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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'antichambre de l'édition » Transformation de l'édition : De quoi ??

Auteur Sujet: Transformation de l'édition : De quoi ??  (Lu 2090 fois)

Hors ligne Alan Tréard

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Transformation de l'édition : De quoi ??
« le: 24 novembre 2015 à 20:15:35 »
Bonjour, ceci est un petit résumé du rapport proposé par le Centre National du Livre, rédigé par Frédéric Martel
L’écrivain « social », la condition de l’écrivain à l’âge numérique

Il explique les récentes évolutions du monde de l'édition, et les problèmes sérieux qui en ressortent, et que nous connaissons tous (ou presque...) :
Mon sujet s'organisera comme qui suit :
  • Le Résumé
  • Mon Analyse
  • Des Solutions éventuelles
N'hésitez pas à réagir, ça fait vivre le sujet, et puis ça apporte des ouvertures.

Ce rapport pourrait s'intituler : Plus rien ne sera comme avant...

Le Résumé

D'abord, le métier d'écrivain est en danger, c'est clair, aucun détour. Selon l'auteur du rapport, il y a une évolution profonde du secteur économique du livre : auteurs, éditeurs, libraires, critiques littéraires, bibliothécaires, tout le monde est concerné. On voit que la situation est en constant mouvement, il n'y a aucune certitude. Ainsi, il va jusqu'à douter du terme "crise du livre," lui préférant la dénomination suivante : révolution.
On voit qu'aucune véritable solution n'a été trouvée, l'avenir est entre nos mains donc.
Il est clair que le livre perd de sa légitimité, il y a moins de grands lecteurs, moins d'achats de livres. Une telle évolution n'est pas insignifiante.

Il faut redonner au livre une consistance qui permette un retour à la normale.

L'édition y est plutôt décrite comme un moyen de se faire de l'argent que comme un vecteur de diversité. On voit que les très gros éditeurs imposent leur vision du livre, oubliant alors que le livre possède de multiples visages, et donc qu'il cache encore bien des secrets. L'auteur du rapport suppose que les librairies en ligne peuvent être, à la longue, une solution d'avenir pour tous. Ça reste à prouver, hein... Il y a certaines zones d'ombre dans le rapport, il met surtout en valeur les profonds changements dans le monde du livre, et la nécessité pour tous de s'adapter.
Suis-je assez clair ? Mmh... pour être plus clair, je dirais : tout est brouillé ! tout est chamboulé !
Selon Frédéric Martel, Amazon ne serait pas le problème. Moi, je dirais presque : "mais oui, tout va bien ! Dansons en ronde avec Amazon, mes amis !" C'est comme s'il ne s'était rien passé d'anormal...

Le rapport montre qu'il existe des concurrents à Amazon (La Fnac en France, mais qu'il y a d'autres enseignes dont j'ai oublié les noms en Russie, en Inde, en Chine, etc), et que c'est donc un système qui s'est imposé partout.

Le rapport souligne que le livre numérique est un facteur d'instabilité, notamment parce qu'il provoque un profond changement du modèle, et qu'on ne sait pas encore quelle sera sa véritable évolution. On peut envisager de nombreuses choses, car Amazon n'est qu'un distributeur borné de bouquins, il ne fera jamais le travail d'un bon éditeur, ni celui d'un bon libraire, et encore moins celui d'un bon critique. On a donc : du flou, du flou, et encore du flou...

Bon appétit !

Même s'il prend des détours, en fait, Frédéric Martel dit bien que la crise qui touche le monde du livre est très grave, qu'elle fait perdre leur travail à des tas d'éditeurs, de libraires et d'auteurs. Au fond, le rapport ne fait que déclarer tout haut ce que l'on sait secrètement depuis déjà trop longtemps. L'auteur du rapport va jusqu'à dire que la France n'aide pas les auteurs, mais qu'elle les exploite (ouch !!  ><)

Je rappelle que c'est un résumé du rapport, et que vous pouvez très bien consulter le rapport pour avoir votre propre lecture (et nous discuterons du sujet, c'est clair...).

Ce rapport a pour vocation de comprendre un phénomène bien ancré, et de supposer son évolution.

Les critiques littéraires ont également perdu leur rôle. Imaginez-vous choisir un livre, comme ça... au hasard... selon des commentaires bien souvent falsifiés et un petit résumé ridicule... c'est le contraire d'un commentaire rédigé par un critique professionnel. Le rapport explique très bien la rupture entre l'ancien système où le critique conseillait les livres, avait les mains sur les succès de demain, et le nouveau système où tout est brouillardeux.

 #:s

Apparemment, les abonnements pour une offre plutôt qu'un achat à l'unité est un système apprécié, et donc valorisé.

On n'a plus aucun moyen de rendre la commercialisation du livre stable et profitable à tous.

