudius) » Conversion

Auteur Sujet: Conversion  (Lu 3713 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Conversion
« le: 02 Février 2016 à 13:32:07 »
Voici un poème sur le drame, celui qu'on n'attendait plus. Est-ce que certains d'entre vous rêvent de fin du monde ? Alors vous serez servis ! Certains de mes détracteurs justifient la violence par la violence, comme pour parfaire le règne de la destruction... Il opposent à l'échange une vision obéissante de l'autre, ils m'affirment que la petitesse s'exploite. J'ai voulu croire que je céderais un jour, comme me ralliant à ce parti de la supériorité écrasante, celle de la domination des uns par les autres.

J'implore ta pitié... Ô Voix de l'impossible... Unissons nos forces. Dans les mains, une supériorité qui les écrasera comme à l'usine. C'est bon de voir la machine broyer l'os du perdant. Viens mon ami, saignons-les vite pour ne plus les entendre crier, agissons d'un coup ! À mort, à mort, à mort. Viens mon ami... Toi, ô l'homme du châtiment, tu sais me montrer la voie. Les vagues sur le cœur, les ondes de la violence qui gigotent. En notre commune exaction, nous coloniserons les sphères de l'Histoire. L'extase, telle une mélodie funeste... Dans toute ta splendeur, toutes les ruines du monde entreraient aisément dans ta seule bouche... La gourmandise dont les efforts sont multiples... Vies sacrifiées, œuvres saccagées, doses d'égorgements, empoisonnements, asservissements, ô nous aimons l'asservissement, toi et moi...

Cet éloge, oh ! Il en dit long.

Mon ami, toute la vie entre nos mains, toute existence soumise à notre volonté, nous achèverons le terrible mouvement de la mort. Chantons la guerre et l'appel aux armes, chantons la guerre et l'appel aux armes, chantons la guerre et l'appel aux armes. Chutes, effondrements, fins, réponses sans mot, dignités salies, gestes injurieux plus douloureux que la décapitation. Armons-nous, lançons l’assaut. Ces écrits ne servent donc à rien ! Regarde-moi, cher ami, je leur crache à la gueule, c'est mon geste d'amitié. Chasseurs de têtes, requins des lettres, bouffeurs d'enfants, humiliations de foule, pillages clandestins, infamies fatales, déchets après notre mortel passage, cher ami... Oh ! Je me sens si bien ; c'est l'uniformité du carnage qui me hante. Fantômes, ô fantômes de mes meurtres. Ils nous ont autorisé à les dévorer, ils nous ont autorisé à violer leurs terres, ils nous ont autorisé à condamner leurs poètes ; profitons-en mon ami ! c'est l'essence-même de notre nature qui s'éveille en nous. N'hésitons plus, allons à l'attaque, une si belle occasion !! Ils appellent notre destruction à l'aide, sens-la frémir, mon ami. Gronde en toi la torture, souffle en toi le massacre. Ils sont comme ces femmes lubriques que l'on viole parce qu'elles l'ont bien cherché. Notre victoire est savoureuse. Notre soif de criminalité, notre désir de condamnations, notre amour pour la domination méthodique, notre jeunesse qui oublie l'héritage maudit. Faisons-leur aimer notre amour pour le viol programmé ; c'est ça, notre liberté ! Que pouvons-nous bien espérer de plus ?

Mon ami, réconcilions-nous, nous avons tant à faire, tant à ruiner, tant à broyer. Ta volonté, c'est la mienne ; soyons frères de désastre. Quelle joie de les voir supplier ! Les pleurs, les plaintes, les troubles, les supplices, les étranglements, les grognements, les censures, les derniers soupirs avant l'extinction... Le rire en moi se suffit à lui-même. Ah ! Que j'aime notre activité. Que j'aime nos élucubrations ! Mon cher ami, que choisiras-tu ? La gamine isolée ou bien le vieillard affaibli ?  Tous deux ont pourtant un fort potentiel d'obéissance, j'aimerais pouvoir les rencontrer ! Mon ami, quelle sera ta proie ? Le veuf bouleversé par la récente perte de sa femme, ou la prostituée que l'on sait bel et bien expérimentée en matière de servitude ? Oh ! Je ne sais que choisir. Routes merveilleuses, adorations sécrétées, jungles de la dévotion, pouvoirs et contrôles ultimes, saveurs imposées, gourmandes nouveautés, beauté de la mort, jolie pour accepter, somptueuse mort, même au quotidien.

