31 Décembre 2015
Vous êtes-vous jamais demandé si quelqu’un vous mentait ? Je suis sûr que oui, maintenant une question un plus peu personnelle, Pensez-vous vraiment que les personnes qui vous mentent le font par choix ? Il est aujourd’hui très facile de porter un masque sur nos sentiments, nos sensations, nos pensées. Je parle ici du garçon qui sourit à ces camarades alors qu’il se fait humilier tous les jours. Je parle ici de la fille sublime que vous regardez sur un banc, dissimulant des blessures dues à la violence de son père. Je parle ici du garçon repoussant tous ces proches afin de ne pas avoir à leur annoncer qu’il est mourant. Ou est-ce que je veux en venir me diriez-vous ? Je veux vous faire comprendre qu’une personne ne vous ment pas forcément car elle est en tort ou parce qu’elle ne vous fait pas confiance pour tout vous dire. Mais aussi qu’une personne peut tellement vous aimer, peut tellement tenir à vous au plus profond de son cœur et de son âme, qu’elle est prête à se faire souffrance, à supporter une douleur reflétant le poids du monde, seule… afin que vous n’ayez pas à subir la moindre peine. Voilà ce qu’est vraiment l’amour, Nous voulons quoiqu’il arrive protéger l’autre, même si c’est de nous…
Et c’est exactement ce que j’ai fait pendant toute mon Adolescence…
Je ne vous connais pas, mais je veux quand même vous prévenir, mon histoire est des plus horribles, des plus douloureuses… Je ne vous encourage pas à la lire la suite, vous ne tirerais de mes mots qu’un sentiment de vide intérieur, de questionnement sur les personnes qui vous entourent. Peut-être penserez-vous que je ne dis pas la vérité, mais là est le vrai but, vous ne saurez jamais et c’est mieux ainsi, car sur le doute se fonde des théories menant à la vérité.
Reprenons depuis le début, je me présente, Matthew C... Non. Vous n’avez pas besoin de savoir mon nom, comme cela je ne resterais qu’une image pour vous et non pas une personne. A l’heure où j’écris ce texte je vais fêter mes 19 ans dans un mois. Mon histoire commence réellement il y a 4 ans. Pour cela voilà ce que j’ai pu écrire à l’âge de 14 ans et que j’ai retrouvé aujourd’hui.
16 janvier 2011
Cher papier, je n’écris jamais d’habitude, je trouve que ça ne sert à rien, mais je ne peux parler à personne de ce qui m’arrive, je n’en ai pas la force. Toi tu es une feuille, une chose, tu n’as pas de sentiments n’est-ce pas ?
Tu sais aujourd’hui c’est mon anniversaire, je pensais que pour mes 14 ans tout allait bien se passer, j’avais invité mes amis, la fille qui me plaît, Aureil, elle est magnifique tu ne peux pas savoir, j’écrirais peut être sur elle plus tard. Si j’en ai le temps
Tu vas me dire, comment ça si tu en as le temps… Bah figure-toi que je suis mourant, tu le crois ça !? Tu sais souvent on nous dit « profitez de vos jeunesses les enfants », ça passe vite vous verrez. Je ne pense pas que cela passerait aussi vite pour moi.
Je t’écris en direct de l’Hôpital en ce moment, j’ai des tuyaux branchés partout, on m’a posé dans une chambre seul. Je suis seul.