Il y a une excellente description de ce qu'on appelle les algorithmes, qui valoriseront un livre plutôt qu'un autre Page 50
Citer
Les algorithmes sont des outils qui dépendent de leur programmation. Ils peuvent mener au mainstream ; ils peuvent tout autant mener vers les niches, la world music, le cinéma du monde, la littérature d’avant-garde ou l’art. Tout dépend des critères et des paramètres qui les façonnent. Ils peuvent même recommander un contenu qui aurait fait l’objet d’un contrat publicitaire passé avec un studio hors de toute réalité de la demande du public !
Autrement dit, on a remplacé l'intelligence humaine, libraires et critiques, par des machines, qui plus est des machines qu'on peut facilement truquer.

Nous deviendrons tous des automates, Chaplin avait vu juste !

Connaissez-vous le Cooperative Advertising Agreement ?
Non ? Vraiment ? Pourtant le principe est très simple :

Tu payes => on te met en tête d'affiche...

Autrement dit, c'est l'éditeur qui acceptera de mettre le plus gros biffeton qui verra son livre valorisé. Allez, Messieurs, sortez la monnaie... Vous voyez un peu le genre de coups fourrés que ça représente ??

 :sick:

Ils appellent cela le pay-for-display ou (payer pour être présenté) qui pousse chacun à surenchérir dans l'offre pour son propre bouquin...
Normal, non ?

L'auteur du rapport pense dans un autre temps que le futur des auteurs est sur les réseaux sociaux. C'est comme si le monde littéraire était devenu Disneyland. Ainsi, il insiste lourdement sur la puissance des réseaux sociaux pour promouvoir les auteurs. À vous de voir...

Frédéric Martel présente aussi le crowdfunding ou financement participatif comme étant une solution d'avenir

Mon Analyse

En deux mots : courage, fuyons !!

...

On voit clairement que le débat est houleux, l'auteur du rapport passe son temps à appréhender les coups vis à vis de ses constats, peur de générer de la colère de droite et de gauche, auteur d'un rapport qui n'apporte que très peu de perspectives.
C'est un sujet douloureux, complexe, multiple.

J'ai l'impression que tout le monde tape sur les éditeurs à tort, parce que ceux-ci n'osent pas forcément riposter. J'ai l'impression qu'on veut des coupables là où ils ne sont pas. Les éditeurs n'y sont pour rien dans cette crise, faut pas exagérer.

Après des mois de recherche, et un alarmant rapport, j'ai l'honneur d'affirmer que j'ai très bien compris la cause de la crise, et la continuité du processus :

Il y a quelques années, un requin dévoreur de nageurs isolés a fait surface : Amazon.  :ronchon: Partout où il va , il impose ses règles, justifie coup sur coup, dégage aisément chaque obstacle qu'il rencontre. Il faut poser la bonne question :
À qui profite la crise ?
La réponse est simple : à Amazon.

En générant du brouillard, de la confusion, ils déstabilisent les éditeurs et les libraires. Ils les éliminent les uns après les autres en faisant des campagnes d'auto-promotion violentes, et imposent peu à peu leur système.
Peu à peu, on est devenu dépendants.
Une fois que les éditeurs ont dépendu d'Amazon, il ne pouvaient plus éviter de passer par la case "PAY !!" pour faire vivre leur petite maison un an de plus.

Amazon a aussi favorisé le système de "fausses critiques" avec les fameuses petites étoiles (qu'elles sont belles !) pour instaurer dans les esprits que "tout le monde peut être critique."

Eh oui, et pourquoi pas moi ?

Non, lorsque nous avions nos inséparables critiques, parfois ces insupportables critiques, au moins, on était pas bernés. Aujourd'hui, acheter un best-seller est à peu près aussi dangereux que de faire du ski hors-piste : tout simplement parce que les critiques sont falsifiées et financées, et que ça profite à Amazon.

Il faut chercher des solutions pour contre-attaquer !!

Des Solutions éventuelles

Déjà, l'auteur du rapport met bien en valeur pour les auteurs et pour les éditeurs l'avantage de se promouvoir sur les réseaux sociaux. On y trouve quelques perspectives. Avez-vous un site web ? Y a-t-il un moyen pour vos lecteurs les plus fidèles de pouvoir vous suivre ? C'est déjà une première piste pour retrouver un peu d'air.

 :roidumonde:

Ensuite, et ça, c'est moi qui le dit, je pense que la solution viendra des éditeurs indépendants. Je pense que les éditeurs indépendants sont les rois de l'inventivité, de la nouveauté, du modèle de demain. Je pense que la nouveauté est la source d'une meilleure stabilité. Je pense qu'ils sont en première ligne, et que plutôt que de les affaiblir, il faudra évidemment les soutenir.

Les gens ont perdu le goût de lire, aux auteurs de leur redonner ce délicieux plaisir !!

Je pense que les éditeurs doivent se spécialiser. Comme on l'a vu, les éditeurs spécialisés (genre SFFF par exemple) ont mieux tenu le coup. Je crois qu'il faut encore aller dans ce sens. Quand le nom d'une maison d'édition est assimilé à sa particularité, on s'en souvient tout de suite ! La spécialisation des éditeurs, c'est apporter une force de plus.

