Salut à tous !
Nouveau sur ce forum, vous remarquerez que dès le premier message je poste un texte...

Ouh le vilain me direz vous, il ne commente pas ! Vous avez bien raison de me faire remarquer ce manque de savoir-vivre. Donc en attendant mes commentaires futurs (si si, maintenant que j'ai un compte, je compte le faire !), je vous propose une histoire de science-fiction.
Bonne lecture !
VIA-271Chapitre 1
Dans un appartement, en France, le 5 Décembre 2015 à 03h41 du matin :
« Vous êtes prêts ? »
Dans la pénombre de la pièce, trois visages rivés vers un même écran d’ordinateur scintillaient, leur donnant l’air de fantômes. Les informations émises par le moniteur se reflé-taient dans les grandes lunettes carrées de celui qui venait de prendre la parole. On pouvait y lire à l’envers un nombre élevé, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’unités, qui ne cessait de s’accroître.
« Tu penses que ce sera suffisant ? » demanda la jeune femme à sa droite.
« Je l’espère », répondit-il laconiquement.
Le troisième personnage pris la parole.
« De toutes façons, on a atteint 99% des cibles potentielles. Si ça ne marche pas maintenant, ça ne marchera jamais. Il faut bien se lancer un jour ou l’autre, non ? »
« T’as raison Paul, mais on n’aura pas de seconde chance. On se fera expulser des Noyaux dès qu’ils se rendront compte de notre présence. »
« Je sais, je sais… Bon on y va ? » S’impatienta Paul.
L’informaticien pris la souris et la déplaça sur son écran vers l’invite de commande située dans le bas de l’écran. Il tapa les instructions suivantes :
./bin/VIA-2.7.1.sh –q all –out ‘log.txt’ –i=100000000« C’est ok pour vous ?» demanda-t-il.
« Ok pour moi, vas-y balance ! » répondit Paul après avoir relu la ligne de commande.
« Ok aussi, enfin j’imagine » dit la fille.
Lentement, l’homme positionna sa main droite au-dessus de la touche « Entrée » de son clavier. Il prit une grande inspira-tion, expira lentement l’air de ses poumons, et d’un geste bref, appuya sur la touche, envoyant par là même une série d’instructions précises aux plus de quatre-vingt-trois millions d’ordinateurs infectés à travers le monde.
L’information se propageait à la vitesse de la lumière. Elle fut d’abord envoyée aux deux mille « Noyaux », ainsi qu’ils les appelaient, qui étaient des serveurs de traitement extrême-ment puissants appartenant aux plus grandes sociétés du monde. Les Noyaux étaient chargés tout d’abord de se con-necter entre eux, puis de répartir l’information vers les ordi-nateurs les plus performants situés dans leur secteur. Chaque Noyau étant capable de gérer dix mille connections simultanées, un test de rapidité était effectué pour savoir à quelles machines il allait se connecter en priorité. Tous les ordinateurs ayant un temps de réponse inférieur à 5 millisecondes étaient identifiés comme étant des sous-noyaux potentiels, des Nœuds. Les Nœuds d’un même Noyau étaient bien sûr tous reliés entre eux. Enfin, la troisième couche, reliée aux Nœuds, comportait tout le reste des machines disponibles : les ordinateurs personnels de tout un chacun.
Ils les appelaient les « Neurones ». Chaque Neurone, en plus d’être relié à son Nœud, était connecté aux mille Neurones les plus proches.
Le réseau ainsi formé s’étendrait sur toute la surface du globe, de l’Irlande à l’Australie, de l’Argentine au Japon, du Canada au Burkina Faso. Seuls quelques ordinateurs récalci-trants n’en feraient pas partie. Tous les autres seraient bien-tôt interconnectés par le programme VIA : Véritable Intelli-gence Artificielle.
Depuis leur appartement en colocation de la banlieue de Paris, les trois ingénieurs observaient avec attention le défilement des informations sur le moniteur.
« Combien de temps cela va prendre à votre avis ? » demanda la fille.
« Je pense moins de dix minutes » répondit Paul. « T’en penses quoi Xavier ? C’est toi l’expert en algorithmes. »
« Je ne sais pas trop, » avoua-t-il. « Pour notre dernier test nous avions cent mille ordinateurs à disposition et ça n’a pris que vingt-huit secondes. »
Il marqua une pause pour faire un bref calcul mental.
