Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

29 novembre 2020 à 22:57:33
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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » Ecriture automatique

Auteur Sujet: Ecriture automatique  (Lu 13656 fois)

Hors ligne Ugo

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #60 le: 05 novembre 2020 à 22:37:18 »
Salut Vagabond. Je ne sais pas à quel débit tu écris ici, mais je te conseille de le faire quand même avec un clavier. Tu gagneras en spontanéité et tu iras forer plus profondément en toi.
On ne juge pas de l'écriture automatique, ça serait un peu bête, mais j'ai eu le sentiment en te lisant que tu ne t'étais pas vraiment abandonnée à ton subconscient. Et ça peut être intimidant, en même temps ! Moi-même je ne publierai pas 3/4 de mes écritures automatiques.

9 minutes

Gargouille, éveil blanc, mâchoires fermes, drogues mondaines, lever-couchant. Clochers qui m'hurlent moi. Tu te souviens, Ugo ? Tu te souviens quand tu traînais avec un fond de vin ? Quelle allure avait ta veste ? Quel teint avait ta figure ? Tu étais pâle comme ces vampires qui ne peuvent pas vivre au soleil. Avoir peur d'eux, c'était prémonitoire. Ta soeur est partie avant l'aube. Tout le monde l'a suivie. Tu étais ennuyant, et mal-élevé. Tu étais fuyant et malmené. Accepte d'être une chimère, pourvu que la mutation te donne des ailes, que l'air soit aussi frais que la seringue aseptisée. La journée grise qui s'est levée par dessus l'église ressemblait au ventre fécond de tant de démons. Les bêtes grises. Oui, grises, oui, pluvieuses, oui souvenirs, appartement de pauvreté, soeur et repas instantanés, l'odeur du paprika dans des soupes huileuses ! Tant de pluie, tant de peau, tant d'essor et tant de faux ! Tant de fauchées, tant de mal-être, c'est dans la campagne que naît toujours le plus fiévreux des insectes ! Pourquoi ce son de blatte dans ton crâne quand tu essayes de lutter ? Qu'est-ce qu'on a interné en toi avant de t'enfermer ? Les fermiers, tu en prendrais chaque fille, si en goûtant leurs poitrines, tu retrouvais le goût de l'été ! La terre rouge, qui griffait tes pieds, qui te faisait pisser du sang, mais tu t'en foutais. Tant que tu nageais jusqu'au bout des îles pour pisser le thé, qu'est-ce que tu aurais aimé le faire avec l'alcool, montrer à cette race de festivalier, la hauteur des collines ! Imagine, imagine leur faire goûter le plaisir sauvage, mais tu es bien pire, tu es un fauve en cage, un pauvre en rage, un tocard halluciné ! Ils ne savent pas ce que tu as bu. Le rêve est arrivé et s'est immédiatement tut. Tu aimerais transmettre et t'enfuir de l'abreuvoir. S'il se remettent à médire tu leur parleras d'espoir. Tant qu'il reste une balle, il faut contredire le sort. Tant que tu es futile, parle jusqu'à qu'une vérité sorte. Tu es fasciné par des sceaux dont tu ne fais pas l'effort de comprendre le sens. Tout ce qui t'intéresse c'est de bénir les signes, parce que tu crois en saisir l'essence. Il faut se le dire, les bavardeurs comme toi ne savent que bavarder, et leurs langues de boeuf devraient finir clouées dans la boucherie. D'où viens-tu, malappris ? Les marchands de tapis et leurs doigts sableux. Tu aimerais vendre tes textes, mais ils sont trop baveux. Il est temps de prendre ta tête et de passer aux aveux. Dans le souk égyptien, tu as pris de la menthe. Tu te rappelles la rime qu'elle avait sur ta langue. L'odeur de ton chèche, et le fez du serviteur. Ahmed le taxi, et les berbères en sueur. C'est là-bas que tu as reçu ta première morsure de serpent. C'est là-bas que tu as vu ce que tu perdrais, à devenir une chaleur. Il faut encore parler pour finir le labeur.

