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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté

Auteur Sujet: [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté  (Lu 7950 fois)

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[Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« le: 14 Septembre 2015 à 19:07:05 »
Merci pour vos lectures et propositions.
Il s'agit d'un tout petit monologue de quelques minutes voué à être interprété par une jeune comédienne fraîchement sortie d'une école de théâtre. Cette actrice est dans une troupe de théâtre professionnelle, et travaille déjà sur un projet. Elle habite près de Grenoble, y a-t-il des Grenoblois ici ? Ce petit condensé de paroles devrait faire le temps d'un petit sketch, une sorte de one woman show, que l'on peut placer entre deux spectacles, voire être ajouté à d'autres sketchs si l'aventure se confirme.
 :oxo:
Imaginez-vous : un public, une scène, et la comédienne qui interprète un rôle unique, dont le principe est basé sur la simplicité et la jeunesse de l'actrice.
Quelques soupirs, quelques applaudissements,
Voici donc un petit bout de théâtre en devenir,
Mesdemoiselles,
Mesdames,
Et Messieurs,

À vos lectures !


À propos de la pauvreté

   Bonjour, ou même bonsoir ; prenez bonjour ou bonsoir, prenez ce qui vous plaît le plus !
   Il y a des mots que l'on ose pas dire ; et puis parfois, on décide qu'on va parler : voilà, on va le dire. L'hésitation, c'est vraiment un gros obstacle ! C'est long, il faut y réfléchir mais il y a un moment où les mots doivent sortir :
   La pauvreté, c'est la pauvreté.
   Alors, j'ai dit : « la pauvreté, c'est la pauvreté ! » mais j'aurais très bien pu me taire... attendre que l'hésitation passe... attendre que les mots s'effacent et garder le silence. Oh ! Garder le silence...
   Oui, peut-être suis-je folle ? Et si j'étais folle ? On fait quoi !? Oui, peut-être suis-je condamnée à vous déplaire ? Faites-moi taire, vite, vite... Faites-moi taire ! Mais enfin... À quoi bon m'empêcher de dire la vérité !?
   La pauvreté, c'est la pauvreté.

   Je voudrais vérifier si vous m'avez crue... Avez-vous cru à ce que j'ai dit ? Êtes-vous conquis par mon message ? Vous avez peut-être votre regard sur la pauvreté, qui vous tire... et vous tire vers tous vos préjugés. Quand je vois vos petits yeux grand ouverts, quand je vois la surprise sur vos visages, je crois que vous avez compris où je voulais en venir pour faire vivre le sujet, faire vivre la curiosité, faire vivre le doute... Le monde est un peu trop calme à mon goût : il faudrait donner un peu de nouveauté, un peu de mouvement à cet univers endormi. Je vous regarde, mes yeux figés, collés sur vos visages... Vous avez l'air de gamins débranchés, comme les robots qu'on aurait mis en mode « veille, » comme les rêves que l'on aurait éteints. Comment puis-je vous réveiller ? Qu'est-ce qui vous fera sortir de la mort ? Qu'est-ce qui vous fera sortir de la grande cage ?
   Non, je vais vous laisser le choix, et comme de grands enfants, vous me ferez un compte-rendu de vos décisions. Le sommeil, c'est fini ! Le grand repos, c'est derrière nous. Nous allons nous éveiller, parler, crier : et faire enfin un choix. À trois, tout le monde se lance et me donne une réponse ! À trois, on y va d'un seul coup !

   Prêts ?
   Un,
   Deux,
   Enfin, il faut voir si vous préférez rester là, avec votre naïveté, votre gentillesse...
   Ah...

   Je regrette que vous ne puissiez pas me comprendre... Ce qui compte le plus pour moi, c'est de pouvoir faire bouger les choses. Allez-vous m'empêcher de dire ce que vous n'aimez pas entendre !? Peut-on ignorer une femme, et lui dire qu'elle est folle ? Est-ce la vie que vous voulez vraiment ? N'avez-vous aucune autre ambition ?
   La pauvreté, c'est la pauvreté.
   Parfois, on parle, on parle, on parle... Parfois, on essaie de mieux dire les choses, et puis on se dit enfin : « si je dis ce que je veux dire, peut-être que les choses vont s'arranger... »
   Et si je vous disais la vérité ? Et si la vérité venait à vous ? Elle vient, elle vient, elle vient...
   Non, je crois que vous me prenez pour une folle, il vaut mieux que je vous laisse à votre torpeur, il vaut mieux que je vous laisse à vos rêveries...
   Vous voulez me faire taire !? Ok, super, merci à vous, j'en étais sûre...
   Au moins, personne n'a bougé ; c'est le paradis ! C'est très bien comme ça, ne changeons rien...

