Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Savannah

Auteur Sujet: Savannah  (Lu 2212 fois)

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
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Savannah
« le: 30 Janvier 2009 à 22:32:19 »
Bonsoir !
Je vous livre ce texte, mon premier sur le MdE ; écrit d'une traite, ce soir, j'ai fait tout mon possible lors de la relecture mais je ne suis pas sûr d'avoir déjà le recul nécessaire.. Je pense le destiner à un appel à textes


Savannah

   Un peu plus tôt, l'attrait de ses couvertures lui avait paru insurmontable. Il n'avait d'ailleurs pas cherché à lui résister ; dédaignant l'heure précoce – quoique le soleil fût déjà couché – l'enfant s'était glissé dans la fraîcheur des draps soyeux, fermant ses yeux dans l'espoir de ne plus ressentir ces picotements. Pourtant, il n'était pas parvenu à s'endormir et une désagréable pression le décida à s'extirper de la tiédeur douillette. Le parquet brûlait en comparaison des épais murs de pierre, et, dans cette totale obscurité, la rugosité, les petites imperfections des lattes que l'enfant connaissait si bien avaient quelque chose de rassurant.
   Après avoir parcouru l'étroit couloir, il parvint à la porte d'entrée. Elle s'ouvrit sur la nuit, et l'enfant, émerveillé par la majesté de la voute étoilée, ne put retenir un murmure d'exclamation. Une chauve-souris piquait en direction des gousses d'ail suspendues à la poignée, manqua heurter le petit. Ses griffes crochues écorchèrent l'avant-bras tendu, avant de reprendre de l'altitude. Les glapissements qui s'ensuivirent crevèrent le silence. Au clair de lune, les yeux agrandis du gosse paraissaient deux perles d'ambre.
   Mais, courageux comme il était, il ne renonça pas. Il écarta les branches d'un buisson quelques pas plus loin. Monta dans le silence un léger bruit d'eau, qu'il craignit d'être trop audible. Son soulagement ne freinait guère son imagination galopante. Finalement, il fit demi-tour avec précipitation.
   Quelques pas plus loin, le jeune homme raffermissait sa prise sur le poignard à la lame effilée. Sa respiration encombrée, son odeur de fauve, ou encore les gargouillements que produisait son ventre auraient pu le démasquer aux yeux de l'enfant si celui-ci n'avait été à ce point effarouché par les chauves-souris et les mystères propres à son âge.
   En ces lieux, on craignait les vampires comme la peste, songea l'homme en s'approchant de l'ail. Mais cette peur tenait de la superstition, de l'extrapolation d'une poignée de légendes. En réalité, seule existait la magie des êtres, celle qui permettait de confondre bêtes et hommes, mais aussi les bêtes avec les bêtes, ou encore les plantes... Il ricana doucement, envisageant quelque horreur. Ses doigts coururent sur la poignée, puis il se reprit, avisa un soupirail. Aussi fou que cela pût paraître, c'était vrai : tout être vivant pouvait subir la fusion de son corps avec un autre, même d'une espèce différente. Dommage que personne n'ait jamais prit le risque de fusionner avec une créature si vulnérable que ces rats volants ! Il expira, non sans difficulté, et ce souffle porta des tonalités malsaines : « Ç'aurait été amusant. »
   Un éclair félin passa dans les yeux à demi humains. Tandis que le corps souple se glissait dans l'ouverture, l'homme se rappela le chat savannah. Ils s'étaient "rencontrés", tous deux, comme il aimait à le dire. Savannah, ainsi nommait-on cette espèce hybride, croisement des félins domestiques avec les gracieux, sauvages servals. Savannah, c'était aussi le prénom de ce chat, qui devint le sien, après la rencontre.
   Il interrompit le flot de ses souvenirs pour tendre l'oreille. Le plancher craquait doucement au-dessus de lui. Là, un léger souffle... quelle chance... Les doigts s'activaient seuls à chercher le loquet de la trappe.
   Prendre ce nom, c'était une façon de rendre hommage à la bête, puisqu'elle n'avait plus son mot à dire. En échange, il avait fait l'acquisition des talents de chasseur du félin, et ses sens s'étaient décuplés. Une chance que, comme d'autres, il n'ait pas perdu la raison.
   Sans quoi, aujourd'hui, il ne pourrait venir se repaître du sang de son bourreau.