(Tu vois, ce n'est pas forcément toujours bien, mais ce qui compte c'est la petite transe qui nous traverse. On en apprend toujours sur soi.  8))
Amor fati.

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #61 le: 19 novembre 2020 à 17:14:23 »
du temps à perdre, des mots en trop, une ténèbre qui sent le jambonneau à l'os, l'eau celle de mes ablutions, je me lave les mains de cette dévolution, c'est pas demain qu'on aura raison, puisque on c'est moi et toi et que toi et moi somme libres d'être pas d'accord, et honnêtement, on est même obligés de pas l'être, puisqu'on tient à cette liberté, n'est-ce pas ? bref, tout ça pour dire rien, j'ai plus envie d'échanger des idées, juste des mots innocents ça fera l'affaire, après tout ça sert pas à penser à notre monde, ces mots qui dignement étaient portés par d'autres que des feignants de la liberté, j'écris sans conviction, j'écris sans prétention, j'écris sans démission... ah si tiens, je démissionne carrément, je me commotioonne la raison, bien efficacement, ça sert à rien de réfléchir avec des miroirs opaque, enfin non plutôt c'est que ça marche pas, ils absorbent la lumière, ne la renvoient pas, t'as qu'à voir l'autre qui entame une réflexion et ne répond que par la négation pis sur le propos le moins important des réactions qu'il suscite, faut l'avouer aussi, pis l'autre encore qu'est là à croire que les mots c'esst pour faire pleurer Rimbaud, ouaisouais pleure, gens, vazy il parait qu'au delà de signifier un mal, ça fait du bien, bon pis moi dans tout ça j'ai lâché encore du lest, ça va, tout bien,  les gens me font moins mal depuis que j'oublie ma douleur d'eux, au revoir les gens je suis pas malheureux, sans vous c'est le pied, je suis libre, libre d'oublier comme je m'électrise à votre contact, quoi que vous fassiez, juste parce que vos idéaux bafouent les miens et que je suis tout seul contre l'unanimité, bin allez, soyez d'accordd, ça fera ça de pris pour vous, pis moi jmef sérieux, la raison c'était pour moi, y'avait pas besoin de la partager vu comment tout le monde est aveugle

tu le prends pour toi, ces mots ? oooo pauvre petit...
pas de relecture, pas de correction, pas de réflexion
juste, je dégueule ce que tu m'as fait intérioriser

le gens
je suis en train de me demander si, en fin de compte, tu n'es pas constitué uniquement de laine tricottée
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Re : Ecriture automatique
« Réponse #62 le: 19 novembre 2020 à 21:02:14 »
On vient de réinventer l'écriture spontanée et le surréalisme :ned:   Areuh ! Ouiiinn!!!  :'(
Dieu et la nature vont bien ensemble, ça va de paire, c'est Dieu le père.

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #63 le: 21 novembre 2020 à 09:24:15 »
Ce sont des toutes petites histoires. Qui s’en vont cheminant parfois les mains liées. Souvent seules. C’est vrai que je n’y peux plus rien. Les mondes de toutes mes réalités sont enchevêtrés et l’important est ailleurs. On dit qu’on coule, que l’avenir n’est que ténèbres, des torrents de noirs qui s’aplatissent sur les villes croulantes d’assoiffés. Peut-être qu’il en sera ainsi, pour le moment je m’occupe encore de trouver une pomme, de la mordre, d’y découvrir un suc oublié, d’une enfance lointaine, d’une journée où les goûts avaient encore des couleurs et les couleurs balayaient des paysages fantastiques devant mes yeux. Des toutes petites histoires cousues le long d’un papier rachitique. On a cassé nos certitudes, crevé nos absolus, on s’attendait à dégager des vérités d’entre leurs cadavres dégonflés, ne s’est libérée qu’une puanteur gênante ; tout le monde a regardé ailleurs. Depuis, on se gorge de distraction, pour oublier cette odeur, oublier les cadavres. S’ils renaissaient, on les crèverait pourtant encore. Des petites histoires qui ne vont plus nulle part.
"[...] alors le seul fait d'être au monde
  remplissait l'horizon jusqu'aux bords"
  Nicolas Bouvier