Comme j'ai pu en parler avec certains précédemment, je crois en la proximité. Je pense que c'est cette même proximité qui pourrait être un nouveau facteur de solidarité, et recréer l'économie de demain. J'imagine en ce moment un concept de "réseau social des libraires, critiques, auteurs et éditeurs" mais purement professionnel, et uniquement basé sur une logique de proximité. Il n'y aurait pas de page principale qui met en valeur GuGusss ou Dorothée, mais on atterrirait immédiatement sur la petite librairie à côté de chez soi...

 :meeting:

Qu'en pensez-vous ?

N'hésitez pas à douter de tout ça, ça fait vivre le débat !!

 :huhu:
« Modifié: 24 novembre 2015 à 21:40:05 par Alan Tréard »
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Hors ligne Megadonut

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #1 le: 25 novembre 2015 à 12:30:14 »
Salut !
Très parlant, ton rapport...
Moi, je n'utilise jamais amazon... J'essaye de faire vivre les petites maisons d'édition, et ne pas favoriser le géant amazon, qui je pense a déjà bien assez de moyens...
Citer
On voit que les très gros éditeurs imposent leur vision du livre, oubliant alors que le livre possède de multiples visages, et donc qu'il cache encore bien des secrets.
Je suis entièrement d'accord avec toi ! Chaque lecteur à sa vision du livre, et notre vision nous correspond... Chaque personne a une vision différente des choses, et c'est toujours le cas même si parfois on ne le dis pas...
Citer
Les critiques littéraires ont également perdu leur rôle. Imaginez-vous choisir un livre, comme ça... au hasard... selon des commentaires bien souvent falsifiés et un petit résumé ridicule... c'est le contraire d'un commentaire rédigé par un critique professionnel. Le rapport explique très bien la rupture entre l'ancien système où le critique conseillait les livres, avait les mains sur les succès de demain, et le nouveau système où tout est brouillardeux.
Moi, pour consulter des bonnes critiques, j'utilise Babelio. Même si certains autres lecteurs n'excellent pas forcément dans la rédaction des critiques, ils ne faussent pas les critiques... Sauf pour certains livres où il y a peu de critiques qui sont parfois pas super bien faites, elle partent toutes d'une bonne volonté.  :huhu:
Citer
À qui profite la crise ?
La réponse est simple : à Amazon.
N'ayant jamais utilisé amazon (sauf une fois ou deux), je ne peux pas approuver tes propos... Je croyais que mettre un de ses écrits sur amazon était gratuit ?
Citer
Déjà, l'auteur du rapport met bien en valeur pour les auteurs et pour les éditeurs l'avantage de se promouvoir sur les réseaux sociaux. On y trouve quelques perspectives. Avez-vous un site web ? Y a-t-il un moyen pour vos lecteurs les plus fidèles de pouvoir vous suivre ? C'est déjà une première piste pour retrouver un peu d'air.
Entièrement d'accord ! Il existe des multitudes de sites, de blogs, de forums relatifs à un auteur, une série, un livre.  ^^

En tout cas, ne vous découragez pas, on va trouver des solutions !
"Souviens-toi d'oublier"
Friedrich Nietzsche

"Dis-moi quels livres contient ta bibliothèque, et je te dirai qui tu es"
De moi ^^

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #2 le: 27 novembre 2015 à 12:11:33 »
La maison d'édition Hugo&cie crée une plateforme forum+like pour y trouver des écrivains

http://www.livreshebdo.fr/article/hugo-cie-publie-debut-2016-des-livres-issus-de-sa-plateforme-decriture-en-ligne
Beau boulot les modow ! Ca mérite une pause café, même si : les vilains mots ne font jamais de pause café.
- Kaeloo

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #3 le: 28 novembre 2015 à 14:15:47 »
Bonjour, et désolé pour ma réponse tardive. Je vois qu'il y a des réactions fortes... Je vais te répondre, Megadonut, mais je tiens à réagir sur le post de Ben.G auparavant.

Si je me suis permis de poster ici un compte-rendu de la situation présente, c'est parce que le moment m'y oblige. Ajouter de la confusion à la confusion, c'est destructeur. Lorsque l'on poste un lien, c'est important d'expliquer précisément de quoi il en relève :
http://www.livreshebdo.fr/article/hugo-cie-publie-debut-2016-des-livres-issus-de-sa-plateforme-decriture-en-ligne

ATTENTION : ce genre de liens sont des pièges pour tromper les "auteurs" et s'adressent souvent aux jeunes. Vous produisez un gros travail, sans certitude d'être rémunéré, et l'éditeur vous y dévore tout cru. Lorsque vous accédez à ce genre de plate-formes, c'est la profusion de participations qui génère des "best-seller" : on est dans une pure arnaque où l'éditeur ne consacre aucun temps de travail, il n'a qu'à proposer un bouquin de gamin pour les gamins, et récupère les bénéfices d'une publication qu'il n'a même pas eue à travailler.
(= Ce lien est une arnaque, n'y allez pas, c'est criminel !!)
Veut-on éternellement tourner dans la confusion ? À quoi bon créer un forum participatif si c'est pour s'entretuer !? Merci d'argumenter lorsque vous postez des liens, et donc, de ne pas flooder...