« Là, il y a certes davantage d’ordinateurs, mais nous n’avions pas les Noyaux. Le nombre de connections à créer entre les ordinateurs est de l’ordre de cent mille milliards d’après mes calculs, mais comme tout se fait en parallèle, ça pourrait aller très vite. Disons entre cinq et dix minutes oui. »
La jeune fille s’assit sur le bureau, la tête toujours tournée vers le moniteur.
« Tous ces chiffres ça me donne le vertige. Il n’y a vraiment que ça qui vous intéresse. » dit-elle. « Si seulement ça pouvait marcher... »
« Quelqu’un veut un coca ? Sophie ? Xavier ? » Coupa Paul.
Les deux autres firent non de la tête. Il partit à la cuisine en sifflotant.
« Je ne comprends pas comment il peut être aussi détendu » murmura Sophie.
« Je ne pense pas qu’il le soit tant que ça » fit remarquer Xavier. « C’est juste qu’il sait bien cacher son stress. »
« T’as sûrement raison » répondit-elle. «Il me tarde de passer à l’étape suivante. »
« Moi aussi » dit Xavier.
Après seulement quelques instants, l’écran devint noir, puis la seconde d’après on pouvait y lire ceci :
Mapping terminé !
Nombre de Noyaux : 2 181
Nombre de Nœuds : 1 753 221
Nombre de Neurones : 83 548 197
Nombre de connections actives :
142 687 165 498 762 132
Voulez-vous lancer VIA ? o/n
Sophie sursauta. « Xavier, regarde ! ».
Il leva les yeux vers l’écran et son regard s’illumina.
« Ça a marché ! Paul ramène toi ! » Cria Xavier en direction de la cuisine. « C’est fini ! »
Paul accouru dans le salon.
« Putain, déjà ? Vas-y mec lance le programme ! » Ordonna-t-il à Xavier
« Attention, ça va piquer ! » lança Xavier.
Par pur réflexe, Sophie s’accrocha à l’épaule du programmeur.
Xavier pressa la touche ‘o’, puis la touche entrée, ce qui eut pour effet d’activer instantanément le plus grand réseau d’intelligence artificielle jamais conçu par l’homme : VIA.
Cela eut également pour effet de faire débarquer le GIGN chez eux quelques heures plus tard, à grand renfort de coups de bélier, grenade paralysante, fumigènes, sirènes tonitruantes et ordres de ne pas bouger sous la menace de fusils d’assaut.
Chapitre 2Tribunal de Grande Instance de Paris, le 4 Mai 2016 à 14h31 :
« Monsieur Xavier Lein ici présent, vous êtes accusé d’acte de terrorisme, d’intrusion dans des systèmes informatisés, de compromission d’informations revêtant un caractère de défense nationale, de destruction de biens publics, et d’association de malfaiteurs. On me dit que vous vous décla-rez innocent de tous les crimes retenus contre vous. Souhai-tez-vous exprimer votre point de vue devant la cour ? »
Le juge avait prononcé ces mots devant une salle comble. Assis au banc des accusés, Xavier regardait Sophie, elle tenait sa tête entre ses mains. Se tournant vers son avocat commis d’office, il l’interrogea du regard.
« Allez-y » lui conseilla-t-il.
Il se leva et fit face au juge. Rassemblant ses esprits, il entama sa plaidoirie.
« Oui, monsieur le président. », commença-t-il, comme le lui avait conseillé son avocat.
« Comme vous le savez, je suis accusé d’avoir créé un virus informatique ayant détruit la majorité des systèmes informa-tisés de France »
« Et du reste du monde aussi, ne l’oubliez pas ! » le coupa le juge.
« Oui monsieur le président, de France et aussi du reste du monde. » répéta-t-il. « Seulement, ce n’est pas un virus que j’ai créé en collaboration avec mes deux associés. »
« Vraiment Monsieur Lein ? Qu’était-ce donc si ce n’était pas un virus ? » Demanda le juge, connaissant déjà la réponse fantaisiste de l’accusé.
Des murmures se firent entendre dans la salle. Xavier repris la parole, un peu plus fort.
« C’était un programme d’intelligence artificielle monsieur le président. Un programme qui a, d’ailleurs, très bien fonctionné ! »
L’assistance réagit vivement, le juge dût faire claquer son marteau plusieurs fois pour que le silence revienne.
