Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Paysage disparu

Auteur Sujet: Paysage disparu  (Lu 2665 fois)

lea

  • Invité
Paysage disparu
« le: 28 Janvier 2016 à 00:16:56 »
Bonjour à tous,

Je m’appelle Léa  et je suis dessinatrice.
Je travaille actuellement sur un projet de dessin pour lequel je cherche des écrivains et je me suis dit que peut-être ici je trouverais des gens partants.  :)

Voici mon sujet d'écriture :

Paysages disparus :
c'est une série de dessins sur les paysages qui se sont métamorphosés ou qui ont disparus pour diverses raisons (changements climatiques, action humaine, catastrophe naturelle...).

Si vous avez connu, habité ou côtoyé de prêt un ou plusieurs paysages qui ne sont plus et que vous souhaiteriez les décrire et les partager,  je serai ravie de lire vos textes.
Voilavoilà :) n'hésitez pas si vous avez des questions   :)
merci a tous et belle soirée,

Léa

Hors ligne Navezof

  • Scribe
  • Messages: 69
Re : Paysage disparu
« Réponse #1 le: 28 Janvier 2016 à 16:56:54 »
Citer
Si vous avez connu, habité ou côtoyé de prêt un ou plusieurs paysages qui ne sont plus
Est ce que les paysages doivent être réel?

Je suppose que tu trouveras ce genre d'écrit assez facilement. Je suis en train d’écrire une série de texte (pour l'instant il n'y en a qu'un seul sur ce site) qui se passe dans un monde post apocalyptique, donc pour ce qui est de paysage métamorphosé, ça me parait correspondre. (Notamment l'arche de triomphe dans une caverne a moitié recouverte de sable)

A lire
Raw Raw the powah, I guess?

lea

  • Invité
Re : Paysage disparu
« Réponse #2 le: 29 Janvier 2016 à 11:50:25 »
Salut Navezof,

merci pour ta réponse
en fait oui, le but c'est qu'ils soient réels mais décrits de mémoire :)

Hors ligne Aléa

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Re : Paysage disparu
« Réponse #3 le: 29 Janvier 2016 à 11:58:36 »
Salut léa!

Sur ce forum notre première règle est d'aller se présenter dans la section faite pour, juste histoire de se dire bonjour et de se connaitre un peu plus :P section présentation
(ton sujet va être bloqué sinon.)

Et hésites pas à poster de tes dessins!  (enfin à moins que tu comptes dessiner à partir d'une image... on aime bien aussi écrire à partir d'un dessin après tout  :D )
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

lea

  • Invité
Re : Paysage disparu
« Réponse #4 le: 29 Janvier 2016 à 12:06:06 »
Ok pas de soucis,
je fais ça tout de suite :)

swafran

  • Invité
Re : Paysage disparu
« Réponse #5 le: 08 Février 2016 à 10:28:32 »
Salut Lea

Merci j'ai beaucoup aimé ton idée. Voici ce que j'ai écrit :


Le bruit qu'on entendait plus était assourdissant de répétitions, heurts, d'éclats sonores métalliques qui coupaient ce qui avait du être un fond sonore pourtant élevé. Passé la porte arrachée, je me retrouvais sur un premier étage au plancher écroulé, à se demander si mes pieds touchaient réellement les gravats et bris de verres sous eux, ou étaient simplement suspendus par l'idée de ce sol qui un temps fut bien réel.

Les fenêtres, dont les carreaux étaient maintenant presque tous brisés, n'avaient de toute façons jamais bien isolé du froid. En écoutant bien, par dessus le vacarme disparu, je pouvais entendre le comptable, qui, isolé dans son bureau au plafond industriel beaucoup trop haut, se plaignait de l'atmosphère glaciale, gardant sa porte ouverte dans le vain espoir de capter un peu de la chaleur humaine que créait forcément la chaîne en bas. Plus de trente hommes dans ce petit entrepôt bougeant en rhythme, l'un attrapant l'énorme clé posée juste à côté de l'épaule d'un autre, son voisin ajustant une molette en se penchant autour de la taille du contremaître. Quand ils avaient été présents, l'activité, la chaleur, avaient compensé le manque de lumière et faisaient avancer l'heure du déjeuner d'autant plus vite. Aujourd'hui, mon sandwich en poche, la pause serait quand je la décide, et la faible clarté filtrant à travers la poussière avait le temps d'ajouter un côté poétique que j'avais toute liberté d'apprécier, puisqu'aucune cadence ne réglait plus aucun travail en cet endroit.