On était en route avec mes parents pour la salle de mon anniversaire, je revois encore le sourire de ma mère me disant de bien m’attacher, il neigeait, les arbres sont encore recouverts de cette fine couche blanche d’une pureté inégalable. Puis il y eu ce virage… ce feu… du sang sur le pare-brise…
Le regard vide de mon père me fixant … je ne sais pas combien de temps je suis resté seul, j’ai entendu chuchoter les infirmières, elles disent que je suis resté 5 heures comme ça, « Pauvre enfant » qu’elles disent ... J’ai plutôt eu l’impression que ça ait duré des jours... Je n’ai même pas réagi quand on m’a retiré la branche plantée dans ma poitrine, je continuais de fixer les corps inertes des êtres qui m’avaient donné un amour infini. Les pompiers les ont tirés et par leurs signes de tête et leurs regards vers moi, j’avais d’ores-et-déjà compris. Ils étaient arrivés, prévenus par une jeune femme blonde il paraît, bref peu importe, je ne sais pas si je devrais la remercier ou non finalement de m’avoir « sauvé »
Enfin maintenant me voilà, je suis condamné il paraît, « Des échardes sont restées dans ta poitrine, elles causent des dommages irréparables », voici les paroles du médecin qui était venu me voir. Tu sais ce qui est pire que la mort elle-même ? Une mort seule, je ne sais pas ce qui me tuera en premier, ma blessure gravée dans mon âme ou la blessure physique. On me donne encore 3 ans à vivre il paraît avant que l’infection se propage entièrement...
Bon je te laisse mes grands-parents sont arrivés, je ne les aime pas, mais ce sont eux qui vont me garder sans doute à partir d’aujourd’hui. Enfin ils garderont mon corps, mon esprit lui n’est jamais ressorti vivant de cette voiture... Finalement l’hôpital c’était cool... les infirmières ont été gentilles, surtout une très belle infirmière, elle m’a réconfortée pendant tout le long du voyage en ambulance, malgré qu’elle soit jeune elle en savait déjà long sur la mort, ça se lisait dans ses yeux bleus.
31 Décembre 2015 :
Vous voyez maintenant l’horreur dont je vous parlais auparavant ? Comment un enfant de 14 ans peut-il être amené à écrire des choses comme celles-ci. Je n’ai pas réécris depuis ce jour-là, jusqu’à aujourd’hui. Finalement je pense que la peine n’est jamais partie, j’ai juste appris à vivre avec. Maintenant je vis seul, mes grands-parents ne me supportant plus m’ont pris un appartement pour mes études. Je passe mes journées à me morfondre et à jouer à l’ordinateur. Après tout pourquoi aller à la fac si vous allez mourir ? Autant prendre du plaisir dans votre vie avant de mourir…
A qui je dis ça... Du plaisir... Je souffre tous les jours. Je ressens la douleur se renforcer dans ma poitrine. Le pire c’est que je ne sais pas de laquelle il s’agit. J’ai renoncé depuis ce jour-là à tout bonheur. Je me suis éloigné de mes amis, ne leur ayant jamais dit le destin qui m’était prédestiné. A quoi bon ? Pourquoi leur faire du mal, je ne veux pas de pitié, je ne veux pas que l’on me regarde comme le jeune mourant et orphelin.
Je ne vous parle même pas de ma vie amoureuse... Comment pouvoir en envisager une alors que pour l’amitié c’est déjà impossible. Et pourtant …
Bah après tout je peux vous le dire, vous n’oseriez pas trahir un mourant en révélant un de ses secrets n’est-ce pas ?
Il y a cette fille, ma voisine de palier, elle a juste un an de plus que moi. Elle ne m’a vu qu’une fois… C’était le jour de l’emménagement, je venais de renverser un carton de livres, le bruit avait dû l’alerter car elle sortit en trombe de son appartement. Pour une unique rencontre il existe mieux. Moi j’étais en survêt et suintant dû aux efforts, mais elle. Je ne me souviens même plus de ses habits, seul son visage me revient en mémoire. Ses yeux bleus, reflétant un turquoise au soleil dans lequel vous pourriez vous noyer, regardant autour d’elle d’un air inquiet, son visage s’assombrissant et se détendant après m’avoir vu. Ses cheveux blonds détachés sur son épaule qu’elle ne faisait que tortiller quand elle me parlait. Le fait qu’elle me vouvoie par crainte, en rougissant. Le fait qu’elle mordille sa lèvre inférieure.
