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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !

Auteur Sujet: Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !  (Lu 2418 fois)

Hors ligne Goémine

  • Aède
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Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« le: 14 Décembre 2015 à 18:46:32 »
Bonsoir à tous, devrais-je dire à toutes ?? là est la question que je me pose... C'est vous qui me direz....

Je suis au beau milieu d'un récit ( assez long) et j'ai choisi de raconter, au milieu d'autres péripéties, la naissance d'un enfant.
 
Je ne veux pas tomber dans une description technique, ni dans un récit trop édulcoré. je vous avoue que c'est un exercice assez difficile pour moi : ni trop, ni trop peu, pas du racoleur, mais pas non plus du sanguinolent, de l'émotion sans sensiblerie, des mots vrais sans vulgarité...

De plus, je me dis ( et sans doute est-ce très sexiste)  que seules les femmes, pour ne pas dire les mères, peuvent être sensible à ce genre de texte...

Alors je vous le livre, et je verrai bien qui s'y attarde, qui prend la fuite, qui peut me répondre, qui a des réminiscences de frissons, et des larmes de souvenirs...il y en a aussi qui peuvent se sentir au bord du malaise, qu'ils me pardonnent !
Je me dit que si on a pas mal au ventre en le lisant , c'est que j'ai raté ! Messieurs, je serai flattée de vos remarques et je les accepte...même si vous n'avez pas mal au ventre !

Je replace le contexte :
 Au siècle dernier, isolée dans un village méditerranéen, Batista, une jeune femme donne naissance, chez elle, à son premier enfant. Elle est veuve , elle a une vingtaine d'année, son mari, père de l'enfant s'appelait Sandro.



Batista se cambrait, portait les mains à ses reins  et gardait la main posée sur son ventre : elle couvait le printemps !
Son petit miracle prenait racine, il bourgeonnait, déployait sa petite existence et chaque feuille qui défroissait sa grâce vert tendre dans l’amandier, semblait à Batista une petite main se dépliant peu à peu.

On allait vers la fin du mois de mai : mois de Sainte Marie la vierge bénie, et chacun savait que les enfants du mois de mai étaient protégés par la sainte mère, aussi Madrita venait-elle de s’installer chez sa fille, comme si sa présence aurait le pouvoir de déclencher le travail.

Batista se reposait à l’ombre de sa chambre, le front humide, la main posé sur la colline de son ventre. On aurait dit qu’elle avait gobé la lune : énorme globe blanc scintillant de sueur sur une peau translucide à force d’être tendue.

Elle n’avait pas faim, et refusa l’assiette apportée par sa mère. Madrita sorti en soupirant, nerveuse et tournant comme une chatte à l’approche de l’orage. Agacée, elle repoussa Bianca loin de la chambre. Batista se leva pour baigner son visage dans l’eau fraiche, attrapant la cruche posée près de son lit : une vague chaude s’engouffra entre ses cuisses et vint d’un coup tremper le sol de la chambre. L’enfant avait commencé son chemin.

Batista se recoucha tremblante. Elle ne voulait pas avertir Madrita, pas tout de suite. Rester encore un peu avec son enfant à elle, à elle seule. Elle le savait, dans quelques minutes tout allait basculer : affolement, bousculade, prières et dévotions. Elle serait dépossédée. Durant tous ces mois elle avait été en tête à tête avec l’enfant de Sandro, et venait le jour où elle allait devoir le partager : le mettre au monde c’est le remettre à tout le monde.

L’envie de rester encore un moment seule avec lui devint si prenante, que rien d’autre ne compta que de bercer son ventre entre ses mains, applaquant le petit croissant nacré de sa paume au plus prés de l’enfant,  chantonnant à voix basse, sans se préoccuper des larmes qui mouillaient l’oreiller, ni des douleurs qui lancinait ses reins.

La souffrance montait, mais était supportable et elle n’avait besoin de personne pour parler à son petit, lui dire qu’elle l’attendait, qu’elle l’espérait, qu’elle l’aimait déjà. Elle resta couchée au mitan de son lit, invoquant le souvenir de Sandro, lui promettant de prendre soin de l’enfant, l’implorant de veiller sur eux,  lui jurant d’élever leur fils de son mieux, d’en faire un homme fier et solide.

 Elle chantonna encore, goûtant l’ultime recueillement avant la mise au monde.

 Elle murmurant dans le soir des mots d’amour que seuls les  anges devaient entendre. L’enfant encore, et Sandro déjà, faisaient partie de ce peuple-là.

La nuit tombait doucement quand la douleur peu à peu éteint son chant. Elle savait qu’elle allait devoir affronter la vraie souffrance à présent, et soudain n’eut plus envie d’être seule.

Madrita fut là en un instant, elle ne semblait pas étonnée. Elle avait veillé, prié, et le ciel avait entendu sa requête : Batista allait mettre au monde un enfant cette nuit, un petit de mai, un béni de la vierge. Elle referma doucement la chambre, fila chercher la voisine. Bianca, mise à la porte sans ménagement, se mit à gémir.

Jambes larges ouvertes, bassin surélevé sur un monceau de charpie, nue, ouverte et sanguinolente, Batista était offerte. Les yeux et les doigts de la matrone fouillaient, estimant la douleur qui monte et le temps qui reste à endurer. Batista serrait les dents et les poings, elle ne criait pas.

Une vague nouvelle ruina sa vigilance : elle s’arqua de souffrance sans même s’en apercevoir. Une seconde suivit de peu, ses hanches à peine posées s’arc-boutèrent à nouveau.
La lune montait tranquillement dans la nuit, entre deux douleurs Batista la voyait par la fenêtre entrouverte.
Pleine lune, pourvoyeuse d’enfants, de grandes marées et de folies. Lune majestueuse, au ventre des femmes associée, dont les rondeurs jumelles déclinent ensemble au petit matin. Batista espérait qu’avec l’aube viendrait la délivrance.

Madrita avait prestement, dès le début du travail, jeté du sel aux quatre coins de la chambre et sous le lit de la future accouchée : dernière protection contre les mauvais esprits. Elle avait allumé des bougies aux pieds de la Sainte vierge, et prié Santa Margrita : il valait mieux ne froisser aucune des deux saintes patronnes, deux adorations étaient plus prudentes. A présent, ces précautions étant prises, elle pouvait se consacrer à son rôle de mère et prendre soin de sa fille. Elle l’avait embrassée, avait bassiné son front moite d’eau de lavande, lui avait frotté les pieds de gros sel pour attirer l’enfant vers le bas, et avait massé ses cuisses endolories d’huile d’amande douce, puis elle l’avait embrassée. Dés que Batista avait été capable de s’assoir, Madrita l’avait embrassé et avait réchauffé ses reins par une vigoureuse friction de vinaigre tiède, et placé sous sa nuque un coussin venu d’on ne sait où, mais qui sentait la laine d’agneau et que Batista affectionnait particulièrement. Elle l’avait embrassé encore. Elle avait préparé un café bien fort pour la sage-femme, et était allée en cuisine s’étrangler en cachette avec quelques gouttes d’alcool de figue. Elle embrassait à nouveau sa fille : baisers  voluptueux à l’odeur de soleil.