Viens près de moi, préparons nos plans machiavéliques. Sois mon écho, mon semblable dans le règne. Dédales de stérilité, bains de sang, ô bains de sang, passivité qui excite, infériorité ravissante, générosité qui affame, petitesse qui nous a couronnés empereurs. J'ai faim d'obéissance. Ils nous obéiront, mon ami, c'est notre destin ! Nous, les héros de la conquête, quand tous les édifices seront entre nos mains, on nous vénérera comme on chantait autrefois la gloire des rois anciens. On fera de nous des idoles, cher ami. Nous aurons nos surnoms, toi et moi, et notre panthéon... Qu'en dis-tu ?

Et là, pieuse sur le bout de ma vie, la voix de ceux qui aiment ma puissance. Je me sens si bien dans la condition du grand destructeur. Rêveries continues, forces de l'un-seul, soupirs de gloire, réunions forcées, assemblées dissolues. Nous allons gagner, je vais gagner ! Je vais faire de ce monde un monde à mon image, un monde uniforme. Oh ! Je sens ces petites émotions qui me chatouillent... Monde, monde, monde. Pouvoir de ruine, ô folies divines. Je veux que tout cela me suffise, je demande alors le pouvoir. Et enfin... alors... une fois que j'aurai finalement provoqué la ruine...
« Modifié: 11 Février 2016 à 22:29:04 par Alan Tréard »

Hors ligne derrierelemiroir

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #1 le: 02 Février 2016 à 14:03:44 »
J´ai commencé à lire sans comprendre grand chose. J´ai été un peu envoûtée par la force des mots choisis, alors j´ai continué. Une fois fini, j´ai tout relu, j´ai mieux compris. Enfin, je crois.
Je n´arrive pas trop à dire pourquoi j´ai aimé. C´est puissant, sarcastique, violent, et en même temps, je trouve que ca décrit bien la stupide admiration de l´homme (je parle de l´animal, pas du mâle) pour  la force et le  pouvoir. C´est comme un chant qui entraîne et asservit toute faiblesse sur son passage, et la faiblesse s´agenouille, tête au sol, en redemande.
Voilà.
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #2 le: 02 Février 2016 à 18:39:08 »
Bonjour derrière le miroir,
Alors, au cas où tu aurais besoin d'en savoir plus sur le texte, je te propose d'imaginer que j'ai voulu me persuader moi-même que la destruction, c'est génial !

Comme si j'avais voulu me conditionner à la ruine...

Ayant tout fait pour m'y faire croire, c'est comme si je me répétais inlassablement des affirmations sans logique vouées à affirmer ma détermination à maîtriser le monde qui m'entoure selon une méthode assassine.

Plus c'est destructeur, plus on est content !!

Évidemment, je n'ai pas réussi à m'auto-persuader malgré les nombreuses tentatives, or l'exercice stylistique est intéressant...

Ainsi, même si mes nombreuses tentatives pour me persuader que "tout détruire, c'est génial !" n'ont pas marché, j'ai voulu vous partager ce petit moment de vie à travers un poème horrifique.

Enfin, si tu désires ardemment de nouveaux envoûtements, je peux te conseiller ma page perso où sont répertoriés mes textes (uniquement réservée aux membres) ou même directement mon site web www.alantreard.fr et ça te permettra de mieux saisir les thèmes que j'aborde habituellement, leur lien avec le présent poème.

Hors ligne île aux ailes

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #3 le: 10 Février 2016 à 23:14:10 »
Bonjour Alan,

Passionnant, exigeant
C'est fort, très fort!!

Je trouve que tes inquiétudes et ton désir d'action, tes révoltes et tes combats transparaissent de ce texte.
Malgré tout, je ne suis pas toujours sûre de comprendre ce que tu dénonces, l'analyse que tu as de la situation, ce que tu penses vraiment.

De surprise en surprise, je me sens baladée par un esprit complexe engagé dans une mission qui me dépasse.

Pour commencer, le titre. "Emphase et vexation". Riche, il définit bien, je trouve, le style et le fond(s) du propos.

Après, s'il te plait, aide-moi à comprendre...