Imaginez ce que cela peut vous faire, vous tombez amoureux ou amoureuse d’une personne que vous tentez de rejoindre, mais plus vous essayez plus elle s’éloigne. Elle m’a bien proposé au début par des mots glissés sous la porte de venir dîner chez elle, ou de sortir un soir, puis ces mots se faisaient de plus en plus rare et au bout d’un moment s’arrêtèrent, car je n’y répondais jamais, je ne voulais pas la faire souffrir elle aussi. J’étais le seul à devoir porter cette peine. Je suis seul.
Ce soir c’est le nouvel an et je suis seul chez moi, la douleur est insoutenable ce soir, les médicaments ne font plus effets depuis plusieurs semaines, je suis fatigué, je ne supporte plus cette vie.
Il est 23h30, elle vient de partir, elle va sans doute au parc regarder le feu d’artifice pour le nouvel an. Elle doit m’en vouloir, me haïr pour ne jamais lui avoir répondu. Je la vois, dans sa robe, Bien sûr elle est magnifique mais ce soir encore plus… J’ai envie de la suivre, l’attraper, l’embrasser, tout lui dire, pleurer dans ses bras. J’ai envie de vivre et me perdre en elle.
Mais je ne peux pas lui faire ça, cela serait égoïste. J’arrive à peine à tenir debout à cause de la douleur alors comment pourrais-je la suivre. Il ne me reste plus qu’à fermer la porte de mon appart et aller me coucher.
Je pose la main sur le loquet de la porte, hésitant, tremblant, je sens que si je l’actionne, cela aura pour conséquence d’effacer le peu d’humanité en moi mais je n’ai pas le choix, elle ne pense plus à moi… Je baisse les yeux, honteux, comme si elle était en face moi...
Je remarque alors une feuille pliée en quatre, elle est parfumée, se pourrait-il que.
Je l’attrape et je l’ouvre
« Cher voisin, tu sais j’ai remarqué une chose, tu te souviens devant ta porte le jour où tu as emménagé, quand on s’est parlé finalement pour la première et unique fois depuis.. On a tellement parlé que finalement, je crois bien qu’on ne s’est jamais vraiment présenté… Je ne sais rien de toi, et tu ne sais rien de moi, même pas mon prénom je suis sûr. C’est dommage, je te trouve très mignon, là je pars au parc voir le feu d’artifice et les lumières (j’avais raison), j’ai encore un espoir que tu lises ce mot à temps, alors j’aimerais que tu me rejoignes. SI tu crois que je ne t’ai pas vu me regarder tous les jours par ta fenêtre quand je partais, que tu faisais exprès de laisser une clé devant l’immeuble sachant bien que j’oublierais les miennes, que c’est toi qui a expulsé mon ex quand il est venu en mon absence. Tu te trompes. Ce que tu ne sais pas c’est que je demande tous les jours des nouvelles de toi au gardien, le seul à qui tu parles ici, que moi aussi quand je te vois rentrer je t’observe et m’inquiète quand je ne t’entends dans l’escalier essayant de ne pas faire de bruit pour me réveiller. Il y a pourtant une chose que je n’ai jamais vue chez toi, un sourire.
Maintenant je te propose une chose, pour la dernière fois car après il sera trop tard, vient me rejoindre et je te dirais qui je suis, mais je suis sûr qu’au fond tu le sais, juste en échange d’une chose, un sourire, je t’attendrais à la fontaine ».
Pendant toute la lecture de texte, mon cœur ne fit que s’emballer, plus les mots se succédaient plus je sentais mon rythme cardiaque s’accélérer. Ce message, je n’y comprenais plus rien, elle avait raison, je l’avais toujours regardé et aimé mais je n’avais jamais su son prénom. L’idée ne m’avait même pas traversé l’esprit, pour moi c’était LA fille. Et puis... comment ça « au fond je le sais » ? Il fallait que j’y aille, sinon comme elle le dit il serait trop tard, peut-être qu’elle déménagerait bientôt... Non je ne voulais pas y pense. J’attrapai ma veste, pas le temps de me coiffer ou de me raser, je voulais la rattraper coûte que coûte.