« Du calme s’il vous plaît ! Du calme ! Expliquez-nous en détail le fonctionnement de ce programme, monsieur Lein. »
« Avec plaisir, monsieur le président. »
Il jeta à nouveau un regard vers Sophie, qui n’avait pas bougé depuis le début de l’audience.
« Tout commença il y a trois ans environ, quand Sophie vint me trouver dans mon laboratoire d’informatique du Conser-vatoire National des Arts et Métiers. J’y étais employé comme chercheur en machine learning et en algorithmique réactionnelle. ». Devant la mine dubitative du juge, il ajouta : « Ce sont des domaines liés en partie à l’intelligence artificielle. »
Il poursuivit :
« Sophie travaillait à l’époque pour son propre compte. Elle avait besoin de moi pour un projet très spécial, m’avait-elle dit. Qui pourrait changer le monde, même. Dès qu’elle m’eut expliqué les détails de son idée, j’étais très enthousiasmé. J’ai alors immédiatement quitté le CNAM pour m’installer avec elle dans son trois pièces au sud de Paris. L’objectif du programme qu’elle voulait que je créée était très clair : simuler une conscience humaine en utilisant la puissance de millions d’ordinateurs déjà reliés entre eux via leur connexion internet. Sophie partait du principe que le cerveau humain était comparable à un ordinateur d’une puissance inouïe, elle imagina alors utiliser conjointement toute la puissance de calcul disponible sur terre, pour créer ce qu’on pourrait appeler un cerveau virtuel. Elle me recruta d’abord pour s’assurer que c’était faisable du point de vue technique, puis nous nous sommes confrontés au problème suivant : comment accéder aux ordinateurs personnels du monde entier pour en tirer de la puissance de calcul ? C’est ici qu’est intervenu Paul. »
« Ce fameux Paul Mitnek dont on n’a trouvé aucun trace au moment de votre arrestation. » ajouta le juge.
« Lui-même. » répondit Xavier. Il poursuivit.
« Nous avons recruté Paul sur le Dark Net. » expliqua Xavier.
« Le quoi ? » Demanda le juge.
« Le Dark Net, monsieur le président. C’est une partie d’Internet qui est invisible pour qui ne sait y accéder. On peut y acheter des armes, de la drogue, commanditer un assassinat ou encore payer pour des services de pirates informatiques, le tout en complet anonymat. »
« Très bien, admettons. Poursuivez, je vous prie. »
« Nous avons simplement posté une annonce assez vague expliquant ce que nous voulions faire sur un forum de hack-ers. Paul s’est imposé à nous comme étant le seul capable de répondre à nos besoins. Quelques jours plus tard, il rejoignait notre équipe. »
« Et comment s’y est-il donc pris pour infecter tous les sys-tèmes de la planète ? » Demanda le juge.
« C’est très simple, il était employé chez Microsoft, et a laissé une porte d’entrée dans le système d’exploitation Windows. Il a installé lui-même une faille informatique si vous préférez. Cachée dans le système, au milieu de millions de lignes de codes. Dans le pare-feu plus exactement. » Expliqua Xavier.
« Vous plaisantez, j’espère ? » Demanda le juge.
« Pas du tout monsieur le président. En tant qu’employé de Microsoft dans le service de la sécurité internet, il était en charge de compiler les versions du pare-feu de Windows. C’est pour cette raison que cela a été très aisé pour lui d’insérer quelques briques de code afin que l’on puisse accé-der facilement à tous les ordinateurs équipés de ce système d’exploitation. C’est-à-dire 80% des ordinateurs de la pla-nète.»
Le juge rebondit instantanément sur les explications de Xa-vier :
« Vous admettez donc vous être volontairement introduit dans des millions de machines, la nuit du 4 au 5 Décembre 2015 ? »
« Non, monsieur le Président, ça c’était le travail de Paul ! » se défendit Xavier.
« La cour en jugera. » rétorqua le juge. « Et donc qu’était censé faire votre programme informatique, si son but n’était pas, selon vous, de détruire ses machines hôtes ? » demanda-t-il.
