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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Flash-Mob

Auteur Sujet: Flash-Mob  (Lu 1079 fois)

Spike

  • Invité
Flash-Mob
« le: 17 Avril 2015 à 01:10:27 »
    Bonjour à tous. Voici un petit texte qui est en fait un chapitre parmi d'autres, mais qui me pose problème. Quelque chose ne colle pas. Je sais pas quoi. Donnez-moi votre avis. A bientôt.

Flash-Mob

    Antoine arriva avec un peu d’avance à l’aéroport crypto-soviétique d'Amman. Il s'avança lentement jusqu'à la barrière, donna un billet au parcmètre vivant qui attendait là sur une chaise pliante, et gara Charlotte un peu plus loin, à l'ombre d'un palmier nain. Il pénétra dans le hall d 'entrée cubo-futuriste et consulta le tableau des arrivées ― Vol 832 d'Austrian Airlines en provenance de Vienne, arrivée prévue à 11h32 ― Il alluma une cigarette, sortit la petite pancarte sur laquelle était écrit « Mr PAIRAUD », le nouvel Attaché Culturel Français tout neuf, et attendit. L’ambiance était un peu bidon ce jour-là, il n’y avait pas grand monde, et assez peu d’animation ― Quel que soit l’endroit, les aéroports ont toujours quelque chose d’un peu décalé, quelque chose d’un peu incongru. Les gens n’ont pas toujours l’air d’être de vrais gens ― C’est peut être l’aspect transitoire des choses. Ou bien le télescopage contre nature des touristes en chemisettes hawaïennes et des commerciaux en complets trois-pièces. Allez savoir.
    Mais ce jour-là l’ambiance était tellement chiante et décalée qu’Antoine sombra sans peine dans une demi-rêverie langoureuse, qui le ramena doucement dans les bras laiteux d’Irina ― à présent elle est dans la salle de bain, le regardant du coin de l’œil dans le reflet du miroir ― remettant un peu d’ordre dans sa coiffure, Irina se mettant un peu de fard à paupière, Irina boutonnant sa jupe, Irina mettant un foulard pour ne pas se faire emmerder dans le souk, Irina disant « à tout à l’heure ha bibi » en fermant la porte… ― Brusquement, l’hôtesse annonça un vol en provenance de Dubaï en braillant dans son micro, le tout dans un anglais très approximatif, moyennant quoi Antoine se retrouva de nouveau dans le hall d’attente post-soviétique növö-déconstructiviste de l'aéroport d'Amman.

    Un moment il observa les chauffeurs de taxi qui discutaient entre eux, tout en guettant d’un oeil le tableau des arrivées. Quand un vol était annoncé, ils tendaient l’oreille et se tenaient prêts. Au bout d’un moment, après d'interminables formalités douanières, les premiers passagers franchissaient le seuil. Une joyeuse confusion s’emparait alors du hall des arrivées; les chauffeurs de taxi fondaient littéralement sur les voyageurs hébétés, leur prenant les bagages des mains, et les entraînaient de force vers le parking tout proche. Les vols se succédaient en provenance du Caire, d'Istanbul, ou d’Amsterdam, et c’était toujours le même manège ― comme une sorte de flash-mob à répétition tournée par Fellini. La musique en moins.