Je coirs bien que ça faisait cinq minutes que je courais, mon souffle était roque et caverneux, c’était pour bientôt, j’avais déjà eu un sursis d’un moi, je n’en aurais pas plus… La mort est clémente mais ne lâche jamais une proie. La lune était pleine je me souviens, si blanche, si lointaine, si froide et pourtant, toujours présente, j’aime à penser que c’est elle qui nous protège la nuit, après tout sans elle on ne vivrait la nuit que dans le noir et le désespoir. A force de lever la tête pour la regarder je me pris les pieds dans une racine qui traînait et m’étala tout du long, face contre sol. La douleur fut vive mais pas assez forte pour m’empêcher de me relever. « Cette fille est tout ce que j’ai toujours voulu et je ne laisserais pas bloquer le chemin par un petit obstacle de merde ». Je me souviens du visage d’une passante quand j’eusse crié ça, elle me regarde interloquée, la bouche en rond. Elle tenta de me dire quelque chose mais j’étais déjà reparti dans ma folle course.
J’étais arrivé alors au centre du parc, le monde affluait, je n’avais plus l’habitude de cela, mais je n’allais pas m’attarder, direction le Nord, la fontaine Perséphone. La sculpture l’ornant était magnifique, je l’ai toujours admirée chaque fois que je passais dans le parc. Une femme seins nus offrant du temps à son être aimé condamné. Mais là n’était plus mon attention, je la cherchais, pendant 5 minutes, 10 minutes. Il était déjà 23h58, était-elle déjà partie, ai-je mis trop de temps à venir ? Une minute passa dans le silence. Vous savez parfois vous avez l’impression que quelqu’un vous observe, dans la direction que vous ne voulez jamais regarder car vous avez peut de ce qui s’y trouve, dans le coin de votre œil juste derrière vous. Je n’avais plus à rien à perdre alors me retourner ne ferais pas de mal à grand monde…
C’était Elle. Devant moi, elle rougissait et riait doucement. Elle me glissa « salut, finalement tu es venue. Tu sais je suis désolé. Pour tout » Et avant que n’eusse le temps de dire quoi que ce soit elle m’embrassa.
« Une inconnue qui l’embrasse.. Allons bon, son histoire tiens pas la route. Voilà ce que vous devez vous demander. Mais continuez à lire si vous en avez le courage, j’espère que vous êtes prêts et avez bien lu, car vous ne comprendrez rien sinon. »
Les feux d’artifices éclatèrent autour de nous, les cris fusaient, la musique virevoltait à travers le parc mais tout ce vacarme s’étouffa à mes oreilles, je n’étais concentré que sur le moment présent. Je ressentais la chaleur de ces lèvres contre les miennes. Son souffle se mêla au mien, ce baiser s’arrêta mais je l’enchainai directement avec un autre, plus tendre. J’avais alors posé ma main sur sa nuque, elle se laissait porter, je pouvais sentir nos cœurs se réunir sur un même rythme. Le monde était ralenti, maintenant on se regardait, perdu l’un dans le regard de l’autre. Je sentais encore la chaleur couler le long de mes joues, des larmes sans doute, qui s’en préoccupe. Pour la première fois depuis longtemps j’étais heureux. Mais quelque chose n’allait pas, ne collait pas. Je la connaissais, j’en suis sûr. « Tu m’aurais fait attendre longtemps pour ce baiser Matthew, tu sais le temps est précieux … »
Je m’écartai. La situation commençait à m’effrayer. Je ne l’avais jamais sentie aussi forte, la douleur. Ma tête commençait à tourner. Elle le vit et captura à nous mes lèvres entre les siennes. Plus longtemps cette fois, je ne saurais dire pourquoi mais cela apaisa toute la douleur, ma main traversa ces cheveux. Elle passa ces mains autour de mon cou tandis que les miennes l’enserrait. On entama alors un slow ainsi, pendant une dizaine de minutes, bousculant, chahutant, quittant ce monde ne serait-ce que pour un instant.
