Bonsoir à tous, je vous souhaite de bonnes fêtes.
Voici un texte assez court. J'espère que cela va vous plaire !
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Enroulée dans ma couette, je compte les minutes avant que le sommeil ne débarque. Les volets sont fermés, les lumières éteintes, il ne manque plus que mon précieux invité. Pour l’occasion, je porte mon plus beau pyjama : il serait embarrassant qu’il m’aperçoive vêtue d’un simple t-shirt délavé et d’une culotte trop grande pour moi. Tous les mercredis après-midis, le sommeil vient me rendre visite.
Au début, il m’effrayait un peu. Sa fâcheuse manie de surgir de nulle part me donnait la chair de poule. J’avais beau essayé de garder les yeux grands ouverts, de me pincer jusqu’à en saigner, ou même de boire des litres de café, il finissait toujours par se montrer. A mes yeux, faire la sieste était un crime. C’était faire preuve de lâcheté, de paresse et même d’égoïsme. Pourtant, le sommeil me jurait le contraire. Il me disait que faire la sieste était un art, et qu’il n’y avait pas plus beau moyen de montrer son humanité. Au bout de trois ans, j’ai fini par lui donner raison.
Il est vrai que je dors aussi la nuit. Néanmoins, mes siestes hebdomadaires me procurent un sentiment totalement différent. En effet, elles me donnent l’opportunité de faire une pause, d’arrêter le temps pendant quelques heures. Celles-ci me délivrent des rêves doux, dans lesquels j’ai envie de rester. Généralement, plus j’ai de problèmes, plus le sommeil reste longtemps à mes côtés. Parfois, cela peut durer très longtemps, jusqu’à cinq heures. Certes, le réveil est difficile : mon crâne semble être sur le point d’exploser et il m’arrive d’oublier quel jour nous sommes. Mais, au final, cela en vaut la peine.
Aujourd’hui, j’attends mon ami avec grande impatience. Les deux premiers jours de la semaine ont été assez éprouvants et ils me tardent de les chasser de mon esprit tumultueux. J’essaie de rester calme. Le sommeil n’aime pas l’agitation et préfère agir dans un silence complet. Alors, je ferme les yeux tout en essayant d’imaginer de jolies choses. Soudain, je ne sens plus mon lit sous mon dos, ni mes draps sur ma peau. Il est enfin là. Comme à son habitude, le sommeil ne parle pas beaucoup. Il se contente juste de me sourire. Ses mains légères me frôlent, palpant mes joues et chatouillant le bout de mon nez. Je me sens bien, en paix. Enfin, je peux dormir et oublier.
Adieu les problèmes, bonjour les chimères.