Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

23 Juin 2026 à 18:36:53
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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lucio (titre provisoire)

Auteur Sujet: Lucio (titre provisoire)  (Lu 2541 fois)

Hors ligne Scapula

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Lucio (titre provisoire)
« le: 01 Septembre 2015 à 12:11:16 »
Bonjour à tous et à toutes ! Je vous présente ici le début d'une nouvelle que j'écris, "Lucio". J'ai souvent commencé des textes pour vite me décourager, mais avec celui-ce je crois que je tiens le bon bout. "Lucio" n'est pas fini, et à vrai dire je ne sais pas tout à fait où je vais. J'ai  toute l'histoire si elle reste au format de nouvelle, mais si l'univers et mes personnages m'enthousiasment (et pourquoi pas, vous plaisent aussi)  il se pourrait que je la fasse déborder avant le début et après la fin pour commencer un roman sans grande prétention.
Je poste ici un prologue (ou un premier chapitre non-achevé). Je suis en PACES donc même je n'ai pas eu l'occasion d'être très active, sachez toutefois que ce texte sera le seul que je posterai avant un moment ; mon prochain objectif est de me consacrer à la lecture des vôtres.

Voilà je vous souhaite (et je l'espère) une bonne lecture  :)
Et n'hésitez pas à me critiquer, je n'attends que ça  :D





« Lors de l’Insufflation, le Souffleur veillera toujours à choisir ses matériaux avec soin. Les composés animaux seront à proscrire absolument, de même que tous les composés végétaux. On privilégiera la matière minérale, et dans une moindre mesure les liquides, dont la manipulation sera réservée aux Souffleurs les plus expérimentés. Enfin, l’Insufflation sera toujours effectuée avec grand sérieux, sans déroger aux méthodes reconnues et en vigueur. Car celles-ci ne peuvent être consignées pour protéger les plus inconscients, les candidats à l’apprentissage veilleront à obtenir une formation auprès d’un Maître qui éprouvera leur habilité à… »

Las, Lucio écarta le manuscrit d’un geste maussade. Il vint rejoindre un tas informe où s’accumulait livres, tablettes, parchemins et inscriptions sur des peaux tannées. La renaissance de l’Insufflation était encore loin.
Il ne restait plus qu’à tout remettre à sa place. Lucio prit les livres un à un et les rangea méticuleusement, par ordre alphabétique, dans la petite bibliothèque dont les poignées d’argent prenaient la forme de serpents enroulés aux yeux d’or, seule marque ostentatoire dans la chambre chichement décorée. Avec le même soin il déposa tablettes, peaux et parchemins dans le coffre massif qui reposait contre le mur. Enfin, non sans une once de dépit, il saisit la figurine d’argile désespérément statique et la remit dans sa besace de cuir. Il finit d’empaqueter toutes ses affaires et sortit de la maisonnée.