Voilà, c'est un sujet sérieux, pas la Star Academy, merci.


Alors,

Mon cher Megadonut,

J'entends ce que tu dis, c'est un point de vue honnête et bienveillant.

Sache que le sujet est très douloureux, et qu'on se sent ici tous concernés par ces questions.

D'abord je tiens à affirmer à nouveau que ce rapport concerne le milieu du livre en général, et qu'il ne vise nullement à discriminer les pratiques d'untel ou untel. On a tous besoin d'acheter des livres, et il est normal de vouloir commander un livre sur internet pour se faire plaisir : ce n'est pas interdit ! S'il y a sur ce forum des utilisateurs d'Amazon, mon compte-rendu ne vise en rien à les condamner : ils se sont fait avoir, rouler, berner ; ils ne sont que des victimes, pas des coupables.
En plus, personne ne force Amazon à avoir des pratiques aussi offensives, ils pourraient quand même agir autrement ; là, on croirait des mafieux, avec le parrain, etc.
C'est la raison pour laquelle il faut protéger les lecteurs, comme toi, et leur apporter des solutions faciles qui ne les déstabilisent pas. Si nous ne ramenons pas un peu de stabilité, c'est l'avenir du livre qui est en danger. On ne se trouve pas tous dans cette situation, bien sûr, mais moi, c'est un sujet sur lequel je travaille chaque jour. Mettre fin à cette politique offensive menée par Amazon, c'est préserver les lecteurs, les auteurs et tous les acteurs du monde du livre.
Ce rapport apporte enfin quelques réponses, or l'analyse ne suffit pas : l'action est l'unique issue.
Ensuite tu me dis que tu n'es pas d'accord, parce que toi, tu ne vas jamais sur Amazon. Ah ah ! Je n'avais pas prévu cet argument... Mon cher Megadonut, si tous les lecteurs faisaient comme toi, nous ne serions pas en train de courir après de précieuses solutions ! La vérité ? C'est qu'aujourd'hui près des deux tiers des livres sont vendus par Amazon. Malheureusement, il faut bien avouer que c'est un phénomène qui s'est généralisé parce qu'il est largement encouragé par Amazon. Nous sommes dans une situation complexe, mais il n'est pas impossible d'en réchapper. Eux, contrairement à toi, mon cher Megadonut, comprennent très bien en quoi cette crise leur est profitable : ce sont de vrais charognards !!

Qui plus est, j'entends ton message d'incompréhension en ce qui concerne la « gratuité » du livre que l'on vend sur Amazon. Tu as dû entendre une publicité d'Amazon, comme quoi mettre ses livres là-bas était gratuit, et puis, honnête, tu y as cru... Il semble qu'Amazon veuille encourager l'auto-édition, tout simplement... Crois-tu vraiment qu'ils n'en tirent aucun bénéfice ?

Mmh... comment te dire ?  :P Sans te choquer, hein !
Bon !
Voici une courte description du système qui te permettra surtout de mieux cerner le loup :
Citer
Toujours est-il que ce que les internautes ignorent, c’est que l’algorithme d’Amazon tient compte, pour mettre en avant un livre, d’un autre facteur plus secret : les fameux cooperative advertising agreement, évoqués plus haut. En effet, le géant américain Amazon a généralisé sur son site ce système de « Co-op » (selon le bel euphémisme imaginé pour les qualifier) : tous les livres mis en avant lui permettent d’engranger des pourcentages supérieurs. Amazon ne vend pas généralement sous la forme de publicité ce système de pay-for-display mais il négocie âprement avec les éditeurs un pourcentage supplémentaire sur les ventes réalisées par ce biais (de 3 à 5 % de plus, selon les accords passés en marge des lois anticoncurrentielles)12. Selon l’enquête de George Packer pour le New Yorker, Random House offre, par exemple, une réduction de prix pouvant aller jusqu’à 53 % sur ses livres vendus par Amazon (Co-op fee inclus). Toutes les recommandations ne dépendent pas de ces promotional fees, mais un nombre significatif d’entre elles sont influencées par eux.
citation du rapport de Frédéric Martel
Il est gratuit de déposer le livre, mais Amazon en tire un gros, gros bénéfice quand le livre est vendu.

Enfin soyons plus méticuleux, Babelio par exemple...