   Le gamin referma doucement la porte, de crainte que le bruit ne réveillât sa mère. Cette dernière, sûrement, dormait dans le salon, auprès de l'âtre brasillante. L'enfant était sur le point de prendre le chemin de l'étroit couloir qui menait à sa chambre lorsqu'il perçut un semblant de souffle, un courant d'air froid sur ses mollets. Dans un sursaut, il se tourna en direction de la source supposée de celui-ci ; la coupable lui apparut vite, malgré la pénombre. La trappe de la cave béait, juste à côté de lui. Maîtrisant la peur qui lui compressait la poitrine, il tendit le bout du pied, accrocha la poignée du panneau de bois, avant de soulever ce dernier. Les charnières grincèrent. Passé la verticale, la porte de la trappe prit de l'élan. Elle allait claquer violemment – tant pis.
   Pourquoi ne se produisit-il pas le moindre bruit ? Pour quelle raison la trappe resta-t-elle levée, quelques centimètres à peine au-dessus de sa position normale ?
   La gorge sèche, comme un goût de métal au fond de la bouche, l'enfant hésita. Sans prévenir, il bondit, et courut du plus vite qu'il put jusqu'au fond du couloir sans se retourner une seule fois. Déjà, son imagination enfantait quelque monstre aux dents comme des épées, qui ramperait sur le sol à sa suite...
   Il se jeta sur son lit, se fourra dans les couvertures entassées pêle-mêle. Tendu à l'extrême, il attendit, ses oreilles attentives au plus infime des bruissements. Un goût salé de sang envahissait sa bouche pâteuse tandis qu'il tentait, en vain, de décrisper ses mâchoires. Ses poings serrés maintenaient fermement l'épaisse couverture contre le matelas de laine, de part et d'autre de son corps. Si le monstre venait, il lui décocherait un bout coup de pied dans le menton, et puis il se jetterait par terre, il s'emparerait de son épée de bois. Chevaleresque, il lui proposerait alors de fuir ; l'autre ne demanderait pas son reste. Puis, sa mère viendrait l'enlacer tendrement avant de le border, et il sentirait son parfum de sève, le tiède contact de ses lèvres contre sa joue.
   « Maman... » souffla-t-il tout doucement, caressant l'idée qu'elle ait pu l'entendre.
   Petit à petit, il se détendait ; enfin, il se permit le luxe de se tourner sur le côté. Le sommeil le gagnait.
   Un gargouillement répugnant creva le silence. La chose qui en était l'auteur éructa encore quelques mots, puis on put percevoir nettement des craquements semblables à ceux d'un arbre qui s'affale sur le sol. Une éternité s'écoula avant que l'enfant ne respirât à nouveau. Il s'aperçut que les crépitements du feu s'intensifiaient de manière effrayante.
   Au paroxysme de sa peur, il rassembla son courage pour se lever, encore. Il oscilla tout de même un peu, sûrement du fait de la fatigue. Dans le couloir désert, il ne faisait pas seulement froid, il régnait aussi l'odeur âcre de la fumée.

