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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Roman Spyro - Prologue à Chapitre 2

Auteur Sujet: Roman Spyro - Prologue à Chapitre 2  (Lu 2479 fois)

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Roman Spyro - Prologue à Chapitre 2
« le: 01 août 2015 à 21:19:59 »
PROLOGUE

Ce n'est pas tant qu'il n'avait pas de nom, il en avait un, enfoui quelque part dans les méandres de son cerveau, mais c'est qu'il vivait si anonymement, ou si loin de lui-même, de ce qu'il était vraiment, qu'il ne pouvait donner de réponse si on le lui demandait. Ce qu'il devint fut le résultat d'un long processus qui lui coûta son identité, et certains diront même, sa santé mentale. Autour de vous, toutes ces personnes que vous croisez sans même les remarquer, tout ce monde qui grouille, toute cette foule pensante, ne vous êtes-vous jamais demandé ce qui se passe dans leur tête ? Leurs rêves, leurs sentiments, leur humeur, leurs problèmes, leurs opinions, leur façon de voir la vie, de l’appréhender, de prévoir, d'anticiper, de réagir, surmonter, penser, marcher, respirer, en bref que sont-ils ? Dans quoi vivons-nous ? Au milieu de quoi vivons-nous ? Cerner les gens n'est pas toujours tache aisée; d'aucuns se créent une muraille mentale, une forteresse ou une quelconque défense pour se protéger des manipulateurs. Loin des artifices physiques et du charisme dont se servent ces derniers, lui a développé une qualité de description impressionnante perçant ces résistances sans avoir à converser avec la personne. Vous rappelez-vous de Jean Baptiste Grenouille ? Notre sujet possède les mêmes habilités mais avec sa vue. Il regarde, observe, examine, scrute, décrit avec une minutie chirurgicale tout ce qui l'entoure, même ce qui se trouve en dehors de son champ de vision. Il voit l'invisible, le dissimulé, l'obscur, saurait se repérer dans la nuit la plus sombre, deviner des formes les yeux bandés et esquiver n'importe quel obstacle. Sa mémoire visuelle exceptionnelle lui permet de mémoriser un lieu, une architecture, une pièce, les ayant aperçus seulement en photo, chercher n'importe quel livre dans une bibliothèque qu'il n'aurait eu le plaisir de détailler qu'une petite minute. Chaque couleur, nuance, contraste, chaque forme, courbe, angle, chaque texture, chaque matériau, le moindre bouchon de stylo, le moindre cheveu perdu, le moindre tissu, cuir, bois, plastique. Tout lui reste en mémoire sans qu'il ne se donne aucune peine telle une machine qui exécute continuellement une tâche sans s'interroger dessus. Son esprit est un ensemble de rouages et d'engrenages qui s'activent indépendamment de sa volonté. Retenir, examiner, analyser, sont devenus pour lui des mécanismes aussi simples et naturels que respirer.

Cet atout aussi étrange qu'extraordinaire aurait pu lui servir à réussir dans la vie. A l’école il aurait eu d'excellents résultats car toutes ses leçons lui seraient restées en mémoire sans difficulté. Il aurait pu faire du droit, aurait retenu toutes les lois et les peines rien qu'en les ayant parcourues du regard. Il aurait même pu être enquêteur; lors des interrogatoires il aurait immédiatement discerné le menteur du juste, aurait repéré des micro-expressions trahissant le coupable ou innocentant celui qui n'aurait rien fait, aurait remarqué les objets volés sur une scène de crime en comparant des photos. Il aurait pu être bien d'autres choses, des choses positives, louables, on l'aurait remercié pour ses services, il aurait pu gagner en notoriété et ainsi obtenir des postes plus importants. Vers trente ans il aurait rencontré une femme qui l'aurait aimé sans doute pour son argent plus que pour son physique. Quelques années plus tard il aurait eu un premier enfant, une fille, puis un second enfant avec la même femme, un garçon cette fois. Il les aurait éduqué en leur apprenant sa vision du monde. Non pas qu'il eut souhaité leur bonheur ou qu'ils réussissent leur vie mais descendant de sa superbe personne il aurait estimé évident qu'ils persévèrent la philosophie de vie de leur paternel et en usent à leur guise pour arriver à leurs fins. En somme, il aurait pu avoir une vie belle mais simple, une vie simple mais pas moins réussi et même une vie qu'on lui aurait jalousée. Tous ça, il y avait déjà pensé. Durant les rares moments où son esprit lui appartenait il repensait au cheminement qu'avait prit sa vie, s'égarant parfois dans celle des autres. Il analysait, décrivait, évaluait ce qu'il avait fait comme s'il regardait un film. Il s'était forgé une mémoire à l'image d'un musée, un musée dont les murs se meuvent, l’empêchant parfois de rejoindre la section qui réunit les éléments suggestifs de son passé. Ce passé, il disparaissait d'avantage à chaque nouvel arrivant. Chaque nouvelle assimilation construisait de nouvelles ailes allongeant le trajet à son passé, à son identité, la rendant de plus en plus floue. Demandez lui qui il est, vous n'obtiendrez jamais deux fois la même réponse. Il aurait pu être bien des choses et il est bien des choses. Mais contrairement à un autre qui aurait médiocrement utilisé ce don, lui avait vu naître autour de ce dernier une envie insatiable de connaître. Il connaissait par cœur des lieux qu'il n'avait jamais visités. Il pouvait, grâce à des images mentales de décors de cartes postales, partir en vacances dans sa tête sans avoir à se déplacer. Mais il fut vite las de ces voyages factices. Il voulait étendre ses capacités. Il était persuadé que sa vision parfaite pouvait l'emmener encore plus haut et pour cela il devait repousser de nouvelles frontières, ne pas se contenter de ce qu'il pouvait faire mais franchir de nouvelles limites.