Quand ce fut finis, elle me regarda et je me souviendrais toujours de ces mots qu’elle prononça « Tu sais, tu souris, cela faisait longtemps que j’attendais ça maintenant regarde autour de toi ».
C’est bien ce que je fis ; et je ne compris pas la situation. Les gens me regardaient, gênés, ils chuchotaient en regardant dans ma direction… Je voulus attraper sa main, par réflexe de crainte mais je ne senti que l’air frais du soir. Je l’avais traversé.
« Maintenant regarde-moi bien Matthew, regarde-moi très attentivement ». Mes yeux se bloquèrent sur elle, j’avais beau la regarder je ne comprenais pas, puis ce mal de tête, ne faisait que revenir, des images que je ne voulais pas voir remontaient à la surface… Des horreurs mais aussi du bonheur…
« Ecoute Matthew maintenant je vais te poser une question, et tu devras y réfléchir, puis me donner la réponse que tu crois vraie…., dans quel genre d’immeuble crois-tu vivre, qu’elle était la raison de t’installer dans celui-ci ? »
Elle est idiote ou quoi, c’est ma voisine, elle le sait très bien, « Mais tu le sais très bien je vis avec toi dans cet imm… » Ma réponse se bloqua, je venais de me souvenir de mon choix pour cet immeuble.
Il proposait des appartements uniques, des appartements dits « isolés », des appartements… sans voisins de paliers…
« Mais comment-est poss… » Elle me coupa net en me tendant une photo. » Je me souviens de cette photo, c’était celle que j’avais prise à l’hôpital avec l’infirmière qui m’avait réconfo… ». Mes mains se crispèrent alors, une sueur froide coula le long ma colonne vertébrale.
« Qui es-tu ? » voici les trois seuls mots que j’avais osé prononcer à ce moment-là
« Celle à qui tu dois tout ce temps, celle qui t’a sauvé, celle qui t’a protégé, celle que tu as aimée pour garder toujours allumée une lueur d’espoir et de lumière dans ton cœur., Tu sais je ne suis que le fruit de ton désespoir, un enfant appelant à l’aide, criant, déchirant les règles de la vie en survivant à cet accident ».
« Alors tu es celle qui avais contacté les… » « Oui ».. « Et l’infirmière c’était … » « Oui… ».
C’était absurde et pour vous aussi ça l’est n’est-ce pas ? Voyez alors la dernière partie de mon histoire, enfin… de notre histoire et vous comprendrez tout.