   Pensez un peu à qui nous sommes. Nous espérons que la parole nous libérera, nous pensons que la vie est entre nos mains ; notre quotidien est une mise en scène ; mais la vraie question, c'est : comment faut-il jouer ce numéro d'équilibriste, comment interpréter cette petite tranche d'existence placée entre nos doigts ? Je vais vous dire, je ne sais plus si je veux vraiment parler ; c'est l'hésitation qui est la plus forte. Imaginez que je sois à votre place, attendant, pleine de désirs, pleine de détermination... Je suis là, posée comme un rocher, et je veux répondre aux questions de tous les jours ! Je veux leur apporter une vérité. Mais quelle vérité apporter à cela : « La pauvreté, c'est la pauvreté ! »
   Et si vous me donniez un peu de votre argent maintenant ? Peut-être que ça réglerait tout ? Et si on pouvait tout régler, comme ça, comme pour prouver qu'on est le plus fort...
   Regardez-moi ! N'avez-vous pas envie de faire un petit geste ?
   N'allez pas dire que c'est à cause de moi si la pauvreté, c'est la pauvreté. Je veux bien qu'on me dise que je suis folle, mais pas que je suis responsable de toute la misère du monde... Je n'y peux rien, vous n'aviez qu'à m'empêcher de penser, m'empêcher de réfléchir...

   Je vais prendre le temps de réfléchir un instant...
   Bon...
   Hein ?
   C'est mieux ainsi...
   Hmm...
   Nous allons essayer un petit exercice. Il faut que tout le monde ferme les yeux, voilà, et les yeux fermés, on va réfléchir fort, fort, et comprendre la vérité.
   Et les yeux fermés, nous voyons une petite idée qui vient à nous, comme pour nous accompagner dans le noir. Ça y est, l'idée parle, elle dit quelque chose. Alors, d'un seul coup, vous entendez cette petite phrase, vous l'écoutez :
   « La pauvreté, ce n'est pas la pauvreté ! Non, la pauvreté, ce n'est pas la pauvreté... »
   Avez-vous entendu cette petite idée ? Elle est claire, vous le savez.
   Alors ça y est, vous avez trouvé la solution, elle est là, au milieu de cet immense vide : La pauvreté, ce n'est pas la pauvreté... Je vous l'avais dit : c'est la solution ; c'est ça, ce qu'il fallait dire.
   C'est le bon moment pour ouvrir les yeux, et s'avancer avec assurance... Maintenant, nous savons ce qu'il fallait savoir...
   Maintenant nous le répéterons haut et fort :
   « La pauvreté, ce n'est pas la pauvreté ! Non, la pauvreté, ce n'est pas la pauvreté ! »
« Modifié: 29 Septembre 2015 à 17:18:39 par Alan Tréard »

cessdu

  • Invité
Re : [THÉÂTRE] À propos de la pauvreté
« Réponse #1 le: 15 Septembre 2015 à 13:02:16 »
Salut !

C'est la 1e fois que je commente du théâtre sur ce forum !
Mais pas la 1e fois que j'en lis ! Ni que j'en analyse, dissèque, ...
Alors c'est parti !

Citer
La pauvreté, c'est la pauvreté.
J'aime quand les avis sont confrontés
Ici, pas de lien apparent entre ces 2 phrases. Je me mets dans la peau du spectateur, et d'emblée dès les premières secondes, je suis perdue, je ne vois pas où ça va. C'est peut-être un effet de style voulu, que certains apprécient. Moi ce n'est pas le truc qui me permet de me plonger immédiatement dans la pièce. J'ai besoin d'une progression de la pensée, de mots qui font sens.
Si tu disais
Citer
Je préfère quand les avis sont confrontés
déjà je verrais mieux un lien. Tu remets en cause la trop grande simplicité de la 1e phrase.
Je n'aurais pas dû réfléchir 10 min pour en arriver là (et encore en ayant lu la suite) !

