Rémi la foudre
Très orienté tout ca Oo
Avec mon canon à fleur, j'arpente les collines les yeux guetteurs. Tout les 50 mètres, en ligne, des moi le casque vissé su les oreilles arpentent tactiquement le vallon dans un seul et unique but. On cherche l'ennemi, tapis dans l'ombre ou caché on ne sait où. On veut en toucher, au moins un, d'une fleur, en esperant que ce soit le bon, fragile à cette idée là. Eux, veulent la même chose, exactement la même. On veut se toucher mutuellement et s'unir dans cette vision de la vie, alors pourquoi, pourquoi doit on le faire de facon sournoise et dissimulée? Voilà ce que je ne pouvait m'empecher de me demander, avec mon canon à fleur et mon treilli rose taché de quelques victimes que j'ai blessé, mais pas réussi à faire prisonniers. Je n'en veut qu'un et je rentre, fini la guerre, mon seul et unique prisonnier viens s'il te plait je ne veux plus y retourner...
Hier j'ai vu au loin une embuscade, j'ai vu des gens tomber, crouler sous les fleurs bleus des ennemis, j'en ai vu fuir, j'en ai vu se faire trainer. Au matin, nous avons resserer les lignes, voilà tout. Je n'en sais pas plus.
Je vieilli. Je me souviens avec nostalgie quand on m'a envoyé ici, au front, face à toutes ces couleurs chatoyantes, j'étais jeune et fougueux, je voulais tirer sur tout ce qui bougeait! Mais une erreur, que je ne referai jamais : un char. Un char bleu, je le voulais, j'étais sûr que le destin me l'avait amené là et que le conducteur ne pouvait être que mon élu. Je l'ai pourchassé, des mois durant en rompant avec ma compagnie, je l'ai vu décimer des lignes entières : il crachait des saules pleureurs qui éclosaient et poussaient en vol. Je n'étais pas armé pour et pourtant, tout les jours je cherchait le bon, à la tomber du jour en sniper dans la boue, je balancais ma fleur dans les chenilles espérant l'enrailler. J'étais jeune et naif, des dizaines d'autres moi le poursuivaient aussi ce tank, je ne voulais pas les voir. Rien rien rien, je n'ai pu qu'apercevoir une seule fois la chevelure du conducteur, ca m'avais redonné espoir pendant des mois... Et puis un jour, sans explications aucune, plus rien. Réveillé en sursaut dans ma couche : un immense bruit d'explosion, un cercle brisé de cendres et de flammeches vite éteintes. Plus rien. Le char avait disparu, fractionné dans l'espace et le temps, plus rien. Je suis resté là, blessé, le doigt sur la gachette, blessé au plus profond dans un harem des plus belles fleurs que je n'avais jamais tiré. Là, camouflé dans cette canopé de senteurs et de couleurs tentant vainement de m'enlacer, par centaines grandissantes, j'ai pleuré des semaines entières sans que jamais un pétale n'arrive à essuyer totalement mes larmes. On peut encore voir de très loi ce jardin de fleurs d'une hauteur incalculable se nourissant de mon chagrin.
Depuis, j'ai repris les armes, rejoins une nouvelle faction sans savoir j'y crois ou non, juste par reflexe ne sachant que faire d'autre, et j'arpente les collines vertes, mon canon à fleur à la main.