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Re : Ecriture automatique
« Réponse #64 le: 22 novembre 2020 à 15:29:20 »
(heu bon, six minutes de vomi, dsl)

les gens qui incriminent l'égo, souvent, c'est ceux qui valorise la confiance en soi ; bon, moi perso j'ai besoin d'une écriture automatique pour me figurer la différence entre les deux, alors allons-y : le premier, c'est quand je suis prétentieux visiblement, d'après impression popularo-inspirée... pis le second, c'est quand je le suis, mais dans la bonne mesure ; genre je me prétends un truc que je suis, sans survalorisation, ce qui est un peu l'usage survalué du mot "prétentieux" ; mais là où moi je plaide contre la culture de l'écrasement auto-rite-ère, c'est que voilà, si on ne se prétend rien, on est rien ; moi j'ai du mal avec la notion de fierté, d'humilité, de centrage sur soi et tout, mais j'ai jamais rien compris à ce non-sens de ceux qui érigent en force la faiblesse de l'être, qui doit s'écraser, se sacrifier silencieusement mais non, ce n'est pas un sacrifice je n'ai pas la prétention de souffrir voyons, j'ai la prétention de dire que toutes mes souffrances ne sont pas graves, qu'il n'est pas la peine de les soigner, il y a toujours pire que moi, donc dans cette course au pire, il y en a qui sont plus légitime à gueuler, et comme ils ne gueulent pas tous, je vais pas leur prendre toute la place... ahem ; moi je vois juste une société pathologique qui n'ose pas se soigner elle-même ; des gens qui t'écrasent à répéter qu'il ne faut pas écraser les autres, seulement soi ouioui j'ai raison en pluss que moi que ça c'pas mon idée mais je la défends lol... bref, la culture du je-ne-vaut-rien-qui-suis-je, c'est juste déprimant de voir à quel point effectivement ça vaut rien...

mais quoi ? maintenant que tout le monde est personne, pas légitime, ou au contraire juste là pour la déconne, parce que juste assez pédant pour avoir un avis, mais bien assez humble pour dire que y'a aucune pertinence...