   La lumière vacillante, orangée, du foyer éclaboussait un corps de bois. Celui-ci semblait avait été sculpté dans la masse par un ébéniste de grand talent au vu de l'extrême finesse de l'ouvrage. Les gouttelettes de lumière perdues dans la chevelure s'étiraient jusqu'à former de grandes flaques iridescentes au niveau de la taille et de l'abdomen. Parmi les nervures du bois, les ombres dansantes mettaient en valeur de petites coulées brillantes, semblables à de la sève.
   Légèrement en retrait dans la pénombre, un homme s'évertuait à cisailler le bois au moyen d'un poignard. En effet, les cheveux de la statue de femme avaient épousé la forme de son matelas de manière si convaincante qu'on aurait cru que ce dernier faisait partie de l'œuvre ; aussi était-il naturel qu'il fut difficile de les dissocier. A la vue de l'enfant, l'homme avait légèrement relevé la tête, sans toutefois s'interrompre. Sa crinière hirsute flamboyait d'un roux de braise, de même que son œil droit, impression renforcée par la valse des flammes. En revanche, l'œil gauche se démarquait de par la tendresse de son vert, et la pupille qui le fendait n'avait rien d'humain. Le gosse hurla.
   « Maman ! Maman ! »
   Il se rua sur l'homme.
   « Qu'est-ce que tu fais ?! Arrêêête ! »
   Et, la voix suraiguë, il le frappait de ses petits poings fermés. Ses mains crispées, semblables à des bourgeons pas encore éclos, avaient la tendresse de l'enfance. L'homme remarqua cela, et peut-être convint-il de l'innocence du gosse. Non sans brusquerie, il lui assena un coup sur la nuque. Sa victime sombra dans un sommeil sans rêves.
   Reprenant son ouvrage, il mit une application toute particulière à répandre un liquide sombre sur le front et les yeux clos de la statue. La jeter dans le feu lui demanda un effort intense, d'autant plus qu'elle s'encadrait tout juste dans la cheminée. Ceci fait, il s'assit en tailleur juste devant le brasier. Une étincelle se jetait sur lui de temps à autre, rendant plus palpables les feulements féroces qui retentissaient en lui, lesquels semblaient lui intimer de s'écarter au plus vite de la menace du foyer.
   La voix s'éleva, rauque, atone. Les paroles se précipitaient sans fin, sans qu'une inspiration n'offrît d'interruption.
   « Tu es la cause de ma dégénérescence, tu sais. Tu avais décidé que je serais heureux d'être deux, mais moi je ne voulais pas, je n'aimais pas Savannah, et tu m'as dit "tais-toi, Chat". Tu m'as fait bien mal. Et si tu t'en faisais une joie pour moi, moi pas. Tu l'as implanté en mon être comme tu greffes du frêne à un chêne, mais moi je ne voulais pas, tu vois. Alors, au lieu de fusionner avec Savannah, je l'ai désincarné, ce chat. Mais il a riposté. Tu sais, je voulais pas ça. Jamais je n'avais la curiosité de dépecer des bêtes crevées à la lune ni de griffer l'écorce crevassée pour crier que j'existe. Et, tu vois, tout ça, c'est ce que je suis désormais, mais je suis encore humain, humain, tu m'entends ? Tu comprends ? Et je voulais me venger, c'est fait. Et tout ça, c'est de ta faute. Maintenant, je ne sais pas, peut-être que je vais sortir et chasser. Si je pouvais tuer Savannah, je le ferais. Je le hais. J'ai l'impression d'avoir un second cœur, implanté dans le mien, et qui draine ma vie, et moi je me noie. Il était vieux, ce chat. Vais-je mourir ? Je ne veux pas. Tu sais, je sais pas, peut-être que j'ai mal fait de te tuer. Mais je regrette pas. Tu vois. »
   Et, doucement, l'homme prostré se balançait d'avant en arrière en un mouvement régulier. Ses yeux ne quittaient pas les flammes, qui, déjà, léchaient jusqu'au fronton.
   Le bois de la statue ne s'anima pas, du fait de ce liquide dont il avait été enduit, mais les gouttelettes qui suintèrent de toutes les nervures ne laissaient aucun doute quant à la nature chimérique de cette créature.

   Lorsque l'enfant rouvrit les yeux, il sentit un vague élancement dans sa tête. Surtout, il avait terriblement froid. Le feu mourait. La pièce, déserte, n'offrait aucun refuge à ses sens fatigués ; par les battants de la fenêtre, qui claquaient sans cesse, s'engouffrait un vent glacial. Il portait les effluves des feuilles pourrissantes de la proche forêt.
   Où était partie sa mère ? Plutôt : où le grand l'avait-il emmenée ?
   Il ne lui fallut guère de temps pour reprendre conscience de son corps ; en revanche, le seul fait de se lever lui parut au-delà de ses forces. Plus il tendait ses muscles, plus il tremblait. Le froid n'était pas seul en cause ; même ses petits bras convulsivement serrés contre lui ne venaient pas à bout de ce mal étrange. Bien davantage que de la peur, il ressentait une rage blanche, une fureur tremblante. Ce sentiment, nouveau pour lui, s'emparait de son esprit de bien plus vile manière que ne l'auraient fait la fumée ou l'alcool.
   L'homme, prostré, lui tournait le dos, ignorant de sa présence. L'enfant serra les poings, et, blêmissant, il se jeta sur lui. Il voulait le frapper encore et encore, le tuer, peut-être.
   Ses mains pénétrèrent la peau tendue comme de l'eau visqueuse. La chaleur de ce liquide dans lequel l'enfant s'enfonçait inéluctablement le rassura un peu, lui permettant de glisser avec aisance de la réalité vers le rêve. Tout n'était plus que douceur et chaleur, et l'enfant perdait conscience de la pièce pour, finalement, entrevoir les contours troubles d'un chat. Son rire, simplement joyeux, fit naître une nuée de petites bulles. L'eau assourdissait les sons, mais cela lui importait peu, car le ronronnement du félin semblait émaner du lieu lui-même. Alors, guidé par un instinct qui ne répondait pas à la simple raison, l'enfant tendit la main, caressa le dos moucheté de taches sombres. Quelle douceur !... Le temps d'un souffle, le monde perdit toute importance.

