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Le Monde de L'Écriture » Salon littéraire » L'antichambre de l'édition » Et si je me faisais traduire !

Auteur Sujet: Et si je me faisais traduire !  (Lu 5627 fois)

luce

  • Invité
Et si je me faisais traduire !
« le: 08 Avril 2015 à 09:27:49 »
Voilà une belle idée que j'imagine intéresserait la plus part des auteurs. Par contre, le gouffre entre la spéculation et le fait de passer à l'acte n'est pas si facile à combler. Ne serait-ce que parce qu'il faudrait trouver une maison d'édition américaine ou anglaise assez motivée. Cependant, il est plutôt rare qu'un auteur qui n'est pas réputé ou chanceux d’une certaine façon, se fait publier en Anglais. Et pourquoi pas? Voilà, la question que je me suis pausé en tant que traducteur professionnel.

A y réfléchir et selon mon expérience, la principale raison est justement qu'une maison d'édition serait plus confortable à publier les auteurs locaux ainsi que le facteur étranger inconnu, du fait de devoir traduire un livre qu'on ne maîtrise pas la véracité vis à vis son audience. Donc, les maisons d'édition sont la plupart du temps frileuses à l'idée de traduire directement un œuvre étranger.

Et si le traducteur aguerri pourrait tout à fait rapprocher les desiderata de ces deux bords ; c'est à dire, du côté d'une maison d'édition, le désir de trouver un écrit ou des écrits qui sortent de l'ordinaire et venant d'un autre perspectif culturel, et du côté de l'auteur étranger, le souhait de pouvoir communiquer bien au-delà de sa langue native.

Voilà que je me suis mis à recenser les éléments pertinents vers cette démarche. Tout d'abord, tous les livres ne sont pas traduisibles forcement, soit par le manque de résonance dans l'autre culture ou de par la thématique traitée (étant trop peu universelle).

Avant même de considérer un œuvre pour une publication en Anglais les éléments suivant du livre original en Français doivent être pris en compte (et à laisser sous-entendre dans la traduction) :
- une autorité ou une expérience profonde dans la matière : informations biographiques et/ou professionnelles sur les éléments du préface y compris une bonne note du traducteur (Translator's Note) afin de donner un relief / perspectif aux lecteurs
- une réflexion / récit profond par rapport à la thématique centrale, les évolutions passées et l'actualité
- un contexte autre que anglo-saxon, mais complémentaire et donc une bonne addition pour les collections de livre d’une maison d’édition par rapport aux thèmes abordées dans le livre
- de la part du traducteur, ma capacité de pouvoir rendre un rédactionnel captivant tout en étant fidèle aux idées et texte de base du livre.

L’intérêt de la démarche c'est que la maison d'édition est souvent enclin à mettre sur le même piédestal tous les livres à publier qu'ils soient étrangers ou non. Donc, le fait de présenter un livre déjà traduit pouvant être apprécié en-soi pour sa valeur intrinsèque et potentielle dans sa collection de livre enlève généralement cet élément d'hésitation. Et justement pour satisfaire ce dernier élément, je suis plutôt sélectif afin de m'assurer que l'œuvre en question a de la résonance pour ces maisons d'édition que ce soit par le thème et l’écrit intrinsèque de même qu'à travers ma capacité à rendre un bon écrit de la traduction.

En conclusion donc, l’essai est transformé seulement lorsqu’une traduction de l’œuvre en Anglais est un succès à part entier et il faut mettre les moyens pour y arriver. Puisqu'au final il ne faut pas se faire traduire en Anglais juste pour traduire !
« Modifié: 08 Avril 2015 à 11:03:31 par luce »

Anlor

  • Invité
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #1 le: 08 Avril 2015 à 09:47:50 »
Bof, si les maisons d'éditions anglaises et américaines font peu de traductions, c'est surtout qu'elles s'en foutent.  :mrgreen:

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #2 le: 08 Avril 2015 à 15:59:51 »
En fait, ça dépend. Les maisons d'édition américaines traduisent très peu parce qu'elles ont déjà un très gros marché de disponible, donc quel besoin d'investir dans la traduction ? En plus, j'avais lu un article (sur un journal littéraire en ligne, mais je ne sais plus lequel), où le journaliste expliquait qu'aux Etats-Unis, la littérature française était vue comme quelque chose d'un peu élitiste (un peu comme si on vous dit "cet auteur est hongrois", ça fait très "On en parlera dans télérama et dans les émissions savantes"), d'où peu d'attrait pour la traduction d'ouvrages qui seront rentables.
Bien sûr, je dis ça sans citer ma source (j'ai oublié) et j'ai pas été vérifier celles de l'article en question, donc c'est peut-être pas vrai, mais ça reste plausible.
En tout cas, je suppose que c'est ce que voulait dire Anlor : je ne crois pas que le faible nombre de traductions du français vers l'anglais pour les romans soit dû au contenu des livres français, mais plutôt aux perspectives de vente sur le marché anglosaxon.

Citer
la principale raison est justement qu'une maison d'édition serait plus confortable à publier les auteurs locaux ainsi que le facteur étranger inconnu, du fait de devoir traduire un livre qu'on ne maîtrise pas la véracité vis à vis son audience.
J'avoue que j'ai pas bien compris ta phrase ; du coup j'ai un peu de mal à comprendre ce que tu proposes ou questionnes, dans ton post :-[

En gros, tu es traducteur et tu proposes de te lancer dans la traduction free-lance d'auteurs, qui chercheront ainsi directement une maison d'édition anglo-saxonne...?

Dans tous les cas, j'ai lu l'expérience d'un auteur qui avait fait, de lui-même, traduire un épisode de sa série en anglais. Il était déjà publié en français et voulait toucher le marché anglophone. Il est passé par les services d'un traducteur, l'a payé de sa poche, et se lance, je crois, en autoédition en anglais (mais je peux pas mettre le lien parce que c'était dans un forum privé, donc je suppose que l'auteur ne voulait pas non plus que son retour d'expérience soit public). Il me semble que pour un épisode de série, ça lui avait coûté dans les 2000 euros et beaucoup de travail (et je reprécise qu'il était déjà publié, en France).
C'est donc à envisager, d'un point de vue commercial, mais c'est pas non plus l'El Dorado.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Anlor

  • Invité
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #3 le: 08 Avril 2015 à 16:29:07 »
Oui, c'est ce que je voulais dire, Mil. Je me souviens avoir étudié un article pendant mon master où on disait, en gros, qu'il y avait vraiment peu de traductions aux États-Unis notamment (mais là c'est pareil, j'ai plus les sources en tête).

Hors ligne Meilhac

  • Comète Versifiante
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Re : Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #4 le: 08 Avril 2015 à 17:25:32 »
Les maisons d'édition américaines traduisent très peu parce qu'elles ont déjà un très gros marché de disponible
tu parles de l'offre là milo c'est bien ça ? tu veux dire par là que les maisons d'édition américaines ont déjà beaucoup d'auteurs américains sous la main, donc pas besoin d'en traduire d'autres ?

auquel cas je ne suis pas forcément hyper convaincu par ton argument

es tu bien certaine que, aux etats-unis, le ratio auteurs qui écrivent en anglais/auteurs qui lisent en anglais est plus grand que, en france, le ration personnes qui écrivent en français/personnes qui lisent en français ?

ça m'étonnerait pas que ce ratio soit plus grand en france; or, en france, on traduit quand même des livres. donc bon..;

luce

  • Invité
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #5 le: 08 Avril 2015 à 17:42:14 »
Merci de vos commentaires @Anlor et @Milora.

Aux faites, l'argument qui veut que les maisons d'édition américaine traduisent très peu parce que le marché américaine est sans limite n'est qu'un prétexte. Puisque le livre étranger est également une façon de s'ouvrir au monde. Le fait est qu'il existe même des maisons d'éditions aux Etats-Unis qui recherche expressément à édité des auteurs étrangers, comme Word Without Borders. De même les 'book show' tel que présenté par Oprah tendent à susciter d'intérêt dans beaucoup d'auteurs étrangers.