Pourquoi introduire ton texte comme une "apologie de l'amitié"??? 
J'ai l'impression que cette apologie (comme éloge paradoxal) serait plutôt celle du pouvoir, de l'extase destructive.
Et l'ami auquel tu t'adresses (ou celui qui s'adresse à toi), un complice, le lecteur/toi-même, que tu prends (qui te prend) à témoin/cherches à (te) convaincre/ à (te) séduire.
Bref, je me suis sentie mise en déroute par cette entrée en matière.

Citer
Chantons la guerre et l'appel aux armes, chantons la guerre et l'appel aux armes, chantons la guerre et l'appel aux armes.

Bien joué! Double sensation pour moi : un pieu qui s'enfonce sous la force des coups pour devenir graine
comme une ritournelle aux allures innocentes (apparemment pas suffisant pour la voir germer en toi ;D, ouf!)

Citer
profitons-en mon ami ! c'est l'essence-même de notre nature qui s'éveille en nous.


Citer
Ils sont comme ces femmes lubriques que l'on viole parce qu'elles l'ont bien cherché
Là, je te sens plein de "ruses" ;)

 
Citer
ou la prostituée que l'on sait bel et bien expérimentée en matière de servitude ?
Ici, je voudrais bien savoir qui parle de qui, ou plutôt, ce que toi, Alan, tu penses de l'expérience de la prostitution en matière de servitude.

Routes merveilleuses, adorations sécrétées, jungles de la dévotion, pouvoirs et contrôles ultimes, saveurs imposées, gourmandes nouveautés, beauté de la mort, jolie pour accepter, somptueuse mort, même au quotidien.
je bute sur le "jolie pour accepter"

Dédales de stérilité, bains de sang, ô bains de sang, passivité qui excite, infériorité ravissante, générosité qui affame, petitesse qui nous a couronnés empereurs.
Et hop! Habile le reptile : un petit lien vers l'empereur Auguste http://monde-ecriture.com/forum/index.php/topic,19136.0.html. J'attends le 5ème élément avec impatience mais chut' :-[

Bon, j'arrête là pour l'instant. Je me sens un peu limitée pour parler forme avec toi. Je te sens habile. Je sais également que tu cherches à être lu et, peut-être, compris par le plus grand nombre. Et c'est dingue tout ce que ton écriture - et peut-être aussi ton personnage- vient questionner en moi. J'espère ne pas avoir trop digressé par rapport à ton intention de départ.

Hors ligne Elisedu18

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #4 le: 11 Février 2016 à 11:27:24 »
Bonjour, Alan!

J'ai lu ton texte (ben oui, évidemment) et je dois avouer qu'au début, j'étais un peu dubitative, mais au fil des mots, j'ai commencé à mieux comprendre, et ça m'a marqué, en quelque sorte, car moi aussi j'apprécie assez tout ce qui est horreur, désespoir, bref tout ce qui est sombre.

Ton texte m'a parlé et je l'ai vraiment apprécié. J'espère pouvoir te lire à nouveau très bientôt! ;)
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
"Parfois, on demande à notre corps de parler à notre place de nos douleurs, des histoires qu'on cache en soi."
Ava Dellaira, Love letters to the Dead

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #5 le: 11 Février 2016 à 12:33:52 »
@Elise, merci à toi. Ton attention me touche. Heureux de faire ta connaissance. Eh ! Si tu n'as pas compris au début, tu as dû trouver ça un peu "méchant" venant de ma part.  :\? Je compte bien poster de nouveaux textes.

@île aux ailes, D'abord je te remercie de me faire part de ta lecture, c'est toujours très enrichissant. J'ai le sentiment que tu vas te spécialiser dans mes écrits, si bien que tu les connaîtras mieux que moi-même ! J'ai effectivement écrit ce texte un peu vite, n'expliquant pas alors le contexte dans lequel il a été douloureusement accouché. C'est aussi le risque lorsqu'on poste un poème hors d'un recueil, il peut être détaché de toute explication. Pour améliorer la compréhension, j'ai modifié le texte d'introduction, ce qui devrait favoriser l’accessibilité du texte :

Voici un poème sur le drame, celui qu'on n'attendait plus. Est-ce que certains d'entre vous rêvent de fin du monde ? Alors vous serez servis ! Certains de mes détracteurs justifient la violence par la violence, comme pour parfaire le règne de la destruction... Il opposent à l'échange une vision obéissante de l'autre, ils m'affirment que la petitesse s'exploite. J'ai voulu croire que je céderais un jour, comme me ralliant à ce parti de la supériorité écrasante, celle de la domination des uns par les autres.