je sais pas, moi...
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Re : Ecriture automatique
« Réponse #65 le: 22 novembre 2020 à 17:27:25 »
Slip. Sélection naturelle de bingo fraternel. Si les amants venaient voir la Sibérie, en hiver ou en automne, des oiseaux voleraient certainement moins bas. C'est les caténaires qui provoquent ça, cette électricité intra-veineuse, statique parce qu'elle excite ce qui ne peut plus bouger, tétanisé de désir. Ce sont les réseaux de veines du monde ; les informations et les lettres d'amour, la fibre. L'écran blanc derrière les yeux dont tu projettes les images de film noir - Nougaro pas loin sourit, le clocher sonne et tout le monde s'aime. Nuée de pigeons. Plumes humides. Allume les lumières trop tôt, c'est plus l'été, allume moi plus vite, c'est l'hiver. Ce que t'entends c'est rien. Rien qui ne vaille la peine de se relever la nuit, ni de relever les doigts de ce que tu, de ce que je, de ce que nous touchons, avec les cils, l'univers est un oeil fermé qui se lèche. Paisible c'est  le son des vagues à venir que tu anticipes. Que tu te stresses mais pourquoi ? Paisible c'est l'affleurement des coteaux à disparaitre, parce que c'est 2020 et qu'ils s'affaisseront, c'est notre époque, on verra disparaître avec résilience, en pleurant un peu et puis on s'y faisant, rapidement, comme a on survécu aux guerres. Animal qui survit parce qu'il s'adapte alors t'en fais pas, même triste on dancera et il y aura des rires, c'est rien la tristesse, finalement. C'est juste le calme qui vient avant l'orage, mais moi ce paisible je veux qu'il soit déjà le sourire derrière les nuages. C'est con. Mais le paisible c'est, l'inspiration avant l'expiration et pourtant, tout imbécile sait qu'on ne vit que pour se couper le souffle. C'est le but à la fin, non ? J'ai toujours pensé que la petite mort, c'était le sommeil et on m'a dit que c'était l'orgasme, alors je ne suis plus d'accord avec aucun des deux. Ca me permet d'haïr et d'aimer les deux quand je veux, quand je veux pas, quand je subis, quand je prends les devants, en même temps, surhomme de Nietsczhe oubliable sorti de la dichotomie, en plein dans la trinité mystique, dans le se penser soi-même et penser le monde, pas surhomme finalement encore échoué au pieds des matières inconnues de l'univers, refusé des portes de la quatrième D. Pianote tranquillement sur ton corps ; nous n'avons fait que courir et s'arrêter un peu souffler, souffler, souffler, pour retrouver le silence. Souffler pour créer les vents qui feront trembler nos immeubles et nos fermes, qui nous couperont le souffle, grossiront les pupilles, avant de pouvoir danser en riant après avoir longtemps pleuré sur nos ruines. Le bord de route est fatiguant, mais qu'est-ce qui ne l'est pas ?





(besoin de respirer en Nano, 10 minutes, calmement ^^ )
Beau boulot les modow ! Ca mérite une pause café, même si : les vilains mots ne font jamais de pause café.
- Kaeloo


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Re : Ecriture automatique
« Réponse #66 le: 22 novembre 2020 à 21:47:05 »
7 min
Calme et rien
Ben aujourd'hui la tête est vide. c'est marrant ça cette feuille blanche qui vient en plein sur la face pour te narguer méchamment. Je sais pas moi, si c'était simple la vie alors tu crois qu'on devrait y vivre ? Et puis ainsi va les choses tranquillement et même si c'est pas le cas bah tout le monde s'en fou. Ouai tout le monde s'en fou de cet écrit puisque il n'aura de sesn pour personne, seulement comme une bouteille lancer a la mer comme une peinture qu'on aurait bruler qui hurlerais de desespoire qu'on lui inflige tout cela. Et après son hurlement d'agonie il ne restera que des cendres d'elle Rien d'autre comme trace de son exitance absurde. Si les mots ont des sens encore faut-il qu'on soit apte à les comprendre, ou même à vouloir les comprendre et même s'ils étaient pas compris ils existeraient toujours dans l'attente d'être un jour compris entraînant de nouvelles désirances sur leurs sens profond et leurs histoires. Si pleine de colère qu'on faudrait pouvoir les libéré de part notre plume, laisser affluer leurs pouvoir et leurs douceur. Amenant l'apaisement jusqu'au profond de nos âmes.
 

Hors ligne Ugo

  • Tabellion
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Re : Ecriture automatique
« Réponse #67 le: 23 novembre 2020 à 18:33:37 »
Trahir et subvenir, devenir l'avenir de ses mains. Jaretelle blanche, mesquinerie au féminin. La langue dans l'eau, les désirs adipeux. Envie de rencontrer une flamme plutôt qu'une dame. Envie de devenir la lame qui poignardera Dieu. L'avenir s'étire comme un soleil sans chair. Sanguine et amère, elle s'appelait Clotilde et donnait des leçons du bout de ses ongles. Dans l'onde que j'ai embrassé, je veux boire une dernière gorgée. A la recherche de la maladie qui rend soi-même, à la recherche du paradis perdu dans la paume d'un enfant laid.
Amor fati.

 


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