Lucio se dirigea vers le cœur du village. Il passa devant l’allée marchande, où les boutiques étaient encore fermées. Lorsqu’il dépassa la maison du boulanger, le fumet du pain chaud vint caresser ses narines. Le jeune homme songea qu’il ne mangerait rien de tel avant plusieurs semaines, et son ventre protesta gentiment.
Il déboucha sur la place principale. Il n’y avait personne. La tribu d’Orkaël était peu matinale par rapport à celle à laquelle appartenait Lucio, et il s’étonnait toujours de voir l’endroit désert alors que l’aurore s’annonçait. Il avança vers la demeure du chef. Une pancarte était accrochée à la porte : « Je suis sorti, repassez plus tard. Orkaël. » Le vieil homme était certainement parti examiner les loups. Lucio jeta un dernier coup d’œil aux alentours, puis alla vers l’enclos.
Il était presque arrivé lorsqu’il sentit un petit poing saisir l’arrière de son manteau de lin. « Tu t’en vas ? » lui demanda une voix fluette. Lucio se retourna, surpris, et vit la jeune Leah qui le fixait de ses grands yeux noisette. Sa chemise de nuit trop grande pour elle et les poches sous ses yeux lui donnait l’air d’un fantôme miniature – enfin, le fantôme le moins effrayant que l’on puisse puisse imaginer. Lucio eut un petit sourire et s’accroupit pour se mettre au niveau de la fillette aux cheveux châtain. « Tu es déjà debout, toi ?
- Oui, j’ai beaucoup toussé et je me suis réveillée… Tu t'en vas ? répéta Leah.
- Je pense, enfin si Orkaël est d’accord. Je dois continuer l’Éveil, tu te souviens ?
- Déjà ? » Elle eut une moue boudeuse, puis parut tout à coup très inquiète. « Mais, on ne va plus me soigner ? Et ma sœur non plus ?
- Ne t’inquiète pas, j’ai expliqué à tes parents comment fabriquer le remède, ils s’en sortiront très bien sans moi. Calys et toi serez complètement rétablies dans quelques jours, assura Lucio. Et ils pourront aussi s’occuper des futurs malades.
- J’espère qu’ils t’ont bien écouté alors... Tu reviendras, hein ? demanda Leah avec un regard suppliant.
- Oui, je te promets que je passerai par ici lorsque je rentrerai dans ma tribu. Tiens, regarde… » Il fouilla dans sa besace, et sortit deux bracelets de cuir tressé. Il en noua un autour du bras de la fillette. « Voilà, comme ça tu auras un souvenir de moi. Et tu donneras celui-ci à ta sœur, je ne veux pas de jalouse ! » Leah acquiesça gravement avant de saisir l’autre bracelet dans son petit poing.
« Tu vas me manquer, avoua-t-elle. J’aimerais bien que tu sois mon mari plus tard ! » Lucio rit doucement. La spontanéité des enfants était merveilleuse.
« Tu me manqueras aussi », dit-il avant de se redresser. Il était sincère.

Il arriva à l’enclos des loups. Surmonté de barrières de bois, il était situé à l’entrée du bourg, légèrement en retrait par rapport au chemin principal. Il s’étendait sur une surface presque équivalente à celle du village lui-même et s’étalait sur une plaine herbeuse agrémentée de roches calcaires et d’érables, disposés çà et là. Une petite rivière le traversait de part en part avant d’aller courir le long des habitations à l’est du village.
Comme il s’y attendait, Lucio trouva le chef de la tribu en train de faire sa ronde quotidienne à l’intérieur de l’enclos. Orkaël traînait son corps massif d’un pas lourd, les mains croisées derrière le dos, et jaugeait l’état des barrières d’un œil expert. Il touchait de temps à autres les poutres de bois ou se penchait pour s’assurer qu’aucun animal n’avait fugué en creusant en-dessous. Ses mouvements étaient d’une rare fluidité pour un homme de son âge. Cobra, un loup couleur sable, trottinait derrière lui, la langue pendante. Lucio savait qu’il avait pris le chef en affection et le suivait partout depuis son plus jeune âge.
Il s’avança et vint marcher aux côtés d’Orkaël.
« Rien à signaler ? demanda-t-il en guise de salutation.
- Non, les loups se portent à merveille, répondit Orkaël. Ce sont de braves bêtes. Et ce petit gars en particulier ! » Il gratta l’échine de Cobra, qui gémit de satisfaction. « Alors Lucio, quel bon vent t’amène ? »
- Je voulais te remercier de ton hospitalité durant ces deux semaines, ta tribu a été bonne avec moi. Si tu m’y autorises, je souhaiterais la quitter pour poursuivre mon Éveil.
- Mon garçon, tu as sauvé Calys et Leah, tu crois vraiment avoir besoin de ma permission ? s’exclama le vieux chef. Tu as prouvé que tu étais digne de prendre la relève de Cynaqil, à mes yeux et à ceux de la tribu toute entière. Non seulement tu as ma permission, mais aussi ma bénédiction.
- Vraiment ?
- Evidemment. D’ailleurs, si tu me le permets, j’aimerais t’accompagner jusqu’à la forêt d’Ocre. Le chemin jusqu’à la tribu de Dreyah est long et voyager seul trop longtemps n’est jamais agréable.
- J’en serais honoré.
- Excellent ! Je vais t’empaqueter des rations, prépare-toi. Nous partons dans quelques minutes. »