Citer
J'aime quand les avis sont confrontés : ils ont une adorable saveur de déjà vu.
Là je ne vois pas le rapport non plus. Ca fait peut-être sens dans ton esprit, mais pas dans le mien ! J'ai beau relire et relire... Et le spectateur, lui, ne peut pas relire. Au lieu de faire des raccourcis, peut-être développer le cheminement de ton raisonnement ?
Peut-être voulais-tu dire (et là ce serait plus clair pour le spectateur) :
Citer
ils offrent (alors) une adorable saveur de déjà vu.
(et encore je comprends ça après avoir lu la suite mais le spectateur ne peut pas faire replay)

Citer
Les avis sont difficiles à développer.
Cette phrase ne fait pas beaucoup sens en soi (ou du moins elle déclare une telle évidence qu'elle en devient vide de sens pour moi), et est difficile à relier avec le reste aussi. Personnellement je l'enlèverais.

Citer
Lorsque je dis simplement : « la pauvreté, c'est la pauvreté ! » On pourrait me répondre : « non, tout n'est pas si simple... Non ! Tout n'est pas si simple... »
C'est une seule phrase donc :
Lorsque je dis simplement : « la pauvreté, c'est la pauvreté ! », on pourrait me répondre : « non, tout n'est pas si simple... Non ! Tout n'est pas si simple... »

Alors après un bon quart d'heure de triturage de neurones je comprends ce premier paragraphe d'introduction assez laborieux me semble-t-il avec ces quelques modifications :
Citer
La pauvreté, c'est la pauvreté.
Je préfère quand les avis sont confrontés : ils offrent alors une adorable saveur de déjà vu. Lorsque je dis simplement : « la pauvreté, c'est la pauvreté ! » On pourrait me répondre : « non, tout n'est pas si simple... Non ! Tout n'est pas si simple... »
mais ce serait encore plus clair si tu inversais ainsi :
Citer
La pauvreté, c'est la pauvreté.
Lorsque je dis simplement : « la pauvreté, c'est la pauvreté ! » On pourrait me répondre : « non, tout n'est pas si simple... Non ! Tout n'est pas si simple... »
Je préfère quand les avis sont confrontés : ils offrent alors une adorable saveur de déjà vu.

Citer
Voulez-vous que j'arrête-là ? Voulez-vous mettre fin à cette conversation ? Vous pensez vraiment qu'on peut effacer ma parole si simplement ? Vous croyez que je suis faite pour me plier à vos arguments sauvages, que l'on m'a faite pour être coupée du monde ? Non, ce n'est pas le cas ! Vous savez très bien que toutes vos réponses sont insensées ; vous savez très bien que toutes vos paroles sont faites pour me faire taire.
Dans ce paragraphe, centré sur la répression de la parole, une phrase me semble ne pas illustrer la thématique et du coup moi ça m'a coupé dans ma compréhension de la pensée de la locutrice :
Citer
Vous savez très bien que toutes vos réponses sont insensées ;
Du coup elle-là je ne la garderais pas.

Citer
Oui, peut-être suis-je folle ? Oui, peut-être suis-je condamnée à vous déplaire ?
Pourquoi des Oui ? Le Oui devrait appuyer une idée déjà présentée, ce n'est pas la cas. Je garderais donc ces phrases mais en enlevant les Oui

Citer
vous m'avez cru
crue

Citer
Je voudrais vérifier si vous m'avez cru... Avez-vous cru à ce que j'ai dit ? Êtes-vous conquis par mon message ?
Heu... là je ne vois pas ce qu'il y a à croire ni où est le message, car je l'entends plutôt divaguer que délivrer un quelconque message. Alors c'est peut-être voulu pour accentuer encore son côté "largué" mais personnellement je n'accroche pas, et ça ne m'aide pas à rentrer dans la suite. Je n'ai pas envie de réfléchir sur la pauvreté avec une fille complètement larguée.
Je serais plus intriguée par :
Citer
Allez-vous croire à ce que je vais dire ? Allez-vous être conquis par mon message ?

