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Le Monde de L'Écriture » Encore plus loin dans l'écriture ! » L'Aire de jeux (Modérateur: Claudius) » [jeu] Soirée Dico

Auteur Sujet: [jeu] Soirée Dico  (Lu 1051357 fois)

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1860 le: 27 Mars 2016 à 23:12:09 »
L'insistance est en trop, tu as raison, "le paria" suffirait.
J'arrête là en tout cas. Soirée pas très dans les règles, mais de chouettes trucs :)

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1861 le: 27 Mars 2016 à 23:14:22 »
Ouip, c'était chouette, comme d'hab :)
A la semaine prochaine !

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1862 le: 03 Avril 2016 à 20:50:48 »
Ouip, c'était chouette, comme d'hab :)
A la semaine prochaine !
La semaine prochaine c'est maintenant !
Partants ? Qui dicote ce soir ?
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1863 le: 03 Avril 2016 à 21:04:19 »
Plutôt dix fois qu'une :)

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1864 le: 03 Avril 2016 à 21:11:11 »
Je suis là aussi (plutôt à partir de la demi si possible).

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1865 le: 03 Avril 2016 à 21:21:00 »
J'ai bien envie aussi ce soir tiens, vu que je suis là posé à rien faire...
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1866 le: 03 Avril 2016 à 21:23:38 »
Ouais trop cool que vous soyez là les copains !
J'attends vos nombre entre 1 et 1089  :)
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1867 le: 03 Avril 2016 à 21:28:43 »
719 !
Le style c'est comme le dribble. Quand je regarde Léo Messi, j'apprends à écrire.
- Alain Damasio

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1868 le: 03 Avril 2016 à 21:29:58 »
204.

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1869 le: 03 Avril 2016 à 21:30:15 »
487 !

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1870 le: 03 Avril 2016 à 21:32:32 »
organophosphoré (se dit d'un produit chimique de synthèse dérivé du phosphore)
cinèse (déplacement d'un animal provoqué par un agent externe et dont la vitesse varie selon l'intensité du stimulus  :o)
guise

bon courage !
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1871 le: 03 Avril 2016 à 21:43:19 »
     Regardez bien ce qui se passe lorsque j'appuie sur cette manette. De l'extérieur, on ne remarque rien. Mais eux, voyez comme ils réagissent ! Si mon mouvement sur le joystick se fait plus doux, les voilà qui dansent presque, c'est la magie de la cinèse que nos ancêtres ont inventée après avoir imaginé le concept de ce monde clos.

     Bien sûr, n'importe lequel d'entre vous pourrait jouer à sa guise avec ce simple petit bâton. Tournez le à droite et c'est la guerre, tournez le à gauche et la famine se répand, les oiseaux tombent et la mer se meurt. Sans un bruit les atomes perdent de leur superbe et s'avachissent : leurs électrons palissent. Mais n'arrachez jamais le manche, n'appuyez pas sur les touches n'importe comment. Lors des essais de qualification de notre jouet, le Comité des Sages a oublié d'inhiber les essences organophosphorées et de catalyser les réactions d'oxydoréduction au sein de la bulle, alors imaginez si vous tripotez les boutons outre mesure.

      Voilà, ce n'est guère plus compliqué que cela. Un peu de vert, un peu de bleu, quelques vers et des bleus, nos humains s'amusent et égayent nos soirées. Allez-y ! Jetez un peu de soufre, vous les verrez courir ; cassez les ampoules et leur ciel se lissera d'éclats d'argent.
« Modifié: 03 Avril 2016 à 21:45:53 par RémiDeLille »
Le paysage de mes jours semble se composer, comme les régions de montagne, de matériaux divers entassés pêle-mêle. J'y rencontre ma nature, déjà composite, formée en parties égales d'instinct et de culture. Çà et là, affleurent les granits de l'inévitable ; partout les éboulements du hasard. M.Your.

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1872 le: 03 Avril 2016 à 21:49:45 »
Lorsqu'il retire pour la première fois son poing, mon visage n'est déjà plus qu'une plaie bouillie rouge et humide qui remue en crachant du sang par de nouveaux orifices.
Lorsqu'il retire pour la deuxième fois son poing, j'ai déjà plusieurs nouveaux visages qui s'agitent par morceaux sur mes os creusés de fentes.
Lorsqu'il retire pour la troisième fois son poing, je n'ai plus de figure, je ne suis plus un homme, je ne suis qu'un animal agonisant qui tressaute par cinèse en balbutiant des lambeaux de gestes désespérés pour recouvrir le trou organophosphoré de litres de sang qui pend sur mon cou.
Lorsqu'il retire pour la quatrième et dernière fois son poing, je revis toute la scène d'en haut, faisant défiler les images à ma guise, apaisé, presque curieux du spectacle cauchemardesque de ses bras qui s'abattent sur ma tête, amusé par l'homme devenu bête qui me dévore la face et continue de frapper alors même que plus rien ne sépare son poing meurtrier du sol.