*

Après une demi-journée de marche, Lucio et Orkaël avaient presque fini de traverser la lande désertique qui séparait le village de la forêt d’Ocre. Dès qu’ils avaient vu poindre à l’horizon la mer vert sombre piquetée de rouge, ils avaient décidé de s’arrêter et s’étaient assis à l’ombre d’un grand rocher. Au pied d’Orkaël s’étalaient Cobra, haletant, et un mystérieux paquet long et étroit enveloppé de tissu. Le vieux chef l’avait pris pour le trajet, mais Lucio n’avait pas osé demander ce qu’il contenait.
« Excuse-moi, j’aurais pu t’offrir un meilleur paysage pour notre dernière conversation », plaisanta Orkaël.
Lucio jeta un œil alentour. Effectivement, l’endroit était loin d’être accueillant. En dehors de l’herbe brûlée et famélique qui s’extirpait avec peine des pierres jonchant le sol, il n’y avait nulle végétation. Jusqu’à la forêt d’érables, la plaine rocailleuse et morne s’étendait à perte de vue.
« Au moins, je n’ai pas eu à le traverser seul », répliqua Lucio qui hocha la tête en signe de gratitude. Il sortit une gourde d’eau de sa besace et but à petites gorgées. Orkaël piocha des pâtes de fruits pressés dans la poche de son pantalon et en tendit la moitié à Lucio. Ils grignotèrent quelques instants, puis le chef brisa à nouveau le silence :
« Au fait, est-ce que les documents sur l’Insufflation t’ont été utiles ?
- Pas vraiment. J’ai découvert l’existence de quelques Souffleurs que je ne connaissais pas, mais rien de plus.
- Je suis désolé. Ces vieilleries se traînent dans ma tribu depuis des décennies, j’ai cru qu’elles pouvaient t’être utiles.
- Tu n’as pas me faire d’excuses, ces documents ont une grande valeur, et je te suis reconnaissant de me les avoir confiés, assura Lucio. Et puis, je m’attendais un peu à ce résultat. Il a toujours été interdit de confiner le rituel de l’Insufflation par écrit. Les manuels stipulent tous qu’elle peut être dangereuse. Mais bon, malgré moi, j’espérais que… Bah, je suis trop naïf, soupira-t-il en haussant les épaules.
- Sûrement, répondit Orkaël avec une franchise qui sonna Lucio. On n’a plus connu de Souffleurs depuis deux siècles. Pour beaucoup, ça n’est plus qu’un mythe… Mais tu seras peut-être celui qui viendra les contredire ! s’exclama-t-il avec un entrain exagéré en voyant la mine déconfite du jeune homme.
- Nous verrons bien… » marmonna Lucio.
Le jeune homme mâchonna sa dernière pâte de fruit et fixa la forêt d’Ocre, pensif. Sa déception avait momentanément quitté son esprit, il resongeait à ce que lui avait dit Cynaqil sur ce lieu avant son départ.
« Orkaël… Tu as déjà entendu parler des Sylvains qui peuplent cette forêt ?
- Tu es un adepte des contes, ma parole ! lança Orkaël avant de rire de sa voix grave. Oui, j’en ai entendu parler, mais personne à ma connaissance n’a croisé de tels êtres. Cynaqil t’a fait part de ses homélies habituelles sur les "terribles hommes-bêtes", n’est-ce pas ? »
Lucio sentit le rouge lui monter aux joues. En effet, son chef l’avait mis en garde contre ces humains aux mœurs déviantes, et plus d’une fois.
- Ne t’en fais pas mon garçon, le rassura Orkaël comme pour dissiper la gêne de Lucio. Tous ceux qui viennent de la tribu de Cynaqil et voyagent jusqu’à nous me posent la même question, tu n’es pas le premier. Ton chef raconte ces histoires depuis des années. Elle m’a confiée que son père les avait abandonnées, sa mère et elle, pour partir vivre avec ces "sauvages". Je pense que toutes ces histoires ne sont que le fruit de son imagination déformée par la rancœur.
- Pourtant il existe des livres qui en parlent, rétorqua Lucio d’un air hésitant.
- Certainement des fables qui ont inspiré le récit de Cynaqil », affirma Orkaël avant de se relever pour clore le débat.
Il tourna son visage vers le ciel pour constater la position du soleil. Lucio l’imita. Un rapace tournoyait dans le ciel en décrivant de larges cercles. Il passa plusieurs fois devant l’astre, masquant par à-coups sa lumière rougeoyante qui embrasait désormais l’horizon. La nuit ne tarderait plus.
« Je vais rentrer au village, mes devoirs m’attendent, annonça Orkaël. Mais avant, j’ai quelque chose pour toi. » Le chef s’empara du paquet aux côtés de Cobra et le tendit à Lucio. Le jeune loup suivi le long objet du regard, curieux.
Lucio retira soigneusement l’emballage de tissu, qui découvrit un arc en bois blanc.
A sa vue, il ne put s’empêcher de murmurer : « Il est superbe… ». Il caressa du doigt les gravures de serpents qui démarraient de chaque extrémité du corps de l’arme avant de se rejoindre de part et d’autre de la poignée de cuir noir. Un petit carquois taillé dans le même bois l’accompagnait, lui aussi orné de serpents, qui étaient le symbole de la tribu d’Orkaël. Il contenait une dizaine de flèches.
« Merci, mais… Tu es sûr de vouloir te séparer d’un si bel objet ? s’enquit Lucio.
- L’Éveil stipule que si je te juge digne de devenir chef, je dois t’offrir un présent. Cet arc est mérité, mon garçon. » Orkaël s’avança vers Lucio et l’étreignit d’un air bourru. « Bon courage pour la suite. Repasse par mon village sur le chemin du retour ! » Lucio songea à la petite Leah avant de répondre : « J’y comptais déjà. Merci pour tout ! »
Après une dernière tape sur l’épaule, Orkaël repartit vers sa tribu, Cobra sur les talons.