L’absence de famille, d'identité, couplés à son asociabilité l'emmenèrent directement sur le sol pavé de la rue sur lequel il dormit durant cinq années. Là où certains y auraient vu un calvaire, une misère ou même auraient abandonné pensant que leur vie ne valait guère plus que la compagnie des pigeonneaux et le regard dédaigneux des gens, lui y vit l'opportunité d'étendre les capacités de son don. Passer nuit et jour entouré par une foule étouffante lui permit de comprendre comment les gens fonctionnent mais aussi de comprendre pourquoi son don lui avait été donné. Petit à petit il établit une théorie selon laquelle les gens seraient comme des rubikscubes. Ils ont en eux différentes facettes, humeurs, personnalités, goûts, qualités et défauts et chacun représente une couleur. Pour les comprendre il faut d'abord analyser le mécanisme de leur esprit, les voir agir, réagir, faire, bouger. C'est ainsi qu'il passait plusieurs semaines à suivre une personne qu'il avait choisi comme cobaye pour confirmer et améliorer sa théorie et comprendre ce fameux mécanisme. Une fois cette première étape achevée, on peut commencer à faire bouger les côtés, faire tourner les couleurs, les faire se rencontrer ; pour cela il faut essayer d'anticiper leurs actions, prévoir un mouvement, comprendre le cheminement de leur pensée. Enfin, quand les couleurs se sont rejointes, on a compris leur fonctionnement et on sait qui ils sont.

Lui ne s'est pas arrêté à comprendre le mécanisme. Après plusieurs expériences, après avoir effectué ces trois étapes sur plusieurs personnes, il estima que sa théorie était incomplète. Il manquait quelque chose et son insatisfaction le frustra tant qu'il s'enferma dans son esprit pendant toute une année, revoyant le travail déjà effectué, cherchant quelque part ce qui clochait. Où avait-il pêché ? que devait-il améliorer ? Il comprit qu'on ne pouvait s'arrêter à la compréhension du mécanisme car, alors, on ne faisait que voir tous les éléments du tableau sans vraiment avoir compris ce qu'ils signifiaient. Il fallait confronter les couleurs, les mélanger, recommencer en essayant de nouvelles combinaisons et ainsi, et seulement ainsi, on s'emparait du résultat le plus pur, l'essence même de leur être. Au début, il se trompait, ne comprenait pas le mécanisme, sautait des étapes par manque de patience. Parfois même il se surprenait à vouloir abandonner, mais sa soif inextinguible de perfection le poussait à continuer. Il était né pour accomplir ce qu'aucun de ses pareils n'avait eu le cran, le courage ou seulement l'ambition de réaliser. L'Homme, l'animal le plus évolué, demeure un prédateur qui aime dominer et avoir le dessus sur ses voisins. Ces années dans la rue lui permirent de se concentrer sur ce qu'il était et ce qu'ils sont. Il établit alors trois types de dominants: Le premier est celui qui ne cache pas ses desseins mais qui assoit sa domination sur les autres sans se soucier d'une quelconque opinion ou morale qui irait à l'encontre de ce qu'il projette. Il y enregistra les dictateurs et ces derniers faisaient naître en lui une puissante haine de l'Homme. Ce n'est pas de l'ambition qu'ils ont, simplement la stupidité d'un esprit impuissant face aux desseins de Dieu, la retranscription brouillonne de leurs désirs et un manque de subtilité dans leur façon d’opérer. Le second présente les démagogues et autres rhéteurs, ceux qui usent de la parole pour contrôler leurs semblables. Contrairement aux premiers, il voyait en ces derniers des esprits malins mais ce qu'il haïssait en eux c'était leurs buts médiocres et sans grande envergure. Ils sont nés avec la parole comme don mais ne s'en servent que pour gagner de l'argent afin de s'acheter voiture de luxe, villa et autres matériels superflus. On ne peut dominer le peuple si l'on est nous-même noyé dans le capitalisme. Pour dominer il faut appartenir au troisième et dernier type: ceux qui restent dans l'ombre, qui ne se considèrent pas comme humains mais différents du commun des mortels, qui se voient au dessus des autres, non pas parce qu’ils ont plus, mais parce qu’ils ont une perception du monde que seuls des élus peuvent avoir. Lui agit avec discrétion telle une araignée enveloppant sa proie dans sa toile sans lui laisser le temps de se rendre compte de ce qui se passe.

Ce fut au terme de ces cinq années dans la rue à étudier le genre humain et ses mécanismes que son destin lui apparut comme clair. Il le vit comme un message divin, un appel de Dieu, une opportunité unique. Il n'avait d'autre choix que d'accomplir ce pour quoi il était né, ce pour quoi il existait, il devait accomplir sa destinée: être un être de perfection, mêlant toutes les personnalités possibles et ce en s'appropriant les archétypes de l'esprit humain. Ce fut au terme de ces cinq années, quand le soleil se leva sur sa couche de fortune, qu'il entreprit de devenir la perfection humaine. Ce fut au terme de ces cinq années que sa mission lui fut confié et il comptait bien la remplir, peu importait le prix.

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CHAPITRE PREMIER

Peu importe qui vous êtes, peu importe votre allure, votre culture ou quoi que ce soit. Peu importe que vous soyez riche ou pauvre, blond ou brun. En vérité, rien n'importe chez vous, du moins, après qu'il ait scruté chaque recoin de votre être. Chaque recoin de leur être, elles, toutes ces âmes pensantes marchant sans but, le croisant sans même le remarquer, comme s'il n'était rien de plus qu'un courant d'air, une impression qui disparaissait aussitôt qu'elle sortait de votre champ de vision. Il n'était rien pour eux, ce qui d'ailleurs lui convenait, et ils n'étaient rien pour lui. Toutes ces têtes avaient une histoire, un vécu avec leur lot d'événements, de rencontres, disputes, pertes. En vérité ils étaient, chacun à leur façon, vivant. Qui était-il lui ? Personne n'eut le besoin de se le demander, personne y comprit lui-même. Qui il était ne concernait ni lui ni les autres, alors que ce qu'ils étaient ne les importait pas eux mais lui. Lui qui les étudiait chaque jour comme de vulgaires rats de laboratoires, comme des cobayes.

