Le Monde de L'Écriture – Forum d'entraide littéraire

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Le Monde de L'Écriture » Coin écriture » Textes courts (Modérateur: Claudius) » Lune Noire

Auteur Sujet: Lune Noire  (Lu 2165 fois)

Hors ligne sahiqa

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Lune Noire
« le: 28 Novembre 2008 à 21:39:02 »
Bon... je ne suis pas vraiment sûre que ça ressemble à quelque chose et à vrai dire je doute même que ce soit compréhensible. Mais je poste quand même :-[. je poste quand même par ce qu'il y a longtemps que je n'avais pas réussi à finir un texte et que là j'ai un peu l'impression de revivre 8).
Par contre j'ai peur d'avoir relu un peu vite, donc il risque d'y avoir des coquilles qui trainent. Ha oui... Si certains ont lu Réponse, je pense que ça peut être un plus pour la compréhension mais bon, c'est loin d'être indispensable.


Elle me surplombe encore, elle rayonne de cette noirceur que je ne connais que trop bien mais elle n'est plus seule. Une part infime de mon champ de vision a été libéré. Je distingue des arbres, de la mousse à mes pieds. Lune Noire, oh ma Lune Noire tu ne seras plus seule dans ma tête désormais ! Tu réduis ma chère, approcherais tu de ta fin ? Tu m'inonde encore de tristesse que je sais mienne mais que je ne comprends plus, de la douleur de jours oubliés mais, même si j'en ai encore les larmes aux yeux, je sais désormais qu'il est une vie hors de ton éternel disque noir.
Depuis quand est ce que je sais ce qu'est un arbre ? Comment est ce que je peux reconnaître la mousse ? Il me semble n'avoir jamais rien vu de tout cela. Il me semble n'avoir jamais rien vu d'autre que toi. Mes joues sont humides, mais je ne pleure pas, non, je ne pleure plus. Pourquoi pleurerais-je ? Ma Lune décroît !
« Tu es sûr qu'il n'y a personne dans le coin ?
-J'ai fait trois fois le tour de la clairière Mica, de toute façon il est passé minuit et il pleut des cordes, qui veux tu trouver dans la forêt ? »
Instinctivement je me dirige vers les voix. Nous ne sommes plus seuls Lune Noire, j'ai des semblables tu vois ? T'en reste-t-il un quelconque souvenir parmi les heures sombre que tu conserves si soigneusement en ton sein ? Je secoue la tête. Hé Lune Noire ! n'ai je vraiment rien vécu d'agréable ? Ne pourrais tu remplacer tes marées de douleur par de la joie ? Que n'es tu rouge !
Tu vois  je... suis interrompu dans mon monologue. Par mes semblables et un morceau d'acier désagréablement placé sur ma gorge. Une dague je croix.
« Bien sûr Ted, il n'y a jamais personne à minuit sous la pluie en pleine forêt . Mais ça c'est quoi ? Un champignon ? »
Je bascule précautionneusement ma tête en arrière pour faire entrer mes semblables dans mon champ de vision. Mon geste est vite interrompu, une paire de botte est la seule chose que je parviens à discerner.
« Toi tu ne bouges pas sans ordre. T'es qui d'abord ? »
La pression de la dague sur ma gorge s'accentue. J'imagine que c'est à moi que s'adresse la question. Je réfléchi un instant avant de répondre. Qui est-on Lune Noire ? Tu dois bien le savoir toi qui n'es que souvenirs.
« Je suis... Je suis comme vous je croix. Un humain, c'est ainsi que l'on dit non ? »
La pression de la dague s'accentue encore, va savoir pourquoi.
« Un nom. C'est quoi ton nom ? 
-Vous pouvez m'appeler Blackmoon je croix, même si j'espère qu'un jour ce nom ne me conviendra plus »
N'est ce pas Lune Noire ? Ils peuvent non ? Tu as tout mes souvenirs, je peux bien t'emprunter ton nom.
« Tu croix que c'est un pseudo Mica ?
-Ciam ! Moi c'est Ciam ! Je ne me suis pas amusée à créer cette identité pour que tu mettes ma couverture en l'air.
-Mais il n'y a personne  !
-C'est pas ce que tu disais il y a deux secondes ? Fais moi plaisir Ted, ferme là. Bon toi. Blackmoon. Qu'est ce que tu fais là ? »
Pourquoi sommes nous là Lune ? Pourquoi sommes nous là ? Le sais tu seulement ? Mais je m'égare, je m'égare, puisque ce que je fais, je suis conscient de le faire.
« Je réponds à tes questions je croix, du moins j'essaye. D'autre part j'observe tes bottes et je respire. J'essaye aussi de lever les yeux pour te voir en entier mais je n'y arrive pas. Tu ne pourrais pas décoller ta dague de mon cou s'il te plaît ? D'ailleurs, est ce vous qui avez fait décroître ma lune ? Si c'est le cas je vous en remercie, c'est vraiment un présent inestimable. Mais savez vous si cet état va durer ?
-Il est raide dingue non ?
-Ted. Si tu ne te tais pas c'est toi qui va finir raide. »
La dague quitte mon cou et je bascule la tête en arrière. Je distingue deux personnes, un homme et une femme encore jeunes, vêtus de couleurs sombres et trempés de la tête aux pieds.