Lorsque les silhouettes d’Orkaël et de Cobra se furent réduites à deux tâches noires, Lucio fit le point sur sa situation. La plaine n’offrait aucune source d’eau, et aucun abri décent. Il allait devoir trouver l’un et l’autre dans la forêt d’Ocre.
Il saisit l’arc et le coinça en travers de son torse, puis enfila la bandoulière du carquois autour de son épaule. Le regard fixé sur la forêt, il retira la ficelle qui retenait ses cheveux noués. Ils tombèrent en rideau contre le haut de son dos. Enfin, il enfila son manteau laissé par terre et vérifia que sa besace était correctement fixée autour de ses hanches avant de mettre en route.

« D’après Orkaël, les Sylvains n’existent pas… » songea Lucio alors qu’il contournait une charogne de lièvre à demi décomposée. Il était partagé entre la gêne que lui inspirait sa crédulité et son envie de remettre en cause les paroles du vieil homme. Cynaqil avait toujours défendu sa cause avec ardeur, comment imaginer qu’elle avait inventé tout ça ? « Non, elle ne l’a pas inventé. Des récits sur leurs pratiques étaient dans notre tribu bien avant elle. » Ils évoquaient tous les mêmes déviances : celles d’êtres partageant leur esprit avec des animaux et se conduisant comme tels. Au pied de l’érable était le conte le plus mémorable de tous. Il se finissait sur la mort atroce de quatre voyageurs égarés dans la forêt d’Ocre – transpercés par le bec de centaines d’étourneaux déchaînés par des Sylvains. Lucio frissonna.
Il était maintenant à l’orée de la forêt. Çà et là, la terre venait se mêler aux éclats de pierre qui subsistaient encore de la lande désertique. Cette alliance était le seul élément qui liait les deux biomes, opposés en tout point. Lucio quittait l’aride pour l’abondance, la mort pour la vie ; la certitude pour le mythe.
« Modifié: 01 Septembre 2015 à 12:30:36 par Scapula »
"Les grilles s'ouvraient sur mille rosiers rose pâle, sur de hautes falaises inclinées d'ormes, de frênes et de marronniers ensoleillés, et un ciel bleu, ô combien bleu". Jonathan Strange & Mr Norrell.