Durant ces années où il put à sa guise observer le monde, il eut le temps d'étudier plusieurs endroits. D'abord un centre commercial en plein centre ville. Il put y voir un incessant va et vient de jour comme de nuit. Il y comprit d'abord le fonctionnement de la famille, ce que lui n'avait pas souvenir d'avoir connu. Un homme et une femme le plus souvent achetant les mêmes choses peu importe qu'ils soient jeunes, vieux, blancs ou noir, qu'ils aient un enfant ou quatre, ils étaient piégés dans une routine qu'il observât aussi quand il se posa plusieurs semaines durant dans un quartier d'affaires. Chaque jour, ils entretenaient la même routine, empruntaient les même rues, mangeaient les mêmes sandwichs, portaient les mêmes costumes, prenaient les mêmes transports. Voilà ce qui les rendait vulnérable ; il suffisait de les suivre quelques jours pour tout savoir d'eux. Il excella même avec le temps dans l'art du mimétisme et du Cold Reading. Il retenait des tics de langages, des mouvements presque invisibles mais pourtant récurrents chez eux. Il assimila tous cela dans sa base de données, dans son musée mentale, il enregistrait toutes les données possible afin de cerner l'Homme, de le connaître. Mais il se rendit compte d'une chose : tous, noyés dans leur routine quotidienne, ne semblait pas avoir de but.

Combien de tous ceux qu'il avait eu le temps de décortiquer avait la moindre ambition, le moindre désir qu'ils comptaient remplir peut importe ce que cela leur coûterait tant matériellement que socialement ? Aucun. Pas un seul était prêt à tout quitter pour arriver à ses fins. Peut-être était-ce ce qui faisait de lui un être différent.
Indifférent au matérialisme qui touche le monde, dans l'ombre d'une société qui juge en fonction du capitale dans lequel tous sont plongés avant même de naître. Plongés dedans dès la fin de l'acte qui neuf mois plus tard les fera éclore, leur donnera une identité qui les fichera, qui les marquera au fer rouge, qui les ajoutera au troupeau.

Qui était-il ? Personne. En qui la perfection humaine existait-t-elle ? Personne, car il fallait être pur pour pouvoir aspirer à la perfection. Être vide des vices humains, de ses traces, de son odeur. Il fallait savoir choisir les éléments qui, une fois combinés, donneraient naissance à ce que tous cherche en vain. Qu'avait fait son prédécesseur à l'odorat divin ? Il avait crée. Que font ceux qui aspirent vainement à cette perfection ? Ils ajoutent, cumulent, additionnent des couchent qui s'empilent  ne donnant en résultat qu'une immondice sans nom qui l’horripile. Horripilant, voilà comment il les voyait tous. Et pourtant, il y avait des élus parmi eux, des êtres uniques. Pas unique comme lui, unique pour lui, pour  son intérêt.

Un parfum pour être parfait nécessite l'addition d'odeur qui ne sont rien indépendamment. Ainsi, il était le flacon attendant que chacune de ces effluves, que chacune d'entre elles se mêle pour faire de lui le parfum exquis par excellence, l'être le plus complet. Avait-il eu vent des magnifiques accomplissements de son prédécesseur ? Jamais, pourtant il semblait le porter en lui. Et c'est donc tout naturellement qu'il lui incombait d'achever sa quête comme si de génération en génération un être comme eux deux, un être comme lui reprenait le flambeau et tentait à son tour de laisser sa trace. Si bien qu'on pourrait, ou aurait pu, parler d'une lignée, une descendance qu'eux-même, d'en haut, verrait comme un empire ou comme une défaite, se dégouttant les uns les autres, méprisant les projets de leur pairs.

Mais, sans avoir même conscience de tous cela, il entreprit de débuter sa quête, faire de lui le parfum le plus pur en récoltant les essences humaines les plus justes. Une fois réunit, tous verraient en lui une incarnation de ce qu'ils rêvaient tous d'être. Les hommes verraient en lui un exemple de virilité mêlé à de la douceur. Avoir cette aura masculine que les femmes voudraient tant approcher comme si d'aimants leurs vêtements étaient fait. Les femmes, elles, y verraient l'homme de leur rêve, celui qui ridiculiserai leur mari d'un simple sourire, d'un simple mouvement de tête, qui pourrait les faire chavirer d'un haussement de sourcil ou les faire se battre frénétiquement pour lui d'un simple clignement d'yeux. Enfin, les jeunes enfants le verraient comme le père qu'ils aimeraient tous avoir. Celui qui les comprendrai, saurai leur faire apprécier l'école comme s'il s'agissait d'un divertissement, serait aimant et autoritaire parfaitement comme ils en avaient besoin. Il serait l'exemple paternel rien que par sa présence et son charisme. Il réveillerai alors en ces personnes leur fantasme de la perfection qu'ils tentent tant d'atteindre. Il serait pour eux la perfection, il serait leur dieu. Mais pour qu'ainsi il soit, il devait commencer à chercher la première essence, la première fleur à cueillir, à s'approprier.

Combien en avait-il à chercher ? Cette question n'avait pas frôlé son esprit, il ne s'était pas demandé combien de fleurs il lui fallait. La jubilation prenant le dessus sur sa raison il en oubliait l'essentiel mais après tout, il n'était encore qu'à l'état larvaire de la perfection. Il s'accordait des faux pas tant qu'ils ne mettaient pas en danger son objectif. Et il le savait, personne ne tenterait de l'arrêter, personne n'y arriverait et même si ce fut le cas, personne ne comprendrait ses ambitions. Né incomprit, il le demeurerait peu importe s'il réussissait ou s'il échouait. Il ne redoutait aucun risque, il ne faisait pas partie de cette société immonde et crédule. Les autorités ne le concernaient pas, la politique ne le concernait pas. Personne ne pouvait rien contre lui car il n'était «personne». Un invisible, un inconnu, mais un prédateur au desseins divin.