Citer
les rêves que l'on aurait éteint
éteints

Citer
Comment puis-je vous réveiller ?
[...]
ça vous permettait enfin de sortir de ce sommeil terrible dans lequel vous avez l'air d'être plongés ?
redite
enlever l'un des 2

Citer
N'avez-vous pas envie d'une grande poussée d'inspiration : nous
N'avez-vous pas envie d'une grande poussée d'inspiration ? Nous
laisse la respirer !

Citer
nous allons nous lever contre les angoisses et contre la peur
très redondant

Bon par la suite je comprends finalement que le but de cette tirade n'est pas de parler de la pauvreté mais d'entendre les méandres de cette fille bel et bien larguée. Ok. Mais ça passe mieux ensuite, je maintiens donc mes premières remarques. Je pense qu'il faut introduire tout doucement le spectateur dans la "folie" de la locutrice, pour ne pas le perdre d'emblée.

Citer
; notre quotidien est une mise en scène ; mais
. Notre quotidien est une mise en scène. Mais
Des pauses ! Pour laisser le temps à l'auditeur le temps de suivre le cheminement tortueux du personnage !

Citer
Nous espérons que la parole nous libérera, nous pensons que la vie est entre nos mains ; notre quotidien est une mise en scène ; mais la vraie question, c'est : comment faut-il jouer ce numéro d'équilibriste, comment interpréter cette petite tranche d'existence, placée entre nos doigts ?
<3

Citer
Imaginez que je sois à votre place, attendant, pleine de désirs, pleine de détermination... Je suis là, posée comme un rocher, et je veux répondre aux questions de tous les jours !
Du mal à faire le lien avec ce qui précède et le lien entre ces 2 phrases
Du coup du mal à voir ce que cela veut dire

Citer
je vous l'ai dit : v
je vous l'ai dit. V

Voilà, lecture finie, je reste perplexe. Quel est le message ??? Quel est le thème ???
Je vois qu'il peut y avoir une belle scène avec une actrice qui saurait rendre l'exaltation du personnage. Je vois dans tes mots de bons prétextes à faire briller une actrice sur une scène. J'aimerais peut-être bien ce one woman show si je le voyais.
Sur le papier, j'ai eu plus de mal ! Je n'ai pas compris le but du shmilblick :D

