bonjour bip

personne n'est encore venu ?
allez, je me lance !
Autour des tourterelles
qui s'envolent dans le cieldès le premier vers , nous découvrons un magnifique hexasyllabe tout en allitération de "r" et de "t", fleurant fort bon l'été
dès le premier vers, le ton est donné
dans le deuxième, l'auteur a choisi l'heptasyllabe pour mieux symboliser la pureté de sa métaphore, qui est une vraie merveille de blancheur : l'élévation vers les cieux
le regard dans le vent
tu remontes le temps ces deux hexasyllabes suivants font bien évidemment penser au meilleur de Ronsard, quelle audace dans la juxtaposition de ces images contradictoires : le vent de l'actuel et le temps des souvenirs, c'est très ingénieux et cela nous donne (avec l'heptasyllabe en deuxième position brisant finement le rythme des hexasyllabes)
Autour des tourterelles
qui s'envolent dans le ciel
le regard dans le vent
tu remontes le temps un quatrain hétérométrique d excellente facture !
les espoirs du passé
se sont vite enterrés
le manège est parti
et tu tournes dans l'oublidans le deuxième quatrain, dont les vers sont éloquemment tristes, l'auteur a malicieusement mit l'heptasyllabe en dernière position, cette fois dans le but de souligner le caractère tragique d'un néant sans mémoire et c'est très bien manœuvré
dans ce monde nouveau
les palombes ont des heures
qui poussent sur le dos
elles planent avec douceurici, l'auteur n'hésite pas à chambouler pour notre plaisir les codes de la versification, passant de quatrains à rimes plates à un quatrain en rimes croisées avec en prime, les rimes en "o" en hexasyllabe, et une rime en "eur" en heptasyllabe, pour terminer sur un octosyllabe et cerise sur le gâteau, un quatrain tellement riche d'images poétiques qu'il en est admirable
chapeau !
tu montes tout là-haut
pour rechercher le beau
pigeonnier insensé
où tu vas te trouverdans ce quatrième quatrain nous abordons la thématique chère à l'auteur, à savoir la beauté de l'enfance, la pureté du paradis perdu, et l'espoir récurrent de l'éden retrouvé
techniquement, l'auteur est revenu aux rimes plates pour un quatrain tout en hexasyllabes, symbolisant à la perfection la stabilité de cet idéal
chaque endroit est nouveau
tu peux créer ta vie
déroulant le rouleau
tu y trouves tes enviesretour aux rimes croisées pour cet avant-dernier quatrain, signifiant mieux la richesse de ce nouvel éden, avec un heptasyllabe final accentuant la diversité de ces désirs neufs, c'est admirablement bien construit
et nous laisserons aux détracteurs, aux rimailleurs frustrés, bref aux jaloux de tout poil qui n'entendent rien à la licence poétique, l'ignominie d'attaquer l'auteur sur la prétendue répétition de l'adjectif "nouveau", en gardant pure la vision poétique de ce majestueux quatrain
autour des tourterelles
qui s’envolent dans le ciel
tu es bien avec toi
tu es là dans tes brasen arrivant (trop rapidement ?) au dernier quatrain, nous apprécions une nouvelle fois la malice de l'auteur qui nous fait, avec excellence, le clin d’œil du refrain des premiers vers, et surtout, la puissance du titre idéalement placé en toute fin de poème, prenant là l'extrême justesse de ce quatrain final teinté de mysticisme
en vérité, il est malaisé de surenchérir après avoir été bluffé de cette incroyable façon
je n'ai donc plus qu'un mot à dire :
chapeau l'artiste
et vivement demain !