Il n'était personne et n'essaya d'ailleurs jamais d'être quelqu'un, ou du moins, il savait qu'il ne réussirait pas à être quelqu'un. Être quelqu'un qu'est-ce que ça veut dire ? A-t-on besoin d'être quelqu'un pour se sentir existé ? Il n'existait pas, pourtant il était bien là. Ils existaient tous et n'étaient pourtant personne, tous les uns contre les autres, serré en une foule oppressante et oppressé. Ils faisaient tous pour qu'on les remarque, mais une fois dans la rue, mêlé à leurs pairs, ils n'étaient que des corps animés mais sans rien de plus, uniquement des silhouettes vides, vides de tous ce qui les caractérisaient, vides de ce qui les différenciaient. Il les observait silencieux, tout se passait dans sa tête. Tous ensemble ils n'étaient rien, pourtant il les retenait tous comme s'ils étaient uniques. Mais pour lui, bien qu'ils aient des physiques différents, ils ne l'étaient aucunement.

C'est tout ce paradoxe qui le fascinait. Trouver ceux qui, même dans la masse existaient, ceux qui avaient une aura assez forte pour qu'il la voit, la sente comme l'odeur de la fleur qui fera partie de sa composition. Ces personnes il ne les avait pas encore vue, même pendant tout ce temps qu'il passa dans la rue, jamais il ne fit assez attention. Il comprit alors que le travail qu'il effectuait était celui d'un débutant. Il ne connaissait encore pas assez le mécanisme de l'esprit humain. Son projet n'était encore qu'esquisse mais ce jour-ci il comprit que certains d'entre eux méritaient qu'on leur prête attention pour les comprendre comme le parfumeur qui étudie sa fleur pour savoir combien de temps il doit la faire macérer pour en extraire l'essence. Il devait trouver ces fleurs, ces personnes et les macérer pour en obtenir le meilleur. Ce n'est qu'ainsi qu'il deviendrait l'apologie humaine de la perfection, celui dans lequel tous se reconnaîtront mais auquel aucun ne pourra s'identifier.

Alors il se concentra. Chaque jour il observait, scrutait, décrivait en silence toutes ces fleurs qui passaient devant lui. Il savait ce qu'il cherchait mais il ne savait pas qu'elle forme avaient ces fleurs si spéciales. Il tenta de les filtrer, il écartait celles qui étaient trop monotones, trop vide, et ses yeux faisaient le tri. Dans la rue, les personnes disparaissaient de sa vue alors qu'elles marchaient encore devant lui. Il arrivait à sélectionner ce qu'il voulait voir mais ce travail journalié le fatiguait, ses yeux avaient beau être excellents, ils ne résistaient pas plus à la fatigue que ceux d'une personne lambda. Ses yeux n'était-il pas assez bon ? Pas assez parfait pour trouver un électron libre parmi cette surcharge d'essences humaines ? Le pessimisme qu'il avait déjà ressenti par le passé refaisait surface, la frustration gênait son travail et la fatigue tâcha de l'achever. Il se concentrait, les yeux plissés, cernés par ces heures d'analyse. Il voyait ces corps, ces visages, puis tout devint flou à commencer par le centre de son champ de vision jusqu'à ce qu'il soit totalement recouvert d'un voile brumeux. La fatigue l'emportait mais il luttait, rouvrait ses yeux, leur imposait de se tenir éveillé. Un premier choc le fit sursauter mais il tint bon, il continua de torturer ses globes oculaires, leur imposait de continuer. Un second choc vint l'achever, ses yeux se révulsèrent.
Son corps devint lourd.
Ses membres tombèrent le long de son corps.
Sa tête chuta droit vers le sol.
Il sombra.
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CHAPITRE SECOND

Le pavé froid contre la joue, il rouvrit les yeux. Ce qu'il ressenti premièrement ne fut pas de la douleur mais de la peur. Si vous aviez pu voir son regard vous y auriez vu une sorte d’absence, comme si ce n'était pas lui derrière ces yeux. Il se redressa et prit un temps pour les habituer à la pénombre. Toujours assit au même endroit, à côté de la porte en bois à la peinture verte écaillée d'un immeuble, il tentait de savoir combien de temps cela avait durer. Combien de temps avait-il perdu connaissance ? Le temps n'avait plus de sens pour lui depuis longtemps. Il ne savait pas l'année dans laquelle il se trouvait et encore moins l'âge qu'il avait. Depuis longtemps il avait établit que le temps était un frein à l'esprit humain. Il accapare les pensées et distrait l'esprit.

Quand ses yeux se furent habitués à la faible luminosité il baissa le regard au sol et se mura dans son musée intérieur. Il se retrouva dans un cercle de lumière qui l'illuminait. Tout autour de lui était sombre. Il posa le premier pied en dehors de la zone éclairé et une lumière s'allumait à chacun de ses pas éclairant sa marche. Il marchait au milieu d'un long couloir dont les murs étaient recouvert de tableaux affichant les visages de toutes les personnes qu'il avait enregistré, toutes les personnes qui étaient passées devant lui durant toutes ces années. On y voyait des visages d'enfants, d'adultes, de personnes âgées mais aucune expression n'en émanait. Il ne prêtait pas attention à tous ces regards qui le suivait, il les connaissait par cœur. Arrivée à une intersection entre trois couloirs, il hésita. Les regards se tournèrent vers lui, le jugeant comme s'ils étaient en position de force. Les couloirs changèrent de forme, les murs prenant de la hauteur comme étiré par une main invisible, les visages se déformant à leur tour dans des expressions cauchemardesques, ne semblèrent pas l'effrayer.
Une voix résonna « Foutu couloirs ! ». C'était sa pensée, se répercutant sur les murs et s'éloignant dans le couloir de droite en un écho sourd. Il prit la direction de sa voix, les murs ayant repris leur place, les visages reprenant leur expression figée.