Ensuite je répondrai à tes questions au fur et à mesure.

D'abord je viens de commencer la réécriture de la pièce de théâtre. (Eh ! Oui, je suis en retard... Mais quand j'aurai réécrit, je posterai la fin ─ le plus vite possible.) Je suis toujours enchanté à l'idée que mes textes aient plu à une lectrice !

 :mafio:

Alors, en ce qui concerne la prostitution, j'ai utilisé ce terme pour parler des individus moralement affaiblis, faciles à duper. Je parle notamment du veuf qui vient de perdre sa femme, car le chagrin l'affaiblit et le rend très influençable. La prostitution ressemble plus à une exploitation de certains par d'autres qu'à un modèle de vie honorable. Ma chère île aux ailes, tu n'es pas sans savoir que les proxénètes ont des moyens terriblement efficaces de garder les "filles" sous leur joug, qu'il est parfois mission impossible de les en sortir. Je me refuse à nier l'évidence, laisser les autorités destructrices jouer un rôle dans nos rues, c'est laisser la violence proliférer, ce qui n'est pas sans conséquence. Une âme qui aspire à asservir les autres raffole de ces individus affaiblis, c'est une aspiration notable chez elle.

Ensuite, le lien avec l'amitié me permet de mettre en scène ma "conversion à l'esclavage." J'imagine un instant que je me réconciliasse avec un détracteur, lui proposant alors une camaraderie du carnage. C'est comme si j'avais voulu entendre les "arguments" de ceux qui font l'apologie de la destruction, et m'en rendre contributeur. Comme si j'avais soudainement décidé de changer d'avis et d'avoir moi-même recours aux mêmes moyens. Je lance alors une campagne de la mort, un "objectif-servitude"... Bien évidemment, ce texte a aussi pour vocation à prévenir mes détracteurs qui, au cours de leur lecture, comprendront que s'ils me convertissaient à cette attitude inhumaine, ils deviendraient eux-mêmes esclaves de ma parole, tant ma force dépasse la leur. Et je leur dis : "Es-tu sûr ?? Est-ce bien ce que tu veux ?" C'est une mise en garde, comme pour provoquer une certaine prise de conscience. N'ayant pas eu d'autres commentaires que des paroles amicales, j'ose croire que le message est passé : je ne compte pas me convertir à la destruction, quoi qu'il m'en coûte, et si je l'avais fait, vous auriez été les premiers au courant. Il faut déconstruire les messages qui appellent à la haine et à l'obéissance, ceux qui tuent plus qu'ils ne créent. C'est une manière de montrer qu'on ne changera pas mon attitude à coups d'arguments insipides.

"jolie pour accepter" est peut-être un peu maladroit. C'est la mort "qui est belle," mais je vais plus loin dans cette notion du beau en expliquant qu'on ne la provoque pas vraiment parce qu'elle est "jolie" mais simplement parce qu'elle se laisse provoquer. "jolie pour accepter" signifie : "Elle accepte de se laisser faire, qu'est-ce qu'elle est jolie... Si elle avait refusé, elle ne serait pas jolie." Cet argument qui dirait : "La mort vaut la peine d'être provoquée" n'est en fait qu'un leurre chez un esprit torturé : même injustifiée, même laide, il ne pourrait s'empêcher de la provoquer. La prétendue "beauté" de la mort n'est qu'un argument parmi tant d'autres pour encourager la destruction. Tous ces arguments ne sont que des moyens de la provoquer...

Oui, un peu maladroit... Mais que veux-tu, j'y travaille !

Enfin, si j'écris, c'est que j'ai une bonne raison d'écrire. Certains prétendent le contraire, je les défie d'apporter des preuves à ces accusations macabres. Je n'écris pas pour faire "passer le temps." Je souhaite être lu, dénoncer ce qu'il y a de plus insupportable, bénéficier également d'un droit d'expression, d'un droit d'être lu. La part de mes écrits que tu ne connais peut-être pas, c'est celle qui est active, celle qui "vient questionner le lecteur ou la lectrice." Je n'écris pas "inactif," je participe à la vie citoyenne au-delà des apparences.