Le véritable problème serait plutôt la question de l'étranger inconnu ! Hollywood et la dominance médiatique américaine permet d'avoir un certaine perspectif par rapport aux auteurs anglo-saxonnes. Ce qui facilite l'assimilation des œuvres américaines mais non pas l'inverse. La faiblesse de pénétration du marché américain est surtout dû au fait de ne pas avoir cette exercice transactionnelle qui veut que l'oeuvre étranger soit mis dans un contexte pertinent vis à vis le lecteur américain. Malheureusement, il n'est pas de la vocation première de la plupart des maisons d'éditions de s'aventurer à la recherche de cette autre contexte là. Et donc, la platitude avec laquelle beaucoup de livres sont souvent traduits en Anglais laisse beaucoup à désirer  dans ce sens de 'pouvoir toucher' le lecteur final.

En fait, pour beaucoup d'auteurs et parfois des maisons d'édition le fait de traduire n'est qu'une chose directe, et voilà comment on tombe au piège. La traduction doit être perçu tout d'abord et avant tout comme une échange culturelle et dépassant mais alors de très loin, l'échange des mots et phrases. Le traducteur lui devient ainsi le nouveau créateur de l'oeuvre dans la nouvelle culture qui doit arriver coûte que coûte à parler intimement avec son lecteur anglais. Ceci explique parfois l'accusation des lecteurs américains des auteurs français comme élitiste. Mais la faute, elle n'est pas due à l'un ou l'autre, elle réside plutôt dans le manque de créativité de l'intermédiaire, dans la traduction !

Et oui, c'est tout à fait possible de se faire traduire et réussir l'édition anglais dès lors que cette connexion interculturelle est établie de par une traduction assez créative et qu'on traite d'un thème ayant plus ou moins une résonance universel.

Hors ligne Milora

  • Trou Noir d'Encre
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  • Championne de fautes de frappe
Re : Re : Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #6 le: 08 Avril 2015 à 17:59:56 »
Les maisons d'édition américaines traduisent très peu parce qu'elles ont déjà un très gros marché de disponible
tu parles de l'offre là milo c'est bien ça ? tu veux dire par là que les maisons d'édition américaines ont déjà beaucoup d'auteurs américains sous la main, donc pas besoin d'en traduire d'autres ?

auquel cas je ne suis pas forcément hyper convaincu par ton argument

es tu bien certaine que, aux etats-unis, le ratio auteurs qui écrivent en anglais/auteurs qui lisent en anglais est plus grand que, en france, le ration personnes qui écrivent en français/personnes qui lisent en français ?

ça m'étonnerait pas que ce ratio soit plus grand en france; or, en france, on traduit quand même des livres. donc bon..;
Ben, le marché d'un livre anglophone, c'est quoi ? Mettons que l'auteur soit américain. C'est donc :
A- les Etats-Unis (déjà très gros en nombre d'habitants)
B- tous les autres pays anglophones
C- tous les lecteurs qui lisent l'anglais dans le monde, sans vivre dans un pays anglophones
D- tous les pays qui vont acheter les droits et les traduire vers leur langue (y a qu'à voir le nombre d'auteurs anglophones traduits en France ou en Espagne (je connais pas les autres pays occidentaux mais je suppose que c'est pareil)).
Donc oui, le marché est plus gros que pour un bouquin français pour lequel le A se résume à l'Hexagone, le B à la suisse, la belgique et le Québec, le C est existant mais réduit, et du coup le D, pour x raisons, très peu développé (en comparaison avec les anglo-saxons, pas dans l'absolu).
Sans compter que la mode globale de ces dernières décennies, c'est plutôt de consommer des productions américaines, donc ce qui est américain est plus vendeur que ce qui ne l'est pas (je dis pas que c'est un bien mais c'est vrai. Sinon, on mettrait pas de plus en plus de titre en anglais, des auteurs français ne prendraient pas un pseudonyme anglophone, etc.)