Le vieil homme qui n'était pas là pour que je puisse lui demander des renseignements, était lui assis nonchalamment, sur une vanne principale dont la peinture écaillée pouvait encore passer pour rouge. Lampe torche dans une des longues poches de son bleu de travail, casquette poussée en arrière, quand il était encore là le veilleur de nuit parlait avec un mégot en bouche, dont les sautillements marquaient la cadence de l'histoire plus ou moins vérifiable racontée en détours interminables. Malgré son absence il eu la gentillesse, peut-être était-il simplement un peu seul et content de pouvoir parler à quelqu'un, de m'indiquer la direction dans laquelle fut le bureau du directeur.

Je dus redescendre au rez de chaussée, passer les énormes machines délabrées et établis penchés de travers qui autrefois composaient le cœur de la chaîne, pour passer dans ce qu'était alors le coin peinture de l'atelier, une rangée de lampes à cloche triangulaire pendouillant encore au bout de leur fils épais. Des bouts de métal et bois éparpillés un peu partout recouvraient le sol qui n'était plus traversé régulièrement par le gamin au chariot, apportant et rapportant les pièces à peindre, et dont la paie ridicule l'autorisait à s'arrêter rigoler un bon coup avec un ouvrier ou un autre plus souvent que Monsieur Jérôme, celui qui de son vivant fut le contremaître, l'aurait normalement toléré. En me tenant à la rambarde qui avait été là encore jusqu'à la fermeture définitive, je prenais  garde aux marches manquantes et grimpais l'escalier jusqu'à la mezzanine de la direction. Le clapotis de la machine à écrire, longtemps parti, m'accueilli et me mis immédiatement dans l'ambiance du petit coin exécutif que s'était forgé le patron. Un pot de taille démesurée rappelait encore les plantes tropicales énormes qui servaient de décor, même si le bar opposé au bureau de Mademoiselle Stanwick, pièce principale de l'endroit et accueil chaleureux pour tout visiteur invité, avait été vendu aux enchères il y a longtemps.

Car j'avais à parler à Monsieur Blenard, pendant 43 ans le patron, directeur, et fondateur de ce qui longtemps avait été une usine importante dans la petite ville, elle existant bien toujours. Malheureusement, il n'était pas là ce jour-là, même si je pense qu'il y a un temps Mademoiselle Stanwick aurait pu l'être, et qu'elle aurait su m'éconduire avec tout le tact et le savoir-faire qui m'aurait laissé la remerciant, le plus sincèrement du monde. C'est donc un peu déçu mais sans négativité que je repris le chemin, maintenant boisé, vers la nationale toute proche. Me retournant une derrière fois, je pensais à chaque brique de cet haut édifice qui refusait de s'écrouler, et plein d'une nostalgie à laquelle je n'avais aucun droit, m'en alla retrouver la banalité de ma Clio. 3 portes, 5 vitesses, 1 litre, 16 kilomètres jusqu'à un bistrot lui aussi plein d'histoire.

Hors ligne Amymaria

  • Scribe
  • Messages: 63
Re : Paysage disparu
« Réponse #6 le: 08 Février 2016 à 12:55:11 »
Sawfran : J'ai lu ton écris que pour le coup j'ai pas mal apprécié. Si tu me permets j'aimerais juste faire deux-trois critiques qui sont pour moi vraiment petites... Je trouve que tes phrases sont parfois (pas toutes !!) trop longues et j'ai du mal à reprendre mon souffle :) Peut-être qu'il faudrait couper certaines phrases par un point et reprendre à la phrase suivante ?
Par contre, pour le coup je trouve que ta description est vraiment complète et recherchée ce que j'ai beaucoup aimé ! On arrive vraiment à plonger dans ton univers, et en fermant les yeux tout apparaît avec une précision extrême !!   