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : [THÉÂTRE] À propos de la pauvreté
« Réponse #2 le: 15 Septembre 2015 à 16:49:59 »
Bonjour cessdu, merci pour ce petit effort que tu as fait. Je vois que tu as commenté au fur et à mesure, comme dans ta lecture, renvoyant chaque pensée vers l'idée du texte. J'ai pris en considération tes commentaires, et te préviendrai lorsque le texte aura été retravaillé.
Je n'ai pas envie de réfléchir sur la pauvreté avec une fille complètement larguée.
Voilà, ça, tu l'as pris comme un argument de vente, comme s'il fallait vraiment comprendre les actrices, vraiment comprendre le texte et vraiment comprendre le sujet pour être le grand gagnant. Je revendique plus personnellement un égarement du lecteur qui le pousse à essayer de comprendre_
Je veux te forcer à te concentrer sur le texte pour essayer de comprendre_
Lors de la réécriture, je vais être encore plus agressif envers ta lecture pour te remettre encore plus en question. Il faut que tu dises : "mais c'est quoi, ça ?" Que ta curiosité soit aspirée par l'incompréhensible (comme l'absurde, aimes-tu l'absurde ? préfères-tu jouer à Tetris et au puzzle ?) Voilà, donc ton égarement fait partie de mon intention première, c'est la base du texte (d'autres lecteurs l'auront admis plus facilement que toi) ; je vais quand même profiter de ton commentaire pour analyser les pistes qui t'ont le plus égarée, et les rendre plus absurdes encore !!
Tu me diras ce que tu penses de la V2 !
redite
enlever l'un des 2
Désolé, je m'attendais à ce genre de commentaire. En fait, l'écriture théâtrale est très différente de celle du roman : on évite les redites d'un côté, on les favorise de l'autre. Je reviendrai sur les phrases que tu soulignes pour alléger le sentiment de déjà vu : l'objectif est de jouer avec l'attention des spectateurs. Si un spectateur à "zappé" la première phrase, alors qu'elle était très importante, la répétition lui permettra de se raccrocher au sens du texte.
Bon par la suite je comprends finalement que le but de cette tirade n'est pas de parler de la pauvreté mais d'entendre les méandres de cette fille bel et bien larguée. Ok. Mais ça passe mieux ensuite, je maintiens donc mes premières remarques. Je pense qu'il faut introduire tout doucement le spectateur dans la "folie" de la locutrice, pour ne pas le perdre d'emblée.
J'ai pris en considération tes remarques, notamment l'effet employé pour égarer le spectateur qui a extrêmement bien fonctionné sur toi ; merci, c'est une petite victoire.
 :noange:
Oui, si on considère que le fait d'être paumé est vraiment mal, et que c'est pas bien du tout, et que je suis vraiment un salopard, parce qu'on y comprend rien, alors ton commentaire est très négatif. Mais si le texte attise énormément la curiosité, questionne le spectateur, le met face à ses préjugés, cherchant à lui donner un "droit d'expliquer" et un "droit d'être égaré," comme pour lui insuffler la surprise et le rire, alors ton commentaire est très positif ; et une petite relecture devrait permettre de ficeler tout cela vite fait bien fait, et de donner à la comédienne les moyens de s'exprimer comme elle le souhaite.
Je n'ai pas compris le but du shmilblick
Bingo ! Dans le mille...
 :D
Autrement, tes remarques sur l'orthographe seront corrigées à la réécriture, et celles sur la ponctuation sont intéressantes ; je les considèrerai, et ferai les efforts nécessaires pour rajeunir tout cela.
Encore merci,
À bientôt à toi pour la réécriture !

cessdu

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Re : [THÉÂTRE] À propos de la pauvreté
« Réponse #3 le: 15 Septembre 2015 à 17:28:06 »
Citer
tu l'as pris comme un argument de vente, comme s'il fallait vraiment comprendre les actrices, vraiment comprendre le texte et vraiment comprendre le sujet pour être le grand gagnant.
hum ! je n'aime pas trop qu'on me prête des intentions ! attention aux suppositions ! jamais je n'ai eu de telles idées !
et encore une fois ces idées de "vente" ou de "grand gagnant" ça ne vient pas de moi ça, pas de projections s'il te plaît !
j'aime comprendre un texte, ma foi s'il y a des gens qui aiment ne pas comprendre, grand bien leur fasse, je n'ai pas jugé ton texte, j'ai juste livré mon ressenti, celui d'une simple lectrice qui ne vaut pas mieux que celui d'un autre
perso, je n'aime pas l'absurde, c'est une question de goût
mon avis ne t'est peut-être donc pas d'une grande utilité, en tout cas il s'arrêtera là sur ce texte
en as-tu d'autres à me proposer ?

Hors ligne Alan Tréard

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Re : Re : [THÉÂTRE] À propos de la pauvreté
« Réponse #4 le: 15 Septembre 2015 à 17:48:30 »
je n'aime pas l'absurde, c'est une question de goût
Mais c'est absurde !!
 ;)
J'espère que le texte réécrit te plaira, car je suis content qu'il plaise aux amateurs, mais j'aimerais aussi qu'il plaise aux non-initiés : une petite séance de réécriture s'impose !
en as-tu d'autres à me proposer ?
J'en proposerai d'autres, et nous échangerons, c'est promis.
 :meeting:
Sinon, tu n'as qu'à visiter mon site web : www.alantreard.fr
 :bouquine:

Hors ligne Alan Tréard

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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #5 le: 29 Septembre 2015 à 17:37:31 »
Bonjour tout le monde,
Je viens de réécrire le texte : l'accroche (début) a été modifiée pour faciliter la compréhension, quelques paragraphes ont été supprimés, ou rétrécis pour accélérer le rythme,
J'ai ajouté un petit passage d'intervention avec le public pour dynamiser l'ensemble :
   Non, je vais vous laisser le choix, et comme de grands enfants, vous me ferez un compte-rendu de vos décisions. Le sommeil, c'est fini ! Le grand repos, c'est derrière nous. Nous allons nous éveiller, parler, crier : et faire enfin un choix. À trois, tout le monde se lance et me donne une réponse ! À trois, on y va d'un seul coup !

