Et voilà, dernier quart de finale du MdE entre Pointcarré et Le Chat !
Pas de règle particulière, une semaine pour voter. Bon choix !
Bernard Poincarré :
Œuvre : Les autruches insomniaques de Krapoutchniek
Description :Bernard a perdu son nœud papillon en duvet d’autruche, ses souliers, et sa montre, alors même que doit arriver pour dîner son ami d'enfance, Alphonse Aldus, qui est « accessoirement le beau-frère de la demi-sœur du petit-fils du troisième cousin au second degré de l’oncle du prêtre du village où [il a] grandi ». Malheureusement pour lui, ce n’est que le début des inconvénients qui vont venir ponctuer cette soirée : le facteur vient récupérer le képi qu’il a oublié le matin même, les invités amènent avec eux un « antiquaire » russe qui ressemble diablement à un clochard, la bonne, Anna, fait des calembours douteux sur les noms de leurs invités, le docteur passe pour s’occuper du facteur qui est tombé inanimé devant leur porte… Mais tout ça, finalement, c’est la faute des autruches qui ne s’accouplent plus lorsqu’il pleut !
Extrait :(un coup de sonnette retentit, suivi d’un autre qui dure jusqu’à ce qu’Anna ouvre la porte en essayant de se boucher les oreilles)BERNARD POINTCARRE : Ce sont eux cette fois.
ALPHONSE ALDUS : (avançant, bras tendus) Ce cher Bernard !
BERNARD POINTCARRE : Ce cher Alphonse !
ALPHONSE ALDUS : (se dirigeant vers Madame Pointcarré) Cette chère Elise !
BERNARD POINTCARRE : (vers Madame Aldus) Cette chère… Heu… Madame.
PENELOPE ALDUS: (tirant Monsieur Zebriewitch par le bras) Nous vous avons apporté quelque chose.
BERNARD POINTCARRE : (souriant) Ho, un clochard ! C’est gentil, il ne fallait pas.
PENELOPE ALDUS: Ho, ce n’est rien, vous savez.
BERNARD POINTCARRE : Non mais il ne fallait (insistant) vraiment pas !
ALPHONSE ALDUS : (à sa femme) Tu es vraiment pénible.
PENELOPE ALDUS: Non. Mon nom est Pénélope.
ALPHONSE ALDUS : (offrant une boîte de pralines aux Pointcarré) Bref. (insistant) Voici (normal) un petit quelque chose pour vous.
BERNARD POINTCARRE : Et le clochard ?
ALPHONSE ALDUS : Ha, lui. Il nous faisait rire alors on l’a emmené.
MONSIEUR ZEBRIEWITCH : (fort accent russe) Je pas clochard ! (montrant avec ostentation un samovar) Je vendre beaux samovars !
ALPHONSE ALDUS : (ravi) Ha, il recommence !
ELISE POINTCARRE : Vous l’avez trouvé où ?
ALPHONSE ALDUS : Ho, pas loin d’ici. Il y avait un genre de réunion de loqueteux dans son genre. Ils essayent de vendre des bibelots qu’ils trouvent dans des bennes à ordure, je crois.
BERNARD POINTCARRE : Oui, donc il s’agit d’un antiquaire, quoi.
ALPHONSE ALDUS : Un anti quoi ?
ELISE POINTCARRE : Caire.
PENELOPE ALDUS: Non, nous revenons de Tunis.
Fiche par Mary
Le Chat :Oeuvre : Il n'aura jamais plu autant que demain , de Zacharielle
Description :A la fin, il ne restera plus qu'un chat.
Mais pas n'importe quel chat. Celui-ci amènera le déluge, et comment ? En se passant la patte derrière l'oreille.
Il restera là, à regarder le monde, posément assis à sa fenêtre, et se passera la patte derrière l'oreille.
Une chose est sûre : au moins, il sera propre.
Extrait : A la fin, il ne restera plus qu'un chat.
Il se passera la patte derrière l'oreille, pour se laver la tête. La pluie tombera en déluge dans les rues. Les égouts feront des gargouillis toute la nuit. Le lendemain, ils n'en pourront plus et vomiront les eaux en torrents nauséeux. Ce sera alors le petit matin. Il contemplera son œuvre. Il sera à la fenêtre, seul à l'abri. Une mauvaise photo en contre-jour, encadrée de plastique. Il sera gris, comme tous les chats. Vos yeux embués, vous n'y croirez pas. Tout le monde lèvera la tête vers cette fenêtre, de cet immeuble, de cette ville, tout le monde et vous n'y croirez pas. Pourtant le chat continuera de se laver, de se passer la patte derrière l'oreille et pourtant toute l'eau du monde continuera à tomber du ciel. Vous ramerez sur vos petits bateaux pneumatiques jaunes. Vous serez à la recherche de biscuits secs. Il se passera des jours semblables. Des jours chaque fois un peu plus durs. Vous serez pitoyables dans votre lutte pour la survie. Pire : vous serez ignorés par le chat d'en haut. Qui, nonchalamment. Continuera de se passer la patte derrière l'oreille – le mouvement sans cesse répété. Vous rendra fous. Cette petite langue rose. Cette petite inclinaison de la tête. Cet infime frémissement des moustaches. Ce jeu de lumières sur la vitre. Et ces babines... Satisfaites ! Le petit bruit de l'oreille qui claque. Qu'il arrête ! Qu'il arrête ! Vous quitterez les canots avec un couteau dans la bouche. Tuer le chat ! Vous vous couperez la langue. Vous nagerez. Il y aura de longs fils. Vous serez électrocutés. Vous plongerez. Vous n'aurez pas le temps de voir. Vous vous planterez des barrières dans les yeux. Vous ne serez pleurés que par des nuages inextinguibles puisque. Vous et tout le monde. Moi ! Tenterez votre chance. Tous, un échec, dix échecs, mille, MAT. Et inévitablement. Fatalement.
A la fin, il ne restera plus qu'un chat.
Mais au moins, il sera propre.
Fiche par Kerena