Je vais vous faire un petit cours rapide de :
« Comment faire pour falsifier la critique d'un livre ? »
 :)
Bonjour, je m'appelle Kevin, j'ai treize ans, comme Megadonut, et j'adore lire des livres. Moi, ce que je veux, puisque je n'écris pas de livres, c'est les conseiller à d'autres lecteurs. Sauf que... problème :
à treize ans, personne n'écoutera mes conseils !!
Heureusement, il y a Babelio, mon cher site web favori, et dedans, ils disent que je peux devenir un vrai petit critique de livre en moins de cinq minutes !  :roidumonde: Comment résister au désir de me produire en spectacle ? On lira mes critiques, et on me trouvera très pertinent, comme à l'école. Alors j'y vais, et je commence de toute ma force sur mes trois livres préférés :

  • Tonton pêcheur va faire du ski
  • Même moi, j'ai su le faire : trop facile !
  • Vive la vie, on est d'accord.
Trois excellents bouquins auxquels j'apporterai de magnifiques petites étoiles ! C'est normal de vouloir parler des choses qu'on aime, c'est la vie bien sûr. Voilà, c'est un bon début ; mais si je veux attirer des lecteurs fidèles qui mettront une magnifique note à mes critiques de livres, il va falloir que je m'attaque à des livres plus connus, ça drainera du monde et ça me fera une bonne réputation.
Moi, Kevin, treize ans, je décide donc de m'attaquer à un best-seller, je l'achète et je vais le lire, c'est décidé !
Naïf et bien orienté, je suis persuadé que le livre que je viens d'acheter, dont le titre est « Coucou, je suis un excellent bouquin, » est forcément bon puisque c'est un best-seller. J'ai toujours cru, dès mon jeune âge, que la réussite économique était liée à la qualité d'une œuvre littéraire. En le lisant, un étrange phénomène se produit : je n'aime pas du tout le livre, et d'ailleurs, je n'en comprends pas la moitié.  :( Sauf que si je fais une mauvaise critique d'un « bon » best-seller, je ne parviendrai jamais à fidéliser mes lecteurs ! Que faire ?

Je décide de rédiger une fausse critique, prétextant que ce livre est magnifique, et je vais même rajouter quelques mensonges pour que personne ne se rende compte de rien... Et là : surprise, deux personnes m'ajoutent comme ami !!
C'est une belle victoire, je vais recommencer comme ça jusqu'à devenir un « excellent critique, » suivi par des tas d'amis fidèles...  :meeting:

Ce que je ne saurai jamais, c'est que ces deux premiers amis, qui ont l'air de m'adorer, sont en fait les éditeurs du bouquin qui ont créé un faux compte afin de stimuler les critiques positives de ce livre. Eh oui ! Coucou, je suis un excellent bouquin est en fait le pur produit d'une logique édifiante : personne ne viendra remettre en question l'opinion clairement influencée de Kevin.


La critique de livre doit appartenir à des professionnels, c'est une condition à la stabilité.

La vraie question, c'est : de quel livre voulons-nous ?

Je ne veux pas d'un livre dont les auteurs seraient aussi doués à l'écrit que les chanteurs de la nouvelle star sont doués en chant ; un tel système étouffe la diversité, un tel système affaiblit le monde de la culture ; nous serons forts, ou nous ne serons plus.

Les éditeurs doivent-ils continuer à cautionner l'hyper-monétisation du livre ? encourageant ainsi « l'effet brouillard » qui ne fait qu’accélérer l'asphyxie des auteurs.

Non, favorisons des systèmes sains, ouverts et enrichissants ; cherchons de nouvelles perspectives.

Si l'on continue dans ce sens, c'est l’appauvrissement de notre culture qui en résultera.

Et puis, les confrontations ne solutionnent pas les crises.

Qui plus est, je pense que les lecteurs finiront par se lasser de ce phénomène, et que l'on reviendra peu à peu vers un modèle « élitiste » dans lequel la professionnalisation des critiques littéraires est essentielle.

Et que fait-on des éditeurs et des libraires qui refusent d'entrer dans cette logique grotesque ?
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Hors ligne Baptiste

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #4 le: 28 novembre 2015 à 15:56:43 »
Yo alan

Juste pour rebondir sur deux ou trois truc
Citer
ATTENTION : ce genre de liens sont des pièges pour tromper les "auteurs" et s'adressent souvent aux jeunes. Vous produisez un gros travail, sans certitude d'être rémunéré, et l'éditeur vous y dévore tout cru. Lorsque vous accédez à ce genre de plate-formes, c'est la profusion de participations qui génère des "best-seller" : on est dans une pure arnaque où l'éditeur ne consacre aucun temps de travail, il n'a qu'à proposer un bouquin de gamin pour les gamins, et récupère les bénéfices d'une publication qu'il n'a même pas eue à travailler.
(= Ce lien est une arnaque, n'y allez pas, c'est criminel !!)
Veut-on éternellement tourner dans la confusion ? À quoi bon créer un forum participatif si c'est pour s'entretuer !? Merci d'argumenter lorsque vous postez des liens, et donc, de ne pas flooder...