Encore merci à toi, je me dépêche de réécrire le théâtre et je poste la fin ; je ne voudrais pas te décevoir !!

Hors ligne Elisedu18

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #6 le: 11 Février 2016 à 13:21:34 »
Moi aussi, enchantée de te connaitre. Et oui, j'ai un peu trouvé ça méchant au début, mais après, j'ai mieux compris, et apprécié. ;)
"Je sais bien que tu es morte, mais je crois qu'il y a dans tout être humain quelque chose qui ne peut pas disparaitre."
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Hors ligne barnacle

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Re : Re : Emphase et Vexation
« Réponse #7 le: 11 Février 2016 à 17:32:54 »
Pour commencer, le titre. "Emphase et vexation". Riche, il définit bien, je trouve, le style et le fond(s) du propos.

Après, s'il te plait, aide-moi à comprendre...

Pourquoi introduire ton texte comme une "apologie de l'amitié"??? 

Puisqu'Alan n'a pas voulu le dire franchement, je vais quand même rappeler l'origine un peu mesquine du texte. "Emphase et vexation", c'est une citation d'un de mes messages ; je suis implicitement un de ces "ennemis" comme il a dit aussi clairement que possible :

Mais oui, après tout, c'est parfaitement normal que Barnacle nous parle comme ça. Nous devrions tous nous parler sur ce ton-là. Je pense même qu'on devrait renommer le forum "le monde de l'honnêteté." J'implore une réconciliation, j'en ai même fait un éloge. Un éloge à l'amitié. Après tout, ce n'est qu'une histoire d'Emphase et de Vexation.

Je peux prétendre généreusement de le prendre comme un texte écrit "en réaction" et pas directement "contre moi" (même si ce qui a été dit en privé quand j'ai essayé de calmer les choses a suffisamment clarifié l'intention pour moi), mais il ne faut pas trop noyer le poisson non plus.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #8 le: 11 Février 2016 à 17:47:54 »
Mon cher Barnacle, ce texte a été écrit "en réaction" et non "contre toi." Il ne faudrait pas que d'autres se trompent. Je n'ai nullement envie "d'immortaliser" le contexte, bien au contraire... Je suis sûr qu'il existe des ouvertures, et que la nature de nos échanges évoluera. Le jour où j'écrirai un texte "contre toi," le texte sera censuré car les modérateurs estiment  qu'il n'est pas sain qu'un des membres soit directement visé.

Je tiens donc à préciser à nouveau qu'il n'y a aucun élément montrant explicitement Barnacle du doigt, et qu'il n'en a jamais été question. Qui plus est, je ne voudrais pas abuser de mon "pouvoir d'auteur" pour torturer quiconque. Je pense que nous n'aurons pas besoin d'appuyer plus les raisons de notre désaccord, surtout qu'il ne nous concerne que toi et moi, et en rien les autres membres.

Barnacle, je n'attends rien de toi, ce texte dépasse bien évidemment notre relation et nos échanges, il va beaucoup plus loin.

Hors ligne barnacle

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #9 le: 11 Février 2016 à 18:49:33 »
Je suis sûr que tu préférerais comme moi oublier les origines de tout ça. Je t'invite simplement à ne pas réécrire l'histoire pour autant.

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #10 le: 11 Février 2016 à 19:36:24 »
Citer
Barnacle écrivant l'histoire des poèmes d'Alan Tréard...

Pardonne-moi de rester maître et possesseur de "ce qui m'a poussé à écrire," et pardonne-moi également de ne pas écrire pour un seul homme, telles les plus belles histoires d'amour... mais bien selon une histoire qui m'est propre, qui questionne à la fois mes rencontres et mes incertitudes, ma condition et mon opinion. Tu ne vas pas réécrire l'histoire de ma poésie, en aucun cas, tout comme tu ne pourras écrire l'histoire d'aucun autre.