 Les heures passaient, éreintantes et cruelles, sans que rien ne se passe.

Une rivière poisseuse marbrait les cuisses de Batista, son front ruisselait de sueur, elle claquait des dents, se sentait décliner à chaque minute, Un mince filet de lait perlait à ses seins lourds. Madrita changeait ses draps mouillés, humectait ses lèvres d’eau, et soulevait sa nuque à chaque poussée.

La douleur continuait de labourer Batista, de lui manger le ventre, de lui tordre les reins, en vain. A chaque répit elle guettait l’astre déclinant, la lune la quittait, s’approchant du coin de la fenêtre jusqu’à s’effacer bientôt. Elle s’épuisait d’espérance déçue : rien n’advenait, elle souffrait toujours et le jour allait venir tantôt.

Soudain Batista hurla, quelque chose craqua en elle, quelque chose poussa plus fort, ouvrit plus amplement sa chair, quelque chose de plus puissant qu’elle, qu’elle ne contrôlait pas et qui dictait sa loi : dos arqué en cathédrale, cuisses ouvertes grandes comme le monde, cuisses luisantes écartées sur un miracle qui venait, qui descendait, qui forçait sa route, qui franchissait l’ultime barricade, et frayait son chemin à travers la chair bleuie de sa mère.

Un petit miracle têtu qui glissait dans un ruissellement d’eau et de sang. Batista comprit qu’il avait besoin d’elle à présent et qu’ils devaient unir leurs forces : ensemble ils allaient voir le jour !

Elle se cabra à s’en rompre le dos : Alors, dans un  éclat mouillé l’enfant se laissa tomber dans les mains de la sage-femme : épouvantablement beau.


Madrita tendit le couteau d’écaille de Sandro avec tendresse. Elle tremblait un peu la Madrita, elle avait laissé sa superbe au dehors et se sentait ici infiniment humaine et fragile. La matrone trancha le cordon et coupa la ceinture de ficelle humide de sueur. Madrita baisa la médaille de Santa Margrita, remerciant toutes les saintes qui s’étaient penchées sur le berceau.

A présent que le travail était achevé, la lune pouvait quitter le ciel, toute ronde, et lourde encore de vies à venir. Elle s’enfonçait lentement de l’autre côté de la terre  partant régenter  d’autres naissances.

Le soleil se levait en majesté, dardait ses rayons triomphants, il arrivait toujours à temps pour contempler et réchauffer un nouveau sujet.

A l’aube rouge, reposait entre les jambes de Batista un nouvel astre brillant et humide. Une étoile palpitante et nacrée.  Lucca, s’il avait su, aurait été rassuré : le nouveau-né n’était pas bleu, mais rose, vermeil, à peine lilas sous ses petits ongles. On  le massa à l’huile d’olive, comme son père avant lui et il cria haut et fort bonjour le monde !

Madrita avait pleuré comme une enfant, comme une jeune fille, comme une jeune mère et comme une vieille maman, toutes les larmes des femmes avaient coulées à ses joues de grand-mère. Elle tenait l’enfant si léger dans ses bras, à peine enveloppé d’un lange, elle scrutait son minuscule visage, passait une main douce sur son front humide, y traçait un signe de croix. Elle le reconnaissait pour sien : il faisait partie de la tribu. Elle pouvait prévenir la famille.

Batista accueilli l’enfant dans ses bras en coupole, le posa au plus prés d’elle, découvrant émerveillée, sa petite tête brune et bouclée. Elle  le flaira, passant le doigt sur l’arrondi de sa joue. Le bébé serrait de toutes ses forces le doigt de sa mère, semblant dire « on ne se quitte plus, garde moi… »

 Elle  le baptisa de larmes de joie, perles et cristal. Et enfin, le nomma :

« Bonjour mon tout petit, bonjour Sandrino »


« Modifié: 14 Décembre 2015 à 18:49:02 par Goémine »
comme on dit par chez moi : Un écrivain qui se livre, c'est un peu comme un canard qui se confit... soyez prudents...

Hors ligne Loïc

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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #1 le: 15 Décembre 2015 à 21:32:06 »
Salut salut !

Citer
portait les mains à ses reins  et gardait la main posée sur son ventre : elle couvait le printemps !

Une espace en trop après reins.
Répétition de main d'autant plus malheureuse qu'elle rend la phrase incohérente (elle porte ses mains à ses reins et la garde sur le ventre).

Citer
Son petit miracle prenait racine, il bourgeonnait, déployait sa petite existence et chaque feuille qui défroissait sa grâce vert tendre dans l’amandier, semblait à Batista une petite main se dépliant peu à peu.

La dernière virgule me semble dommageable

Citer
On allait vers la fin du mois de mai : mois de Sainte Marie la vierge bénie, et chacun savait que les enfants du mois de mai étaient protégés par la sainte mère, aussi Madrita venait-elle de s’installer chez sa fille, comme si sa présence aurait le pouvoir de déclencher le travail.

Je dirais qu'il te faut une majuscule à Vierge et surtout à Sainte Mère.
L'introduction de Madrita est bizarre : tu n'expliques pas qui elle est (ça peut aussi bien être un surnom de Baptista) et fait sa description comme si tu continuais celle d'avant.

Citer
Batista se reposait à l’ombre de sa chambre, le front humide, la main posé sur la colline de son ventre.

Posée
Tu as plus ou moins déjà dit ça.

Citer
. Madrita sorti en soupirant, nerveuse et tournant comme une chatte à l’approche de l’orage.

Sortit.
Perso j'aurais préféré deux phrases, ce qui t'aurait permis de te passer d'un participe présent lourd.

Citer
Batista se leva pour baigner son visage dans l’eau fraiche, attrapant la cruche posée près de son lit : une vague chaude s’engouffra entre ses cuisses et vint d’un coup tremper le sol de la chambre.

Le double point est une erreur.
Le participe présent me semble chelou aussi. D'une manière générale j'ai un peu de mal à bien visualiser — grammaticalement — ce que tu écris dans ce passage.

Citer
le mettre au monde c’est le remettre à tout le monde.
Pas mal ça.
La répétition d'enfant dans le paragraphe est dommage.

Citer
L’envie de rester encore un moment seule avec lui devint si prenante, que rien d’autre ne compta que de bercer son ventre entre ses mains, applaquant le petit croissant nacré de sa paume au plus prés de l’enfant,  chantonnant à voix basse, sans se préoccuper des larmes qui mouillaient l’oreiller, ni des douleurs qui lancinait ses reins.

La virgule à prenante est une faute à mon sens.
Sûre de ton applaquant ?
Je comprends pas l'intérêt des participes présents ici.

Citer
La souffrance montait, mais était supportable et elle n’avait besoin de personne pour parler à son petit, lui dire qu’elle l’attendait, qu’elle l’espérait, qu’elle l’aimait déjà. Elle resta couchée au mitan de son lit, invoquant le souvenir de Sandro, lui promettant de prendre soin de l’enfant, l’implorant de veiller sur eux,  lui jurant d’élever leur fils de son mieux, d’en faire un homme fier et solide.