Hors ligne Mentalink

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #1 le: 01 Septembre 2015 à 17:03:57 »
Je dois dire que c'était plaisant à lire !

Lucio m'a l'air très classique pour le moment, mais on peut espérer qu'il révélera un peu plus de son personnage par la suite !
Ta prose est vraiment réussie pour moi, on ne s'ennuie pas et les descriptions sont efficaces. J'ai simplement noté un changement de rythme un peu perturbant vers le début, à partir de "Il déboucha sur la place principale.". Mais c'est peut être juste moi. :ninja:
Les dialogues sont sympa, mais manquent un peu de naturel je trouve, cela dit c'est le genre de choses qui se modifie facilement.

En tout cas, l'introduction des Sylvains est intéressante et donne envie de lire la suite. : )

Continue comme ça.  ^^

Hors ligne Scapula

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #2 le: 01 Septembre 2015 à 18:57:13 »
Waouh, je dois dire que je ne m'attendais pas à recevoir un commentaire si positif ! Merci Mentalink  ;)
Pour le changement de rythme, je ne peux que féliciter ton œil expert, il se trouve que j'ai réécrit ce passage après coup. Et si ça se ressent, c'est que j'ai un peu raté la transition  :???: . Je vais essayer de le travailler !

Quant à Lucio, je pense qu'il évoluera lui aussi. Plus j'écris et plus je le découvre, et il m'arrive de changer régulièrement des dialogues ou de la narration pour qu'il colle plus à la nouvelle représentation que j'ai de lui.

Concernant ta remarque sur les dialogues, je vais y jeter un œil. Je les ai déjà réécrit plusieurs fois mais rien de tel qu'un œil neuf pour dépister les lacunes, donc tu as toute ma confiance  :) . Et concernant la suite... Elle est en gestation dans mon esprit, j'ai mes idées mais je cherche encore à l'introduire. Je ne sais pas quand je la posterai, mais j'espère bientôt.
"Les grilles s'ouvraient sur mille rosiers rose pâle, sur de hautes falaises inclinées d'ormes, de frênes et de marronniers ensoleillés, et un ciel bleu, ô combien bleu". Jonathan Strange & Mr Norrell.

Hors ligne Marygold

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #3 le: 03 Septembre 2015 à 21:10:12 »
Je me suis demandée si c'était vraiment une bonne chose de commenter ton texte… et te donner ainsi une occasion de ne pas bosser tes cours ;)
Mais j'ai pas pu résister !

Citer
« Lors de l’Insufflation, le Souffleur veillera toujours à choisir ses matériaux avec soin. Les composés animaux seront à proscrire absolument, de même que tous les composés végétaux. On privilégiera la matière minérale, et dans une moindre mesure les liquides, dont la manipulation sera réservée aux Souffleurs les plus expérimentés. Enfin, l’Insufflation sera toujours effectuée avec grand sérieux, sans déroger aux méthodes reconnues et en vigueur. Car celles-ci ne peuvent être consignées pour protéger les plus inconscients, les candidats à l’apprentissage veilleront à obtenir une formation auprès d’un Maître qui éprouvera leur habilité à… »
J’aime bien ce début, ça donne le ton et tu maîtrises bien le côté « manuel ».
Juste une petite chose pour le « Car » : placé en début de phrase comme ça, pour moi il se relie à la phrase précédente ; alors qu’en fait c’est plutôt lié à la proposition suivante… Bref, je sais pas si c’est grammaticalement incorrect (j’ai la flemme de chercher, désolée :p), mais en tout cas, ça surprend un peu.