Je ne comprends pas Lune Noire. Pourquoi est ce que tu recèles tant de peine ? Tu diminues de jour en jour mais cela n'atténue en rien ton aura. Je me demande comment j'ai pu accumuler tant de souvenirs sombres.
Il y a presque deux semaines que Ciam me cache. Je ne sais pas vraiment pourquoi elle fait cela. Elle répète sans cesse que si je sors je suis mort, et qu'elle aussi. Elle passe pas mal de temps avec moi, elle me pose des questions. Elle ne croix toujours pas à ton existence Lune, même si je lui ai expliqué qu'elle avait son propre astre sombre et interne, irradiant de douleur. De toute façon elle ne verra pas cette étoile noire avant que celle ci se transforme en novae, mais j'ai le pressentiment que cela ne tardera pas. La nouvelle lune approche. Alors pendant tout un jour, un jour entier, je ne serais plus Blackmoon. Je ne serais plus que moi.

Ciam me ramène des livres de la bibliothèque, ça m'occupe. J'ai l'impression de retrouver une partie des souvenirs que tu renfermes, Lune Noire. J'en ai beaucoup appris sur les astres tu sais. Surtout sur la lune. Le monde entier se partage une lune qui t'es semblable. Mais elle est blanche et n'est visible que la nuit. Alors que toi, toi, je ne peux t'échapper. Je n'ai d'autre choix que de subir ton joug, de plier sous le poids de mes souvenirs douloureux. Viens tu de moi Lune ? Est ce moi qui t'ai crée, est ce que je m'interdit moi même l'accès à mes souvenirs ? Voulais-je oublier ? J'ai oublié certes, mais j'en porte encore le poids. N'est ce pas Lune ? Tu es bien lourde tu sais. Surtout depuis ton retours. J'espère garder pour toujours le souvenir de ce qu'est une nouvelle lune.

Lune gibbeuse. Les larmes me reviennent, portées par des marées de sentiments incompréhensibles. Ciam n'y peut rien et je n'y peux pas grand chose de plus. J'ai beau être conscient de ta présence Lune Noire, j'ai beau avoir compris bien des choses sur ce que tu étais je reste incapable d'agir sur toi. Même captive en mon esprit tu restes un astre et moi, simple humain, je n'aurais jamais le pouvoir de déplacer ton orbite.

La porte grince et un flot d'air froid rentre avec Ciam.
« Tiens, je suis passée à la bibliothèque. Cadeau. »
Elle attrape une enveloppe glissée entre les page du livre, le pose sur la table et m'envoie le volume d'un geste sec. Je le rattrape au vol. C'est un traité sur le reproduction des batraciens. Je grimace.
« Désolé, c'est pas moi qui ai choisit le titre. C'est juste que Ted devait me faire passer un message, il a du prendre un livre au hasard.
-La bibliothécaire ne se pose pas de questions? Je veux dire ça ne doit pas être le genre de livre que l'on consulte souvent.
-Pas vraiment, elle sait qu'on ne vient chez elle que pour se faire passer des messages.
-Tu m'as raconté quinze fois que lorsqu'on s'attaque au gouvernement soit tout le monde est dans le coup, soit personne n'y est, que si ce n'est pas le cas c'est trop dangereux.
-Ouaip, mais elle n'est pas dans le coup. Elle croit juste que Ted est moi sommes ensemble mais qu'on ne peut pas se voir pour une obscure histoire raison de parents pas d'accord et que notre seul moyen de communication c'est de laisser des messages dans ses bouquins. »
Je feuillette le livre pendant que Ciam décachette l'enveloppe. Je découvre avec stupéfaction que certains sujets me laissent de marbre. Moi qui croyait que mon peu de souvenir m'offrait une envie d'apprendre permanente... pas du tout. Je n'ai absolument rien à faire du comportement des grenouilles à la saison des amours. De toute façon mon allant s'est terni depuis que le nouvelle lune est passée. Je n'arrive même pas à imaginer ce qui se passera lorsque ma lune redeviendra pleine.
« Mais il est fou ! »
Je lève les yeux. Ciam fixe une feuille de papier dépliée, ses yeux sont écarquillés, la couleur semble avoir quitté son visage. Je l'assois de force et je vais faire du thé. Elle prendra peut être le temps de m'expliquer lorsqu'elle aura récupéré.
Elle me rejoint quelques secondes plus tard à la cuisine.
« Ted en a eut mare de jouer le second couteau. Il a monté un coup tout seul.
-Et ?
-Il va se faire prendre, il ne peut que se faire prendre. Même moi je n'ai jamais essayé de m'attaquer directement au palais royal.
-Je suis désolé.
-C'est pas une histoire de désolé. C'était un ami, ouai. Mais c'était surtout un ami d'enfance. Il connaît mon nom, mon apparence, l'endroit où je vivais enfant. S'il est pris je suis morte. »
Tu gonfles Lune Noire ! Que fais tu ? Que fais tu ? Tu ne peux pas croître si vite ! Tu me renvois ma peur et cela je l'accepte, mais ne me masque pas Ciam, pas maintenant ! J'ai besoin de la voir maintenant, elle en a besoin ! J'étouffe un hoquet et sèche quelques larmes.
« Qu'est ce que tu vas faire ?
-Attendre qu'ils l'attrapent, d'ailleurs c'est sûrement déjà fait, et aller le récupérer à la prison avant qu'ils l'interrogent.
-Tu peux faire ça ?
-Théoriquement oui. Mais il faut que je me dépêche. Je suis désolée, mais tu vas devoir boire ton thé seul. »
Je devine son sourire, mais je ne le vois pas. Je ne le vois plus. Je l'entends sortir de la cuisine.
« Si je ne suis pas là demain matin... Si je ne suis pas là demain matin met les voiles. Pars, peut importe pour où, mais ne reste pas là.
-Tu reviendras Ciam.
-Bien sûr »
Je reste seul avec toi Lune. Tu n'as jamais été si écrasante. Ma main tâtonne à la recherche de la théière. J'essaye de me verser du thé mais je rate la tasse et je m'ébouillante. Tu grossis à vue d'oeil Lune. Tu grossis à vue d'oeil. Noire, si sombre... j'ai froid.