Il arriva enfin dans une pièce entourée par une noirceur sans fin. Sur chaque mur apparaissaient des tableaux comme dans les coursives du musée mais aux bordures abîmés à l'aspect ancien. Sur chacun de ces tableaux était peint un buste dont le visage était recouvert d'une sorte de tache noir. Au centre de cette même pièce était posé un livre assez épais à la couverture en cuir usé. Il s'en approcha d'un pas assuré, en caressa la couverture avant de l'ouvrir à la première page, vierge. Il tourna la page suivante, vierge aussi, puis la suivante, celle d'après et ainsi de suite. Il tournait les pages avec une vitesse folle avant de jeter le livre dans un cri rauque. Ce cri, c'était celui de la frustration. Ces tableaux aux murs le représentait lui, ce qu'il pensait être, mais aucun visage n'apparaissait. Il savait la forme qu'avaient ses pieds, ses mains, et toutes les parties de son corps qu'il pouvait voir, mais jamais il ne sut la forme de son visage. Évidemment il essaya de s'observer dans un miroir, dans une flaque d'eau, mais ses yeux lui refusaient la vue de son propre visage. Dès qu'il s'approchait de son image il ressentait comme une décharge derrière les yeux.

Ne pas connaître sa propre image lui permit de ne pas sombrer dans le narcissisme humain vaniteux et stupide et c'est d'ailleurs l'unique réconfort qu'il y trouvât.
Pendant ces années d'observation il vit des personnes qui se ressemblaient mais qui pourtant n'étaient pas jumelles, qui n'avaient aucun lien de parenté. Cette observation, pendant les moments de relâchement de sa conscience lui firent se poser certaines questions. Avait-il déjà vue une personne ayant les mêmes traits que lui ? S'était-il déjà vue au travers d'une sorte de sosie ? Quand ces questionnements survenaient il se reprenait bien vite mais au fond il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il était quelque part dans son musée.

Une fois la colère passé, il réfléchit. Après autant de temps d'observation il n'avait jamais trouvé aucune des pièces de son puzzle. Il était donc clair que sa méthode ne fonctionnait pas, ses yeux ne pouvaient pas, à eux seuls, distinguer ceux qu'ils cherchaient des autres.
Ce qu'il redoutait le plus, ce qu'il arriva à esquiver jusque là, se présentait à lui comme l'unique solution. La perfection ne pouvait être atteinte en restant tapis sur une planche de carton. Il en vint même à se demander s'il serait à la hauteur. Arriverait-il à tous les avoir ?
Puis il se souvint, il se souvint de ce qu'il pensait des autres, qu'il était différent car lui seul avait les qualités nécessaires pour remplir sa mission quoiqu'il lui faille faire. Et si pour cela il devait renoncer à son statut de marginale alors il en serait ainsi car c'était visiblement le prix à payer pour atteindre ce qu'aucun n'osa jamais.
La vue ne suffisait plus, il lui fallait maintenant utiliser la parole.
« Modifié: 12 août 2015 à 11:56:25 par SpyroBeatMaker »
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Hors ligne EthanB

  • Tabellion
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #1 le: 01 août 2015 à 22:27:38 »
C'est difficile de juger sur un prologue, parce qu'on as pas l'histoire qui suit. Lu comme ça, je trouve la fin plutôt ridicule, parce que la perfection n'existe pas puisqu'elle change de forme et de vision en fonction de chaque être, la perfection est un avis personnel, chacun à sa propre idée du parfait. Vouloir être parfait c'est souvent l'expression d'un fantasme narcissique, celui de vouloir être admiré pour sa "perfection". Si après avoir passé 5 années dans la rue, et vécu avec cette incroyable don d'observation et d'analyse, c'est tout ce qu'il en retire, c'est un peu triste. Il ne mérite pas son don de mon point de vue.

Ensuite je me demande aussi si l’araignée qui tisse dans l'ombre, le type de personne le plus malin, ce n'est pas un peu une description de toi même, ou que tu aimerais de toi même. Je me demande si tu ne te transpose pas sur ton personnage : cette personne pas très belle physiquement qui à l'impression d'appartenir à un autre monde et de voir ce que les autres ne vois pas, mais qui, en dépit de son don, n'arrive pas à ses fins (peut être parce qu'il ne semble pas en avoir).

Sinon, malgré quelques répétitions inutile ("Il regarde, observe, examine, scrute, décrit" (je pense que tu peux retirer un ou deux mots la dedans)), je trouve ce prologue plutôt bien écrit et l'idée original et intéressante !

C'est un roman que tu as déjà écris ?


Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
  • Messages: 3 096
Re : Prologue de mon roman
« Réponse #2 le: 01 août 2015 à 22:39:05 »
Bah écoute je vois pas le ridicule là-dedans. C'est le genre d'idées assez récurrentes dans les mangas. Et chaque histoire a son public cible, tu n'es pas ce public, mais de là dire que c'est ridicule..

Citer
Ensuite je me demande aussi si l’araignée qui tisse dans l'ombre, le type de personne le plus malin, ce n'est pas un peu une description de toi même, ou que tu aimerais de toi même. Je me demande si tu ne te transpose pas sur ton personnage : cette personne pas très belle physiquement qui à l'impression d'appartenir à un autre monde et de voir ce que les autres ne vois pas, mais qui, en dépit de son don, n'arrive pas à ses fins (peut être parce qu'il ne semble pas en avoir).
Et à supposer même que ce soit vrai, en quoi le fait d'utiliser son vécu est mal ? Tout le monde n'en fait pas autant ? Etant donnée l'évidence d'une telle démarche, je m'interroge sur les raisons qui t'ont malgré tout poussé à poser cette question...
Puis là on sort clairement du jugement du texte pour juger son auteur.

