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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » conte de Noël

Auteur Sujet: conte de Noël  (Lu 1820 fois)

Hors ligne camdailclot

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  • gourmand de mots
conte de Noël
« le: 23 Décembre 2008 à 09:27:15 »
Conte de Noël 2008

   Elno Regardait l'aurore depuis l'entrée de sa grotte. A sa gauche une forêt dense et verte, à sa droite les ocres du désert. Il aimait cette frontière entre deux mondes, celui de la vie luxuriante sans horizon et sans firmament, et celui du silence et des courbes dominées par le ciel.
   Elno avait dans son adolescence, perdu ses parents et sa sœur dans une guérilla qu'il n'avait jamais comprise. Y avait il d'ailleurs une seule personne sensée qui puisse comprendre ces escarmouches meurtrières.
   Depuis, il vivait seul, en ermite, dans une grotte ouverte sur ce contraste permanent. Sa solitude était devenue une douce compagne en perdant au fil du temps l'amertume de son origine.
   Ce matin là, il entendit des cris de terreur qui provenaient d'un bosquet en lisière de l'erg. Il se précipita pour voir qui pouvait troubler la quiétude de sa retraite.
   Devant lui, dans un creux de dunes, une poignée de villageois s'apprêtaient à lapider une jeune femme agenouillée à terre. Elle avait le visage couvert de larmes et de crachats, mais elle   regardait ses bourreaux en face avec un courage déchiré de désespoir.
   Elno s'interposa et les interpella :
Que se passe t'il ?
Écarte toi l'ermite et laisse nous accomplir notre tâche. Cria un jeune homme enragé.
Qu'a fait cette femme pour mériter ce châtiment inhumain ?
Elle s'est faite engrosser par un inconnu. Répondit un vieillard.
C'est déjà une malédiction d'avoir une fille, et  pour couronner cette misère elle n'est même plus bonne à marier. Cria le père.
Qui voudrait épouser cette catin maintenant. Hurla le frère.
Le châtiment que nous allons appliquer est prévu et recommandé par nos lois sacrées. Éructa une sorte de prêtre.
Dépêchons nous ! Le soleil est en train de monter il y a du travail qui nous attend dans les champs. Lança un paysan.
Calmez vous et écoutez tous. Si j'amène devant vous le père de ce enfant, et s'il accepte d'épouser cette jeune femme, allez vous leur laisser la vie sauve ? Dit Elno d'une voix forte et claire.
Sans aucun doute ! Affirma le père qui n'y croyait guère.
J'ai votre parole ?
Vous l'avez ! Devant dieu et les hommes si le père de cet enfant se présente devant moi et épouse sur le champ ma fille ils auront tous la vie sauve et ma bénédiction.

   Le prêtre affichait un sourire narquois, les villageois parlaient à voix basse. Elno avança de deux pas et annonça :
Vous avez devant vous le père de cet enfant !
Toi ? Ricana le prêtre.
Oui moi !
Mais tout le monde sait ici que tu ne sors jamais de ta retraite pour venir au village.
Il y a d'autres façons de féconder le ventre d'une femme, ce n'est pas toi qui pourra en douter en cette période de Noël !
Ne blasphème pas ! Grinça le prêtre.

   Tout le monde donna son avis dans une effroyable cacophonie.
Taisez vous tous ! Cria le père. Avance vers moi Elno et jure devant tous ici présents que tu es le père de cet enfant et que tu accepte d'épouser ma fille immédiatement.
Je le jure solennellement ! Et je suis prêt à me marier si votre fille y consens.

   La jeune femme s'approcha d'Elno. Il déchira un pan de sa tunique et essuya avec ce tissus le visage de la jeune femme, puis ils lui prit les mains en lui faisant face.
Accepte tu de devenir ma femme et de m'aimer jusqu'à ton dernier souffle ?
Oui je le veux ! Accepte tu de devenir mon époux et de me chérir moi et mon enfant jusqu'à ce que la mort nous sépare ?
Oui je le veux !
Toi le prêtre, prononce maintenant les paroles sacrées pour que le mariage soit officiel ! Dit le père d'un ton menaçant.

   Le prêtre lut dans les yeux du père qu'il n'avait pas d'autre choix que d'obéir s'il tenait à la vie. Alors il s'exécuta en maugréant. Puis dans le joyeux brouhaha qui suivit il s'approcha d'Elno et lui susurra à l'oreille:
Tu ne l'emporteras pas au paradis.
Ce n'est pas à toi d'en décider ! Toi qui ne vit que dans la haine et le mépris de la vie.
On ne bâtit pas une société sans morale !
Peut être ! Mais pas sans amour non plus ! Et ce n'est pas à toi de l'écrire cette morale. Je vous ai vu toi et tes semblables, de chaque côté de la guerre, à l'abri dans vos lieux de culte, du haut de vos tribunes, exhorter les hommes à la haine et au combat au nom de vos principes et de votre prétendue morale. Tu es un vecteur de mort, je suis un amoureux de la vie.