   Prêts ?
   Un,
   Deux,
   Enfin, il faut voir si vous préférez rester là, avec votre naïveté, votre gentillesse...
   Ah...
J'ai également renforcé la fin en sollicitant l'intervention du public (leur demande de fermer les yeux)
   Nous allons essayer un petit exercice. Il faut que tout le monde ferme les yeux, voilà, et les yeux fermés, on va réfléchir fort, fort, et comprendre la vérité.
   Et les yeux fermés, nous voyons une petite idée qui vient à nous, comme pour nous accompagner dans le noir. Ça y est, l'idée parle, elle dit quelque chose. Alors, d'un seul coup, vous entendez cette petite phrase, vous l'écoutez :
   « La pauvreté, ce n'est pas la pauvreté ! Non, la pauvreté, ce n'est pas la pauvreté... »
   Avez-vous entendu cette petite idée ? Elle est claire, vous le savez.
   Alors ça y est, vous avez trouvé la solution, elle est là, au milieu de cet immense vide : La pauvreté, ce n'est pas la pauvreté... Je vous l'avais dit : c'est la solution ; c'est ça, ce qu'il fallait dire.
   C'est le bon moment pour ouvrir les yeux, et s'avancer avec assurance... Maintenant, nous savons ce qu'il fallait savoir...
Et je me suis permis d'enlever quelques effets de style pour alléger le tout.

Que le spectacle commence !!
 :meeting:

Je vous tiendrai au courant de l'évolution du projet si celui-ci se confirme (remarque : ça risque de prendre plusieurs mois, même si tout se passe bien)
Au fait, j'avais oublié de vous demander : aimez-vous le théâtre ??

Hors ligne île aux ailes

  • Aède
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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #6 le: 29 Septembre 2015 à 21:57:52 »
Ah Alan! tu es incroyable!
mais combien as-tu de facettes?
Kaléidoscope... premier mot qui me vient après m'être égarée sur ton site...
(les premiers accès m'avaient été refusés)
énervant, fascinant
Ô grand gourou de l'absurde
rire, lyrisme, simplicité enfantine, mégalo incantatoire
tout semble dire son contraire
et le vice versa...

Très art, très hard,
Affectueusement...

une lectrice

Hors ligne Alan Tréard

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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #7 le: 29 Septembre 2015 à 23:33:09 »
Merci île aux ailes pour ton commentaire qui concerne plutôt mon travail d'auteur en général que le texte en lui-même. Je vois que tu en dis beaucoup avec une honnêteté respectable. Il y a une question que tu poses dans ton commentaire et qui fait largement part de ton égarement plein d'ivresse :
énervant, fascinant
Ô grand gourou de l'absurde
rire, lyrisme, simplicité enfantine, mégalo incantatoire
tout semble dire son contraire
Mais au-delà des apparences, il semble que tu aies trouvé la réponse toi-même. Tu fais en fait un geste de partage, et je t'en suis reconnaissant, c'est tout à fait sincère. En fait, lorsque je "remercie mes lecteurs en général," je ne m'adresse pas qu'à ceux qui osent commenter en public, je m'adresse également à ceux qui m'ont envoyé leurs encouragements en privé.
mégalo incantatoire
En fait, tu pourras remarquer que je ne me permets presque jamais de franchir une certaine limite, je me contente de m'adresser à mes lecteurs sans faire plus de cinéma que cela. C'est aussi pour ne pas oublier ceux qui aiment me lire, et ne se sentent pas forcément à l'aise pour le déclarer en public, c'est normal d'être reconnaissant. Ça peut te paraître étrange, mais le contraire serait cruel pour tous ceux qui m'apportent leur amitié et leur engagement.
Je pense que je n'ai pas besoin d'en faire plus, ni de prouver quoi que ce soit car tu t'es répondu à toi-même toute seule.
Pour autant, je suis très touché par ton message, car j'ai beaucoup de respect pour toi et ta sensibilité la plus sincère. Je continuerai à publier, et c'est comme cela que sont les choses. J'espère que tu prendras le temps de revenir sur ce forum et que nous pourrons continuer à échanger !
Encore merci à toi.
« Modifié: 29 Septembre 2015 à 23:34:40 par Alan Tréard »

Hors ligne Oussri

  • Aède
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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #8 le: 30 Septembre 2015 à 11:17:52 »
Salut Alan,

Je n'ai pas relevé de fautes, ce qui est déjà un bon point.