Citer
les poignées d’argent prenaient la forme de serpents enroulés aux yeux d’or
Avec « prenaient » on a un peu l’impression qu’elles sont en train de bouger

Citer
Enfin, non sans une once de dépit, il saisit la figurine d’argile désespérément statique et la remit dans sa besace de cuir.
Ah, j’adore, comment donner des indices sur l’Insufflation sans en dire trop. C’est hyper bien inséré dans le récit, chapeau !  ;)

Citer
Il était presque arrivé lorsqu’il sentit un petit poing saisir l’arrière de son manteau de lin.
mouais, tu sais reconnaître un poing d’une main ou de deux doigts, toi ?

Citer
Sa chemise de nuit trop grande pour elle et les poches sous ses yeux lui donnait l’air d’un fantôme miniature – enfin, le fantôme le moins effrayant que l’on puisse puisse imaginer.
donnaient / un puisse à supprimer

Citer
« Tu vas me manquer, avoua-t-elle. J’aimerais bien que tu sois mon mari plus tard ! » Lucio rit doucement. La spontanéité des enfants était merveilleuse.
bof pour le coup du mari, qui est toujours un peu cliché et bof pour la dernière phrase, un peu caricaturale aussi et dispensable.

Citer
avant de rire de sa voix grave.
un peu maladroit

Citer
Le chef s’empara du paquet aux côtés de Cobra
pourquoi pas à côté ? Pour moi, « être aux côtés de » ça fait plutôt référence à des êtres, et pas des objets.

Citer
Le jeune loup suivi le long objet du regard
suivit

Citer
Il caressa du doigt les gravures de serpents qui démarraient de chaque extrémité du corps de l’arme avant de se rejoindre de part et d’autre de la poignée de cuir noir.
démarraient, bof…

 
Citer
Lorsque les silhouettes d’Orkaël et de Cobra se furent réduites à deux tâches noires,
Je ne suis pas sûre que le réfléchi soit utile. Et, par ailleurs, c’est « taches » sans accent ;)

Citer
celles d’êtres partageant leur esprit avec des animaux et se conduisant comme tels.
T’as lu Robin Hobb ?  :P

 

Bon, c’est cool comme début ! J’ai pas grand-chose à dire de plus que ce petit relevé de fautes et maladresses. Le style est bon, ça se lit très bien (comme du Gemmell, ahah) et l’histoire commence bien. Du coup, j’ai envie de dire que tout va se jouer sur l’intrigue, qui se dévoile un peu. Donc j’attends la suite ! (avec impatience)
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Scapula

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #4 le: 04 Septembre 2015 à 16:53:31 »
Merci Marygold pour cette analyse fine et cette réponse enthousiaste ! Ça me fait chaud au cœur de voir que mon texte plaît à certains, à vrai dire je doutais de plus en plus de sa qualité. Ne t'inquiète pas pour mes cours, je les fais passer en priorité, j'aurais tout le temps d'écrire quand j'aurai eu mon concours, mouhaha  >:D

J'ai un seul problème avec ta correction, dans ton avant-dernière citation tu écris que "réfléchi" n'est pas utile mais je ne le vois pas. Tu parlais de quoi ?
 
Oui, j'ai  dévoré l'Assassin Royal mais ce rapprochement est totalement fortuit ! Enfin maintenant que j'y pense, c'est vrai que je m'en suis inspirée inconsciemment   ><

Voilà, dans peu de temps (d'ici la semaine prochaine normalement) je retravaillerai mon texte en prenant en compte ton avis ainsi que celui de Mentalink. J'enlèverai coquilles, phrases trop lourdes et je peaufinerai les dialogues. Quant à la suite... J'ai décidé d'étoffer un peu mon idée de départ, je dois donc faire mûrir tout ça. Sera-t-elle postée dans deux semaines, un mois, un an ? Mystère et boule de gomme, mais j'espère le plus tôt possible  ;D
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Hors ligne VaeSolis

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #5 le: 05 Septembre 2015 à 00:44:54 »
Hola Scapula!