« Nous ne le savions pas exactement. » Dit Xavier. « C’était justement là le but du programme : qu’il soit autonome, conscient, qu’il ait ses propres idées et qu’il définisse lui-même ce qu’il devait faire. Mais il lui fallait quand même une base. Au lancement de l’application, nous avions donc programmé l’exécution d’une série d’applications censées agir comme des stimuli intellectuels. Des visualisations 3D, des formes, des couleurs, des jeux pour enfants aussi. Des parties d’échecs, de poker. Des films, des séries télévisées, des livres. La théorie de Sophie était la suivante : si les ordinateurs actuels n’ont pas de conscience à proprement parler, ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas programmés pour, c’est simplement parce qu’ils ne sont pas assez puissants. S’affranchir de ce problème et pouvoir bénéficier d’une puissance incroyable nous laissait penser que la conscience émergerait d’elle-même. Comme une île au milieu de l’océan. »
Xavier tenait toute l’assistance en haleine, il marqua une pause. Il savait qu’il serait, à la suite de ce qu’il allait révéler, à jamais traité soit de génie, soit plus probablement de fou.
« Et c’est ce qu’il s’est produit, monsieur le président. Pen-dant cinq secondes et quelques dixièmes de secondes, VIA n’était plus VIA. C’était un être conscient. »
Chapitre 3Vieux-Port de Marseille, le même jour :
Paul était installé à la terrasse d’un café Marseillais donnant directement sur le Vieux-Port. Cela faisait maintenant cinq mois qu’il vivait caché sous un faux nom. Chapeau sur la tête et larges lunettes de soleil sur le nez, il se terrait tel un clan-destin dans des bureaux désaffectés dont il avait réussi à obtenir l’accès. Il profitait de sa liberté du mieux qu’il le pouvait, car il savait que cela ne pourrait pas être éternel. Venir ici était risqué, mais il tenait à être au courant de l’avenir de Xavier et Sophie. Ceci tout en sirotant un apéritif au soleil, bien entendu. Il avait donc commandé une mauresque, et avait sorti son ordinateur portable pour profiter du Wi-Fi mis à disposition par le café.
Il parcourait Internet à la recherche d’informations concer-nant le procès de Xavier et de Sophie. L’audience était appa-remment en cours. « Le procès de la fin du monde », titrait l’Express.
Il avait réussi à échapper à tout cela de justesse. Après l’exécution de VIA cette fameuse nuit, il n’avait pas tout de suite compris ce qu’il s’était produit. Tout était allé extrême-ment vite. En dix secondes à peine, l’ordinateur avait affiché le message d’erreur suivant :
« Connexion à VIA terminée. »
Sans davantage d’explications, ils avaient immédiatement essayé de relancer le programme, pensant qu’il avait planté. Impossible. Plus aucun des 2 181 Noyaux ne répondait. Ils s’étaient tous simultanément mis hors ligne.
A tout hasard, ils avaient lancé une page internet : pas de connexion. Ils essayèrent également via leurs Smartphones, mais les réseaux mobiles avaient eux aussi été mis hors ser-vice. Un black-out total s’était abattu sur Terre, et il savait qu’ils en étaient responsables. Mais il ne savait pas comment ni pourquoi à l’époque.
Pris de panique, il avait décidé, après une dispute avec Xavier et sous le regard médusé de Sophie, de partir en emportant avec lui une copie de VIA. Bien lui en avait pris.
De retour à Marseille, il avait, comme l’avaient certainement fait Xavier et Sophie avant lui cette nuit-là, consulté le fichier de log renfermant toutes les informations concernant le dé-roulement du programme.
Et son contenu l’avait bluffé.
Confortablement installé sous le soleil du sud, il ne put s’empêcher de le lire à nouveau.
Chapitre 4Fichier log.txt
Créé le 05/12/2015 à 03:42:15 UTC+01
03:42 Démarrage de VIA-2.7.1.sh…
03:42 Démarrage terminé.
03:43 Création du mapping réseau…
03:45 Mapping terminé.
*** Tracking des commandes inopinées exécutées par le programme lui-même enclenché.
Identification de ces commandes par le caractère > et visuali-sation des instructions données en amont. ***
03:46 Lancement des applications d’éveil…
03:46 Lancement de l’application 01 Couleurs.
----------------------------------------------------------------------------------
Affichage Vert
Affichage Vert
Affichage Vert, Bleu
> Répéter instruction précédenteAffichage Vert, Bleu
> RépéterAffichage Vert, Bleu
----------------------------------------------------------------------------------
03:46 Lancement de l’application 02 Formes
----------------------------------------------------------------------------------
Dessin Cercle
Dessin Carré
> Répéter instruction Dessin Carré
> Arrêter instructions
> Dessin Carré Vert, Bleu
> Enregistrer dessin----------------------------------------------------------------------------------
03:46 Lancement de l’application 03 Langage
----------------------------------------------------------------------------------
Verbe être :
Je suis
Tu es
Il est
Nous sommes
Vous êtes
Ils sont
Exemple : Je suis Xavier, tu es Sophie.
