Hey !
J’avais envie de vous parler d’un auteur que j’ai découvert cette année et dont j’ai dévoré une bonne partie de l’œuvre en quelques mois.
Il s’agit de Frederik Peeters, un auteur suisse de 40 ans qui publie depuis presque une vingtaine d’années. Je vous présente les trois œuvres que j’ai lues et qui sont celles pour lesquelles il a été le plus reconnu mais il y en a d'autres
si vous êtes un peu curieux.
AâmaSérie en 4 volumes, parue entre 2011 et 2014 :
Elle a d’ailleurs reçu le prix de la série du festival d’Angoulême, en 2013, et ce qui est aussi très cool c'est qu'elle avait son
blog dédié.
On y suit le personnage principal, Verloc Nim, qui se réveille amnésique sur une planète inconnue, Ona(ji). Un robot-singe nommé Churchill lui remet un carnet dans lequel Verloc découvre son histoire qu’il a écrite depuis le lundi 25 juin, jour de son départ avec Conrad, son frère et propriétaire du robot, pour un voyage au cours duquel ils doivent récupérer une substance révolutionnaire nommée aâma.
Graphiquement, la série évolue un peu à mesure que l’on découvre la planète Ona(ji) et les modifications qu’elle subit à cause de l’aâma. On atteint le paroxysme avec le dernier tome, véritable explosion graphique : onirique, colorée, des cases tordues dans tous les sens, des mouvements fluides et des scènes d'action très orchestrées. Parfait, en somme.
Sur le fond, on part d’une histoire de SF classique avec une réflexion sur le transhumanisme, un voyage dans l’espace, la découverte d’une nouvelle planète, des rebondissements et des scènes d’actions, etc. Mais le dernier tome conclut la série de manière étonnante. Personnellement, je ne m'attendais pas à un final comme celui-ci mais, en fin de compte, pourquoi pas. Disons que c'est un retour au cœur de l'humain plutôt qu'une conclusion grandiloquente sur un monde futur. Et puis c'est beau cet espoir porté par le personnage de Verloc qui lutte pour garder son humanité, son libre-arbitre, qui hésite, flanche, se défend, et qui finalement n'a de cesse d'avancer pour retrouver son enfant et lui glisser, avant de s'évanouir en elle : "tu seras merveilleuse, ma fille".
Bref, à lire !
Pilules bleuesPilules bleues est une BD autobiographique qui raconte l’histoire entre l’auteur et Cati, une ancienne connaissance de lycée que l’auteur retrouve quelques années plus tard alors qu’elle est une jeune mère séropositive, et avec qui il commence une relation.
Peeters y raconte notamment comment son couple se construit, autour de l’omniprésence de la maladie, en étant assez honnête sur ses questionnements et ses doutes. Je m’attendais à une histoire vraiment centrée sur le couple mais le fils de Cati a aussi une place particulière dans la BD, ce que j'ai trouvé vraiment bien.
C’est un récit assez fort, mais sans tomber dans le pathos et la pleurnicherie, il y a d’ailleurs pas mal d’humour. Le trait de Peeters et la simplicité de son noir et blanc colle parfaitement à l’ambiance.
Et, pour vous convaincre, sachez qu’on y croise même un rhinocéros blanc, et un mammouth :
LupusLupus est une autre série en 4 volumes parus entre 2003 et 2006. Je ne vous mets que la couv du tome 1 :
Pour faire simple, il s’agit d’un type nommé Lupus (oui, oui, comme la maladie) et de son pote Tony, qui ont décidé de prendre du bon temps en partant en vadrouille dans la galaxie, à la recherche de bonnes parties de pêches et de stupéfiants en tous genres. L’aventure se corse lorsque le duo rencontre Sanaa, une jeune fille un peu paumée qui les convainc de l’emmener avec eux dans leur voyage… sauf que ce n’est pas une si bonne idée.
Bon, c’est celle que j’ai le moins aimé – même si je l’ai beaucoup aimé quand même !

Je l’ai lue après
Aâma et, alors que je préfère le noir et blanc et le trait de
Lupus à la couleur d’
Aâma, j’ai été pourtant déçue. Disons que je suis partie du mauvais pied avec cette série, parce qu’elle commence vraiment comme une aventure de SF (vaisseaux spatiaux, planètes aux diverses caractéristiques, etc.) … alors qu’en fait, il s’agit surtout de raconter des relations humaines. D’abord la relation entre Lupus et Tony, dont on perçoit au fur et à mesure les strates et puis les failles, puis entre Lupus et Sanaa, relation qui devient centrale à partir du tome 2, et en filigrane l’histoire familiale de Lupus. Or, personnellement, à partir du tome 2 il y a un évènement que j'ai trouvé un peu lourdingue (
le fait que Sanaa soit enceinte) et qui m'a empêchée de vraiment apprécier la suite à sa juste valeur (bref, je suis vraiment passée à côté de la BD à ma première lecture - sauf vers la fin où j'ai quand même compris l'intérêt du récit

) Bref, c’est moins une aventure de SF qu'un récit sur l'humain, mais c’est quand même très bon !
Est-ce que, par le plus grand des merveilleux hasards, il y aurait d'autres fans de Peeters parmi les mdéiens ?