Je n'apprécie pas tellement le théâtre, à voir ou à lire. Il y a très peu de pièces qui m'ont marquées : En attendant Godot est la seule que j'ai réellement aimée.

J'ai trouvé le monologue bien écrit. Mais après, pour moi, il y a beaucoup de blabla qui ne sert pas tellement. En vérité, je n'y connais rien en théâtre, je dis peut-être des âneries. Joué, ça doit être nettement plus intéressant. Là, je trouve qu'il manque quelque chose, je ne vois pas la comédienne, je n'arrive pas à l'imaginer jouer. Sa tirade manque également de sens et, sortie de son contexte, elle me laisse un mauvais goût d'incompréhension sans saveur dans la bouche. Ne pas comprendre, ça peut être intéressant, si on a des pistes de réflexion derrière. Là, j'ai juste eu l'impression de lire les délires d'une jeune femme que je n'aurais pas envie d'écouter si je la croisais dans la rue. En connaissant un peu le personnage, le contexte ou s'il y avait une histoire autour de ses divagations, peut-être que j'apprécierais davantage. Là, ça ne m'a pas tellement plu, mais c'est tout à fait subjectif, de base, ce n'est pas un format que j'aime lire.

Je sais que l'honnêteté est importante pour toi, et j'ai été très franche. J'espère que ça ne te froissera pas, je te donne juste mon humble avis de profane, qui ne vaut pas grand chose, surtout à propos du théâtre ;)

Au plaisir !
"Chat du Cheshire, quand je recommence à t'oublier, c'est toujours le souvenir de ton sourire qui disparaît en dernier." Gage

Hors ligne Alan Tréard

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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #9 le: 30 Septembre 2015 à 12:27:16 »
Bonjour Oussri, merci pour ton message.

S'il existe des "profanes" dans ce monde, je dois bien admettre qu'ils existent !!

Tu es la première à me demander quel est le sujet de la pièce, au-delà de l'absurdité. C'est relatif à ta curiosité habituelle, à ton désir d'apprendre et de maîtriser. D'abord je tiens à souligner à nouveau que c'est comme Charlie Chaplin :
Sa tirade manque également de sens et, sortie de son contexte, elle me laisse un mauvais goût d'incompréhension sans saveur dans la bouche. Ne pas comprendre, ça peut être intéressant, si on a des pistes de réflexion derrière. Là, j'ai juste eu l'impression de lire les délires d'une jeune femme que je n'aurais pas envie d'écouter si je la croisais dans la rue.
Bon, l'absurde, c'est l'absurde. L'humour, c'est l'humour... Pour ce qui est des réflexions, je ne peux pas te les insuffler, c'est à toi de faire cette démarche toi-même, ou de ne pas lire le texte. Ce n'est pas moi qui manipule ton cerveau, c'est toi qui l'utilises à ta façon. La réflexion, ce n'est pas obligatoire, mais ce n'est pas non-plus interdit.

La narratrice (en somme la comédienne) cite une dure réalité : la pauvreté ne change pas, la pauvreté, c'est la pauvreté. Elle se permet de crier ce message de "vérité" comme pour dire une vérité. Autrement dit : c'est déjà une situation burlesque et tordue en soi. Tu seras d'accord avec moi sur le fait que peu de gens osent dire des vérités, même banales... Et elle soupçonne le public de vouloir l'empêcher de dire la vérité. Ainsi pleine de soupçons, elle accuse le public de la réduire au silence, alors que celui-ci n'est pas encore intervenu, donc c'est ridicule !! N'as-tu jamais eu l'impression qu'on t'empêchait de dire la vérité ? Crois-tu que tout le monde ose dire la vérité ? Ça ne te révolte pas parfois qu'on t'empêche de dire la vérité !?