Ça fait deux paragraphes avec exactement la même structure (première phrase active, puis accumulation de participes présents)

Citer
Elle murmurant dans le soir des mots d’amour que seuls les  anges devaient

Murmura
Une espace en trop avant anges

Citer
La nuit tombait doucement quand la douleur peu à peu éteint son chan

éteignit

Citer
estimant la douleur qui monte et le temps qui reste à endurer

Manquent les passés
Qu'il restait à endurer, d'ailleurs, non ?

Citer
Une vague nouvelle ruina sa vigilance : elle s’arqua de souffrance sans même s’en apercevoir

Je pense que tu peux éviter de préciser que c'est de souffrance.

Citer
Madrita avait prestement, dès le début du travail, jeté du sel aux quatre coins de la chambre et sous le lit de la future accouchée : dernière protection contre les mauvais esprits. Elle avait allumé des bougies aux pieds de la Sainte vierge, et prié Santa Margrita : il valait mieux ne froisser aucune des deux saintes patronnes, deux adorations étaient plus prudentes. A présent, ces précautions étant prises, elle pouvait se consacrer à son rôle de mère et prendre soin de sa fille. Elle l’avait embrassée, avait bassiné son front moite d’eau de lavande, lui avait frotté les pieds de gros sel pour attirer l’enfant vers le bas, et avait massé ses cuisses endolories d’huile d’amande douce, puis elle l’avait embrassée. Dés que Batista avait été capable de s’assoir, Madrita l’avait embrassé et avait réchauffé ses reins par une vigoureuse friction de vinaigre tiède, et placé sous sa nuque un coussin venu d’on ne sait où, mais qui sentait la laine d’agneau et que Batista affectionnait particulièrement. Elle l’avait embrassé encore. Elle avait préparé un café bien fort pour la sage-femme, et était allée en cuisine s’étrangler en cachette avec quelques gouttes d’alcool de figue. Elle embrassait à nouveau sa fille : baisers  voluptueux à l’odeur de soleil.

Les multiples répétitions d'embrasser peuvent être supprimées, simplement en disant les choses autrement. Ça allègera le paragraphe et donnera moins l'impression d'être des fautes d'auteure.
Des accords sont mal faits.
J'ai eu un peu de mal avec ce paragraphe : à mon avis, il aurait dû venir plus haut et pas comme flashback.

Citer
Les heures passaient, éreintantes et cruelles, sans que rien ne se passe.

Faudrait plus nous le faire sentir. C'est un peu facile ça.

Citer
Soudain Batista hurla, quelque chose craqua en elle, quelque chose poussa plus fort, ouvrit plus amplement sa chair, quelque chose de plus puissant qu’elle, qu’elle ne contrôlait pas et qui dictait sa loi : dos arqué en cathédrale, cuisses ouvertes grandes comme le monde, cuisses luisantes écartées sur un miracle qui venait, qui descendait, qui forçait sa route, qui franchissait l’ultime barricade, et frayait son chemin à travers la chair bleuie de sa mère.

La première phrase est bien dans ce que j'ai l'impression que tu recherches ; le reste est un peu too much.

Citer
Elle se cabra à s’en rompre le dos : Alors, dans un  éclat mouillé l’enfant se laissa tomber dans les mains de la sage-femme : épouvantablement beau

Pourquoi les doubles points ?
D'ailleurs, jamais de majuscule après.

Citer
Madrita tendit le couteau d’écaille de Sandro avec tendresse. Elle tremblait un peu la Madrita, elle avait laissé sa superbe au dehors

Cette partie du paragraphe est top.

Citer
.  Lucca, s’il avait su, aurait été

Une espace en trop après le point.
Qui est Lucca ?

Citer
Elle tenait l’enfant si léger dans ses bras, à peine enveloppé d’un lange, elle scrutait son minuscule visage, passait une main douce sur son front humide, y traçait un signe de croix.

C'est bizarre ici : l'enfant est enveloppé, ok, mais après tu pars sur la mère. Il faut une vraie coupure.

Citer
Batista accueilli l’enfant dans ses bras en coupole

accueillit

Citer
Elle  le baptisa de larmes de joie, perles et cristal. Et enfin, le nomma :

« Bonjour mon tout petit, bonjour Sandrino »

Hum, le fait de donner un nom fait partie du baptême, non ?


Alors je n'ai pas été convaincu, et pour le coup je pense pas que ça ai grand-chose à voir avec ce que j'ai entre les jambes.
Je vais tenter d'expliquer les problèmes que j'ai identifié.

– la chronologie de ton texte est complètement chamboulée et pour un texte comme ça, faut que ce soit très clair. Faut pas que le lecteur sorte de l'ambiance, sinon c'est mort, on n'est plus dedans, et le temps de s'y replonger, bah on arrive au bout. Garde une chronologie classique, très claire.
– justement, j'ai trouvé que ça manquait de mise dans l'ambiance. Au final, c'est très factuel. Un peu grandiloquent, parfois. Bref, faut plus nous montrer, nous y plonger. Parfois, écrire simplement est encore le meilleur moyen de faire ressentir les choses.

Voilà voilà pour mon avis, bonne continuation.
"We think you're dumb and we hate you too"
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Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
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Hors ligne JigoKu Kokoro

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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #2 le: 16 Décembre 2015 à 14:51:10 »
Là aussi Loïc a relever plusieurs point avec lesquels je suis d'accord ^^

Comme
Citer
Batista se cambrait, portait les mains à ses reins  et gardait la main posée sur son ventre
Si je compte bien ça fait 3 mains  ::)

L'introduction des autres personnages est assez abrupte MAIS il s'agit là d'un extrait de texte donc il est possible que le lecteur sache déjà avec ce qui vient précédemment.  :)

Je retrouve ton style particulier que j'apprécie et vois que certains défauts (comme j'en ai toujours aussi  :P ) aiment à se glisser encore comme :
Citer
Elle resta couchée au mitan de son lit, invoquant le souvenir de Sandro, lui promettant de prendre soin de l’enfant, l’implorant de veiller sur eux,  lui jurant d’élever leur fils de son mieux, d’en faire un homme fier et solide.
Trop de virgule... tue la virgule  :mrgreen:

Je suis d'accord sur la chronologie si les choses traînent autant nous faire languir aussi afin que nous ayons aussi envie d'être libéré comme Baptita  :)

Citer
Jambes larges ouvertes, bassin surélevé sur un monceau de charpie, nue, ouverte et sanguinolente, Batista était offerte. Les yeux et les doigts de la matrone fouillaient, estimant la douleur qui monte et le temps qui reste à endurer.
Ce passage me gêne. Pourquoi ? Eh bien si l'idée est de faire monter la "pression" du lecteur sur cet accouchement alors les termes que tu crains d'utiliser (pour éviter ce que tu cite en prologue sur ton travail) devrait eût aussi suivre cette montée. Je m'explique, plus l'accouchement traine, plus la douleur augmente plus les termes peuvent s'accélérer et devenir un peu plus "violent" avant la libération. Le sanguinolent peu devenir beau s'il est l'apothéose de la libération d'un accouchement.