Voilà, c'est un sujet sérieux, pas la Star Academy, merci.
Je remets pas en cause ton avis, vu que j'en sais trop rien,mais en allant furter vers le site, j'ai plutot l'impression que ça ressemble à du wattpad ou à du short edition. Donc, sans vouloir les défendre, je pense que Ben à simplement voulu pointer des alternative existante, c'est tout. c'est pas du flood.

Bref

Citer
La critique de livre doit appartenir à des professionnels, c'est une condition à la stabilité.
ça, ça me pose vraiment question en fait
. Je suis assez allergique au fait que maintenant, on s'evalue tous les uns les autres pour tout ou rien (genre blablacar et tout ça) et du coup oui, comme toi, je pense qu'il y a certaines dérives.
Mais je crois aussi que je suis assez allergique à la critique professionnelle (dans le sens ou tu l'entends je pense (si j'ai bien compris)) parce que ça me saoule que justement c'est aussi la critique qui donne des tendances. Qui va récompenser et bien faire voir un genre plutot qu'un autre. (Par exemple, je suis pas fan des prix littérraire, je regarde pas specialement si y a eu 4F dans telerama etc)
et en même temps y a des critique que j'aime bien, en qui j'ai confiance, que je suis souvent (pas forcement sur la littérature (encore que le blog de la soeur à Boulet me plait bien) mais plutot en musique.

Du coup, ça me questionne vraiment cette histoire de critique pro, que je sais pas si j'ai envie de défendre ou non.
Je vais avoir confiance en mon libraire, je vais sans doute zyeuter des truc  qui passe pour me donner envie d'aller voir des truc. Mais j'ai beaucoup de mal à imaginer que des gens puisse faire le beurre à démonter l'oeuvre d'autrui.
Mmmmmmmmmmmh, c'est compliqué

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #5 le: 28 novembre 2015 à 18:00:27 »
 :D Merci Baptiste,

C'est vrai que je n'avais pas besoin d'autant m'emporter, après tout, c'est un débat aux multiples confessions.

Comme toi, je déteste les remises de prix, et on est donc sur la même longueur d'onde. Malgré tout, les Appels à Texte sont un peu comme des remises de prix en plus petit, il y a une proximité entre les deux modèles. À l'évidence, je ne suis pas contre les prix, dans le sens où je n'ai pas de véritables raisons de les attaquer.

Bref, une citation résumera parfaitement ma position :
Mmmmmmmmmmmh, c'est compliqué

Ensuite, à travers le terme "professionnalisation" on entend souvent format. C'est vrai, mais ce n'est pas figé, unique. Et tu n'es pas le seul à déprécier l'ancien système qui avait tendance à être trop élitiste. Par professionnalisation, j'entends plutôt spécialisation. Et là, c'est quelque chose que je considère inévitable. Autrement dit, si un critique cède à toutes les tendances et se jette dans tous les pièges, il sera très influençable. Un spécialiste, c'est comme pour les vins, il est capable de cerner les arnaques, et donc, c'est une forme de sécurité pour les lecteurs. Et pourtant... le rapport dit que beaucoup de critiques professionnels se sont rendus coupables de corruption ces derniers temps, autrement dit : ils faisaient comme Amazon, transformant alors leur influence auprès des lecteurs en "pompe à fric"...

Comme quoi, on n'en finit jamais...

Ainsi, je sais que je n'apporte pas une position exacte, clairement pré-établie, mais je tends à montrer qu'on a besoin de stabilité, de repères, de clarté si on veut que chacun retrouve son métier. Transformer le métier de l'édition, ce n'est pas rien : métamorphoser tous les éditeurs en commerciaux, se professionnalisant alors dans les arnaques, c'est dangereux.

Non, un critique spécialisé peut être un critique indépendant, qui ne cède pas à la corruption, et qui apporte une vraie stabilité dans son travail. Critique, c'est apprécier un livre, lire presque toute la journée, apporter sa vision du monde (qui peut être indépendante) de manière responsable et consciencieuse. Au-delà de l'ancien système qui ne reviendra pas de sitôt, je crois que nous devons aspirer à un système équilibré qui permette à chacun d'y voir clair.
Certains critiques professionnels étaient célèbres pour leur indépendance, ce n'est donc pas antinomique.

Ah ! Quel débat...
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Hors ligne Megadonut

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #6 le: 29 novembre 2015 à 14:31:43 »
Salut !
Citer
Alors,

Mon cher Megadonut,

J'entends ce que tu dis, c'est un point de vue honnête et bienveillant.

Sache que le sujet est très douloureux, et qu'on se sent ici tous concernés par ces questions.