 ;)

Qui plus est, je rappelle que ce forum est offert aux membres pour échanger sur les textes avec la cordialité et l'ouverture nécessaires, nulle volonté de trahir l'intention de l'auteur ne peut être légitimée en aucune manière ; pour ceux qui ne comprendraient pas, cela signifie qu'il faut respecter les intentions de l'auteur, son propos et sa volonté de créer (dans tout ce qu'elle a d'intime). Ton intervention n'a aucune légitimité, car elle s'emploie à pervertir ce pourquoi j'écris, avec maladresse qui plus est, sans compter les conséquences que tu n'avais pas prévues. Et ensuite ? Qu'espères-tu de ces interventions malhabiles ? Ce n'est pas en nuisant à mon engagement que tu trouveras le soutien des autres, Barnacle. Tu dois t'habituer à respecter chacun d'entre nous, à commenter dans la dignité et dans la responsabilité, penses-y. Et si tu es tenté par la destruction pure, celle qui anime les plus belles aventures, je t'invite à relire mon poème, ce sera une minute d'extase et de réussite...

Hors ligne pehache

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #11 le: 11 Février 2016 à 20:25:26 »
1) J'avoue éprouver une grande méfiance vis à vis des textes (ou des tableaux, etc.) qui ont besoin d'un préalable ou d'un avertissement pour être lus. Le texte se suffit à lui-même, sinon, c'est qu'il est bancal. S'il a besoin de son père près de lui, pour qu'il lui prenne la main- et la nôtre... je me méfie.
2) D'un point de vue purement littéraire, le texte m'a semblé pauvre. La violence très contrôlée; les répétitions, à elles seules, seraient-elles gages d'autre chose que de l'incantation ?
3) Le point de vue, le choix de la dénonciation par l'emphase manquent cruellement d'ironie et d'excès.
Tu voulais un brûlot ? Ce n'est, pour moi, qu'un feu de camp de scout.
4) Notre société, dans sa banalité perverse, n'est-elle pas autrement plus cruelle, plus barbare, plus bestiale que ce que tu dis-là ? Le désastre, il est là, parmi nous, banal, trivial; Moloch qui pousse à la consommation- consumation, qui enconne, qui avilit, qui désinforme, qui ment, surtout qui ment, qui nous pousse toujours plus vers la passivité et le renoncement alors que la misère s'étale devant nos portes dans l'indifférence générale.
6) Entends-moi bien, nul désaveu sur ta prise de position, ce sont les modalités qui ne m'ont pas convaincu. Il ne suffit pas d'avoir de louables intentions (le lecteur s'en tamponne un peu le coquillard), il s'agit dans ce genre de textes de "briser la mer de glace" qui est en nous. Là, je suis loin du compte.
Au plaisir de te lire.
« Modifié: 11 Février 2016 à 22:00:17 par pehache »

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #12 le: 11 Février 2016 à 21:51:57 »
Merci pour ta sincérité, pehache, et pour ton courage. Nous en reparlerons au fur et à mesure de mes publications. Je crois que tu interprètes mal ce que tu lis, je crois que tu as besoin d'ouvertures et d'échange. Je n'écris pas sans raison, contrairement à ce que tu sembles croire. Et il y a dans mes mots mille et une mains tendues, loin de tes suppositions. Je porte un espoir, pas une condamnation. Je n'ai pas la soif de destruction que prétend ton commentaire, c'est calomnieux. Qui plus est ton commentaire est cent fois passionné ! déconnecté ! sentencieux ! Et je ne vois d'ailleurs dans ton commentaire aucune véritable référence au texte, comme si tu avais voulu inventer une preuve de ma culpabilité. Je pense que tu comprendras lorsque nous aurons eu plus de temps pour échanger, toi et moi. Tu sembles oublier le terme (que je m'en vais citer : )
Regarde-moi, cher ami, je leur crache à la gueule, c'est mon geste d'amitié.
et sa teneur injurieuse qui ne questionne pas la beauté, celle que tu sembles chercher d'une lecture héroïque, comme si la phrase avait un sens quelconque... Parfois, écrire, c'est aussi nier ces préjugés dont est fait le lecteur, ceux qui semblent si lourds à porter à la lecture. Je ne doute pas que, au-delà de tes mots, il y aura en toi un penchant pour l'amour de la littérature que l'on adore en l'auteur, cet auteur qu'on aimerait comprendre... Parfois, les mots ont plus de portée qu'on ne le croit. Ton commentaire semble croire le contraire, comme si un poème se devait d'être stupide ! Que dis-je, inutile ! Pehache, il te manque encore une clé. Qui plus est, je te laisserai le temps de t'habituer à ma plume, histoire que tu ne confondes plus "brûlot" et humanisme (homme égaré). Un brûlot s'attaque à quelqu'un, un poème humaniste questionne le monde d'une simplicité infalsifiable. Comme si j'allais m'exalter à faire sauter des têtes, moi qui suis face à des enjeux d'une gravité inimaginable. Je n'ai pas écrit une mise à mort, mais bien une naissance, celle de l'ouverture, comme si tu pouvais y toucher de quelque violence que ce soit hors mise en scène ! Je m'en vais te répondre par amitié, notamment parce qu'il m'importe de ne pas entrer dans une logique belliciste. Tu ne vois pas la mise en scène ? Tu crois que le poème tue quand il protège. Tu crois qu'il assassine quand il défend d'autres membres du forum. Ou tu cherches simplement à participer au crime ? ... Tu arrives un peu hors de propos, là. Ajoutons également que tu t'attaques à gros avec des petits arguments, c'est probablement un malentendu... Sans oublier que tu décris le poème comme "brisant la mer de glace" qui est vous, ce qui me semble très irrespectueux vis à vis de la force de ma démarche, et de la fidélité de mes lecteurs. Et puis j'ai beaucoup de respect pour toi, trouvons un moyen d'échanger dans de meilleures conditions, pour le moment c'est la confrontation, discutons plus tard, toi et moi. Avec Barnacle, il ne s'agissait pas de parler de la qualité de mes textes, mais de mes intentions.

