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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Une journée dans la peau d'une ado comme les autres

Auteur Sujet: Une journée dans la peau d'une ado comme les autres  (Lu 1134 fois)

Hors ligne lili1415

  • Calligraphe
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Une journée dans la peau d'une ado comme les autres
« le: 24 Octobre 2015 à 15:41:44 »
Un petit texte que j'ai écrit dernièrement , j'espère faire comprendre par ce biais, l'horreur que peut être  la vie d'ado lorsque l'on vit le harcèlement, je ne l'ai pas vécu mais je connais la solitude, et je connais bien des gens qui n'ont pas eu ma chance.

Une journée dans la peau d'une ado comme les autres
6:00 ; mon réveil sonne ; je me lève lourdement, me dirige vers la salle de bains ; arrivée sous la douche , je songe à rester là, indéfiniment, vivre sous l'écoulement d'une eau chaude et bienfaisante, voila une envie qui relève de la foutaise tout comme celle de me réveiller sans cette fichue boule à l'estomac.
6:30 ; l'heure du déjeuner, comme chaque matin,le ridicule petit bout de pain que j'ai, par je ne sais quel moyen réussi à introduire dans mn oesophage, en est ressorti peu après.
7:00 ; je tiens stout juste sur mes jambes, les larmes me montent aux yeux, je tremble comme une feuille et j'ai un mal de ventre inqualifiable.
C'est l'heure, je dois partir. Je déteste ce moment, j'ai l'impression d'être une condamnée à mort qui se rend d’elle-même à son exécution.
Pourquoi le chemin jusqu’à l'école est-il à la fois si court et si long ?
Pourquoi suis-je si seule ?
J'aperçois le collège, pendant quelques instants, je m'arrête, je ne sais trop pourquoi, probablement est-ce une façon appréhender ma journée.
Je n'ai qu'une envi ; fuir, mais ou ?, comment ? Et à quoi cela servirait ?
Je me sens faible, impuissante, j’aimerais pouvoir exposer mon mal-être à la face du monde mais j'en suis incapable, je me tais et j'avance jusqu’à la grille.
Personne, rien d'étonnant, je m'arrange toujours pour être très en avance, le cours ne commencent qu'à 8:15 35 et il est 7:15, je ne veux prendre le risque de croiser personne.
Malheureusement, n'ayant pas la capacité d'arrêter le temps,la fichue aiguille des heures de l'horloge du couloir finit toujours par arriver à 8.
Peut-être ai-je encore le temps de fuir ?
8:15 ; je suis assise à me place depuis plus d'une demie-heure, attendant avec lassitude et angoisse l'enseignant.
Comme à chaque leçon, je me suis placée au fond,seule, le plus loin possible des sarbacanes potentielles, seulement étant la cible première, cet effort n'a pas lieu d'être.
Mais je n'y prête pas attention, ce qui me retourne l'estomac chaque matin, ce sont ces regards, qui me toisent,  me méprisent, sondent jusqu'aux tréfonds de mon âme, ces regards qui en disent long et, pire que tout, ces paroles ; cachées ou non, dès lors que l'une d'elles me parvient, tout s'écroule autour de moi, ma coquille d'isolement et de protection s'effondre. J'ai envie de hurler, de faire comprendre à qui voudra bien l'entendre que je ne suis plus capable de supporter un mot de plus, mais ce serait tendre la bâton pour me faire battre.
10:00 ; enfin un peu de répit, je cours me réfugier aux toilettes pour les dix minutes que j'ai à disposition, dix minutes que je passe à pleurer sans être capable de me ressaisir. Seulement, je ne peux me permettre de sangloter à chaudes larmes, je risquerais de me faire remarquer, j'enfouis ma tête dans mes mains et tente d'étouffer mes pleurs autant que je le peux.
La pause que de courte durée, le supplice recommence.
12:00 ; j'aime la pause de midi, cella-là aussi je la passe à chercher à me réfugier dans ma solitude mais les  toilettes sont prises d'assaut, impossible de passer inaperçue, par conséquent, je préfère sortir, je me rends aussi que mes jambes me portent, le plus loin possible de ce bâtiment qui ne m'inspire que mépris et dégout.
Enfin, je me sens libre, libre de ne pas me cacher, d'être moi, mon noeud à l'estomac se défait peu à peu.
Comme presque tous les jours, je me dirige vers une petite crique à quelques minutes de mon école, je me sens presque bien, j'ai toujours aimé d'une étendue d’eau calme et limpide, je trouve cela magnifique; je me sens comme dans une bulle, en décalage avec le monde réel.
Mais là-encore, je suis dans l’incapacité d’arrêter le temps.
13:15 ; je dois repartir, les cours reprennent dans un quart d'heure. J'essaie de ne pas penser à ce qui m'attend et je marche, à nouveau, en direction de cet établissement abominable.
16:15 ; ma journée harassante se termine ; enfin, du moins, pour ce qu'elle englobe de purement scolaire, le pire est à venir.
Le chemin du retourne parait une éternité, je sens leurs regards me transpercer j'ai envie de vomir, je ne demande qu'à courir chez moi et m’enfermer mais je ne suis pas stupide, je dois paraitre forte. J'en suis incapable, je suis fragile, faible, leurs paroles me font monter les larmes aux yeux, ce pourquoi je dois à tout prix rester loin devant, je ne souhait pour rien au monde leur donner une raison supplémentaire de me mettre plus bas que terre. Je serre les poings, jusqu'à me transpercer quasiment la peau, je ferme les yeux et tente de me concentrer sur autre chose mais je n'entends qu'eux,je me sens chanceler.
16:30 ; le moment que j’attends depuis ce matin, je m'effondre sur mon lit et je pleure toute les larmes de mon corps, aucun de mes parents n'étant présent, je peux me le permettre ; de toute façon, je suis parfaitement consciente que j'aurais en tout les cas fini par exploser, d'une manière ou dune autre.
Je n'en peux plus, je repense à tous les éventements de ma journée, je ressens comme un coup de poing à l'estomac, toutes ces moqueries, ces regards méprisants, ces croche-pieds, ces plaisanteries et quolibets humiliants et par-dessus tout, ma solitude.
Je crois pouvoir dire sans me tromper que c'et le sentiment le plus terrible que j'aie jamais ressenti, la sensation bien réelle que tout le monde nous tourne le dos, que l'on ne peut plus compter sur personne, ce sentiment qui me pèse nuit et jour, me détruit la vie, me détruit.
Je n'en peux plus, je n'en peux vraiment plus, cette fois ça y est je vais y mettre un terme.
« Modifié: 24 Octobre 2015 à 15:43:55 par lili1415 »