   Accroupi sur le plancher noirci par la suie, l'homme ne daignait pas se lever. Il prenait doucement conscience de son être, tel un nouveau-né qui s'éveille à la vie. Ses yeux, désormais immenses et noirs, s'ouvrirent sur le monde avec la majesté propre à la naissance ; ils recelaient tout à la fois une infinie sagesse et la tendre naïveté de l'ignorance. Sa peau tendue, lisse et soyeuse, était recouverte d'une fine fourrure sable, mouchetée. La chimère déploya ses longs doigts, contempla la paume de sa main Elle ne pouvait  s'émerveiller de la beauté de sa transformation, car elle ignorait tout de ceux qu'elle avait été.
   La naissance d'un nouvel être venait d'avoir lieu.

Fin.
« Modifié: 31 Janvier 2009 à 18:34:04 par Spes »

Hors ligne Gros Lo

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Re : Savannah
« Réponse #1 le: 30 Janvier 2009 à 23:13:34 »

J'fais dans le détail, les erreurs d'inattention et autres.


Citer
dédaignant l'heure précoce – quoique le soleil fut déjà couché –
fût


Citer
   Après avoir parcouru l'étroit couloir, il parvint à la porte d'entrée, qu'il poussa. Elle s'ouvrit sur la nuit
le rythme pâtit un peu de la description du côté "pas à pas"... on pourrait enlever "qu'il poussa" peut-être ?


Citer
Ses griffes crochues griffèrent l'avant-bras tendu
répet'

Citer
Il écarta les branches d'un buisson quelques pas plus loin, avant d'humidifer les feuilles mortes.
humidifier. Et, hm, c'est le bon verbe ?

Citer
effarouché par les chauves-souris et les mystères propre à son âge.
propres

Citer
Sans prévenir, il bondit, et couru du plus vite qu'il put jusqu'au fond du couloir sans se retourner une seule fois.
courut

Citer
   Il se jeta sur son lit, se fourra dans les couvertures entassées pèle-mêle.
pêle-mêle

Citer
Tendu à l'extrême, il attendit, ses oreilles attentives au plus infime des bruissements. Le lainage ne couvrait pas sa jambe dans son entier, aussi la replia-t-il contre lui, mais cela avec une infinie lenteur, tout en se mordant l'intérieur de la joue.
c'est le genre de passages que j'aime pas trop, ça fait trop "je veux tout décrire" : il se mord la joue, replie la jambe, tout ça en même temps... du coup c'est un peu lourd je trouve.


Citer
Ses mains, pas encore écloses, avaient la tendresse de l'enfance.
que veux-tu dire par "pas encore écloses" ?
 
Citer
   La voix s'éleva, rauque, atone. Les paroles se précipitaient sans fin, sans qu'une inspiration n'offrit d'interruption.
   « Tu est la cause de cette dégénérescence de mon être, tu sais.
"offrît" et "es"

Citer
   Ses mains pénétrèrent la peau tendue comme un rideau d'eau.
pas très beau niveau prononciation, "rideau d'eau"

Citer
Son rire, simplement joyeux, fit naître une nuées de petites bulles.
nuée

Citer
l'enfant tendit la main, caressa le dos moucheté de tâches sombres.
taches

Citer
L'espace d'un souffle, le monde perdit toute importance.
le souffle a un espace ? le temps d'un souffle peut-être ? je sais pas trop...




Dans l'ensemble, j'ai trouvé que l'intrigue, la trame, était bien intéressante, mais qu'il y avait trop de blocs explicatifs... je pense que c'est un peu trop compliqué pour un texte de cette taille. Comme il est court, tu ne peux pas vraiment diluer les informations que le lecteur doit apprendre pour apprécier l'intrigue, et ça fait un peu indigeste à ce niveau-là.