Le monde tournait alors autour de moi, il fallait que je m’assoie, un banc à l’écart de tout le monde me tendait les bras. Je courus vers lui, comme s’il était un but à atteindre. J’eus de la peine, mes jambes se tarissaient, mes muscles me faisaient souffrir. Puis elle se pose à côté de moi et commença à parler « Tu sais, dans ce monde il existe bien plus de choses inexplicables que tu ne peux le croire, et tous les jours, mais celles-ci sont uniques, passives et disparaissent comme elles sont apparues. Toi tu es différent. Depuis le début je suis là pour t’aider, je vis grâce à toi, je suis connecté à toi » Elle prit alors ma main et la posa contre sa poitrine « Tu le sens n’est-ce pas, le rythme, le tempo de mes battements, tu le ressent dans ta chair et dans ton âme, il est sur la même fréquence que le tien, tu vis en moi et je vis en toi, pour toi je ne suis peux être qu’une fille que tu as rencontrée il y a quelques mois, mais moi je t’ai suivi depuis tout ce temps, m’ efforçant de m’adapter à tes volontés, à t’aider à survivre. Tu connais la légende de la fontaine ? On dit qu’un jour une femme à épousé la mort afin de pouvoir lui voler du temps et le donner à l’homme qu’elle aimait, c’est magnifique n’est-ce pas, donner sa propre vie pour sauver celle de l’être aimé, tu sais ce jour-là j’étais heureuse de me rendre à ton anniversaire, j’avais pris mon vélo pour aller plus vite à travers la neige. Je voulais passer par la forêt pour admirer la neige dans les arbres, je ne pensais pas que j’allais tomber sur … »
Elle commença à pleurer. « Tu sais, la scène était tellement horrible, je pense que je n’avais jamais autant crié de toute ma vie, à 15 ans on est bête mais j’étais amoureuse de toi et je comptais te le dire ce jour-là. Mais je n’eus le droit qu’à te regarder dans cette épave, en train de te vider de ton sang … je ne pouvais rien faire à part contacter les secours… et prier, j’ai prié tous les dieux, en espérant qu’un me réponde, voulant que tu restes en vie, j’ai alors demandé à ce que de mon temps te soit versé… On ne m’a pris que 4 années, je suis désolé. » ..
« Je ne comprends pas.. Comment ça tu venais à mon anniversaire… Tu m’aimais.. Mais tu es qu .. …..Au…Aureil ? »
J’avais alors tout compris, tout s’éclaircissait, Cela relevait de l’impossible et alors ? Qui ne croit pas en l’impossible ? Après tout on dit que le véritable amour peut produire des miracles, que la pureté de deux âmes en parfaite harmonie peut briser les règles de l’infini.
« Alors comme ça … tu t’es sacrifiée pour moi.. Mais alors donc si je comprends bien… Tu t’es sacrifiée pour rester avec moi ? »
« Tu sais j’étais orpheline, je comprenais plus que tout ce que tu venais sans doute d’endurer au moment de l’accident, je ne voulais pas que tu endures cette peine seule mais je ne voulais pas non plus que tu meurs, c’est égoïste. Nos cœurs ont alors été liés en quelque sorte…Si tu vis alors moi aussi.. Si tu meurs alors. Moi aussi ».
« Donc si je ne peux plus te toucher c’est que.. C’est la fin n’est-ce pas ? Et personne peut te voir je suppose ? Je suis le seul » Mes paupières se font alors lourdes, je sens alors la chaleur revenir le long de mes lèvres, c’est du sang, l’infection s’est propagée, c’est fini.
« Oui Matthew, tu es le seul, mais j’espère que tu as compris une chose… Tu n’as jamais été seul. » Elle pose alors sa main sur ma poitrine. Elle ne pleurait plus, elle riait maintenant. Son corps disparaissant.
Ces paroles me firent sourire, c’était con mais vrai, pendant toutes ces années elle avait été près de moi, dans mes pensées, dans mon âme, c’est elle qui m’empêchait de sombrer, elle était la capitaine de mon cœur, elle était la raison de mon âme…
Alors elle disparue mais nous savions, qu’un jour ou l’autre, nous nous retrouverions…
Je vous avais prévenu, mon histoire est horrible, elle montre toutes les choses que l’amour peut nous pousser à faire sans que les conséquences ne nous déroge, elle peut vous paraître absurde, impossible, mais d’après vous qu’elle est vraiment la chose la plus incohérente dans ce texte ? Est-ce la fais que je vous ai narré une histoire relevant plus de l’imaginaire, mêlant et créant un amour entre deux personnes rivalisant avec les règles de la vie elle-même ? Ou la plus incohérente des choses est-elle que cette histoire vous touche au plus profond de votre être, que vous pensez immédiatement à la personne que vous aimez, que vous avez envie de l’appeler juste pour entendre sa voix et vous assurer que cette personne va bien. Vous vous rendez alors compte comme moi que l’amour est un bien inestimable, unique et que l’on partage. Même la mort ne peut le vaincre.