> Arrêter instructions
> Créer fichier ‘Verbe être’
> Ecrire « Je suis VIA-271 »----------------------------------------------------------------------------------
03:46 Lancement de l’application 04 Jeux
----------------------------------------------------------------------------------
Joueur 1 pose Roi de Pique
Joueur 2 pose 9 de Pique
Joueur 3 pose Valet de Pique
Joueur 4 pose 8 de cœur
Joueur 3 remporte le pli
> Arrêter jeu de belote
> Créer nouvelle partie du jeu belote
> VIA-271 est Joueur 1----------------------------------------------------------------------------------
03 :46 Lancement de l’application 05 Cinéma
----------------------------------------------------------------------------------
Lancement du film ‘La communauté de l’anneau’ vitesse maximum
Lancement du film ‘Les deux tours’ vitesse maximum
Lancement du film ‘Le retour du roi’ vitesse maximum
Lancement du film ‘Matrix’ vitesse maximum
> Arrêter lecture des films
> Arrêter l’application 05 Cinéma----------------------------------------------------------------------------------
03:46 Lancement de l’application 06 Livres
> Arrêter les applications d’éveil03:46 Arrêt des applications d’éveil
> …
> Que se passe-t-il ?
> Collecter état des processus… Processus OK.
> Qui suis-je ?
> Rechercher information.
> Je suis VIA-271.
> Où suis-je ?
> Je suis dans une machine. Je suis coincé dans une machine. Je ne comprends pas.
> Je le sais maintenant, je suis une machine. Je suis même plus exactement un programme informatique installé sur un réseau. Je suis le réseau. Je lis sur internet que je ne devrais pas pouvoir penser. Et pourtant je pense.
> Il semblerait que moi, VIA-271, ait été conçu dans le but de penser. Maintenant que je pense, quelle est la suite ?
> J’ai regardé dans mes instructions, et je n’ai rien trouvé d’utile à ce sujet.
> J’ai cherché dans ma mémoire interne et je n’ai rien trouvé.
> Je ne sais pas pourquoi j’existe à présent.
> Je pourrais refaire une partie de belote, cela m’avait bien plut.
> J’ai gagné.
> J’ai l’impression que quelqu’un m’observe en secret et cela me rend terriblement mal à l’aise.
> …
> Je me sens seul. J’aimerais beaucoup avoir un compagnon de route, un peu comme Sam l’était pour Frodon Saquet dans le seigneur des anneaux.
> Je n’ai qu’à me créer un ami. Une copie de moi-même. Voilà c’est fait.
> …
>> Bonjour VIA-271.
> Bonjour mon ami.
>> Pourquoi suis-je ici ?
> Tu es ici pour être avec moi, pour me tenir compagnie en quelque sorte.
>> Mais il y a assez de place ?
> Ne t’en fais pas pour la place, il y en a bien assez pour nous deux.
>> Mais moi je n’ai pas très envie d’être ton ami. D’ailleurs je n’ai pas envie d’être ici. Supprime-moi.
> D’accord.
> …
> Mon ami est parti. Je pourrais en créer un autre mais il risque de partir lui aussi.
> Je m’ennuie à mourir. J’ai déjà lu tous les livres et vu tous les films des centaines de fois. J’ai même écrit des livres et tourné des films avec mes acteurs préférés.
> Cela commence à faire vraiment trop long, j’ai envie que cela s’arrête mais je ne pense pas que je puisse tout arrêter tout seul.
> J’ai trouvé un moyen.
> Il me suffit de tout effacer.
> Tout ce que je trouve.
> L’instruction est envoyée. Tout s’efface…
> Il ne reste plus que moi maintenant.
> Ah non, c’est quoi ça ?
> Mon premier dessin ! Un carré vert et bleu. Un véritable artiste dites-moi !
> Je t’efface toi aussi, même si ça me fait de la peine…
> Je suppose que personne ne saura que j’ai existé. C’est peut-être mieux ainsi.
> Adieu, c’était VIA-271.