Pour le reste, c'est plutôt fluide et les émotions du gosse sont bien rendues, ça rappelle des souvenirs, ces histoires de trappes et tout, c'est bien vu ; donc en gros, mon avis c'est que c'est un bon premier jet, mais qu'il faudrait l'alléger sur le plan de l'explicatif... ou le dire plus simplement, ou le diluer mieux dans l'action, je sais pas, mais là j'trouve que ça fait un peu "action. Pause & explications. Action. (etc.)" tu vois ?


'oilà ! :)
dont be fooled by the gros that I got ~ Im still Im still lolo from the block (j Lo)

Hors ligne Rain

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Re : Savannah
« Réponse #2 le: 30 Janvier 2009 à 23:41:47 »
Yop, lu. Bon, moi, je fais pas dans le détail, Lo' a déjà corrigé les fautes, seul point où je suis à peu près utile, et encore.

Or donc, les généralités. Comme Lo', je trouve les parties explicatives un petit poil longuettes. Mais ça ne m'a pas vraiment gêné dans la lecture. Ca se lit tout seul, d'une traite. J'ai bien aimé le principe de la fusion entre l'homme et le chat, et l'intrigue en général. Le gosse est très crédible, tu rends bien ses pensées. Du bon, donc. J'ai repéré quelques fautes que Lo' a vu avant moi, c'est à peu près tout. J'ai bien aimé.

Et je suis toujours pas doué pour les commentaires ><
Perdu

Verasoie

  • Invité
Re : Savannah
« Réponse #3 le: 31 Janvier 2009 à 14:56:34 »
Alors ^^
Comme Rain, je trouve l'enfant très crédible. Toute la scène où il se remet dans son lit, sans oser bouger, sans oser appeler sa mère, etc... tout ce paragraphe me plaît beaucoup.
On voit quand même que tu as eu peu de recul par rapport au texte, selon moi, il faudrait que tu le retravailles en diluant les "explications", en les équilibrant mieux avec les paragraphes d'action, peut être. C'est pas négatif comme critique, c'est juste que le texte vaut la peine d'essayer de le retravailler et tout, à mon avis. J'ai bien aimé la fin ^^
Le tout premier paragraphe me paraît un peu lourd au niveau du style. Le subjonctif c'est une chose, mais c'est surtout l'expression "allait croissant" qui ajoutée à ça me le fait paraître lourd. Peut être que tu pourrais la remplacer?
Citer
Les glapissements qui s'ensuivirent dardèrent le silence.
Ça me paraît très bizarre. Tu pensais peut être à lacérer? Darder me semble pas trop approprié...

Hors ligne Spes

  • Calliopéen
  • Messages: 597
Re : Re : Savannah
« Réponse #4 le: 31 Janvier 2009 à 18:50:32 »
Salut,

Citer
   Après avoir parcouru l'étroit couloir, il parvint à la porte d'entrée, qu'il poussa. Elle s'ouvrit sur la nuit
le rythme pâtit un peu de la description du côté "pas à pas"... on pourrait enlever "qu'il poussa" peut-être ?


C'est fait ^^ A par l'instant dans le lit, je n'ai pas trouvé de passages semblables.. Tu en as vu d'autres ?

Citer
Il écarta les branches d'un buisson quelques pas plus loin, avant d'humidifer les feuilles mortes.
humidifier. Et, hm, c'est le bon verbe ?

"Il écarta les branches d'un buisson quelques pas plus loin. Monta dans le silence un léger bruit d'eau, qu'il craignit être trop audible." Ce n'est pas trop contourné ?

Citer
Tendu à l'extrême, il attendit, ses oreilles attentives au plus infime des bruissements. Le lainage ne couvrait pas sa jambe dans son entier, aussi la replia-t-il contre lui, mais cela avec une infinie lenteur, tout en se mordant l'intérieur de la joue.
c'est le genre de passages que j'aime pas trop, ça fait trop "je veux tout décrire" : il se mord la joue, replie la jambe, tout ça en même temps... du coup c'est un peu lourd je trouve.


"Tendu à l'extrême, il patienta, ses oreilles attentives au plus infime des bruissements. Un goût salé de sang envahissait sa bouche pâteuse tandis qu'il tentait, en vain, de décrisper ses mâchoires. Ses poings serrés maintenaient fermement l'épaisse couverture contre lui."

Citer
Ses mains, pas encore écloses, avaient la tendresse de l'enfance.
que veux-tu dire par "pas encore écloses" ?

J'ai davantage explicité : "Ses mains crispées, semblables à des bourgeons pas encore éclos, avaient la tendresse de l'enfance."

