Bon, ça peut paraitre idiot, mais j’ai lu pas mal de textes où le cheval est traité comme une bicyclette à sabot, donc aujourd’hui, petit cours d’hypologie !
1. Approcher l’animal Le cheval est un animal grégaire, qui conserve dans bien des cas son esprit de « intrus = prédateur ». Approchez-vous donc calmement, sans geste brusque ni cri, ni trop silencieusement. Vous ne devez ni l’effrayer, ni le surprendre. Plutôt que de tenter immédiatement de le caresser, laissez le sentir un peu votre odeur en lui montrant mains bien à plat, avant de la diriger lentement vers son encolure. Eviter les classiques « caresses sur le museau » du débutant, vous risquez surtout de vous faire mordre (de toutes les façons, c’est vraiment le geste à ne pas faire avec n’importe quel chien, chat, hamster, canari… mais vous ne tenez peut-être pas à vos doigts ?)
Une fois que l’animal est en confiance, vous pouvez circuler autour de lui. Faites néanmoins attention à ne pas vous retrouver dans un angle mort (ce qui est certes difficile avec sa vision périphérique mais on ne sait jamais) ainsi que derrière sa croupe en général. Le cheval peut ruer pour toute sorte de raison - mouche, prise de bec avec son voisin de stalle, jeu… - et vous n’avez pas envie de vous prendre un coup de sabot. Si, si, je vous assure.
2. Panser, seller et brider Commencez par passer l’étrille, en bois, métal ou plastique, en faisant des petits cercles, pour décrasser en profondeur, sur le dos, les flancs et la croupe. Passez ensuite le bouchon, ou brosse dure, contre le sens du poil, puis dans le sens normal, sur le dos, les flancs, la croupe, mais également le ventre, l’encolure et les jambes. Prêtez tout particulièrement attention aux zones qui risquent de s’irriter, tel que le passage de sangle. Finissez de lustrer le poil à la brosse douce. Vous pouvez passer un peigne dans la queue et la crinière. Enfin, n’oubliez pas de lui curer les pieds. Pour cela, placez vous à coté de la jambe, tourné vers l’arrière du cheval, et en appuyant votre épaule contre la sienne, obligez le à reporter son poids, pour saisir son sabot. Retirez avec le cure-pied toutes saletés qui peuvent s’y être prises, tout en évitant la fourchette, la zone rebondie au centre de la voute plantaire.
A moins que ayez une folle envie de monter à cru, seller est une étape indispensable, parce que non, le cheval ne naît avec la selle sur le dos. Placer tout d’abord un tapis qui devra chevaucher son garrot (sa nuque, située à la naissance de crinière), puis seulement la selle. Tirez un peu sur le tapis au niveau du garrot, pour qu’il ne frotte pas, et sanglez. La sangle (ou les sangles) n’a pas besoin d’être immédiatement ajustée. Le cheval, ce génie, gonfle son ventre dès que vous commencez à serrer. Vous pourrez toujours re-sangler avant de monter en selle, puis quand vous l’aurez un peu marché. Réglez les étrivières (les sangles qui tiennent les étriers) en les ajustant à la longueur de votre bras. Pour cela, posez votre paume au niveau du porte étrivière et tendez le bras. La plateforme de l’étrier doit arriver sous votre aisselle.
Passons à présent à la bride. Le cheval peut être tête nue, ou porter un licol s’il en stalle par exemple, c'est-à-dire un filet dépourvu de mors, cette partie en métal placée dans la mouche. Si c’est le cas, la première étape est de retirer le licol juste assez longtemps pour l’attacher en collier autour de son cou, s’assurant ainsi qu’il est toujours attaché mais que vous avez désormais accès à sa tête. En vous tenant à gauche du cheval, passez votre bras droit sous son coup et tenez le filet dans la main droite tandis que de la main gauche vous avancerez le mors devant sa bouche. Rares sont les chevaux qui ouvrent la bouche de leur plein gré, vous devrez donc introduire votre pouce gauche à la commissure de ses lèvres puis entre ses gencives qui à cet endroit sont dépourvues de dents. Le geste lui fera ouvrir la bouche et vous n’aurez plus qu’à faire glisser le mors et placer à sa suite le filet, tout en faisant attention à ses naseaux, ses yeux et ses oreilles. Ajustez la crinière, bouclez la muserolle, qui doit passer sous les montants du filet, et la sous-gorge, qui ne doit pas être trop serrée – pour vous en assurer, vous pouvez passer un point entre la sous gorge et les joues.
