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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » cellule d'argent

Auteur Sujet: cellule d'argent  (Lu 1264 fois)

Hors ligne Odile Stokowski

  • Tabellion
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cellule d'argent
« le: 04 Août 2015 à 14:01:22 »
Dans ma cellule , rien ne vit. Dans ma cellule rien ne bouge. Juste le fracas de mon âme à l’intérieur de ma tête. Aujourd'hui je suis seule . Seule et enfermée . Je n'ai conscience ni de l'heure ni du temps qui s'écoule . Face à la solitude, le temps prend malin plaisir, s'allonge quelle que soit l'heure, s'étend à n'en plus finir. Les secondes sont longues, silencieuses interminables.Sournoisement, je les entends goutter une à une dans un affreux ballet, au creux de mon oreille.
Aujourd'hui le temps n'a plus d'importance, la cellule qui me retient est vide, sans repère, sans Lumières.
Car aujourd'hui, la libre parole m'a été ôtée. Et ne s'en trouve aucune oreille pour y déverser les tumultes de mon cœur , les plaintes de mes peines.
Personne pour me protéger , personne pour m'entendre hurler. Pas un ami , pas une mère , pas un père , pas un parent, pas même la conscience d'une âme délicieuse , pas même un Dieu en qui mon cœur aurait foi .
A qui adresser cet écrit ?
A moi ? Comme l'on ferait un devoir de conscience ? Alors si c'est à moi que je déclame ces mots , j'implore à mon pauvre esprit de se souvenir de cette unique chose :

La liberté, si elle ne nous est accordée , est à prendre, car elle nous est due .

Ces mots sont d'une rationalité affligeante , d'une évidence vertigineuse. Ils découlent de l'Essence Humaine, de notre nature si fragile . Et pourtant . Pourtant aujourd'hui je me laisse enfermer dans cette cellule qu'est ma chambre, par ces inconnus familiers, ces étrangers dont je dépend. Lui. Elle, ma génitrice.
Le temps où elle fut mère pourrait se compter en milliers de lunes . Si bien que j'en venais même à douter qu'elle l'eut été un jour . La liberté qui m'est aujourd'hui ôtée sera le sceau de sa condamnation.
Dans ma cellule , point de lumière pour m'éclairer l'esprit . Juste les ténèbres de mes cris en désuétude, et l'imposante porte me faisant face. Je hurle mais elle ne m'entends plus , ne  veux plus m'entendre. J'implore mais elle ne répond plus . Pas de mélodie pour apaiser le fauve agité qui domine mon âme . Juste le bal assourdissant des secondes s’égouttant.
Je veux sortir . Libérer mon esprit enchaîné et mon corps enfermé.
Aujourd'hui, ils me privent de mon éducation. Je veux aller à l'école. Je n'y ai droit. Ou tout du moins, m'en ôtent le droit.
Je veux sortir.
Je pourrais ouvrir la fenêtre et courir comme s'il en allait de ma vie . Mais la peur paralyse mes membres.
Mais... il en va de ma vie, n'est ce pas ?
N'en va t-il point de ma liberté qui m'est naturellement due ?
N'en va t-il pas de mes choix, de mon droit d'exister ?
Devrais-je éternellement me laisser abuser ?
Alors , fébrilement et l'esprit en mille agitations, mes mains entreprennent de soulever le lourd store de fer blanc. Mes doigts engourdis sont lents et peu efficaces. Mon cœur cognait si fort contre ma poitrine , que même ma pensée n'aboutissait. Plus vite . Je dois aller plus vite si je veux avoir la chance de m'échapper. Encore un effort … Les stores étaient à peines entrouverts que j'entendais déjà les lourds pas dans le couloir . Vite . Je n'avais plus que quelques secondes. Quelques secondes qui sauveraient peut-être ma liberté...
Mais soudain la porte s'ouvrit à la volée et déjà les visages déformés de rage des Deux ne se trouvaient qu'à quelques centimètres du mien . Prise alors d'une panique monstre , et d'un afflux d'adrénaline nouveau , je me propulsai dans la fine ouverture de la fenêtre éclairée de la douce clameur de l'aurore . Courir. Je dois courir . Courir et ne penser a rien d'autre. Le souffle déjà court , je ne m’arrêtais pas . Je n'entendais ni leurs cris étouffés ni la plainte de mes genoux ensanglantés , ni celle de mes voies respiratoires épuisées. Je ne réalisais même pas mon exploit . J'étais parvenue a m'évader. Je n'y pensais pas . Je ne pensais qu'à ma course effrénée qui garantirait, peut être, cette nouvelle liberté .
Jamais le jour ne m'avait paru si beau et si précieux . Le chant des mésanges , La rosée du jour naissant , la brise dans les cheveux , l'ondoiement des fleurs sous le vent et surtout la chance de pouvoir se trouver là...