Alors la comédienne décide de dire cette vérité, même s'il faut pour cela être prise pour une folle. C'est le grand jour, celui où on balance des certitudes dans tous les sens !! Et elle propose ensuite au public de faire changer la réalité, comme pour faire bouger les choses. Ça y est, tout va changer d'un seul coup, c'est le bonheur !! Mais comment veux-tu que le public, le cul sur une chaise, puisse enfin faire changer les choses !?? C'est absurde !!
À cet instant, si tu continues à croire en la sincérité de la narratrice, c'est que tu n'es pas raisonnable... Alors tu peux décider qu'elle est gentille, et que ce qu'elle dit est totalement logique, mais ce n'est pas sain...
Continuant son "blabla" habituel, la narratrice affirme qu'en fermant les yeux, et en pensant fort que la pauvreté, ce n'est pas la pauvreté, tout va changer...
Crois-tu vraiment qu'un public, le cul sur une chaise, et les yeux fermés, peut changer quoi que ce soit à la pauvreté !?   :prout: Tout est là, c'est du scepticisme, il s'agit de donner à la parole une valeur d'incertitude. On dit qu'on va parler vrai, mais la parole est en soi une dérive sémantique, et tout se mélange, et de toute façon rien n'était dit, rien n'était posé. Tout ce que dit la comédienne se mélange et part dans tous les sens, on n'a plus aucun repère, au point qu'à la fin on est le cul sur une chaise à se persuader soi-même que la pauvreté, ce n'est pas la pauvreté...
Tout simplement, il s'agit de désigner le doute, celui qui, dans un éclair de lucidité, te fait remettre en question ce qui jadis te paraissait immuable. Je t'invite à lire Montaigne si tu veux en savoir plus sur le scepticisme, et comprendre en quoi ça peut être autant une source d'inspiration chez moi.
L'absurde, en soi, ça ne peut pas être habituel, banal, facile, cliché ; l'absurde, c'est aussi se remettre en question soi-même, donc c'est inhabituel !!
Eh oui...

Hors ligne extasy

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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #10 le: 30 Septembre 2015 à 14:03:29 »
Salut Alan,

Je ne voulais pas commenter le texte que j'ai lu le jour même de sa publication, parce que je n'avais pas grand chose à dire. En effet, j'avais fini ma lecture frustré, car j'avais trouvé que ça tournait en rond.
Mais en lisant ton explication à Oussri, je me dis que ce n'est peut-être pas aussi vide de sens que je le pensais ; c'est simplement absurde. Le genre de texte dont on devrait se dire, une fois la lecture terminée :
- Mais c'est absurde !

Bref, ton texte m'apparaissait comme trop hermétique, mais après ces éclaircissements, je me dis oui, pourquoi pas. Mais il me faut sans doute plus d'expérience et de lectures pour véritablement en saisir le sens absurde.

J'y arriverai peut-être à ton prochain texte :)

Bonne continuation !

Hors ligne Alan Tréard

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Re : [Théâtre]V2" À propos de la pauvreté
« Réponse #11 le: 30 Septembre 2015 à 15:26:03 »
Merci extasy pour ton commentaire.
Oui, c'est malgré tout un texte déroutant, j'ai une véritable responsabilité d'égarement...
Par ailleurs, c'est vrai qu'il faut s'habituer à ma plume pour saisir les nuances, et j'aimerais que ce texte donne lieu à d'autres sketch pour lui donner une forme plus cohérente et apporter plus d'ouvertures.
 :\?
Maintenant les différentes appréciations m'ont permis de voir ce qui marche et ce qui ne va pas. L'humour n'est pas toujours un style sans risque. C'est la première fois que j'écris dans un tel genre (=court, direct, théâtral), mais je compte bien m'améliorer d'ici là pour les prochaines tentatives. La deuxième version est déjà un peu moins univoque, elle laisse plus de place à la lecture/à l'écoute. Malgré tout, je ne suis pas déçu du résultat car j'ai trouvé que c'était un genre qui tenait bien en place, et laissait une grande liberté à l'inspiration. Pour ce qui est du reste, nous verrons comment évoluent les choses,
Encore merci.

 


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