Ceci dit, on est d'accord, Luce : les chiffres ne surgissent pas d'eux-mêmes et il y a un substrat culturel derrière. Mais honnêtement, je ne pense pas que si les américains traduisent peu de français ce serait parce que les livres français ne seraient pas adaptés au contenu qui attire le public américain (parce que c'est un peu, en creux, ce que tu dis). Je pense que c'est aussi une sorte de tradition : à ma connaissance, les Américains importent peu de produits culturels étrangers (même les films et les séries : plus que de les importer, ils en font un remake (ex : Sherlock qui devient Elementary).). On pourrait disserter sur la question "est-ce que c'est les aspirations de tous les Américains ou est-ce que c'est imposé par le haut par les maisons d'édition et les chaînes de cinéma et de télévision", mais pour ce genre de questions, tout est dans tout et l'un entraîne l'autre...
En bref, je ne crois pas que ce soit en sélectionnant des livres dont le contenu soit suffisamment universel que ça augmente les chances d'être traduit ou lu outre-atlantique. A mon avis, c'est vraiment deux aspects différents : ce que tu soulèves, ça porte sur le contenu, sur la narration, sur l'oeuvre littéraire. Alors que selon moi, ce qui explique l'absence de traduction, ce sont plutôt des considérations markettings, économiques et de tradition.
Après, c'est vrai que là je parle plus des Etats-Unis que de l'Angleterre, Australie, Canada et autres pays anglophones. Je ne sais pas ce qu'il en est de leur côté niveau importations.
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne algache

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Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #7 le: 08 Avril 2015 à 20:36:24 »
Bof, si les maisons d'éditions anglaises et américaines font peu de traductions, c'est surtout qu'elles s'en foutent.  :mrgreen:

En fait, il existe quand même un marché de la traduction aux US. Comme je lis très mal l'espagnol et le russe (mais que j'aime ces littératures...), il m'arrive assez souvent de lire des traductions en anglais (d'autant plus lorsqu'il n'existe pas de traduction en français :mrgreen:). Je n'ai aucune statistique pour étayer ce que je vais dire là, mais j'imagine qu'il doit y avoir un marché plus qu'anecdotique pour les traductions de l'espagnol vers l'anglais, vu l'exposition de plus en plus importante des US à cette langue.

Ceci explique parfois l'accusation des lecteurs américains des auteurs français comme élitiste. Mais la faute, elle n'est pas due à l'un ou l'autre, elle réside plutôt dans le manque de créativité de l'intermédiaire, dans la traduction !
Et oui, c'est tout à fait possible de se faire traduire et réussir l'édition anglais dès lors que cette connexion interculturelle est établie de par une traduction assez créative et qu'on traite d'un thème ayant plus ou moins une résonance universel.
Hmm... C'est peut-être donner là beaucoup d'importance au traducteur... :)
Je pense plutôt comme Milora qu'il y a d'autres considérations qui rentrent en jeu (je me base sur mon modeste vécu, puisque je suis exposé aux deux cultures depuis quinze ans -- marié à une Américaine et partageant ma vie entre les deux continents).

D'abord, le réservoir d'auteurs aux US est énorme et très compétitif. Dans la masse, il n'est pas plus facile de se faire remarquer là-bas qu'ici. Cela demande souvent une forte présence sur les médias sociaux, un marketing et un branding personnels assez sophistiqués. Du coup, à moins d'être bilingue (mais alors, autant écrire directement en anglais...), il semble bien difficile d'occuper le terrain face aux auteurs locaux.

Ensuite -- mais là je marche sur des oeufs parce que je suis le premier à m'énerver quand on généralise à tort et à travers sur les Américains -- j'ai quand même l'impression que la littérature française contemporaine n'éveille qu'un intérêt très limité dans la culture américaine actuelle... Les classiques français passent encore assez bien, mais le moderne, bof...

