Bonjour à tous,
Je suis nouveau sur le forum, je vous envoie une série d'extraits récents qui ont pour origine la volonté d'écrire un roman ou un recueil de nouvelles mais je sens que j'ai besoin d'avis extérieurs pour me cadrer et me motiver. Il est 5 heures du matin et demain je publierais plus de commentaires critiques pour ne pas arriver totalement "en juif", mais je dormirais plus tranquille si je sais qu'un de mes textes est arrivé à des yeux étrangers. Aucun extrait bien qu'extrait n'est abouti, il n'y a pas encore de cadre narratif, c'est plus un avant goût d'un style, d'un ton.
Pour vous donner un cadre de lecture, le narrateur est un jeune diplômé qui découvre le monde professionnel.
« Je ne connais que deux types d’hommes, ceux qui acceptent la réalité et essaient d’en tirer profit, et ceux qui connaissent la réalité et essaient de changer les choses. En changeant les choses, je ne parle pas de posture, pas de sac de riz en Somalie, de grand prêcheur des misères du monde, de bonne conscience dominicale, mais bien d’une attitude face à chaque décision, chaque élément qui se présente à nous, chaque paramètre pris individuellement de notre vie. Doit-on considérer ce qui est, juste ? Est-ce que je mérite ce salaire ? Ou bien au contraire, dois-je accepter ces conditions de travail car elles sont celles du marché ? »
La directrice du département financier de Fish and Mc Lennan, blonde peroxydée, à l’allure pastel et fluo bigarrée, regarda Armand d’un air interloqué. Il est vrai que sa question sur sa satisfaction dans l’entreprise n’appelait qu’une réponse courte et bienvenue, elle n’en appelait même aucune.
- « Vous êtes intelligent Armand, mais vous vous posez trop de questions. »
Le monologue d’Armand n’avait que trop peu de sens pour elle, ce n’était pour ainsi dire pas une priorité de le comprendre, tout au plus une diversion, néanmoins, ces questions abstraites lui rappelaient vaguement des passages de Maud Fontenoy tirées du Figaro Magazine sur le dépassement de soi, les vertus de la solitude et elle y avait donc su y percevoir ce que l’on appelait communément l’intelligence.
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Marta était une trentenaire stressée. Trop maquillée, fumeuse, obsédée par sa réussite professionnelle. Elle était du lundi au vendredi sur sa chaise de bureau, le samedi dans les boutiques de la rue Serrano et le dimanche en famille près du pantano de San Juan, haut lieu de villégiature de la classe laborieuse madrilène.
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Le soir venu, Armand alla à la réunion de la chambre de commerce franco-madrilène. La salle était petite mais il n’y avait presque personne. Un homme attira son attention, il portait un costume gris anthracite aux larges rayures blanches, une cravate dépareillée vert pomme et pourpre, des mocassins en mauvais cuir et un sourire béat. Tout le monde semblait le connaître et il passait d’un groupe à l’autre comme un chien dans un diner de famille recherche les caresses et l’attention. Cette homme se montrait particulièrement intéressé par le négociant en vin français qui, trop généreux pour être honnête, offrait des vins à la dégustation. Armand s’approcha et prit un verre de bordeaux, le vin avait le gout du marché actuel, de toute façon c’était davantage le contenant que le contenu que l’on achetait, personne ne connaissait plus rien au vin ; amère, acide, sulfité et tannique à la fois, l’homme repartit avec une caisse fièrement entreposé sous le bras comme un trophée.