Hors ligne SpyroBeatMaker

  • Tabellion
  • Messages: 20
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #3 le: 01 août 2015 à 22:46:03 »
Merci tout d'abord pour ton commentaire Ethan, je le prend en considération.
Je vais répondre par ordre à ton commentaire par rapport à chacun des points exposés

1/Pour la perfection, évidement qu'elle est relative à l'avis de chacun mais mon personnage, anti-héros et associable après avoir passé 5 ans dans la rue à perdu tout ce qu'il pouvait y avoir d'humanité en lui, c'est lui-même un pervers narcissique et mégalomane et à l'image de Jean-Baptiste Grenouille (le parfum de Patrick Suskind) qui utilise son odorat parfait à des fins pas du tout humaine ou louable. Mon personnage en est la réincarnation contemporaine.

2/ pour l’araignée, alors non je ne me transpose pas à mon personnage, disons plutôt que c'est mon opposé qui y est représenté, bien que je sois moi-même narcissique et un peu manipulateur (mais toujours pour me prémunir de manipulateur qui voudrait se servir de moi à leur fin, jamais dans mon propre but personnel). Comme tu as pu le voir ou ressentir dans le prologue, le personnage n'est pas fait pour être attachant.

3/merci de ton avis et non c'est le prologue du roman sur lequel je travail activement en ce moment. Je posterai ici les chapitres suivants quand ils seront écrits, travaillés et corrigés.
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Hors ligne extasy

  • Palimpseste Astral
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #4 le: 02 août 2015 à 00:25:53 »
@Ethan : bon allez peut-être que c'était pas méchant ce que t'as dit après tout. Je m'excuse, mais ça m'avait paru déplacé  :noange:
@Spyro : pour me faire pardonner de flooder sur ta page, je te promets de te mijoter un bon commentaire bien rempli en remarques et critiques de toutes sortes  :mrgreen:

Hors ligne SpyroBeatMaker

  • Tabellion
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #5 le: 02 août 2015 à 10:18:42 »
@Extasy j'en attendais pas moins de toi et t'inquiète pas, la discussion est bienvenue ici :)
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Hors ligne Luptinote

  • Aède
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #6 le: 02 août 2015 à 22:01:13 »
Bonjour, tu permets que je démonte ton texte pièce par pièce pour voir ce qu'il contient ? signez cette décharge...
 :mrgreen:
Non sans rire entre les remarques intelligents et subjectives, je te laisse faire le tri, y'en aura surement qui te tiendront plus à cœur que d’autres !

Désolé, vous n'êtes pas autorisé à afficher le contenu du spoiler.


Je t’ai déjà donné les principales indications qui ont gêné ma lecture Il y a les fautes d’accents, d’accord aussi. Y’en a comme même pas mal en fait.
Les phrases et les paragraphes longs aussi ça essouffle.
Sur le fond je n’ai rien à redire, j’adore. L’idée qu’un homme comprenne le genre humain et se rende compte que la perfection soit accessible, et décide de l’atteindre, c’est vraiment un sujet qui me branche.
Et là intervient le hic. Il y aurait une part de psycho là-dedans, et donc un fort besoin d’expliquer et de décrire ; Or pour nous dire que ton personnage retient et comprends tout, repère et analyse sans mal, tu passes beaucoup de temps. Pour la suite, mon cerveau atrophié a un peu peur.
Mais bon l’avenir nous le dira ! :mrgreen:

J’espère que ce genre d’analyse te convient, et bon courage pour continuer ! ;)


Maître, dois-je marcher vers la lumière ?

Je suis l'esprit qui toujours nie, et c'est avec justice, car rien n’existe en ce monde qui ne mérite d'être détruit.
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #7 le: 03 août 2015 à 00:40:20 »
Re Spyro !

Alors comme promis voici mon avis. Les fautes d'abord :

Citer
il en avait un, enfouit
enfoui

Citer
qui lui coûtât son identité
coûta

Citer
et certain diront même
certains

Citer
ne vous êtes-vous jamais demandé
demandés, non ?

Citer
de l'aprehander, de prevoir
aa
appréhender ; prévoir

Citer
en bref que sont-ils ?
ce qu'ils sont

Citer
Cerner les gens n'est pas toujours tache aisé
aisée

Citer
d'aucuns se crée
créent

Citer
une qualité de description impréssionante
impressionnante

Citer
Notre sujet possède les mêmes abilités
habilités

Citer
l'invisible, le dissimulé, l'obscure,
obscur

Citer
saurait se reperer
repérer

Citer
Sa mémoire visuelle exceptionnelle lui permet de memoriser
mémoriser

Citer
un lieu, une architecture, une pièce, en l'ayant aperçut
Je pense "les ayant aperçus" si tu parles des trois, sinon "aperçue" si tu parles de la dernière (la pièce) seulement

Citer
cherchant n'importe quel livre dans une bibliothèque qu'il n'aurait eut le plaisir de détaillé
eu ; détailler. Puis je comprends pas très bien ce passage : tu voulais pas dire "trouvant" ?

Citer
le moindre tissu, cuire,
cuir

Citer
qui execute continuellement une tache
tâche ?

Citer
Retenir, examiner, analyser, sont devenu
devenus

Citer
A l'ecole il aurait eut
eu

Citer
aurait retenu toutes les lois et les peines rien qu'en les ayant parcouru du regard
parcourues ; puis je comprends pas ce que veut dire "peine"

Citer
et ainsi obtenir des postes plus importants.
Je ne suis pas fan du "plus", parce qu'on ne sait pas jusque là ce qu'il fait exactement. Donc "plus", qui indirectement est un indice de comparaison (genre plus important que ce qu'il fait actuellement) ne fonctionne pas ici, à mon avis ^^

Citer
Vers 30 ans
trente. C'est important, il faut pas mettre les chiffres en chiffres :D

Citer
il aurait rencontré une femme qui l'aurait aimé sans doute pour son argent plus que pour son physique.
Je ne suis pas fan du "plus pour son argent que pour son physique", dans la mesure où tu nous montres que sa vie aurait pu être belle, et que ça rompt avec tout le reste des prévisions que tu fais qui sont toutes positives sauf celle-là

Citer
Quelques années plus tard il aurait eut
eu

Citer
Il les aurait éduquer
éduqués

Citer
et en use à leur guise pour arriver à leur fin.
usent ; leurs fins

Citer
une vie simple mais pas moins réussi et même une vie qu'on lui aurait jalousé
réussi ; puis je suis pas sûr mais : jalousée

Citer
Ce passé, il disparaît d'avantage à chaque nouvel arrivant.
disparaissait je pense

Citer
Chaque nouvelle assimilation construit
Même remarque : sans en être sûr je pense : construisait

Citer
une envie insatiable de connaître.
J'aurais perso inversé : une insatiable envie de connaître

Citer
Il connaissait par cœur des lieux qu'il n'avait jamais visité.
répétition du verbe connaître ; puis j'ai du mal avec cette conjugaison mais : visités ?