Dans tous les cas, c'est une discussion intéressante et on pourrait y passer des heures, autour d'une bonne bouteille de Kentucky straight bourbon...  :glou:

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Re : Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #8 le: 09 Avril 2015 à 00:10:22 »
Les maisons d'édition américaines traduisent très peu parce qu'elles ont déjà un très gros marché de disponible
tu parles de l'offre là milo c'est bien ça ? tu veux dire par là que les maisons d'édition américaines ont déjà beaucoup d'auteurs américains sous la main, donc pas besoin d'en traduire d'autres ?

auquel cas je ne suis pas forcément hyper convaincu par ton argument

es tu bien certaine que, aux etats-unis, le ratio auteurs qui écrivent en anglais/auteurs qui lisent en anglais est plus grand que, en france, le ration personnes qui écrivent en français/personnes qui lisent en français ?

ça m'étonnerait pas que ce ratio soit plus grand en france; or, en france, on traduit quand même des livres. donc bon..;
Ben, le marché d'un livre anglophone, c'est quoi ? Mettons que l'auteur soit américain. C'est donc :
A- les Etats-Unis (déjà très gros en nombre d'habitants)
B- tous les autres pays anglophones
C- tous les lecteurs qui lisent l'anglais dans le monde, sans vivre dans un pays anglophones
D- tous les pays qui vont acheter les droits et les traduire vers leur langue (y a qu'à voir le nombre d'auteurs anglophones traduits en France ou en Espagne (je connais pas les autres pays occidentaux mais je suppose que c'est pareil)).
Donc oui, le marché est plus gros que pour un bouquin français pour lequel le A se résume à l'Hexagone, le B à la suisse, la belgique et le Québec, le C est existant mais réduit, et du coup le D, pour x raisons, très peu développé (en comparaison avec les anglo-saxons, pas dans l'absolu).
non mais Milo : j'ai bien compris qu'il y a plus de lecteurs anglophones que de lecteurs francophones. Mais c'est pas ça il me semble la question.

Si j'ai bien compris, la question c'est "dans quelle mesure les maisons d'édition nord américaines peuvent elles être intéressées pour traduire en anglais des ouvrages français" ; et là je ne vois vraiment pas en quoi le fait qu'il y ait beaucoup de lecteurs anglophones tendrait à limiter la propension des maisons d'édition américaines à traduire des livres du français à l'anglais ! au contraire ! 8)

Anlor

  • Invité
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #9 le: 09 Avril 2015 à 00:14:27 »
Parce que c'est un marché qui n'intéresse pas les gros éditeurs américains (et pour le coup, j'crois qu'au Etats-Unis c'est vraiment difficile d'exister en temps qu'éditeur en dehors des gros) (faut lire du André Shiffrin, c'est assez édifiant sur le sujet).

Hors ligne Meilhac

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Re : Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #10 le: 09 Avril 2015 à 00:22:06 »
Parce que c'est un marché qui n'intéresse pas les gros éditeurs américains
non mais je crois qu'y a un malentendu sur le mot "marché". le marché des gros éditeurs américains, c'est avant tout et en quasi totalité des gens qui lisent l'anglais. or, les gens qui lisent l'anglais peuvent aussi bien a priori lire un auteur américain qu'un auteur français traduit en américain, de même que nous nous pouvons aussi bien a priori lire un auteur français qu'un auteur américain traduit en français.   ;)

donc je maintiens ma remarque : je ne comprends pas très bien par quel raisonnement vous en arrivez à l'idée c'est que moins intéressant pour un éditeur américain de traduire un auteur français que pour un éditeur français de traduire un auteur américain  8)

Hors ligne Baptiste

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Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #11 le: 09 Avril 2015 à 00:37:01 »
Peut être parce que c'est encore plus Etasunio centré  que ce qu'on peut connaitre nous en france .
Enfin je connais pas le monde de l'édition aux states mais clairement en cinoche, le remake est une pratique bien plus courante que le simple fait de diffuser tel ou tel film (d'où les emerveillement de la presse pour La mome ou the artist. mais c'est pas demain la veille qu'un film coréen ou finnois obtiendra un oscar. alors qu'on remake à tout va Millenium ou les films de Kurosawa. (qui sont d'ailleurs norvegien et japonais mais bref, je me comprends).
(assez paradoxalement d'ailleurs, ça doit vouloir dire qu'il y a des types dans les boites de prod qui regarde tout ce qui ce fait le cinoche étranger. enfin les succès)
quant au raison pour lesquel c'est vraiment le cas je suis pas sur. Mais je pense qu'effectivement c'est pas la strategie mise en place par les editeurs sans doute.
« Modifié: 09 Avril 2015 à 10:17:50 par Baptiste »

Anlor

  • Invité
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #12 le: 09 Avril 2015 à 00:42:09 »
Mais euh, parce que justement, c'est un marché qui est créé par ces éditeurs et qui ne comprend pas de littérature étrangère (ou presque pas).