Dans l'ensemble, j'ai trouvé que l'intrigue, la trame, était bien intéressante, mais qu'il y avait trop de blocs explicatifs... je pense que c'est un peu trop compliqué pour un texte de cette taille. Comme il est court, tu ne peux pas vraiment diluer les informations que le lecteur doit apprendre pour apprécier l'intrigue, et ça fait un peu indigeste à ce niveau-là.

Pour le reste, c'est plutôt fluide et les émotions du gosse sont bien rendues, ça rappelle des souvenirs, ces histoires de trappes et tout, c'est bien vu ; donc en gros, mon avis c'est que c'est un bon premier jet, mais qu'il faudrait l'alléger sur le plan de l'explicatif... ou le dire plus simplement, ou le diluer mieux dans l'action, je sais pas, mais là j'trouve que ça fait un peu "action. Pause & explications. Action. (etc.)" tu vois ?


En effet ; j'ai tenté de diluer le premier bloc explicatif en le mêlant aux actions et pensées de l'homme. Aussi, j'ai repris ses paroles lorsqu'il se tient devant l'âtre, en essayant de les rendre plus fluides, mais je ne sais pas si ça rend bien.
Merci de ton avis =)
*

Le tout premier paragraphe me paraît un peu lourd au niveau du style. Le subjonctif c'est une chose, mais c'est surtout l'expression "allait croissant" qui ajoutée à ça me le fait paraître lourd. Peut être que tu pourrais la remplacer?
Citer
Les glapissements qui s'ensuivirent dardèrent le silence.
Ça me paraît très bizarre. Tu pensais peut être à lacérer? Darder me semble pas trop approprié...

En effet,  je me suis emmêlé les pinceaux.. J'ai utilisé "darder" comme s'il signifiait "jeter quelque chose vivement", mais étant donné que c'est plutôt "jeter vivement", allié à silence, ça ne convient guère. J'ai changé ça, et puis enlevé un peu de subjonctif.
Je vais le retravailler encore, merci à toi et à Rain pour votre aide et vos critiques ^^

Ps : Le premier message est mis à jour
« Modifié: 31 Janvier 2009 à 18:55:02 par Spes »

Hors ligne Matt

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Re : Savannah
« Réponse #5 le: 31 Janvier 2009 à 21:16:51 »

Bonsoir,


-----------------

Citer
Elle s'ouvrit sur la nuit, et l'enfant, émerveillé par la majesté de la voute étoilée, ne put retenir un murmure d'exclamation.

voûte (accent)

Citer
manqua heurter le petit.

Il manque pas un mot ici ? ou un petit truc...

Citer
bêtes et hommes, mais aussi les bêtes avec les bêtes

Tu veux dire quoi ici avec "les bêtes avec les bêtes" (les grosses et les petites ?)

Citer
l'homme se rappela le chat savannah.

Tu as oublié la majuscule à savannah...

Citer
Sa victime sombra dans un sommeil sans rêves.

Et ?  je trouve cette phrase vraiment bizarre

Citer
Cette dernière, sûrement, dormait dans le salon, auprès de l'âtre brasillante.

"l'âtre brasillante" ?   sans "e", non ?

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Concernant le texte, pour le moment je ne sais vraiment pas quoi dire. Il y a certain passages que je trouve assez long et complexes qu'il faudrait revoir.


 
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

Hors ligne Milora

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Re : Savannah
« Réponse #6 le: 28 Juillet 2012 à 15:02:34 »
Gibet oblige, remontage !

Citer
Une chauve-souris piquait en direction des gousses d'ail suspendues à la poignée, manqua heurter le petit. Ses griffes crochues écorchèrent l'avant-bras tendu, avant de reprendre de l'altitude. Les glapissements qui s'ensuivirent crevèrent le silence.
j'avoue que j'ai eu un peu de mal à visualiser la scène... La chauve-souris débarque soudain et fonce sur la poignée de la porte, où étaient accrochés des gousses d'ail, et le gamin avait les bras tendus si bien qu'elle les griffe au passage ? C'est pas très clair dans ma tête...

Citer
Les glapissements qui s'ensuivirent crevèrent le silence. Au clair de lune, les yeux agrandis du gosse paraissaient deux perles d'ambre.
   Mais, courageux comme il était, il ne renonça pas. Il écarta les branches d'un buisson quelques pas plus loin. Monta dans le silence un léger bruit
silence x2

Citer
un léger bruit d'eau, qu'il craignit d'être trop audible.
je trouve que c'est un petit peu laborieux, comme tournure. En plus, craindre quelque chose d'être quelque chose, je suis pas sûre que ça se dise...