Dans l'ensemble reste que c'est très beau de vouloir raconter ce moment qui n'appartient (du moins en grande partie) qu'aux mamans. Je ne suis pas une fille, j'ai deux enfants et j'étais présent au accouchement. Un moment particulier un peu surréaliste puisque aucun ne c'est passé comme... à la télé  :D (deux prémas, un avec complication, hélicoptère et tout, et l'autre plus pressé qu'Usain Bolt  ;D). Auteur amateur, friand de livre et roman écrit par des femmes, je n'aurais jamais la prétention de dire que je "comprend" ou "ressens" un moment comme celui-là. Je pense toutefois pouvoir m'en approcher un petit peu avec mon vécu extérieur et les nombreuses conversation avec la mère de mes enfants sur le sujet car ce fût pour nous des moments très fort.    :)
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Hors ligne Goémine

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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #3 le: 16 Décembre 2015 à 16:54:52 »
Merci Loïc de tes commentaires (toujours précis, bienveillants mais sans concession, c'est ce que je recherche)

je ne sais pas si c'est le lieu ici de te répondre et de te demander des précisions ? je ne veux pas fatiguer les autres personnes du forum par trop d'égocentrisme sur mon écrit...tu me diras s'il est préférable de reprendre ce dialogue ailleurs ?
en fait, je ne comprends pas ce que tu veux dire par là :

–la chronologie de ton texte est complètement chamboulée et pour un texte comme ça, faut que ce soit très clair. Faut pas que le lecteur sorte de l'ambiance, sinon c'est mort, on n'est plus dedans, et le temps de s'y replonger, bah on arrive au bout. Garde une chronologie classique, très claire.

il me semble ( et peut-être à tort, mais j'ai besoin que tu m'éclaires la dessus) que je suis une chronologie linéaire non ?
Batista sent arriver les premières douleurs, le travail avance, elle appelle sa mère pour l'aider, elle souffre puis elle accouche, sa mère est présente pour tenir son petit-fils dans ses bras, puis le remet à Batista.... je ne discerne pas le" chamboulage chronologique" serais tu assez gentil de préciser ton point de vue ?

sinon, j'ai bien rigolé en découvrant que Batista avait trois mains !!! merci de souligner cette incohérence !
à bientôt !



Batista se cambrait, portait les mains à ses reins  et gardait la main posée sur son ventre
Si je compte bien ça fait 3 mains  ::)
 Très juste ! chuis nulle en calcul et en anatomie !

L'introduction des autres personnages est assez abrupte MAIS il s'agit là d'un extrait de texte donc il est possible que le lecteur sache déjà avec ce qui vient précédemment.  :)
Oui c'est un extrait, les autres personn&ges sont présentés avant ( pour répondre à Loic, L

Je retrouve ton style particulier que j'apprécie et vois que certains défauts (comme j'en ai toujours aussi  :P ) aiment à se glisser encore comme :
Citer
Elle resta couchée au mitan de son lit, invoquant le souvenir de Sandro, lui promettant de prendre soin de l’enfant, l’implorant de veiller sur eux,  lui jurant d’élever leur fils de son mieux, d’en faire un homme fier et solide.
Trop de virgule... tue la virgule  :mrgreen:

Je suis d'accord sur la chronologie si les choses traînent autant nous faire languir aussi afin que nous ayons aussi envie d'être libéré comme Baptita  :)

Citer
Jambes larges ouvertes, bassin surélevé sur un monceau de charpie, nue, ouverte et sanguinolente, Batista était offerte. Les yeux et les doigts de la matrone fouillaient, estimant la douleur qui monte et le temps qui reste à endurer.
Ce passage me gêne. Pourquoi ? Eh bien si l'idée est de faire monter la "pression" du lecteur sur cet accouchement alors les termes que tu crains d'utiliser (pour éviter ce que tu cite en prologue sur ton travail) devrait eût aussi suivre cette montée. Je m'explique, plus l'accouchement traine, plus la douleur augmente plus les termes peuvent s'accélérer et devenir un peu plus "violent" avant la libération. Le sanguinolent peu devenir beau s'il est l'apothéose de la libération d'un accouchement.

Dans l'ensemble reste que c'est très beau de vouloir raconter ce moment qui n'appartient (du moins en grande partie) qu'aux mamans. Je ne suis pas une fille, j'ai deux enfants et j'étais présent au accouchement. Un moment particulier un peu surréaliste puisque aucun ne c'est passé comme... à la télé  :D (deux prémas, un avec complication, hélicoptère et tout, et l'autre plus pressé qu'Usain Bolt  ;D). Auteur amateur, friand de livre et roman écrit par des femmes, je n'aurais jamais la prétention de dire que je "comprend" ou "ressens" un moment comme celui-là. Je pense toutefois pouvoir m'en approcher un petit peu avec mon vécu extérieur et les nombreuses conversation avec la mère de mes enfants sur le sujet car ce fût pour nous des moments très fort.    :)
[/quote]



Batista se cambrait, portait les mains à ses reins  et gardait la main posée sur son ventre
Si je compte bien ça fait 3 mains  ::)

Très juste ! chuis nulle en calcul et en anatomie !

L'introduction des autres personnages est assez abrupte MAIS il s'agit là d'un extrait de texte donc il est possible que le lecteur sache déjà avec ce qui vient précédemment.  :)

Oui c'est un extrait, les autres personnages sont présentés avant ( pour répondre à Loïc, Lucca est le père de Sandro, donc le grand-père du bébé)

Je retrouve ton style particulier que j'apprécie et vois que certains défauts (comme j'en ai toujours aussi  :P ) aiment à se glisser encore comme :
Citer
Elle resta couchée au mitan de son lit, invoquant le souvenir de Sandro, lui promettant de prendre soin de l’enfant, l’implorant de veiller sur eux,  lui jurant d’élever leur fils de son mieux, d’en faire un homme fier et solide.
Trop de virgule... tue la virgule  :

tu as raison ! je les visualise toujours comme un soupir, comme une pensée "hachée" ...je ne vois pas comment transcrire ça sans l'aide de la virgule...

Je suis d'accord sur la chronologie si les choses traînent autant nous faire languir aussi afin que nous ayons aussi envie d'être libéré comme Baptita  :)

 : Oui, c'est ça...ces heures épouvantablement délicieuses...

Citer
Jambes larges ouvertes, bassin surélevé sur un monceau de charpie, nue, ouverte et sanguinolente, Batista était offerte. Les yeux et les doigts de la matrone fouillaient, estimant la douleur qui monte et le temps qui reste à endurer.
Ce passage me gêne. Pourquoi ? Eh bien si l'idée est de faire monter la "pression" du lecteur sur cet accouchement alors les termes que tu crains d'utiliser (pour éviter ce que tu cite en prologue sur ton travail) devrait eût aussi suivre cette montée. Je m'explique, plus l'accouchement traine, plus la douleur augmente plus les termes peuvent s'accélérer et devenir un peu plus "violent" avant la libération. Le sanguinolent peu devenir beau s'il est l'apothéose de la libération d'un accouchement.