   Ils s'éloignèrent tous en piaillant, laissant seuls Elno et la jeune femme. Son père ne l'avait même pas saluée en partant. Elle s'approcha d'Elno et murmura à son oreille
Tu nous as sauvé la vie mais je ne veux pas t'imposer notre charge. Je ne veux pas que tu me reproches un jour de ne pas être le père de mon enfant.
C'est l'amour qui décide de la vraie paternité, les liens du sang ne sont qu'une illusion. En t'épousant devant ces gens j'ai accepté cette paternité, et je l'assumerai jusqu'à ma mort.

   Elle lui sourit les yeux baignés de larmes de joie et ils s'embrassèrent amoureusement. L'enfant naquit un peu plus tard dans l'abri de la grotte, puis ils partirent tous les trois pour parcourir le monde.
   Ils jouaient leurs pièces de théâtre sur les places de village pour gagner leur vie et enchanter celle des autres.


amoureux de littérature et de musique
musicien de jazz, voyageur, aquarelliste
théâtreux par moments
aime la vie
timide et imaginatif
très (trop) sensible

Verasoie

  • Invité
Re : conte de Noël
« Réponse #1 le: 23 Décembre 2008 à 13:12:17 »
J'aime bien l'histoire ^^ ça se lit bien.

Citer
Y avait il d'ailleurs une seule personne sensée qui puisse comprendre ces escarmouches meurtrières.
Tu as oublié un point d'interrogation.

Citer
Accepte tu de devenir ma femme et de m'aimer jusqu'à ton dernier souffle ?
Oui je le veux ! Accepte tu de devenir mon époux et de me chérir moi et mon enfant jusqu'à ce que la mort nous sépare ?
Oui je le veux !
Il y a quelque chose qui me gêne dans ce passage... je suggérerais simplement "oui, je le veux." enfin, une virgule et un point. Mais c'est un détail..?

Citer
Ce n'est pas à toi d'en décider ! Toi qui ne vit que dans la haine et le mépris de la vie.
On ne bâtit pas une société sans morale !
Peut être ! Mais pas sans amour non plus !
Trop de points d'exclamation pour moi, mais je sais pas si c'est partagé.

Le choix que tu as fait de ne pas utiliser de tirets dans le dialogue m'a paru bizarre au début mais finalement ça passe bien, surtout dans la scène avec les paysans. Je proposerais quand même de rajouter un verbe de parole (dit il/elle, répondit il/elle...) dans le passage là, sinon ça fait bizarre :
Citer
Tu nous as sauvé la vie mais je ne veux pas t'imposer notre charge. Je ne veux pas que tu me reproches un jour de ne pas être le père de mon enfant.
C'est l'amour qui décide de la vraie paternité, les liens du sang ne sont qu'une illusion. En t'épousant devant ces gens j'ai accepté cette paternité, et je l'assumerai jusqu'à ma mort.

Hors ligne Matt

  • Calame Supersonique
  • Messages: 1 543
Re : conte de Noël
« Réponse #2 le: 27 Décembre 2008 à 18:53:39 »

Bonsoir,

Citer
Elno Regardait

Erreur de frappe niveau majuscule.

Citer
Elle avait le visage couvert de larmes et de crachats

Je n'aime pas trop "crachats" qui suit "larmes". Il faudrait trouver autrechose.

Citer
tu accepte d'épouser ma fille immédiatement.

Erreur de frappe sûrement : "acceptes".

Citer
Accepte tu de devenir ma femme et de m'aimer jusqu'à ton dernier souffle ?

Là encore !

Citer
Accepte tu de devenir mon époux et de me chérir moi et mon enfant jusqu'à ce que la mort nous sépare ?

Et là encore.  :)

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Il n'y a pas trop d'erreurs visiblement. C'est bien écrit mais peut-être trop connu, ou déjà vu, je ne sais pas...

Bonne continuation !
Les Oeuvres d'Art ont quelque chose d'infiniment solitaire, et rien n'est aussi peu capable de les atteindre que la critique.

Seul l'amour peut les saisir, les tenir, et peut être équitable envers elles.

Rainer Maria Rilke

 


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