D'abord je tiens à affirmer à nouveau que ce rapport concerne le milieu du livre en général, et qu'il ne vise nullement à discriminer les pratiques d'untel ou untel. On a tous besoin d'acheter des livres, et il est normal de vouloir commander un livre sur internet pour se faire plaisir : ce n'est pas interdit ! S'il y a sur ce forum des utilisateurs d'Amazon, mon compte-rendu ne vise en rien à les condamner : ils se sont fait avoir, rouler, berner ; ils ne sont que des victimes, pas des coupables.
En plus, personne ne force Amazon à avoir des pratiques aussi offensives, ils pourraient quand même agir autrement ; là, on croirait des mafieux, avec le parrain, etc.
C'est la raison pour laquelle il faut protéger les lecteurs, comme toi, et leur apporter des solutions faciles qui ne les déstabilisent pas. Si nous ne ramenons pas un peu de stabilité, c'est l'avenir du livre qui est en danger. On ne se trouve pas tous dans cette situation, bien sûr, mais moi, c'est un sujet sur lequel je travaille chaque jour. Mettre fin à cette politique offensive menée par Amazon, c'est préserver les lecteurs, les auteurs et tous les acteurs du monde du livre.
Ce rapport apporte enfin quelques réponses, or l'analyse ne suffit pas : l'action est l'unique issue.
Ensuite tu me dis que tu n'es pas d'accord, parce que toi, tu ne vas jamais sur Amazon. Ah ah ! Je n'avais pas prévu cet argument... Mon cher Megadonut, si tous les lecteurs faisaient comme toi, nous ne serions pas en train de courir après de précieuses solutions ! La vérité ? C'est qu'aujourd'hui près des deux tiers des livres sont vendus par Amazon. Malheureusement, il faut bien avouer que c'est un phénomène qui s'est généralisé parce qu'il est largement encouragé par Amazon. Nous sommes dans une situation complexe, mais il n'est pas impossible d'en réchapper. Eux, contrairement à toi, mon cher Megadonut, comprennent très bien en quoi cette crise leur est profitable : ce sont de vrais charognards !!

Qui plus est, j'entends ton message d'incompréhension en ce qui concerne la « gratuité » du livre que l'on vend sur Amazon. Tu as dû entendre une publicité d'Amazon, comme quoi mettre ses livres là-bas était gratuit, et puis, honnête, tu y as cru... Il semble qu'Amazon veuille encourager l'auto-édition, tout simplement... Crois-tu vraiment qu'ils n'en tirent aucun bénéfice ?

Mmh... comment te dire ?  :P Sans te choquer, hein !
Bon !
Voici une courte description du système qui te permettra surtout de mieux cerner le loup :
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Toujours est-il que ce que les internautes ignorent, c’est que l’algorithme d’Amazon tient compte, pour mettre en avant un livre, d’un autre facteur plus secret : les fameux cooperative advertising agreement, évoqués plus haut. En effet, le géant américain Amazon a généralisé sur son site ce système de « Co-op » (selon le bel euphémisme imaginé pour les qualifier) : tous les livres mis en avant lui permettent d’engranger des pourcentages supérieurs. Amazon ne vend pas généralement sous la forme de publicité ce système de pay-for-display mais il négocie âprement avec les éditeurs un pourcentage supplémentaire sur les ventes réalisées par ce biais (de 3 à 5 % de plus, selon les accords passés en marge des lois anticoncurrentielles)12. Selon l’enquête de George Packer pour le New Yorker, Random House offre, par exemple, une réduction de prix pouvant aller jusqu’à 53 % sur ses livres vendus par Amazon (Co-op fee inclus). Toutes les recommandations ne dépendent pas de ces promotional fees, mais un nombre significatif d’entre elles sont influencées par eux.
    citation du rapport de Frédéric Martel

Il est gratuit de déposer le livre, mais Amazon en tire un gros, gros bénéfice quand le livre est vendu.

Ok, je ne savais pas... Je me coucherais moins bête ce soir !
Ensuite, voyons ton petit cours :
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Enfin soyons plus méticuleux, Babelio par exemple...

Je vais vous faire un petit cours rapide de :
« Comment faire pour falsifier la critique d'un livre ? »
 :)
Bonjour, je m'appelle Kevin, j'ai treize ans, comme Megadonut, et j'adore lire des livres. Moi, ce que je veux, puisque je n'écris pas de livres, c'est les conseiller à d'autres lecteurs. Sauf que... problème :
à treize ans, personne n'écoutera mes conseils !!
Heureusement, il y a Babelio, mon cher site web favori, et dedans, ils disent que je peux devenir un vrai petit critique de livre en moins de cinq minutes !  :roidumonde: Comment résister au désir de me produire en spectacle ? On lira mes critiques, et on me trouvera très pertinent, comme à l'école. Alors j'y vais, et je commence de toute ma force sur mes trois livres préférés :

    Tonton pêcheur va faire du ski
    Même moi, j'ai su le faire : trop facile !
    Vive la vie, on est d'accord.

