Pour ma part, je vous conseille la filmographie de Makoto Shinkai, de Makoto Shinkai avant 2011, j'entends.
C'est un auteur particulier qui aime à mettre en avant la distance entre les individus, la difficulté d'exprimer ses sentiments, et tout simplement l'impossibilité de se comprendre complétement et la recherche souvent vaine d'un lieu où les êtres puissent communier en harmonie, avant de grandir et de comprendre les tenants de la vie sentimentale adulte.
C'est tout le propos de ses premiers films, qui sont les meilleurs de son oeuvre, le reste étant de grosses productions plus standardisées où la vision de l'auteur a tendue à se perdre (Voyage vers Agartha, Your Name...).
Ce sont donc "La tour au-delà des nuages", "Le jardin des mots" et surtout "5 centimètres par seconde", que je vous recommande chaudement.
Un autre point essentiel, touchant davantage à la forme des oeuvres, est la mise en scène et le travail sur le son. Makoto Shinkai, par ses personnages qui murmurent, par des bruitages continus et des plans dynamiques sur des éléments de détails, d'atmosphère de la vie urbaine (un train qui passe, la voix d'un annonceur dans le train, la bise qui frappe les vitres...), nous offre là une véritable poésie moderne sur la distance entre les êtres, sur le passage à l'âge adulte, la maturité des sentiments, et sur l'évolution d'un Japon qui s'urbanise et se tertiarise.
Les environnements récurrents sont : un jardin planté au coeur d'une métropole grise sous la pluie abondante, un appartement encombré de Tokyo, une salle de classe déserte en fin d'année avec un jeu sur la lumière et les éléments pour nous faire sentir la poussière et l'odeur de la craie, le quai d'une gare dans la nuit, une longue allée dans la neige, une friche industrielle sur une presqu'île... Bref, c'est une poésie de l'urbain confondu dans un reste de nature vivante, ou bien des restes de l'urbain rattrapés par une nature plus figée. Je vous le recommande vivement.