Là, je suis tout à fait d'accord avec toi, ça me parle ! évidemment je n'aurais pas du être si abrupte dés le départ... bien vu !

en fait en relisant tes commentaires ( sur ce texte et sur d'autres que tu as critiqué) j'identifie ( au moins) un problème: celui de mes "débuts" de textes. Dans certains les descriptions sont trop longues et il faut s'accrocher pour parvenir à un passage plus intéressant, ça patine, ça patine, et là c'est le contraire, je fonce trop vite...c'est super d'apprendre avec vous !
merci


edit de Mary : j'ai pas tout compris à ce qu'il fallait garder ou supprimer, donc j'ai tout fusionné et je te laisse modifier ton message si tu le souhaites (mais comme l'a dit Ambriel, évite de poster plusieurs messages d'affilée, si tu veux ajouter des choses, il y a le bouton "modifier" (mais j'ai vu que tu l'avais utilisé ^^))
« Modifié: 19 Décembre 2015 à 12:12:51 par Marygold »
comme on dit par chez moi : Un écrivain qui se livre, c'est un peu comme un canard qui se confit... soyez prudents...

Hors ligne Ambriel

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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #4 le: 16 Décembre 2015 à 17:16:41 »
Ouh là, attention, tu as posté trois messages d'affilée, dont deux qui disent la même chose. Tu peux modifier un message que tu as posté en cliquant sur le bouton "Modifier" en haut à droite.

Déjà je te réponds : oui c'est parfaitement l'endroit pour parler de ton texte :)

Sinon pour citer quelqu'un, il faut entourer ses paroles de la balise [ quote]. Tu peux le faire en sélectionnant le texte et en cliquant sur la petite icone de bulle (juste au dessus du smiley diable qui rigole)

A plus  :)
Et s'ils prenaient ta mère comme otage ou ton frère,
Dit un père béret basque à un jeune blouson d'cuir
Et si c'était ton fils qu'était couché par terre,
Le nez dans sa misère,
Répond l'jeune pour finir

- Renaud, les charognards -

Hors ligne SoDeb

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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #5 le: 16 Décembre 2015 à 20:52:56 »
Bon pour le coup, vu mes thèmes de prédilection, je ne pouvais pas passer à côté de ton texte !
Voilà donc mes commentaires !
Sur la forme, des remarques ont déjà été faites. Attention aux conjugaisons, j'ai perçu quelques erreurs au fil de la lecture.
Sur le fond, c'est assez bien dosé dans le choix des mots pour être assez intense sans être dégoûtant, de mon point de vue du moins. Par contre il y a des détails qui m'ont dérangé. L'utilisation du mot "sanguinolent" à ce stade du texte. Outre le fait, comme souligné par les commentaires précédents, que c'est trop, trop tôt, pour moi c'est inexact dans le déroulement de l'accouchement. Un accouchement qui se déroule normalement, ça ne saigne pas avant l'expulsion.
Je te ferais la même remarque pour la poussée, normalement elle n'a pas lieu avant la fin, même la toute fin. On ne pousse pas pendant des heures. Pour une primipare ca peut durer peut être une grosse trentaine de minutes, mais bon c'est très intense, proche de la fin. Et pour moi tu en parles un peu trop tôt.
Enfin, peut être que le crescendo de la douleur pourrait être plus travaillé, moins saccadé, je ne sais pas si je suis claire. J'ai l'impression que dans ton texte c'est un peu "trop" par paliers.

J'espère que mon commentaire te sera utile.
(Pour info j'ai écrit un texte avec une description d'accouchement sur mon blog "Tu accoucheras sans question ni liberté", texte en partie inspiré de mes propres accouchements)
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #6 le: 18 Décembre 2015 à 19:18:11 »
merci de tes commentaires éclairés !

je vais tenir compte de vos avis concernant les " sanguinolents" et trop de "violence" au départ du texte. vous êtes dans le vrai ( toi Sodeb, et les messieurs qui ont apportés leur avis avant toi)

par contre, je ne saisis pas bien ta remarque à propos des poussées, je suis bien d'accord avec toi quand tu dis " on ne pousse pas pendant des heures"

mais justement, j'ai fait intervenir la poussée en toute fin de texte, 5 lignes exactement avant l'expulsion...entre :
"soudain quelque chose craqua .................et..............épouvantablement beau" l'idée étant qu'à un moment Batista sent que la poussée arrive et qu'elle doit aider son enfant.

je n'arrive pas à saisir ce que j'ai pu dire que te fasse penser le contraire ? je parle de la souffrance crescendo des contractions qui semblent ne rien donner, avant d'évoquer la poussée en toute fin...

mais j'ai appris ici que le lecteur a toujours raison : c'est à l'auteur de se corriger, si ce n'est pas clair, ce n'est pas de la faute du lecteur !
si tu as cinq minutes merci de me dire où mon écrit prête à confusion, ce serait gentil !
merci encore ! et puis Hi Hi... c'est drôle finalement que tu dois la seule femme a avoir répondu ! comme quoi, les préjugés ont la vie dure !
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #7 le: 18 Décembre 2015 à 21:17:18 »
C'est ce passage là où je me suis dit "Quoi elle pousse déjà, mais pourquoi ? C'est pas encore la fin ?"
Citer
Madrita changeait ses draps mouillés, humectait ses lèvres d’eau, et soulevait sa nuque à chaque poussée.

J'ai relu rapidement, effectivement il y a un crescendo dans la douleur, mais je pense que tu pourrais l'accentuer davantage. Montrer que chaque contraction est plus forte que celle qui précède...
Et puis j'ai compris ce qui dérange dans la chronologie du texte, c'est qu'à un moment tu utilise le plus que parfait qui du coup donne un effet d'antériorité qui perturbe le lecteur.

Bonne continuation. ;-)
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #8 le: 19 Décembre 2015 à 10:29:41 »
Citer
il me semble ( et peut-être à tort, mais j'ai besoin que tu m'éclaires la dessus) que je suis une chronologie linéaire non ?

SoDeb a répondu avant que je revienne. Effectivement, j'ai eu l'impression qu'il y avait un retour en arrière, ou au moins un truc pas clair à cause du passage au plus que parfait.

Et pour les persos, effectivement, je crois que j'avais lu sans enregistrer qu'il s'agissait d'un extrait.

Bonne continuation.
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #9 le: 20 Décembre 2015 à 09:06:19 »
Avant toute chose, je tiens à préciser que je n'ai pas (encore) expérimenté l'instant accouchement, mais j'ai quelque expérience de la douleur (mes enfants s'étant appelés calculs) et mon subconscient a tout de même cherché à me faire expérimenter la maternité (parce qu'il a que ça à faire...).

