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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » jalousie

Auteur Sujet: jalousie  (Lu 1984 fois)

Hors ligne camdailclot

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jalousie
« le: 01 Décembre 2008 à 22:38:48 »
Frigore calliente

   Louis regardait avec une certaine indifférence le cadavre de Julie qui s'étendait à ses pieds.
Elle gisait dans une position étrange et une flaque de sang sombre grandissait sur le parquet sous la  poitrine du cadavre.  Il avait tiré presque à bout portant sous le sein gauche de la jeune femme à l'instant où elle se moquait de ses tourments.
   Curieusement il avait retrouvé son calme. Un état d'âme lisse, sans aucune vague. Il regarda un moment le corps de celle qu'il avait tant aimée. Elle était toujours aussi belle, et dans cette immobilité elle paraissait plus douce que jamais.
   Louis alla prendre une douche, lentement, en jouant presque une sorte de pièce de théâtre dont il était l'auteur l'acteur et le seul spectateur. C'était aussi une sorte de ballet où chacun de ses gestes était accompli avec une grâce calculée. Il se sentait aérien, détaché de la pesanteur terrestre et de la gravité de ses actes. Il se demanda si ce n'était pas une forme de bonheur qu'il venait d'atteindre.
   Le poison qui l'avait amené dans cette extrémité s'appelait « jalousie ». Un sentiment violent qui dévore tout ceux qu'il touche. Il pensa à ce jeune spartiate qui pour cacher un petit renard qu'il venait de capturer, s'était laissé dévorer l'abdomen sous sa tunique. C'est bien ce qui s'était passé avec son amour pour Julie.
   Au début tout paraissait facile. Les gestes d'amour s'enchaînaient les uns après les autres dans une lente découverte des corps et des sentiments. Tout était léger et enchanteur. Ils avaient tant de choses à partager. Mais Louis se rendit compte rapidement que Julie se dispersait. Elle lui apportait certes son amour, mais elle ne pouvait se passer de très nombreux amis qui lui proposaient des activités diverses. Elle ne savait pas dire non et elle était flattée dans son ego de l'intérêt que lui portaient toutes ces relations. Tant qu'il ne s'en rendait pas compte tout était serein. Mais un jour elle écourta un de leur rendez-vous pour aller rencontrer un de ses admirateurs. Elle lui annonça la chose avec une telle gaieté presque naïve que Louis ressentit pour la première fois la morsure violente de ce sentiment qui allait l'emporter dans la tourmente. Passé ce jour il ne fut pas un mois où il ne fut confronté directement ou indirectement à des événements semblables.
   Mais comme elle lui donnait des preuves lumineuses de son amour, il revenait toujours à des sentiments très exaltants et il ne pensait plus à tout le reste.
   La jalousie est comme un foyer qui paraît éteint. Il suffit de souffler sur les cendres pour que la pellicule grise et inerte s'envole et laisse la place aux braises qu'elles couvaient.
   A chaque fois il essayait de ne rien laisser paraître pour ne pas troubler la sérénité de leur relation. Mais la douleur était bien là. Il essayait de ne pas entendre les mots ou les allusions qui pouvaient alimenter cette souffrance, mais sans cesse elle déposait des indices qui le brûlaient comme les tentacules d'une méduse.
   Le temps passait avec l'exaltante passion amoureuse qui les entraînait dans un tourbillon de joies toujours plus colorées. Elle lui faisait découvrir des félicités qu'il n'avait jamais osé imaginer.
Et toujours insidieusement et involontairement elle déposait aussi ces petits rien qui nourrissaient le serpent qu'il couvait dans son sein.
   Un jour, au tournant d'une conversation, elle comprit qu'il était jaloux. Cela lui causa d'abord de la peine et de la compassion, puis rapidement une certaine irritation.
   Dès lors leur relation se tendit et passa par des phases claires et obscures. Elle était comme un jour d'avril sous les giboulées, passant d'un ciel noir et orageux à un lumineux soleil bordé d'arc en ciel. Louis devint tendu et sombre. Il attendait leur rencontres autant qu'il les redoutait. Il passait du paradis à l'enfer aussi facilement qu'un météore chutant dans l'atmosphère.
   Ce jour, elle était dans l'ivresse d'une rencontre imprévue, elle s'en ouvrit à Louis. Elle comprit rapidement qu'il était jaloux. Cela l'amusa et elle prit un ton humoristique pour se moquer de lui, croyant par le ridicule, effacer ce sentiment pervers de l'esprit de son amant.
   Ils étaient dans l'appartement de Louis, il s'excusa un instant pour s'éloigner sous un prétexte vaseux le temps d'aller chercher le revolver qu'il cachait dans un tiroir de son armoire dans la chambre à coucher. Il le dissimula sous son pull et s'approcha d'elle pour l'embrasser. Elle continuait à se moquer de lui avec désinvolture, s'enivrant de l'emprise grandissante qu'elle avait sur lui. Il s'approcha d'elle et l'embrassa sur la bouche en caressant sa nuque d'une main. De l'autre il sortit l'arme et fit feu à bout portant dans la région du cœur. Elle ouvrit la bouche mais aucun son ne put sortir de sa gorge. Elle s'affaissa lentement, il la laissa glisser doucement sur le plancher.
   Lorsque Louis sortit de la douche, il s'habilla avec soin comme pour sortir, puis il se dirigea vers la pièce principale là où gisait la morte. La flaque se sang ne grandissait plus. Il se pencha vers le cadavre et caressa doucement le visage. Elle commençait à se refroidir. Son visage était plus pâle que jamais. Il l'embrassa sur la joue avec tendresse et pudeur. Il avait enfin le sentiment de la posséder entièrement. Cela lui donna une sorte de vertige.
   Il était assez lucide et intelligent pour savoir qu'après ce meurtre il ne pourrait pas échapper à un avenir très sombre. Il savait aussi qu'il ne pourrait supporter le manque de liberté.
   Il alla chercher dans son armoire à pharmacie trois flacons de médicaments  qu'il avait mis de côté. Il s'installa sur son canapé en face de la morte, et il avala méticuleusement le contenu des trois boites. Il s'allongea ensuite par terre non loin de son amoureuse. Son cerveau était au point mort. Il était heureux, bientôt il serait près d'elle à nouveau.
    Puis il se demanda si la jalousie existait aussi dans l'au delà. Il se mit à paniquer, il essaya de se relever, il n'en avait plus la force. Il rampa vers le corps de Julie, elle était déjà froide. Il commençait à sombrer dans son dernier sommeil. Il pleurait.
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Hors ligne Seymour