Tandis que mon esprit se plaisait à imaginer cette fuite qui aurait pu être la mienne, mon corps sentait chaque fois davantage les chaînes de cette cellule . Et , sans en connaître la cause , ma mémoire fut subitement ravivée par la ferveur de ton souvenir . Alors pour toi , pour le salut de ton âme , pour tes souffrances endurées ....
Je cessai de pleurer .
« Modifié: 05 Août 2015 à 10:25:16 par Odile Stokowski »

Hors ligne vinksdarkso

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Re : cellule d'argent
« Réponse #1 le: 04 Août 2015 à 14:11:58 »
Sympa, bien écrit, par contre on a pas la totalité du contexte et de l'intrigue. En tant que lecteur, on ne sait pas qui tu veux rejoindre, pourquoi tu es enfermé etc. Est ce que ce texte est une partie d'un tout plus long ?

Sinon encore une fois une lecture très agréable, sensible avec de belles métaphores.
« Modifié: 04 Août 2015 à 14:14:19 par vinksdarkso »
"La fiction, c’est la part de vérité qu’il existe en chaque mensonge." Stephen King

Hors ligne Odile Stokowski

  • Tabellion
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Re : cellule d'argent
« Réponse #2 le: 04 Août 2015 à 18:53:20 »
Non il ne fait pas partie d'un tout plus long. C'est le texte dans son intégralité, je le voulais suffisamment flou sur le contexte pour pouvoir être assez universel. En fait je me suis davantage concentrée sur la prose, le lyrisme que l'histoire en elle même. Mais je suppose que oui j'aurais pu la rattacher à un tout plus long... Mais je ne sais pas si j'en suis capable...

En tout cas merci pour tout tes jolis compliments ça me touche énormément
« Modifié: 04 Août 2015 à 18:56:22 par Odile Stokowski »

Hors ligne Kath

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Re : cellule d'argent
« Réponse #3 le: 04 Août 2015 à 23:22:04 »
C'est un texte très touchant, même si on a un peu de mal à comprendre la situation initiale. Je pique la manière de faire d'Abbigails pour mes commentaires, je me voyais mal découper ton texte comme je le fais habituellement, va savoir pourquoi.
Citer
Dans ma cellule, rien ne vis vit. Dans ma cellule rien ne bouge. Juste le fracas de mon âme à l’intérieur de ma tête. Aujourd’hui je suis seule. Seule et enfermée. Je n’ai conscience ni de l’heure ni du temps qui s’écoule. Face à la solitude, le temps prend malin plaisir, s’allonge quelque soit quelle que soit l’heure, s’étend à n’en plus finir. Les secondes sont longues, silencieuses interminables. Sournoisement, je les entends goutter une à une dans un affreux ballet, au creux de mon oreille.
Aujourd’hui le temps n’a plus d’importance, la cellule qui me retient est vide, sans repères, sans Lumières.les "Lumières" sont quelque chose de spécifique à ton univers ? Sinon c'est simplement "sans lumière"
Car aujourd’hui, la libre parole m’a été ôtée. Et ne s’en trouve aucune oreille pour y déverser les tumultes de mon cœur, les plaintes de mes peines.
Personne pour me protéger, personne pour m’entendre hurler. Pas un ami, pas une mère, pas un père, pas un parent, pas même la conscience d’une âme délicieuse, pas même un Dieu en qui mon cœur aurait foi.
A qui, pour adresser cet écrit ?cette phrase est mal tournée et pas très compréhensible. "A qui adresser cet écrit ?"
A moi ? Comme l’on ferait un devoir de conscience ? Alors si c’est a à moi que je déclame ces mots, j’implore à mon pauvre esprit de se souvenir de cette unique chose :

La liberté si elle ne nous est accordée, est à prendre car elle nous est dû ue. attention, cette phrase est bancale : pourquoi ce "ne", il n'a rien à faire là, et il faudrait une virgule avant "si" et avant "car".