Donc, j'ai bien lu ce texte hier soir et je repasse maintenant tranquillement sur les passages qui m'ont interpellée. Une chose que j'ai bien aimé, c'est la relation que la femme souhaite entretenir avec son bébé à venir. Elle veut le garder pour elle seule, ne pas avoir à le partager avec le monde. Mais tout cela semble disparaitre avec la douleur.
Et d'ailleurs, celle-ci me semble particulièrement douce, avec une montée presque trop lisse. Peut-être est-ce moi qui ne suis pas réceptive à ce genre de douleur (si je puis dire). Toutes mes douleurs montaient de façon brusques et saccadées, et étaient à chaque fois de plus en plus intenses.
Par contre, une chose qui m'a vraiment perturbée. Mais vraiment. Dans la première partie, la mère et l'enfant semblent avoir une relation vraiment fusionnelle, mais dès que d'autres entrent en jeu (la mère, la déesse, la lune...), cette connexion semble s'évaporer, comme si elle laissait à ces autres le soin d'être mères pour se concentrer sur ses sensations et ressentis. Est-ce un choix narratif (ou scénaristique ou autre) ?

Voilà pour mon ressenti et mon interprétation. Après, comme je l'ai dit, je n'ai pas encore vécu la chose et peut-être trouverais-je plus de sens dans ces mots à ma première expérience :).
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #10 le: 08 Janvier 2016 à 19:01:34 »
Bonsoir,
Et avant toute chose, je suis désolée de n'avoir pas répondu plus tôt ( alors que j'ai lu avec attention votre commentaire en décembre) je vais passer rapidement sur le piratage de mon ordinateur et la perte de toutes mes données ( y compris tous mes écrits...) mon ordinateur a été en effet "capturé" par un virus... les pirates me demandant une rançon pour me restituer le contenu...ce que j'ai refusé...voilà,! j'ai tout perdu.........
enfin bref ! me voici de retour dans le monde !

J'ai bien compris, à travers votre commentaire et celui des autres intervenants, les défauts de mon texte, en particulier dans l'absence de crescendo de la douleur, je vais tenter d'y remédier.
ensuite vous m'écrivez:

Par contre, une chose qui m'a vraiment perturbée. Mais vraiment. Dans la première partie, la mère et l'enfant semblent avoir une relation vraiment fusionnelle, mais dès que d'autres entrent en jeu (la mère, la déesse, la lune...), cette connexion semble s'évaporer, comme si elle laissait à ces autres le soin d'être mères pour se concentrer sur ses sensations et ressentis. Est-ce un choix narratif (ou scénaristique ou autre) ?

En ce qui concerne cette question, je crois que pendant toute une partie du travail de l'accouchement, on reste consciente et pleine de bonne volonté, exhalée par l'idée de mettre au monde un enfant.
Par contre, dans les derniers instants, effectivement une femme qui accouche de son premier bébé perd un peu pied ( tant la souffrance et l'émotion sont fortes) et n'a d'autre choix que de s'en remettre aux personnes qui l'entourent ( mère, sage-femme). A mon sens il ne s'agit pas de perdre la connexion avec l'enfant, mais de se concentrer sur l'urgence de la situation à savoir : pousser, s'épuiser, souffrir en attendant la délivrance ( qui porte bien son nom ! )

Batista ne laisse donc pas le soin à d'autres d'être mères, mais n'a d'autre solution que de se plier à la loi de la nature pour expulser l'enfant de son ventre...c'est peu romantique, mais c'est une réalité je pense... c'est viscéral, on en peut plus, il faut que ça cesse, pas de place consciente dans ces instants pour la tendresse...

Cependant, à la seconde même où la douleur s'estompe un peu , l'instinct maternel et la découverte du bébé font que la connexion , la fusion plutôt se rétablit....c'est même tout le propos de mon histoire ...Batista, jeune veuve,  va devenir une mère farouche, sans partage ... je travaille en ce moment à la rédaction de cette situation, sur ces mères qu'on appelle possessives et débordantes d'amour étouffant !
 
merci encore pour vos commentaires ! bien sincèrement

« Modifié: 08 Janvier 2016 à 19:06:45 par Goémine »
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #11 le: 09 Janvier 2016 à 08:04:02 »
Ce que tu dis est tout à fait vrai. A la fin d'un accouchement (sans péri j'entends, hein) on se trouve submergée par la douleur et on perd pied. Au point de se dire -et de dire - qu'on n'y arrivera jamais. C'est là que le rôle de la sage femme est primordial. Et effectivement, le lien avec l'enfant et tout l'amour qu'on a pour lui est alors caché derrière la puissance de la douleur. A ce moment là, on continue uniquement parce que c'est le seul moyen de faire cesser la souffrance. Ca devient le but unique, ne plus souffrir.
Quand l'enfant est sorti la souffrance cesse, complètement, tant le contraste est important. Et on se retrouve avec cet enfant, qu'on a mis au monde dans un état second, on est hébétée, shootée...
A bientôt par ici en tout cas... Tu nous feras lire la nouvelle version de ton texte ?
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #12 le: 09 Janvier 2016 à 11:05:19 »
merci So Deb de tes encouragements !

J'y retravaille... comme c'est un exercice nouveau pour moi, je suis encore très partagée...
Comment tenir compte des avis bienveillants (et souvent cohérents) et quelles propositions écarter pour ne pas dénaturer son texte ? c'est délicat je trouve !

 A la fois je suis ravie d'avoir des commentaires et des avis précieux, mais également je ne peux pas ( et ne veux pas ) modifier à tout va, pour tenir compte des avis de chacun...il faut que cela reste "mon texte" avec mon style...même s'il est critiquable.

C'est comme chiner aux puces : il faut fouiller, découvrir, et ne garder que ce qui nous plait vraiment !

de plus j'ai perdu une bonne partie de mes écrit ( dont Batista) c'est frustrant de devoir recommencer alors que j'étais contente de certaines phrases et trouvailles...saurais-je retrouver l'inspiration et la même ligne d'écriture ?
merci et à bientôt !
je poste la scène de l'accouchement modifié dés que je suis en accord avec...moi-même !
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Re : Naissance...pas d'un texte, d'un enfant !
« Réponse #13 le: 09 Janvier 2016 à 15:28:42 »
Bon voilà ! je me lance, avec une nouvelle version : subtil combiné de vos remarques et conseils et de ma tête de pioche....

Pour info : c'est l'extrait d'un texte beaucoup plus long,  et les autres personnages sont déjà évoqués avant cette scène de l'accouchement. Pour faciliter la lecture  et répondre à vos questions :
Batista : future maman
Sandro : son mari, récemment décédé
Madrita : la mère de Batista
Antonella : la sœur de Batista
Lucca : le père de Sandro
Bianca : la chienne de Batista

Le temps passait sur le monde. Les jours se réchauffaient, le soleil  lambinait dans le ciel et s’amusait tellement à observer les humains courir en tous sens qu’il restait de plus en plus tard en leur compagnie. Les branches nues du  pécher s’étaient couvertes de fleurs blanches, illuminant son vieux bois noir : on aurait dit un vieillard empêtré dans un voile de mariée.

Les soirs d’avril rosé commençaient à s’étirer, les enfants guettaient les premières cerises, les jeunes filles les premières roses. A pâques, le curé délégua une armée d’enfants de chœur pour planter des pieds de tomates chez Batista. Antonella et Madrita vinrent de plus en plus fréquemment lui rendre visite, apportant les premières asperges, le meilleur pain et les œufs les plus frais. Elles s’inquiétaient de sa santé, de sa bonne mine. Mais tout allait bien : Batista avait le bonheur joufflu.