Trois excellents bouquins auxquels j'apporterai de magnifiques petites étoiles ! C'est normal de vouloir parler des choses qu'on aime, c'est la vie bien sûr. Voilà, c'est un bon début ; mais si je veux attirer des lecteurs fidèles qui mettront une magnifique note à mes critiques de livres, il va falloir que je m'attaque à des livres plus connus, ça drainera du monde et ça me fera une bonne réputation.
Moi, Kevin, treize ans, je décide donc de m'attaquer à un best-seller, je l'achète et je vais le lire, c'est décidé !
Naïf et bien orienté, je suis persuadé que le livre que je viens d'acheter, dont le titre est « Coucou, je suis un excellent bouquin, » est forcément bon puisque c'est un best-seller. J'ai toujours cru, dès mon jeune âge, que la réussite économique était liée à la qualité d'une œuvre littéraire. En le lisant, un étrange phénomène se produit : je n'aime pas du tout le livre, et d'ailleurs, je n'en comprends pas la moitié.  :( Sauf que si je fais une mauvaise critique d'un « bon » best-seller, je ne parviendrai jamais à fidéliser mes lecteurs ! Que faire ?

Je décide de rédiger une fausse critique, prétextant que ce livre est magnifique, et je vais même rajouter quelques mensonges pour que personne ne se rende compte de rien... Et là : surprise, deux personnes m'ajoutent comme ami !!
C'est une belle victoire, je vais recommencer comme ça jusqu'à devenir un « excellent critique, » suivi par des tas d'amis fidèles...  :meeting:

Ce que je ne saurai jamais, c'est que ces deux premiers amis, qui ont l'air de m'adorer, sont en fait les éditeurs du bouquin qui ont créé un faux compte afin de stimuler les critiques positives de ce livre. Eh oui ! Coucou, je suis un excellent bouquin est en fait le pur produit d'une logique édifiante : personne ne viendra remettre en question l'opinion clairement influencée de Kevin.

Ah... J'y avais pas du tout pensé... Ton histoire est en effet possible... Mais penses-tu que tous les éditeurs vont se créer des comptes dans les sites de critiques pour essayer d'amadouer les lecteurs ? Je comprend que certains lecteurs puissent se faire avoir, mais il y aura toujours quelqu'un d'honnête qui critiquera le livre tel qu'il l'a vu... Après, mon inexpérience dans le domaine me cache peut-être des choses... Penses-tu que cela est possible ?

Citer
La vraie question, c'est : de quel livre voulons-nous ?

Je ne veux pas d'un livre dont les auteurs seraient aussi doués à l'écrit que les chanteurs de la nouvelle star sont doués en chant ; un tel système étouffe la diversité, un tel système affaiblit le monde de la culture ; nous serons forts, ou nous ne serons plus.
Entièrement d'accord !
La qualité d'écriture est un point du récit, mais un point, un point c'est pas tout ( :D).
Par exemple, moi j'aime bien les récits de Hugo, Molière et autres, mais je préfère ceux qui ont une histoire plus intéressante, peut-être moins bien écrite, et réalisée par des auteurs pas forcément nationalement connus...
En tout cas, malgré ce débat plutôt compliqué, je trouve que tu expliques bien les choses  ;)
"Souviens-toi d'oublier"
Friedrich Nietzsche

"Dis-moi quels livres contient ta bibliothèque, et je te dirai qui tu es"
De moi ^^

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Transformation de l'édition : De quoi ??
« Réponse #7 le: 29 novembre 2015 à 15:18:12 »
Non, non et non ! Les éditeurs ne sont pas tous malhonnêtes !

 :ned:

Mais si on ne laisse le pouvoir d'influencer le monde du livre qu'aux éditeurs les plus malhonnêtes (grâce au système Amazon, avec les pay-for-display) on met en danger notre tissu économique ! Et c'est ça que veut Amazon, c'est affaiblir les éditeurs pour mettre en place un système dont il profite pleinement.

 >:D

Un critique professionnel et indépendant, il peut par exemple proposer un petit bouquin qu'il a trouvé dans une petite maison d'édition, contrairement à un critique amateur qui va plus facilement commenter les best-sellers (pour faire comme tout le monde). Après tout, c'est bien qu'il y ait des sites comme Babelio qui permettent aux lecteurs de s'exprimer sur leurs lectures, c'est aussi ça, la liberté.

 :huhu:

Mais si nous ne protégeons pas les éditeurs indépendants, si nous ne les soutenons pas, ils ne peuvent pas faire leur travail correctement ! En empêchant l'innovation, on tue le livre.

Le vrai danger, c'est que le système-Amazon soit pérennisé, que les éditeurs indépendants disparaissent, et que seuls les plus malhonnêtes survivent.

On a aussi un rôle, même en tant que lecteur, quand on privilégie un système à l'autre : on fait vivre ce qu'on aime !

Oui, merci à toi, Megadonut, tu me permets de m'exprimer sur certains points ; et c'est normal que tu veuilles poser des questions : nous sommes là pour ça.
Mon carnet de bord avec un projet de fantasy.

 


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