Citer
Pas de famille, pas d'identité, couplé à son asociabilité
couplés

Citer
Là où certain y aurait vue un calvaire, une misère ou même aurait abandonné pensant que leur vie ne valait guère plus que la compagnie des pigeonneaux et le regard dédaigneu des gens
certains ; auraient ; vu ; auraient ; dédaigneux

Citer
Une fois cette première étape achevé
achevée

Citer
on peut commencer à faire bouger les côtés, faire tourner les couleurs, les faire se rencontrer, pour cela il faut essayer d'anticiper leurs actions, prévoir un mouvement, comprendre le cheminement de leur pensée.
Moi j'aurais dit : "on pouvait" ; puis il faut un point après "se rencontrer". Puis : "leurs pensées"

Citer
on a comprit
compris ; moi j'aurais dit "on aurait" ou "on aura" mais je suis pas sûr  :-[

Citer
revoyant le travail déjà effectuer
effectué

Citer
Il faut confronté les couleurs
fallait ; confronter

Citer
on s'empare du résultat le plus pur
on s'emparait

Citer
Parfois même il se surprit à vouloir abandonner, mais sa soif inextinguible de perfection le poussait à continuer.
L'alternance des temps me dérange : tu dis "il se surprit" puis "le poussait". Je pense qu'il faut mettre "il se surprenait"

Citer
ce qu'aucun de ses pareils n'avait eut le cran
eu

Citer
L'Homme, l'animale le plus évolué
animal

Citer
de se concentrer sur ce qu'il est
était

Citer
Il établit alors trois types de dominant
dominants

Citer
Le premier c'est celui
Je n'aime pas le "c"

Citer
et ces derniers font naître
faisaient

Citer
Contrairement aux premiers, il voit
voyait

Citer
mais ce qu'il haït en eux c'est
haïssait ; c'était

Citer
et sans grandes envergures
grande envergure

Citer
villa et autres matériels superflu
superflus

Citer
ceux qui reste dans l'ombre, qui ne se considère pas comme humain mais différent
restent ; considèrent ; humains ; différents

Citer
une perception du monde que seul
seuls

Citer
il devait accomplir sa destiné
destinée

Citer
mêlant toutes les personnalités possible
possibles

Citer
C'est au terme de ces cinq années, quand le soleil se leva sur sa couche de fortune
Ce fut

Citer
C'est au terme de ces cinq années que sa mission lui fut confié et il comptait bien la remplir peu importait le prix.
Ce fut ; confiée ; puis je recommanderais une virgule après : "remplir"

Voilà terminé ! A part ces remarques, il faudrait vraiment revoir l'emploi du temps parce que c'est assez irrégulier ; tu utilises tantôt le présent, tantôt le passé simple, etc. C'est assez déstabilisant. Donc je te conseille déjà de bosser sur l'écrit et de faire plus attention aux fautes ; surtout que certaines d'entre elles sont visibles sur le correcteur de World ou même sur celui du forum.

Concernant l'idée, ben je sais pas. C'est pas mauvais, ça pourrait même être bien présenté, mais là, il y a bien trop de maladresses et je n'arrive pas à apprécier la lecture. Tout cela me semble en être encore à l'étape "brouillon". Donc voilà l'idée d'un personnage avec une mémoire visuelle absolue n'est pas mal du tout, et je pense bien qu'on pourrait en faire (si ce n'est déjà le cas) une série à succès. Donc oui, l'idée a certes du potentiel. Seulement, je trouve que c'est présenté d'une façon trop peu profonde. Il faudrait ajouter une dimension psychologique plus conséquente à ton personnage, parce que là, comme je l'ai dit dans mon premier commentaire, on a l'impression de lire un manga de type shonen. Comme tu dois le savoir, les shonen n'ont pas vraiment vocation à être lus par des lecteurs âgés et matures. J'ai vraiment l'impression qu'ici, tout gravite autour des capacités exceptionnelles de ton personnage et si ça passe dans un shonen, ça ne risque pas de d'intéresser un lecteur de roman. Bref, je te recommande plus de profondeur : explorer encore plus le passé de ton personnage, le rendre un peu plus humain peut-être, moins parfait, je sais pas. C'est le genre d'idées qui te viendront avec le temps, l'âge et la maturité. Bref, y'a du potentiel, mais aussi beaucoup de boulot. Ne désespère pas, continue, et progresse. Et surtout n'oublie pas de bosser le style et les fautes. Je suivrai ton histoire.

A plus :)

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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #8 le: 03 août 2015 à 21:19:43 »
@luptinote d'abord merci de ton commentaire, je voudrais juste commencer par un détail qui m'a fait sourire, c'est que tu me corrige mes fautes avec beaucoup d'attention mais que ta première phrase après la correction soit
Citer
Y’en a comme même pas mal en fait
. Le "comme même" m'a fait sourire. Hormis cela, oui le roman tournera autour de la psychologie et phylosophie du personnage, il y aura plus de récit se déroulant dans son esprit que d'actions décrites. Là est le but du roman.