Batista se cambrait, portait les mains à ses reins, s'étirait vers l'arrière pour dénouer la tension de son dos coincé. Puis soulagée elle posait une main légère sur son ventre, sereine : elle couvait le printemps !
Son petit miracle prenait racine, il bourgeonnait, déployait sa petite existence et chaque feuille qui défroissait sa grâce vert tendre dans l’amandier semblait à Batista une petite main se dépliant peu à peu.

Elle songeait à cet enfant qui allait arriver et ne savait que préférer...tantôt elle voyait une petite fille brune, fragile, blottie dans ses bras, parfois elle imaginait un solide petit gars tétant vigoureusement, et déjà sa poitrine picotait, humectant son corsage.

On allait vers la fin du mois de mai : mois de Sainte Marie la Vierge bénie, et chacun savait que les enfants du mois de mai étaient protégés par la Sainte Mère, aussi Madrita venait-elle de s’installer chez sa fille, comme si sa présence aurait le pouvoir de déclencher le travail.

Ce jour-là, Batista se reposait à l’ombre de sa chambre, allongée, le front humide, les deux mains soutenant la colline de son ventre. On aurait dit qu’elle avait gobé la lune : énorme globe blanc scintillant de sueur sur une peau translucide à force d’être tendue.

Elle n’avait pas faim, et refusa l’assiette apportée par sa mère. Madrita sorti en soupirant, nerveuse ; elle tournait comme une chatte à l’approche de l’orage. Agacée, elle repoussa du pied Bianca loin de la chambre. Batista se leva lourdement, elle avait envie de baigner son visage dans l’eau fraîche et  comme elle faisait l'effort d’attraper  la cruche posée près de son lit, une vague chaude s’engouffra entre ses cuisses et vint d’un coup tremper le sol de la chambre. L’enfant avait commencé son chemin.

Batista se recoucha tremblante. Elle ne voulait pas avertir Madrita, pas tout de suite. Rester encore un peu avec son petit à elle, à elle seule. Elle le savait, dans quelques minutes tout allait basculer : affolement, bousculade, prières et dévotions. Elle serait dépossédée. Durant tous ces mois elle avait été en tête à tête avec l’enfant de Sandro, et venait le jour où elle allait devoir le partager : le mettre au monde c’est le remettre à tout le monde.

L’envie de rester encore un moment seule avec lui devint si prenante, que rien d’autre ne compta que de bercer son ventre entre ses mains, applaquant le petit croissant nacré de sa paume au plus prés de l’enfant,  chantonnant à voix basse, sans se préoccuper des larmes qui mouillaient l’oreiller, ni des douleurs qui commençaient à lanciner ses reins.
La souffrance montait, mais était supportable et elle n’avait besoin de personne pour parler à son petit, lui dire qu’elle l’attendait, qu’elle l’espérait, qu’elle l’aimait déjà. Elle resta couchée au mitan de son lit, invoquant le souvenir de Sandro, lui promettant de prendre soin de l’enfant, l’implorant de veiller sur eux,  lui jurant de l'élever de son mieux, d’en faire quelqu'un de fier et solide. Elle chantonna encore, goûtant l’ultime recueillement avant la mise au monde. Elle murmura dans le soir des mots d’amour que seuls les anges devaient entendre.

L’enfant encore, et Sandro déjà, faisaient partie de ce peuple-là.

Chaque vague berçait Batista d'un reflux prometteur, chaque vague appelait l'enfant vers le monde. Le tourment était supportable, et Batista souriait en songeant aux récits effrayants des vieilles femmes qui lui avaient prédit l'enfer. La douleur berçait son corps avec une régularité rassurante, ainsi les choses se déroulaient comme de tout temps : elle souffrait mais en même temps elle souhaitait la vague suivante, un pas de plus vers la naissance de l'enfant. Elle fredonnait en sourdine une berceuse rassurante. Elle avait tant de force à donner encore, rien ne pouvait altérer son espoir.
La nuit qui tombait doucement éteignit soudain son chant car elle s'était crispée sous un coup de boutoir imprévu et plus douloureux. Elle devinait qu’elle allait devoir affronter la vraie souffrance à présent et soudain, n’eut plus envie d’être seule. Elle appela à l'aide.

Madrita fut là en un instant, elle ne sembla pas étonnée. Elle avait veillé, prié, et le ciel avait entendu sa requête : Batista allait mettre au monde un enfant cette nuit, un petit de mai, un béni de la Vierge. Elle referma doucement la chambre, fila chercher la voisine. Bianca, mise à la porte sans ménagement, se mit à gémir.

Jambes ouvertes, bassin surélevé, Batista était à présent confiée aux yeux et aux doigts de la matrone estimant la douleur qui monte et le temps qui reste à endurer. Batista serrait les dents et les poings, elle ne criait pas. La sage-femme sembla satisfaite mais annonça à Batista qu'elle n'était qu'au tout début du travail : il lui fallait être patiente, l'épreuve commençait à peine. Elle l'encouragea à se lever, à faire quelques pas, et même à aller goûter l'air frais du jardin ! Mais Batista, persuadée que l'enfant arrivait, refusa de quitter sa couche. La sage-femme remonta le drap sur ses cuisses et hocha la tête en souriant.

Dès le début, Madrita avait jeté du sel aux quatre coins de la chambre et sous le lit de la future accouchée : dernière protection contre les mauvais esprits. Elle avait allumé des bougies aux pieds de la Sainte Vierge, et prié Santa Margrita : il valait mieux ne froisser aucune des deux saintes patronnes, deux adorations étaient plus prudentes. Elle tournait, virait, ouvrait et fermait la porte de la chambre et gourmandait Bianca. A présent, ces précautions étant prises, elle pouvait se consacrer à son rôle de mère et prendre soin de sa fille. Elle avait embrassée Batista, avait bassiné son front moite d’eau de lavande, lui avait frotté les pieds de gros sel pour attirer l’enfant vers le bas, et avait massé ses cuisses endolories d’huile d’amande douce, puis elle l’avait embrassée. Dés que Batista avait été capable de s’asseoir, Madrita l’avait embrassé et avait réchauffé ses reins par une vigoureuse friction de vinaigre tiède, et placé sous sa nuque un coussin venu d’on ne sait où, mais qui sentait la laine d’agneau et que Batista affectionnait particulièrement. Elle l’avait embrassé encore. Elle avait préparé un café bien fort pour la sage-femme, et était allée en cuisine s’étrangler en cachette avec quelques gouttes d’alcool de figue. Quand elle embrassait à nouveau sa fille ses baisers  voluptueux avaient l’odeur du soleil.

À présent, désœuvrée, Madrita tournait dans la chambre, égrenait son chapelet, tapotait l'oreiller, entrouvrait la fenêtre, agaçant la sage-femme qui finit par lui demander de sortir et d'aller préparer les langes, bonnet et mouchoirs de cou de l'enfant. Cette mission soudaine la pétrifia quelques secondes…ainsi c'était vrai !
Elle allait vraiment être grand-mère dans quelques heures. Ragaillardie d'avoir de l'ouvrage et émue de penser au petit corps qui se nicherait bientôt dans les langes, elle fila s'acquitter de sa tâche. Elle qui avait mis au monde deux enfants se souvenait des gestes et des rituels.