Ces mots sont d’une rationalité affligeante, d’une évidence vertigineuse. Ils découlent de l’Essence Humaine, de notre nature si fragile. Et pourtant. Pourtant Aujourd’hui pourquoi une majuscule à "aujourd'hui, alors qu'il n'y a pas de point avant?je me laisse enfermer dans cette cellule qu’est ma chambre, par ces inconnus familiers, ces étrangers dont je dépends. Lui. Elle, ma génitrice.
Le temps où elle fut mère pourrait se compter en milliers de lunes. Si bien que j’en venais même à douter qu’elle l’eut été un jour. La liberté qui m’est aujourd’hui ôtée sera le sceau de sa condamnation.
Dans ma cellule, point de lumière pour m’éclairer l’esprit. Juste les ténèbres de mes cris en désuétude, et l’imposante porte me faisant face. Je hurle mais elle ne m’entends plus, ne veux t plus m’entendre. J’implore mais elle ne répond s plus. Pas de mélodie pour apaiser le fauve agité qui domine mon âme. Juste le bal assourdissant des secondes s’égouttant.
Je veux sortir. Libérer mon esprit enchaîné et mon corps enfermé.
Aujourd’hui, ils me privent de mon éducation. Je veux aller à l’école. Je n’y ai droit"J'y ai droit" ou "Je n'y ai pas droit" ? Que veux-tu dire ici ?. Ou tout du moins, quel est le sujet ?m’en ôtent le droit.
Je veux sortir.
Je pourrais ouvrir la fenêtre et courir comme s’il en allait de ma vie. Mais la peur paralyse mes membres.
Mais… il en va de ma vie n’est-ce pas une virgule avant "n'est-ce pas"?
N’en va-t-il point de ma liberté qui m’est naturellement due ?
N’en va-t-il pas de mes choix, de mon droit d’exister ?
Devrais-je éternellement me laisser abuser ?
Alors, fébrilement et l’esprit en millesmille est invariable agitationsIl faudrait ajouter une virgule ici pour rythmer la phrase. mes mains entreprennent de soulever le lourd store de fer blanc. Mes doigts engourdis sont lents et peu efficaces. Mon cœur cognaitporuquoi passer d'un coup au passé ? Tu ne cesses de passer du présent au passé dans ce paragraphe et les suivants, or ça ne va pas. Reste au présent, ça rendra aussi ton texte plus vivant et plus touchant. si fort contre ma poitrine, que même ma pensée n’aboutissait. Plus vite. Je dois aller plus vite si je veux avoir la chance de m’échapper. Encore un effort… Les stores étaient à peines entrouverts que j’entendais déjà les lourds pas dans le couloir. Vite. Je n’avais plus que quelques secondes. Quelques secondes qui sauveraient peut-être ma liberté…
Mais soudain la porte s’ouvrit à la volée et déjà les visages déformés de rage des Deux ne se trouvaient qu’à quelques centimètres du mien. Prise alors d’une panique monstre, et d’un afflux d’adrénaline nouveau, je me propulsai dans la fine ouverture de la fenêtre éclairée de la douce clameur de l’aurore. Courir. Je dois courir. Courir et ne penser a à rien d’autre. Le souffle déjà court, je ne m’arrêtais pas. Je n’entendais ni leurs cris étouffés ni la plainte de mes genoux ensanglantés, ni celle de mes voies respiratoires épuisées. Je ne réalisais même pas mon exploit. J’étais parvenue a à m’évader. Je n’y pensais pas. Je ne pensais qu’à ma course effrénée qui garantirait, peut-être, cette nouvelle liberté.
Jamais le jour ne m’avait paru si beau et si précieux. Le chant des mésanges, La rosée du jour naissant, la brise dans lesj'aurais plutôt mis "mes" cheveux, l’ondoiement des fleurs sous le vent et surtout la chance de pouvoir seidem ici trouver là…

Tandis que mon esprit se plaisait à imaginer cette fuite qui aurait pu être la mienne, mon corps sentait chaque fois davantage les chaînes de cette cellule. Et, sans en connaître la cause, ma mémoire fut subitement ravivée par la ferveur de ton souvenir. Alors pour toi, pour le salut de ton âme, pour tes souffrances endurées…
Je cessai de pleurer.
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