Et enfin, j'aurais plaisir à échanger avec toi dans de meilleures conditions ; là, j'ai un assassin à désarmer. Ça ne te concerne en aucun cas,
Merci.

Hors ligne pehache

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Re : Emphase et Vexation
« Réponse #13 le: 11 Février 2016 à 22:08:50 »
D'abord, pardon, j'ai omis (les doigts moins agiles que la pensée, sans doute) dans la citation de Kafka un "en"; il s'agissait de briser" la mer gelée qui est en nous" (citation complète:" un livre doit être la hache pour la mer gelée en nous")

Je réponds à quelques points:

Il s'agit d'un forum public, tout texte posé ici ne peut évacuer a priori les commentateurs.

Je n'ai fait aucune remarque sur ta personne (tu peux relire) et me suis contenté de commenter le texte, tel que je l'ai reçu- et, je crois, tel que peut le recevoir un lecteur lambda.
En revanche, sous ta plume, l'essentiel des reproches est ad hominem, ce qui est hors de propos (et j'ajouterai que tu ne sais rien de moi... A ce titre, m'imaginer pensant que la poésie puisse être "stupide" m'emmène bien loin de mes bases...)

Ce qui me frappe, dans ta réponse, ce sont tes certitudes, à commencer par celles concernant tes qualités et celles de tes productions, opposées au peu de compétences que tu m'accordes (sur ce point, tu peux avoir raison, cela ne change rien à l'affaire; tu vois que je suis conciliant...).
Je vais faire comme toi, et mettre sur le compte de l'emportement (nul n'apprécie que ses productions soient dénigrées ou peu estimées), de l'impatience, d'une légère hypertrophie de l'ego, peut-être ? ta réaction. Tout cela est excusable, voire, parfois, sympathique.
Cela ne m'empêchera pas de te lire à l'avenir et, qui sait ?, d'y prendre plaisir.
Sans la moindre animosité, je te souhaite...? Une bonne soirée, par exemple.
« Modifié: 11 Février 2016 à 22:14:35 par pehache »

Hors ligne barnacle

  • Grand Encrier Cosmique
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Re : Re : Emphase et Vexation
« Réponse #14 le: 11 Février 2016 à 22:27:59 »
Tu crois qu'il assassine quand il défend d'autres membres du forum.

Ok. Je te laisse libre d'exposer tes intentions : quels membres défend-il, et de qui ?
J'espère que ce "qui" n'est pas un assassin ;) Promis j'arrête là après. Je t'avais déjà signalé à l'époque que ce texte m'avait heurté personnellement, et ça n'avait pas semblé te gêner outre mesure. J'ai juste eu une nouvelle réaction allergique. Ce texte me sera toujours désagréable, parce que j'y serai toujours associé à une logique du carnage à un degré ou à un autre (par le titre, par le contexte de la création, parce que j'ai été interpellé avec un lien direct vers ce texte, mais je ne vais pas dire par les intentions pour être poli).
« Modifié: 11 Février 2016 à 22:30:08 par barnacle »

 


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