La lune montait tranquillement dans la nuit, entre deux contractions Batista la voyait par la fenêtre entrouverte. Pleine lune, pourvoyeuse d’enfants et de grandes marées. Lune majestueuse, au ventre des femmes associée, dont les rondeurs jumelles déclinent ensemble au petit matin. Batista espérait qu’avec l’aube viendrait la délivrance.
Les heures passaient, Batista tentait de garder sa dignité malgré la souffrance qui la tenaillait : loin de la joie du début de soirée, elle commençait à présent à ressentir les morsures éreintantes et cruelles qui lui mangeaient le dos et le ventre. Elle grondait entre ses lèvres serrées, un grognement sourd, retenu au fond de sa gorge. Elle refusait toujours de se laisser aller à crier.
Les douleurs se suivaient , rapprochées, lancinantes : comme des lames de fond parties de ses reins et qui seraient venues hérisser jusqu'à sa peau. Une vague nouvelle ruina sa vigilance : elle s’arqua sans même s’en apercevoir. Une seconde suivit de peu, ses hanches à peine posées s’arc-boutèrent à nouveau. Elle ne put cette fois retenir un cri perçant. Ainsi les anciennes avaient dit vrai : il venait de commencer son calvaire !

Le tourment continuait de labourer Batista, de lui ronger le ventre, de lui tordre les reins, en vain. A chaque répit elle guettait l’astre déclinant, la lune la quittait, s’approchant du coin de la fenêtre jusqu’à s’effacer bientôt. Elle s’épuisait d’espérance déçue : rien n’advenait, elle souffrait toujours et le jour allait venir tantôt. Madrita lasse d'attendre était revenue dans la chambre, elle changeait ses draps mouillés, humectait ses lèvres d’eau, et soulevait sa nuque à chaque poussée, elle massait les cuisses de sa fille en proie à d'épouvantables crampes.

Une rivière poisseuse marbrait à présent les cuisses de Batista, son front ruisselait de sueur, elle claquait des dents, se sentait décliner à chaque minute. Un mince filet de lait perlait à ses seins lourds. Les contractures de son ventre durci la faisaient frémir : se pourrait-il qu'elle meure de douleur ? Se pourrait-il que Sandro, debout à l'entrée du paradis, l'attende déjà , elle et leur enfant ? Elle se maintenait en équilibre précaire sur la crête de l'insupportable, peut-être déjà prête à succomber.Son ventre devenait pierre et roc et falaise.

La matrone, très affairée désormais, l'encourageait, la préparait à convoquer ses ultimes forces : l'heure était venue, il fallait pousser, et pousser encore. Où trouver la force ?
Soudain Batista hurla, quelque chose craqua en elle, quelque chose poussa plus fort sans qu'elle ne le commande et ouvrit plus amplement sa chair, quelque chose de plus puissant qu’elle, qu’elle ne contrôlait pas et qui dictait sa loi : dos arqué en cathédrale, cuisses ouvertes grandes comme le monde, cuisses luisantes écartées sur un miracle qui venait, qui descendait, qui forçait sa route, qui franchissait l’ultime barricade, et frayait son chemin à travers la chair bleuie de sa mère.

Un petit miracle têtu qui glissait dans un ruissellement d’eau et de sang. Batista comprit qu’il avait besoin d’elle à présent et qu’ils devaient unir leurs forces : ensemble ils allaient voir le jour ! Elle se cabra à s’en rompre le dos .
Alors, dans un  éclat mouillé l’enfant se laissa tomber dans les mains de la sage-femme : épouvantablement beau.

A l’aube rouge, reposait entre les jambes de Batista un nouvel astre brillant et humide. Une étoile palpitante et nacrée. A présent que le travail était achevé, la lune pouvait quitter le ciel, toute ronde, et lourde encore de vies à venir. Elle s’enfonçait lentement de l’autre côté de la terre  partant régenter  d’autres naissances. Le soleil se levait en majesté, dardait ses rayons triomphants, il arrivait toujours à temps pour contempler et réchauffer un nouveau sujet.

Lucca, s’il avait su, aurait été rassuré : le nouveau-né n’était pas bleu, mais rose, vermeil, à peine lilas sous ses petits ongles. Madrita tendit le couteau d’écaille de Sandro à la sage-femme. Elle tremblait un peu la Madrita, elle avait laissé sa superbe au dehors et se sentait ici infiniment humaine et fragile. La matrone trancha le cordon et coupa rituellement la ceinture de ficelle, humide de sueur, nouée aux reins de la jeune mère. Madrita récupéra la médaille de Santa Margrita, la porta à ses lèvres, remerciant toutes les saintes qui s’étaient penchées sur le berceau. Cette nuit Madrita avait pleuré comme une enfant, comme une jeune fille, comme une jeune mère et comme une vieille maman, toutes les larmes des femmes avaient coulées à ses joues de grand-mère.

 Maintenant elle tenait l’enfant si léger dans ses bras. On le massa à l’huile d’olive, comme son père avant lui et il cria haut et fort bonjour le monde ! enveloppé d’un lange, il tentait de cligner des yeux à peine ouverts sur le jour. Madrita scrutait son minuscule visage, passait une main douce sur son front humide, y traçait un signe de croix. Elle le reconnaissait pour sien : il faisait partie de la tribu.

Batista accueillit l’enfant dans ses bras en coupole, le posa au plus prés d’elle, découvrant émerveillée, la petite tête brune et bouclée, la frimousse chiffonnée, le petit bout de langue rose sur les lèvres parfaites, les cils sombres sur les joues brunes. Elle  le flairait, passait ses doigts sur l’arrondi de sa frimousse, glissait sa main sous le petit crâne fragile, puis dépliait les minuscules poings crispés.  Le bébé soudain , serra de toutes ses forces le doigt de sa mère, semblant dire « on ne se quitte plus, garde-moi… » Elle  le baptisa de larmes de joie et de soulagement, et enfin, le nomma :
« Bonjour mon tout petit, bonjour Sandrino »

 Elle grelottait de bonheur et de fatigue, Madrita proposa de la laisser se reposer et se pencha pour saisir le petit. Batista sursauta, farouche, et resserra son étreinte. Madrita fit un pas en arrière, surprise et quelque peu froissée. Elle dû longtemps guetter le sommeil de sa fille pour pouvoir enfin, prendre le nouveau-né dans ses bras, très doucement, sans presque respirer. Elle s’éloigna du lit sur la pointe des pieds, comme une voleuse d’enfant. Madrita serra son petit-fils contre elle, déposa un baiser sur la paume de la petite main toute recroquevillée, le berça tout contre elle en secret : elle pressentait qu’elle allait devoir lutter contre sa propre fille et que tenir Sandrino dans ses bras deviendrait peut-être une bataille.
« Modifié: 09 Janvier 2016 à 15:32:19 par Goémine »
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