    Enfin le vol en provenance de Vienne fut annoncé. Pour faire bonne figure Antoine se leva de son siège proto-révolutionnaire et brandit fièrement sa pancarte. Puis la flash-mob se déclencha à nouveau dès que les premiers arrivants eurent franchi la porte des douanes. Les chauffeurs de taxi se précipitèrent de nouveau sur les voyageurs en criant « Hello, hello ! Follow me ! » ― Antoine fredonna Amarcord dans sa tête en profitant du spectacle. Un homme entouré de gardes du corps passa soudain devant lui, suivi par une meute de journalistes faisant crépiter leurs appareils photos. Antoine crût reconnaître Keith Jarrett, mais un des chauffeurs de taxi lui signifia que non, en fait c'était le ministre des affaires étrangères irakien en visite officielle. Dommage.
   Au bout d'un long moment, une jolie petite brune en costume d’Indiana Jones s’approcha de lui, les cheveux coupés au carré et d’énormes pataugas aux pieds.
    « Bonjour, vous devez être Monsieur Walincourt », dit-elle en le dévisageant avec une once d'arrogance et un léger zozotement.
― Pour vous servir. A qui ai-je l’honneur ?
― Je suis Ludivine Pairaud, répondit-elle en s 'essuyant le front du revers de la main. Il y a une petite erreur sur votre pancarte.
― Oh ! Je suis désolé. Vous savez, ces putains de bureaucrates, ils n’ont pas toujours les yeux en face des trous !
― Je sais ce que c’est…
― Voyez ce que je veux dire…
― Mes bagages sont là, dit-elle en désignant du menton deux énormes valises.
― Très bien, suivez-moi. »
    Antoine ramassa les valises, et ils prirent ensemble le chemin du parking sous les regards envieux de quelques chauffeurs de taxi bredouilles. Les portes vitrées du hall crypto-situationiste de l'aéroport d'Amman s'ouvrirent, et la chaleur du désert leur sauta au visage comme quand on ouvre la porte d'un four. Antoine, qui se demandait ce qu'elle avait bien pu foutre dans ses bagages pour que ça pèse aussi lourd, ouvrit le coffre de Charlotte.
" Mince alors c'est votre voiture, demanda la nouvelle ACF comme si elle n'osait pas poser ses petites fesses délicates dans une telle épave.
― Oui, c'est Charlotte, ma voiture.
― (petit fou-rire narquois) J'y crois pas, vous avez baptisé votre bagnole...
― C'est une tradition ici, vous savez...
― (petit fou-rire narquois, mais plus court que le précédent) Oui, je sais.
― Je vous en prie, prenez place.
― Au fait, il y a un petit changement de programme. Emmenez-moi à Irbid, j'ai un truc à régler là-bas.
― Ouais mais si on change le programme, Guérin va m'allumer, c'est clair.
― Mais non, je l'ai appelé, il est au courant.
― Et il a rien dit ?
― Ben il a pas intérêt, surtout.
― Ok, va pour Irbid, fit Antoine dans un soupir, vous voulez manger kek chose ?
― Non merci ça ira, dit-elle en regardant au loin vers le djebel Ansariyé. Allez, emmenez-moi là -bas et on dégustera une bonne assiette de mezzés.
― En même temps Irbid c'est bien, surtout à cette saison. Il y rêgne une cert...
― Stop " coupa la nouvelle ACF en levant la main.
    Antoine obtempéra et tourna la clef de contact en silence. Il glissa un deuxième billet au parcmètre vivant et quitta le parking, prenant la route d'Irbid en gardant pour lui son amertume, ainsi qu'une légère envie de meurtre.
« Modifié: 17 Avril 2015 à 01:13:04 par Spike »

Spike

  • Invité
Re : Flash-Mob
« Réponse #1 le: 18 Avril 2015 à 09:13:37 »
Merci Champdefaye pour ton commentaire constructif. Les dialogues sont effectivement le point faible. En voulant faire "langage parlé" j'ai écrit des dialogues trop familiers, je m'en rends compte à présent, c'est pas très crédible. Merci encore, je vais vite corriger ça.  :)

Hors ligne Loïc

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Re : Flash-Mob
« Réponse #2 le: 18 Avril 2015 à 11:13:38 »
Salut !

Citer
l’aéroport crypto-soviétique d'Amman.

Pourquoi cryptosoviétique ?

Citer
« Mr PAIRAUD »

M. en français

Citer
L’ambiance était un peu bidon

Pourquoi bidon ?

Citer
― Quel que soit l’endroit

Pas de majuscule

Citer
contre nature

trait d'union

Citer
Mais ce jour-là l’ambiance était tellement chiante et décalée qu’Antoine sombra sans peine dans une demi-rêverie langoureuse, qui le ramena doucement dans les bras laiteux d’Irina ― à présent elle est dans la salle de bain

La transition entre le récit et le flashback est mal gérée. D'ailleurs, faudrait sans doute garder le même temps, puisque tu nous racontes l'histoire au passé.

Citer
Les portes vitrées du hall crypto-situationiste

le comique de répétition ne fonctionne pas, c'est plutôt fatiguant...

Citer
― (petit fou-rire narquois) J'y crois pas, vous avez baptisé votre bagnole...

On n'est pas au théâtre, tu ne peux pas écrire ça comme ça

Pourquoi tu as des guillemets anglaises tout à coup ?

Citer
gardant pour lui son amertume, ainsi qu'une légère envie de meurtre.

Ca sort d'où ?
Lecture plutôt agréable. Je regrette surtout des expressions parasitaires, qui ont l'air d'être là pour rien. Un peu de nettoyage et ça irait sans doute mieux.
Après c'est difficile de juger juste un extrait de texte long, pour ce qui est cohérence, tout ça. Je t'ai déjà indiqué les soucis que je percevais.

Au plaisir.
"We think you're dumb and we hate you too"
Alestorm

"Les Grandes Histoires sont celles que l'on a déjà entendues et que l'on n'aspire qu'à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s'installer à son aise."
Arundhati Roy

Spike

  • Invité
Re : Flash-Mob
« Réponse #3 le: 27 Avril 2015 à 18:25:20 »
Merci Loïc pour tes commentaires pleins de bon sens qui m'ont vraiment aidé à avancer. J'y vois plus clair à présent. Merci encore, et à très bientôt.

 


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