swafran

  • Invité
Re : Paysage disparu
« Réponse #7 le: 08 Février 2016 à 22:51:51 »
Salut Amymaria

Oui je pense que tu as raison, certaines phrases pourraient être coupées en deux. Merci de ton commentaire.  =)

sw

Hors ligne regis

  • Scribe
  • Messages: 69
Re : Paysage disparu
« Réponse #8 le: 10 Février 2016 à 11:23:59 »
Bon voici un petit essai...
LA LUCARNE
Albert poussa la trappe du grenier. Il se hissa dans la pièce. Il se souvenait encore des jours où il s’y réfugiait pour des rêves et un peu de solitude. Il ouvrît la lucarne. De là, on pouvait se noyer dans la vue des alentours. Seule, au fond la ligne bleue des montagnes brisait le regard.
Mais tout le reste était encore là Et quel reste ! En bas il pouvait voir la petite épicerie où il achetait ses caramels lutti -ceux avec la vache bleue- ou ses malabars à la sortie de l'école. Plus loin, la mairie et juste en face, la place du village ombragée de tilleuls. Il pouvait encore entendre le claquement des boules de pétanque et les rires sardoniques de Fernand le garde(champêtre quand Monsieur l'Instituteur en prenant une grande inspiration s’apprêtait à lancer.
Plus près, il pouvait deviner l'école aux fenêtres blanches et aux murs rouges, sa cour grise et le chêne vert où la balle de leurs jeux allait parfois s'égarer.
Et puis tous les toits de tuiles oranges surmontant les maisons aux murs blancs, bleus ou jaunes qui  dévalaient vers la rivière et son vieux pont de pierres ocres.
Sous le pont passait la rivière qui coulait paisiblement. Enfin, pas toujours…
Car il y avait ces jours d'orage ou soudain elle gonflait comma la grenouille de la fable et venait mourir jusqu'au bas de la Ferme aux murs de pierres noirs de noirs du gros Robert.
Mais c'était rare. Et le plus souvent, seuls les bruits de quelques véhicules troublaient la chaleur de l'été où la douceur de l'hiver.
Albert pouvait presque voir la 2CV jaune du facteur se hasardant en cahotant sur le pont, précédé de l'avertisseur qui faisait décamper les gamins qui péchaient à l'aide d'un bâton et d'une ficelle.
Et puis il y avait tous ces champs qui grimpaient sur la colline : plantation d'arbres fruitiers, vignes produisant un vin de pays que l'on éclusait les dimanches de fêtes, plantations de blés.
Sur les terrains plus rocailleux, loin de là, l'on devinait les taches vertes au milieu des roches grises. Les points blanc mouvants, c'étaient les chèvres au collier rouges que regroupaient à coups de jappements, des chiens au pelage fauve.
Et au-dessus de tout cela, le soleil qui écrasait la campagne d’où s'échappaient des volutes de chaleur et des bancs de poussière ces ces terres âpres et généreuses.
Il semblait parfois à Albert qu'allait surgir du fond de l'horizon dans un nuage de poussière les héros de ses lectures : des D'Artagnan ou des Lagardère. Alors, il les suivrait dans d'autres aventures sans fin.
—  Papi, tu viens ? Il est temps de  partir
Albert soupira, ferma la lucarne et quitta le grenier ; Il grimpa dans la voiture, eût un dernier regard pour le village déserté, les enseignes des commerces effacées, les murs ternis par l’abandon et le temps, la place de la Mairie silencieuse.
Les champs étaient vides, envahis par les buissons, et le pont ne pouvait accueillir la moindre automobile.
— Pourquoi as-tu voulu venir ?  Demain cela n’existera plus !
Son petit-fils avait parlé doucement. L’Espace croisa les gigantesques engins de chantier  alignés sur ce qui avait été la cour de la Ferme du Gris Robert.
Demain, le nouveau barrage engloutissant dans une bulle bleue tout un passé
Le vieux monsieur sourît..
— J’espérais voir arriver Lagardère !

 


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