Y a un passage dans L'édition sans éditeur de Shiffrin (je crois) ou il explique comment sa maison se fait racheter par une grande entreprise de divertissement et qu'ils se retrouvent avec des responsables marketing dans leur réunions éditoriales qui leur disent que ce qu'ils publient, ce serait comme une usine qui ferait des chaussures systématiquement trop petites pour la plupart des gens, et qu'il vaudrait mieux virer tout ça de leur catalogue. J'crois que c'est pas mal l'esprit qui s'y est installé ces dernières années (et qu'on essaie de contrer légèrement, mais faut bien avouer que c'est compliqué même dans notre Magnifique Pays de l’Exception Culturelle).

(baptistounet a répondu entre temps)

Hors ligne Milora

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Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #13 le: 09 Avril 2015 à 08:02:00 »
@ Meilhac --> Il me semble que le raisonnement c'est le suivant. Pourquoi un gros éditeur traduit ? Pour trouver un truc qui va se vendre bien : en traduisant quelque chose qui a eu du succès sur un autre marché, on prend moins de risques qu'en éditant un nouvel auteur méconnu. Or, aux usa, il y a déjà un énorme débouché pour les textes en anglais : un auteur anglophone bien "marketté" pourra être à lui seul très rentable parce qu'y a un gros marché. Alors, comme y en a un réservoir disponible, pourquoi engager des frais supplémentaires (achat des droits + traduction) pour un texte étranger, qui lui aura fait ses preuves sur un marché bien plus petit ? Il y a déjà ce qu'il faut sur place pour que le commerce du livre marche bien, pas besoin d'engager des frais supplémentaires.
Je parle ici de la grosse édition, pas des maisons qui font de l'édition par amour du métier, parce qu'il me semble que comme dit Anlor, il y a surtout des gros aux Etats-Unis (éditeurs, hein), et surtout, quand on parle de diffusion, c'est eux qui entrent en jeu (sinin comme disait Luce, des éditeurs indépendants qui veulent traduire ça doit exister, mais c'est une mini part du marché)

Mais comme je disais dans mon message d'avant, et comme dit Baptiste, ce raisonnement est assis sur une sorte de tradition : pas la peine de traduire, si ça marche ailleurs ça coûte moins cher de faire un remake. Et au passage on "l'américanise" (entre autres parce que les oeuvres par exemple françaises sont vues comme snob/savantes).

Je précise que, comme Anlor, ce que je dis là c'est pas un avis personnel basé sur mes petits yeux qui seraient allé enquêter aux Etats-Unis (sans moi, les fourbes) : je l'ai lu pas mal de fois dans des articles expliquant le monde de l'édition. Je pourrais chercher les liens mais il y avait entre autres les articles du blog de l'auteur Soohie Audouin-Mamikonian, qui a engagé des négociations pour se faire traduire aux Etats-Unis. Elle en parlait un peu et, comme ça m'avait intriguée, j'en avais cherché davantage sur le sujet.

Après, en effet, Luce, je ne sais pas ce qu'il en est pour l'espagnol. Mais traduisent-ils vraiment ou vendent-ils directement en espagnol, pour leur populatiin hispanophone ?
Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire après-demain.

Hors ligne Ned Leztneik

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    • La page de Ned
Re : Et si je me faisais traduire !
« Réponse #14 le: 09 Avril 2015 à 08:50:47 »
Ils traduisent également.
Il est dit parfois que toutes les guerres ne sont que des guerres de religion. Alors dites-moi le nom de ce Dieu qui les autorise à tuer l'amour. (apologue d'Alegranza)
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