(je suis un psychopathe  :neutre: )

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1873 le: 03 Avril 2016 à 21:50:36 »
Le vaisseau avait à peine atterri, la sphère plastique de son socle s'applatissant et s'accommodant de chaque recoin du sol, pour s'y ancrer fermement, que Zork en sortit comme en s'en décapsulant et partit dans la direction opposé à la spatiogare.
Sortir précipitamment était dans ses habitudes : sur ces vieux modèles, le fluide produit en excès par la combustion, liquide organophosphoré bleu, s'évacuait vers le sol aussitôt l'appareil posé. Pour ainsi dire, la machine pissait ; et l'odeur était une bonne raison de presser le pas.
Mais, dans les centaines de voyage interstellaires qu'il avait fait jusqu'alors, Zork était toujours parti - comme on s'y attendrait - droit vers la spatiogare pour enregistrer dûment le véhicule, peut-être profiter du bar, y grignoter un morceau et y engloutir un tonneau. Il ne savait pas trouver du travail autrement : boire, boire à sa guise et espérer que quelqu'un avait besoin d'un pilote et d'un vaisseau pour déplacer un peu de cargo.
Et peu importe le cargo quand on a l'ivresse, disait-il toujours. Il ne regardait pas, et était réputé pour sa discrétion. Il lui arrivait, bien sûr, d'être forcé de savoir ce qu'il transportait, au moment de l'embarquement ou de la livraison, mais jamais il n'en pipait le mot. Aux questions posées, il baillait, feignait l'ivresse, s'assurait toujours de ne rien dire ni de ce qu'il avait transporté, ni de lui  - il répétait ses tarifs : tant reçu à l'aller, tant reçu au retour.
Mais ce jour-là, on vit son vaisseau-ventouse se poser, pisser ; on vit l'ombre de Zork en sortir, tituber, comme par hasard, cinèse illogique due à un stimulus anormal, dans la direction opposée à la spatiogare ; s'arrêter près d'un poteau pour vomir, puis partir jusqu'à disparaître pour de bon.
Certains dirent qu'il s'était retrouvé avec la livraison de trop, celle qu'il ne pouvait pas accepter ; d'autres qu'il avait touché le gros lot ; d'autres qu'il avait perdu la tête.
Dans la direction opposée à la spatiogare, il n'y avait que le désert, et ses mirages.

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Re : [jeu] Soirée Dico
« Réponse #1874 le: 03 Avril 2016 à 21:54:06 »
Et merde  :facepalm:



"Rajoutes-en un peu. Voilà. Voilàààà. Mais putain pas trop bougre d'idiot ! Allez dégage de là."
C'est un génie ce type. Mon maitre. Le gars a pas eu une enfance facile, c'est ce qu'il m'a dit quand il m'a embauché. On avait discuté autour d'un verre, son teint pâle et sa barbe mal taillée m'avait intrigué ; on était rentré à 3h du matin, bras dessus bras dessous à son labo ; on avait fait l'amour. Sans doute le meilleur entretien d'embauche de ma vie.

"Scalpel."

Ca fait quatre ans maintenant. Au début il me faisait faire que des petites émulsions, des tests, des préparations de labos bateaux bien en dessous de mon niveau, et puis, il a commencé par bribes à me parler de son projet.

"Préparation organophosphorée au sulfate d'amonium. Ohh, sublime couleur, t'es pas loin d'être un dieu. Tu y as passé la nuit je parie ? Tu y as passé la nuit."

On avait continué à coucher un peu ensemble, il me disait qu'il aimait bien les jeunes garçons comme moi, les mèches rebelles qui tombent sur des yeux rebelles, et autres gentillesses du plat de la main. J'ai toujours gardé mon appartement, il ne s'est jamais rien passé de plus. Il me disait qu'il ne voulait pas mélanger travail et vie privée, que mes petites gateries au coin de la paillasse quand nous restions trop tard, ce n'était rien, rien qu'un besoin de contact humain, nécessaire pour garder la force, mais rien tout de même.

"Bordel tu l'as mis où?! Tu l'as où encore cette connerie de merde?! Mais quel putain d'incapable, un con pareil en guise d'assistant ! ... Ah c'était là. Excuses-moi. Mais tu pouvais pas le dire aussi tête de con?!"

Il me caresse la joue.

"Tu vois on y est ! On y est hahaha ! Mon petit mon petit, tu étais ma pièce maitresse je dois l'avouer ! Oh si tu savais, si tu savais comme je t'ai aimé ! Bien plus que les autres, tu sais."

Et oui, je le vois. Là dans cette immense pièce les néons multicolores s'allument, du mur, du sol, du plafond : d'immenses miroirs recouvrent tout.
Là, je me vois tournoyant, lentement au début. Là, une musique de crécelles envahit mes oreilles. Là où mes bras prisonniers de tubes métalliques, collés à la paillasse du labo, là où me tête, coincée derrière une vitre où le froid m'a engourdi, pour toujours je crois.
Là je me vois, je nous vois.
Des dizaines de jeunes laborantins aux blouses volantes tournoient au rythme des flesh, des néons et d'une musique douceureuse, lancinante, entreinante, captivant en rythme nos yeux ecquarquillés en train de se perdre, glissant sur les miroirs terribles et infinis. Nous sommes infinis. Tournayant dans l'infini en cinèse notre caroussel macabre, petits chevaux de chairs sans peau, accolés d'une tête effarée mécanique, là des jambes courants dans le vide, à doss de chien des montagnes à tentacules vertes, ici des bras s'accrochant fermement à la barre du manège, et sa tête tentant d'hurler un pénis profondément enfoncé dans la bouche. Et en face de moi tournoyant, moi même et ses clones, des bras dans une caisse en métal, ornée de parrures d'or, mon visage las à demi penché, orné de bois de cerf. Là moi le seul et l'unique au sommet de cette pyramide mortuaire et pourtant vivante, maitre de ce jeu dont je n'ai jamais connu les règles.
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