Je vais faire très court, Marygold a déjà relevé beaucoup de choses.

1° Je trouve que le texte est bien ficelé, mais tout va très vite, sans qu'on puisse vraiment comprendre, et je crois que ça vient surtout des dialogues (celui avec la petite fille qui s'enchaine rapidement, ou celui dans lequel Lucio annonce au chef qu'il veut partir).

2°Je trouve le début génial, et ça donne clairement envie d'en apprendre plus sur l'intrigue! Le coup de la statuette immobile est excellent!

3°Point inutile, mais je trouve que "Cobra" pour le loup, ne colle pas avec le reste des noms: Lucio, Orkaël, Leah (je crois pas faire de fautes), qui sont des noms inventés, et Cobra... Après c'est juste une remarque perso que je me suis faite, donc ça vaut pas grand chose (surtout que ni Mentalink, ni Marygold n'ont fait de remarques à ce sujet).

J'attends la suite, l'intrigue m'intéresse, et le personnage de Lucio aussi!

Hors ligne Marygold

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #6 le: 05 Septembre 2015 à 17:27:46 »
Citer
J'ai un seul problème avec ta correction, dans ton avant-dernière citation tu écris que "réfléchi" n'est pas utile mais je ne le vois pas. Tu parlais de quoi ?
Pardon pardon, je n'ai pas été claire. Je parlais du pronom réfléchi dans "se furent réduites". Je trouve qu'un simple "lorsque les silhouettes... furent réduites..." passerait mieux :)
Oh yeah ! 8)

Hors ligne Scapula

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #7 le: 05 Septembre 2015 à 18:47:12 »
Buenos dias VaeSolis !

Tout d'abord, merci pour ton commentaire aussi enthousiaste que les autres, il me fait chaud au cœur  ;D. Je suis d'accord avec toi au sujet de la rapidité, je vais essayer d'y remédier : au niveau des dialogues (Mentalink m'a fait quelques reproches aussi) mais peut-être du reste également si j'arrive à l'intégrer avec naturel, histoire de poser davantage les scènes.

Pour Cobra, la tribu d'Orkaël réside dans un village près de la plaine aride, où les serpents sont légions. Ils sont devenus le symbole de cette tribu, et Orkaël a nommé son loup à cause de ça.

J'ai vu que tu avais posté la suite d'Etendards, je le lirai sous peu pendant mon temps libre (dès que j'aurais corrigé le mien)  ;) . A très vite !

Merci de ta précision Marygold, effectivement je n'avais pas compris  :-[ . Je note ton conseil :).
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Hors ligne VaeSolis

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Re : Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #8 le: 05 Septembre 2015 à 19:06:00 »
Buenos dias VaeSolis !

Pour Cobra, la tribu d'Orkaël réside dans un village près de la plaine aride, où les serpents sont légions. Ils sont devenus le symbole de cette tribu, et Orkaël a nommé son loup à cause de ça.


J'ai peut-être raté la partie où se trouve l'explication du nom! Mais vu sous cet angle, et si la partie n'est pas déjà dans le texte, tu devrais l'intégrer!

(J'attends ton retour sur Etendards dans ce cas, le chapitre 2 est posté, le 3 arrive d'ici ce soir je pense)