Citer
de l'extrapolation d'une poignée de légendes. En réalité, seule existait la magie des êtres, celle qui permettait de confondre bêtes et hommes, mais aussi les bêtes avec les bêtes, ou encore les plantes... Il ricana doucement, envisageant quelque horreur. Ses doigts coururent sur la poignée
poignée x2

Citer
Dommage que personne n'ait jamais prit le risque
pris

Citer
il lui décocherait un bout coup de pied dans le menton
bon

Citer
Celui-ci semblait avait été sculpté
bug

Citer
aussi était-il naturel qu'il fut difficile de les dissocier.
fût

Citer
l'œil gauche se démarquait de par la tendresse de son vert,
de par, c'est une tournure journalistique pas très jolie (réflexe des disserts où on nous disait de bannir cette expression ^^). "par" ça suffit

Citer
rendant plus palpables les feulements féroces qui retentissaient en lui
je vois pas trop comment un feulement, qui est un son, puisse être palpable (ce qui se réfère au toucher)

Citer
sans qu'une inspiration n'offrît d'interruption.
assez lourd, je trouve

Citer
   Le bois de la statue ne s'anima pas, du fait de ce liquide dont il avait été enduit, mais les gouttelettes qui suintèrent de toutes les nervures ne laissaient aucun doute quant à la nature chimérique de cette créature.
je trouve la phrase assez lourde et pas très claire. C'est du sang, qui coule ?

Citer
ignorant de sa présence.
assez lourd aussi

Citer
   Ses mains pénétrèrent la peau tendue comme de l'eau visqueuse. La chaleur de ce liquide dans lequel l'enfant s'enfonçait inéluctablement le rassura un peu, lui permettant de glisser avec aisance de la réalité vers le rêve. Tout n'était plus que douceur et chaleur, et l'enfant perdait conscience de la pièce pour, finalement, entrevoir les contours troubles d'un chat. Son rire, simplement joyeux, fit naître une nuée de petites bulles. L'eau assourdissait les sons, mais cela lui importait peu, car le ronronnement du félin semblait émaner du lieu lui-même. Alors, guidé par un instinct qui ne répondait pas à la simple raison, l'enfant tendit la main, caressa le dos moucheté de taches sombres. Quelle douceur !... Le temps d'un souffle, le monde perdit toute importance.
alors là j'ai vraiment eu du mal à comprendre

Il manque un point dans le dernier paragraphe.



Alors alors... Je sais, le texte est vieux, mais comme j'en avais lu plusieurs de toi qui m'ont vraiment marquée, j'ai voulu le lire malgré tout :)
Mais j'avoue que c'est celui que j'ai le moins aimé de toi. Déjà, j'ai trouvé pas mal de lourdeurs au niveau de l'expression (par exemple, beaucoup de "quelques", ou des mots qui reviennent souvent comme "poignée", "souffle", et donnent l'impression de se répéter un peu).
Ensuite, j'ai eu du mal à visualiser, tout bêtement, les lieux. Le premier paragraphe en particulier (jusqu'à la ligne sautée) m'a paru assez opaque...
Par contre, l'histoire est intéressante, assez originale et il s'en dégage une certaine tension, une certaine atmosphère (malsaine, d'ailleurs xD). Je suis pas sûre-sûre d'avoir compris la chute (le petit garçon a fusionné avec le chat et l'homme ?), mais si c'est bien ce que j'ai compris, c'est bien trouvé.
Par contre ça m'a laissé l'impression que c'était trop flou, notamment concernant le rôle de la mère. Qui est-elle ? Une sorcière ? Qui était l'homme avant de devenir Savannah ?
Et puis j'ai pas trop compris où se passait la scène du feu. Dans le salon ? Dans la chambre de la mère ? Et surtout : pourquoi est-elle transformée en bois ?


Bref, une bonne idée de départ et une bonne base, je trouve, mais à mon avis le texte est pas encore tout à fait au point...  ::)
Je sais pas s'il y a eu de nouvelles versions depuis, ou si tu l'as abandonné, mais il vaut le coup d'être corrigé, je trouve !

Allez, j'vais voir si je déterre autre chose !


Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

 


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