Siegrid

  • Invité
Re : Une journée dans la peau d'une ado comme les autres
« Réponse #1 le: 24 Octobre 2015 à 16:20:55 »
Bonjour,
Mon adolescence est bien loin, aussi, mes réflexions ne sont peut-être pas à prendre trop au sérieux  ::) :

Je n'ai pas bien compris pourquoi cette ado était harcelée : je crois qu'il faudrait quelques exemples plus présents dans le texte, et ce, dès les 8h du matin. Elle souffre beaucoup, tu as très bien su retransmettre sa douleur, mais de quoi ? :???:

L'idée de découper en plage horaire est très bonne, car c'est ainsi que se passent les journées d'école. Mais il ne se passe rien de 13h15 à 16h15. Si c'est une ado, elle est au collège, je crois. Elle doit donc avoir différents profs à différentes heures. Quel est son ressenti par rapport à ces adultes, de toute évidence , aveugles ?

Les phrases sont très longues, lourdes de sens. C'est bien mais en même temps très littéraire au regard des émotions ressenties. J'ai un petit parti pris pour les phrases, courtes, hachées. A mon sens, elles expriment mieux la peur Mais, là, c'est vraiment tout personnel. le prochain lecteur ne pensera peut-être pas comme moi. ^^

Sinon,  l'adolescence n'est qu'un passage. Il est parfois douloureux, c'est vrai.  :( .Tu as su l'exprimer :j'espère que ce n'est pas trop un exemple personnel et que la solitude a trouvé une heureuse issue. :)
A bientôt pour un autre texte.
« Modifié: 24 Octobre 2015 à 16:23:29 par Siegrid »

Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 099
Re : Une journée dans la peau d'une ado comme les autres
« Réponse #2 le: 24 Octobre 2015 à 18:16:19 »
Salut !

Citer
je songe à rester là, indéfiniment, vivre sous l'écoulement d'une eau chaude et bienfaisante, voila une envie qui relève de la foutaise
Il faudrait mettre un point quelque part à mon avis. Soit après "indéfiniment", soit après "bienfaisante"

Citer
comme chaque matin,le ridicule
Il manque un espace

Citer
je tiens stout juste
Je te laisse deviner  :D

Citer
J'aperçois le collège, pendant quelques instants, je m'arrête, je ne sais trop pourquoi, probablement est-ce une façon appréhender ma journée.
Je pense qu'il faut mettre un point après "collège" ; d'appréhender

Citer
Je n'ai qu'une envi
envie

Citer
mais ou ?, comment ?
où ; virgule en trop ; Comment

Citer
le cours ne commencent
commence

Citer
d'arrêter le temps,la fichue aiguille
Espace après la virgule

Citer
au fond,seule
Espace avant la virgule

Citer
le plus loin possible des sarbacanes potentielles, seulement étant la cible première
J'aurais mis un point après "potentielles"

Citer
La pause que de courte durée
Il manque quelque chose avant "que"

Citer
je me rends aussi que mes jambes me portent
Même remarque

Citer
j'ai toujours aimé d'une étendue d’eau calme et limpide
Même remarque, je crois qu'il manque quelque chose après "aimé"

Citer
Le chemin du retourne
retour ?

Citer
je ne souhait pour rien au monde
souhaite

Citer
sans me tromper que c'et le sentiment
c'est

Ok, alors en commençant à lire j'ai été assez déstabilisé par la mise en forme (une phrase par ligne). Puis j'ai fini par m'y habituer. La dernière phrase est affreuse et très puissante, je l'aime beaucoup :D


 


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