Hors ligne NaL

  • Tabellion
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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #9 le: 26 Mars 2016 à 21:21:34 »
Bonsoir Scapula
Comme prévu je commente ton histoire. C'est un début intriguant et je veux lire la suite, mais je n'ai pas pu trouver le chapitre 2. L'as tu posté?
Je ne suis pas très doué pour les longs commentaires, donc je vais aller au plus brut.
La métahistoire m'a intrigué et je désire en savoir plus sur ce Lucio et les Souffleurs, connaître un peu plus sur ton univers. Le fait de poser le début de ton histoire sur ce Lucio déjà en cavale et ne pas trop en dire donnè un ton mystérieux.
Par contre, j'ai trouvé le découpage du chapitre un peu lourd. Par exemple, le héros rencontre le chef de la tribu un peu comme un cheveu tombe sur la soupe et puis paf! Ils décident de partir sans plus d'introduction. J'aurai aimé en savoir plus sur le chef, son rapport avec les loups et sur le fonctionnement de la tribu, mais c'est une affaire de goût.
Si je peux me permettre un conseil, pense ton chapitre comme un film ou une bd, trouve un rythme et séquence l'histoire de moments importants en moments importants, afin de donner une fluidité au tout.
Tu as une bonne mythologie et tu joues avec les attentes du lecteur, ce qui rend le récit intriguant, à mon avis.
Bonne continuation !

Hors ligne Karinet

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    • kelyone, un autre univers
Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #10 le: 27 Mars 2016 à 00:28:19 »
Je ne vais pas pouvoir dire grand chose: c'est le problème quand un texte me plaît vraiment beaucoup. J'ai bien aimé la rencontre avec la petite fille (qu'il pourrait retrouver plus tard?). On sent un univers possédant ses propres rites et ses propres croyances. J'ai notamment aimé ta manière d'introduire les Sylvains. Le personnage central me paraît aussi très classique, exempt de défaut : ce serait bien qu'il évolue mais s'il part de parfait... Mais ce n'est que mon avis et il y a de nombreux chefs-d'oeuvre de fantaisie qui présente un héros linéaire. Bref: A quand le début et la suite?  :)
PS: pour le titre, je pense que citer les souffleurs éveillerait la curiosité.
"L’usine avec son fracas s’évanouissait. J’étais heureux…. J’écrivais." (Maurice Leblanc)

http://kelyoneunautreunivers.e-monsite.com/

Hors ligne Scapula

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Re : Lucio (titre provisoire)
« Réponse #11 le: 27 Mars 2016 à 19:43:29 »
Arf, que de commentaires agréables ! NaL, tu verras que j'ai posté un commentaire sur ton texte mais un peu après la bataille, n'ayant pas vu que tu avais déjà commenté Lucio.

Je te remercie ainsi que Karinet pour vos réponses, ça me fait chaud au cœur. Je songerai à intégrer les Souffleurs dans le titre, il est vrai que ça rend bien.

Pour être honnête, à cause de mes études j'ai dû momentanément laisser tomber la lecture, ainsi que l'écriture. Lorsque je ne lis pas, mon style se fane et ce serait une mauvaise idée de reprendre Lucio maintenant. Je vais passer mes examens en mai, et je pourrai reprendre le chantier au mois de juin si le cœur m'en dit.

Il va falloir que je mature mes idées, car lorsque j'ai commencé ce texte je n'avais pas beaucoup d'ambition pour l'histoire. Néanmoins, je vois que pas mal de personnes accrochent à cette ébauche d'univers donc je vais travailler dessus plus sérieusement. Je suis d'accord que le rythme est trop saccadé (à cause de ma volonté de faire une nouvelle je voulais expédier l'intro - un peu trop - rapidement), et que Lucio manque clairement de profondeur. Je tâcherai de lui donner du caractère.

Comme tout cela prendra du temps, je m'appliquerai à corriger ce chapitre dès le mois de juin en suivant tous vos clairvoyants conseils  :P. Si certains ont d'autres suggestions, qu'ils n'hésitent pas, les conseils sont tous bons à prendre !

Et qui sait, plus tard je pourrais faire basculer Lucio dans la catégorie Textes Longs ?
"Les grilles s'ouvraient sur mille rosiers rose pâle, sur de hautes falaises inclinées d'ormes, de frênes et de marronniers ensoleillés, et un ciel bleu, ô combien bleu". Jonathan Strange & Mr Norrell.

 


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