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Re : jalousie
« Réponse #1 le: 03 Décembre 2008 à 19:55:59 »
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une certaine indifférence
bon je suis tatillon là encore mais je trouve que du coup avec cet adjectif, la phrase n'apporte plus rien,
soit il s'en fout, soit non.  Là ça fait mitigé et on ne sait pas quoi penser de Louis. Tu vois ce que je veux dire?
Citer
sous la  poitrine du cadavre.
information redondante avec celle qui vient ensuite, mieux vaux l'enlever, la phrase sera plus fluide en plus.
Citer
Il pensa à ce jeune spartiate qui pour cacher un petit renard qu'il venait de capturer, s'était laissé dévorer l'abdomen sous sa tunique. C'est bien ce qui s'était passé avec son amour pour Julie.
euh moi j'ai pas compris la métaphore....
Citer
La jalousie est comme un foyer qui paraît éteint. Il suffit de souffler sur les cendres pour que la pellicule grise et inerte s'envole et laisse la place aux braises qu'elles couvaient.
a l'inverse, celle ci j'aime bien...  :mrgreen:
->Un jour, au tournant d'une conversation, elle comprit qu'il était jaloux.
->Elle comprit rapidement qu'il était jaloux
redondance...

Sinon.... alors j'aime bien le sujet, j'aime bien l'indifférence de Louis et comment il va prendre sa douche, comme acteur, spectacteur, ça j'aime beaucoup;
par contre je trouve l'élément déclencheur du meurtre un peu trop insignifiant, ou alors mieux expliquer pourquoi ça déclenche cette folie meurtrière chez Louis. En général, il faudrait mieux développer la psychologie de Louis et de sa jalousie.

Finalement, c'est une bonne histoire, aucun gros défaut, mais je pense qu'il mériterait plusieurs réécriture pour arriver à quelque chose de vraiment percutant.

Hors ligne camdailclot

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Re : jalousie
« Réponse #2 le: 03 Décembre 2008 à 22:34:27 »
juste une question ..... as tu déjà été jaloux ?
tout le secret est là !
merci pour tes remarques, je vais en tenir compte
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Hors ligne Seymour

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Re : jalousie
« Réponse #3 le: 03 Décembre 2008 à 23:32:52 »
parce que toi tu as déjà été jaloux au point de vouloir tuer ? :o

mais pour répondre à ta question, je ne suis pas de nature jalouse, je l'ai déjà été mais rarement.
n'empêche que...
peut-être que d'autres avis permettront d'éclairer ce point précis.

Hors ligne camdailclot

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Re : jalousie
« Réponse #4 le: 04 Décembre 2008 à 08:38:50 »
J'ai été jaloux au point d'en perdre le sommeil et d'avoir des idées de mort !
Peut être plus contre moi que contre les autres
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