Pour menez votre cheval tout en étant à terre, marchez de préférence sur sa gauche, sois rênes en mains, comme une longe, soit rênes sur l’encolure. Votre main droite doit pincer les rênes sous le menton du cheval, l’index entre les deux courroies.
3. Monter A moins d’être un cow-boy des plaines sauvages, et encore, on monte toujours à gauche. Vous pouvez sauter en selle (si vous y arrivez), mais la manière la plus efficace est encore de poser cotre pied gauche dans l’étrier et, tout en gardant vos rênes dans la main gauche sans pour autant tirer dessus, de vous hisser en vous tenant au pommeau (la partie légèrement surélevée qui surmonte le garrot) et au dossier, et de passer la jambe droite au dessus de la croupe, avant de vous assoir doucement, pour ne pas abîmer le dos du cheval. Prenez garde de ne pas faire tourner la selle – pensez à vérifier la sangle et au besoin de re-sangler avant de monter). Une fois bien en place placez votre autre pied dans l’étrier, et ajustez vos rênes.
Il peut également être utile de régler les étrivières. Pour cela, retirer l’étrier et laissez pendre votre jambe. La plateforme de l’étrier doit arriver au niveau de votre cheville. Avancez votre jambe vers l’épaule du cheval pour avoir accès à l’étrivière.
Selon la monte que vous pratiquez et le cheval, l’ajustement peut varier. En équitation classique, on garde une permanente tension avec la bouche du cheval, sans pour autant tirer dessus, tandis qu’en Amérique, on laisse les rênes souples. Un cheval un peu nerveux n’appréciera pas de se voir trop « serré », mais vous serez obligé de « tenir court » une monture qui a tendance à n’en faire qu’à sa tête.
4. Avancer, se diriger, s'arrêter « Yahou ! », « Huda ! », « En avant ma belle ! », tout ça, c’est du chiqué. Une simple pression des mollets sur les flancs du cheval et un léger avancement des mains sur l’encolure suffiront. Répétez l’opération pour augmenter l’allure. Un petit coup de talon (léger, vous ne cherchez pas à lui briser les côtes) convaincra un cheval paresseux, et au besoin, un petit coup de cravache (encore une fois, petit) sur l’épaule servira de rappel à l’ordre. Si vraiment, Papy ne se réveille pas, prenez les rênes dans une main et donnez un petit coup sur la croupe. N’oubliez pas de vous mettre légèrement en arrière, au cas où il décide de donner un coup de pied (les chevaux sont des animaux vicieux

).
Le pas est l’allure la plus lente, marchée et parfaitement symétrique, à quatre temps. Le trot est l’allure moyenne, enseignée et non naturelle, sautée, à deux temps égaux. C’est la moins confortable pour le cavalier, qui a tendance à rebondir dans sa selle s’il n’est guère exercé ou si le cheval est particulièrement inconfortable. On trotte donc assis, mais aussi « enlevé », c’est-à-dire en se levant un temps sur deux, au même rythme que l’un des membres antérieurs. On peut également trotter « en équilibre », c'est-à-dire en suspension sur les étriers, le haut du corps légèrement penché en avant (comme les cavaliers d’obstacle). Le galop est l’allure la plus rapide, sautée, basculée et dissymétrique, à trois temps inégaux. Elle est très confortable, du moment que vous basculez légèrement le haut de votre corps vers l’arrière si vous restez assis. On peut également galoper en équilibre. Au pas et au galop, le cheval allonge son encolure. Accompagnez le mouvement avec vos mains.
Pour tourner, écartez légèrement la main correspondante de l’ouverture, avec le même mouvement que pour ouvrir une porte, ou bien appuyez la rêne contraire contre l’encolure. Un cavalier expérimentez pourra également faire tourner son cheval avec ses jambes seulement, en exerçant une pression sur le flanc du côté duquel il souhaite tourner.
Pour ralentir, puis vous arrêter, resserrez les doigts sur vos rênes et redressez vous. Vos mains vont automatiquement légèrement reculer et indiquer au cheval de ralentir ou s’arrêter.
5. Descendre et panser Descendez toujours à gauche. Retirez les étriers, et répétez en sens inverse la procédure pour monter. C’est le moment idéal pour récompenser votre cheval d’une caresse ou d’une friandise.
Une fois revenu au boxe ou à la stalle, dessellez, débridez, et passez au pansage. Un coup de bouchon et de cure-pied suffira. Si le cheval a transpiré, vous pouvez lui donner faire un bouchon avec de la paille, et le passer sur les zones humides en petits cercles. S’il fait froid, n’oubliez pas de replacer une couverture rapidement, que le cheval n’attrape pas froid.
Et voilà...