Ce soir-là, les chevaux cassaient du sabot dans toute l’écurie.
Dans leurs ruades folles ils cassaient tout. Tout le bois, toute leur tête et leurs dents, et même quelques os en s’y plaisant. C’était vraiment quelque chose. Tout se cassait dans un grand délire déconstruit et ignorant.
On entendait les bêtes hennirent et hoqueter furieusement dans la nuit. Et comme il y avait beau vent au-dehors, et au-dedans aussi d’ailleurs, beaux vents à s’en faner le crin, leur espèce d’hilarité s’en trouvait encore plus emportée, encore plus obsédante.
A force d’hennir, ou de rire bêtement à souhait, à force d’éructer leur racine embarrassante, l’air de la grange excitait. Et les chevaux, vieux poitrinaires édentés, respiraient cet air avec une sorte de familiarité immonde, de déplaisir renversé par la honte, et la honte qui raccordait leur humeur. Du grand n’importe quoi à en frémir.