@extasy la phrase qui m'a le plus interpeller est celle-ci
Citer
: explorer encore plus le passé de ton personnage, le rendre un peu plus humain peut-être, moins parfait, je sais pas.
Ceci est un prologue d'un roman psychologique. Mon personnage est décrit comme n'étant personne, un inconnu, une personne que personne ne remarque mais qui a pourtant un don exceptionnelle. Je ne peux pas tout dévoiler dans un prologue car l'histoire n'a elle-même pas encore débuté. Mon personnage est décrit comme n'existant pas, je ne vais donc pas le décrire de la tête au pied, il faut que je donne au lecteur la même impression que celle que mon personnage donne aux gens dans la rue qui le croise. Quant à son passé, si je dévoilais tous dès le prologue, où serait l’intérêt ? Je compte dédier une partie de l’œuvre à son passé pour que le lecteur comprenne ses agissements, son esprit torturé et tordus, mais pas tout de suite, ce serait du gâchis et une perte de suspens. Au fond je retiens de ton commentaire que tu prends pour de la maladresse ce que j'ai fait volontairement du à mon âge. J'ai tout de même corrigé les fautes et je te remercie tout de même pour cela :)
Peace
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #9 le: 03 août 2015 à 21:55:00 »
Poh poh poh doucement mon bon monsieur, quand on est poli on corrige pas le correcteur !  :mrgreen: non mais c'est une faute que je fais depuis longtemps sans m'en rendre compte, pour moi "quand même" c'est pas naturel (à part à la relecture...)
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Re : Prologue de mon roman
« Réponse #10 le: 03 août 2015 à 23:39:37 »
T'inquiète pas c'était juste pour le notifier aha :)
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Re : Roman Spyro - Prologue + Chapitre 1 [up]
« Réponse #11 le: 09 août 2015 à 02:25:24 »
Bon ok j'arrête de te snober, j'aime vraiment pas voir un texte qui n'a pas reçu de commentaire.

Déjà, je note dans le chapitre 1 une certaine répétition des idées déjà exploitées dans le prologue, mais bon c'est pas très grave et j'imagine que ça peut passer. Je dirais que dans le prologue tu parles de A et d'une moitié de B, puis de la seconde moité de B et de C au chap 1.
Je remarque l'importance que tu accordes à l'absence d'identité de ton personnage, ce qui est très intéressant parce que son désir le plus profond semble être, de manière diamétralement opposée, de connaître l'Homme à la perfection et de devenir lui-même parfait en s'appropriant toutes (ou les meilleures) identités du reste des humains. Perso, j'aimerais bien que cet aspect du personnage soit exploité dans les prochains chapitres, de façon à ne pas en faire uniquement un être de curiosité, qui cherche à disséquer ses "semblables" uniquement par un intérêt scientifique et abstrait, ou du moins un simple désir de perfection dans le sens pouvoir/puissance, sans cause profonde et inconsciente derrière. J'aimerais bien voir à quel point il est brisé et souffre en même temps qu'il jouit de son don.
Après, tu as commencé à esquisser une certaine ébauche du comportement humain en général, genre dans le sens disons sociologique, avec ces fameuses redondances dans l'attitude des gens. Je trouve que tu tiens, grâce aux particularités hors-normes de ton perso, une superbe occasion d'exposer ta vision voire critique de la société de manière très originale. Même remarque que plus haut : en tant que lecteur, ça m'intéresserait vraiment de voir ce que ça pourrait donner dans les prochains chapitres.
Après il y a aussi cette idée de commencer à s'intéresser à des personnes en particulier, celles qui sont différentes, qui ont un "truc" en plus dans leur tête. J'attends vraiment beaucoup de cet aspect là également, de voir en quoi ces gens sont différents, comment cette différence se manifeste dans leur comportement, ce qu'ils pensent, ce qu'ils ressentent, comment ils vivent leur différence, et aussi combien de différences existe-t-il ? Toutes les personnes différentes ont un truc en commun ? Y a-t-il plusieurs catégories de différences ? Ou bien les deux à la fois, un truc commun qui les différencie de la majorité, puis des différences entre eux ? Bref, ça peut donner un truc vachement sympathique.
En gros, avec ce chapitre, je la "sens" (habile jeu de mots...) mieux, ton histoire.

Le plus gros souci, c'est qu'il y a vraiment trop de fautes. Bon là je me sens pas chaud pour faire un relevé, l'est un peu tard quand même, mais je le ferai si personne ne se dévoue entretemps.

Allez, bonne chance pour la suite.
« Modifié: 09 août 2015 à 02:44:07 par extasy »

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Re : Roman Spyro - Prologue + Chapitre 1 [up]
« Réponse #12 le: 09 août 2015 à 15:00:25 »
@extasy merci d'avoir pris, encore une fois, le temps de rédiger un commentaire construit ce qui est fort appréciable.
Alors oui, comme je te l'avais il me semble, le prologue et le chapitre 1 sont en quelque sorte complémentaire l'un de l'autre.
C'est vrai que j'ai toujours aimé critiqué la société et que au quotidien j'essaie, de mon mieux, de me mettre en marge, ou de ne pas faire comme tout le monde, et cette attitude de vie me permet d'être plus critique sur le monde qui m'entoure et de voir les choses sous un angle différent.
Pour le côté "sensibles" de mon personnage, tu y aura le droit car je te l'avais dit, une partie du roman est dédié à son enfance ce qui permettra au lecteur de mieux comprendre pourquoi le personnage agit ainsi et pourquoi il en est arrivé là.
Enfin, le chemin que mon personnage emprunte dans sa quête sera semé d'embuche qui le dévieront de son objectif afin de lui rendre la tâche bien plus complexe qu'il ne le pensait.
Merci encore de ton commentaire.
Je me doute qu'il y a beaucoup de fautes et si le coeur t'en dit c'est avec plaisir que je recevrais ta correction :)
Bien à toi
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Re : Roman Spyro - Prologue à Chapitre 2
« Réponse #13 le: 03 septembre 2015 à 10:30:03 »
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