Finalement entrer dans la prison fut simple, j'ai même réussi à retrouver Ted. Mais je ne suis pas parvenue à le faire sortir. Suis arrivée au milieu de l'interrogatoire. Il était entourée d'une dizaine d'hommes. Encore un carnage signé Réponse. Mais Ted y est resté. De nouveau dans la rue je tombe le masque, et je reprends une attitude calme, une jeune femme respectable rentrant chez elle. Je prends mon temps, fais quelques détours pour m'assurer que je ne suis pas suivie.

Aveugle, immobile dans la cuisine, j'écoute la respiration de la maison. Je pleure en silence. Tout est noir désormais, il n'y a plus que ce fin trait doré, tout en bas de mon champ de vision. Un bruit. Puis un autre. Ce n'est pas le pas de Ciam. Non. Écrasé sous le poids de la Lune j'attends. Peut être qu'en me concentrant j'arriverais à écarter suffisamment longtemps la Lune Noire de mon esprit pour comprendre quelque chose à ce qui se passe autour de moi... j'étouffe un rire amer. Écarter la Lune de mon esprit ? Alors que je ne suis plus rien d'autre qu'elle ? Que les jours passés avec Ciam s'effacent peu à peu de mon esprit, remplacés pas une douleur sourde dont petit à petit, l'objet s'efface de mon esprit ?

J'ouvre la porte silencieusement. Quelque chose cloche. Je m'engouffre dans le couloir obscur et j'essaye de m'approcher de la fenêtre.
Alors que je traverse la flaque de lumière provenant de la cuisine Blackmoon en déboule soudain et ses bras se referment sur moi. Il frémit puis crie, une fois, puis une autre. Je le sens défaillir.
« Des dagues Ciam, comme lorsque je t'ai rencontrée. Je m'en souviens tu vois... mais la lune est pleine Ciam. La lune est pleine... »
Sa chaleur disparaît et deux dagues tombent au sol avec un bruit sourd. De nouveau libre de mes mouvement, je les rattrape, les lance au hasard, cours vers la fenêtre et saute. Je me reçois difficilement, me coupe sur les fragments de verre, me relève comme je peux. Je cours, escalade une façade et rejoint les toits. Mon seul refuge.
Blackmoon... il a disparu simplement. Repartit comme il était arrivé. En me sauvant la vie. Mais cela n'a servi à rien. Ils ont vu Réponse démasquée.
J'espère qu'au moins cette lune qui te hante t'a sauvé, mon ami. Qu'elle t'a amenée en un lieu ou tu pourras être soigné. Tes pleines lunes te déplacent, j'en suis sûre désormais. Tu es en sécurité je pense, tu es en sécurité et déjà tu m'as oubliée. Pour toi c'est un nouveau commencement. Mais pour moi, pour moi c'est le début de la fin.



Je suis assez mitigée sur ma fin, mais bon, je serais peut être amenée à la modifier. Ha, et pour ceux que ça intéresse, j'aimerais bien proposer Blackmoon pour "les galimafrées de héros ..."  Évidemment il ne se souviendra pas de cet épisode... mais Mica si  ;)
Voilà, voilà... c'était compréhensible ou pas ?
« Modifié: 28 Novembre 2008 à 21:50:14 par sahiqa »

Hors ligne Kailiana

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Re : Lune Noire
« Réponse #1 le: 01 Décembre 2008 à 21:08:48 »
Oula...  :-[

Pas sûre d'avoir tout compris. Et, pour tout avouer, j'ai eu du mal à accrocher.

Mes commentaires, un peu en vrac : Il y a plusieurs personnes qui parlent en "je", non ? Je ne comprends pas pourquoi il y a d'un coup plusieurs narrateurs...
Ensuite, j'ai pas compris le truc de la "lune noire". Pour tout avouer, ça m'a rapidement... ennuyée, je ne comprenais pas trop, et du coup la chute est tombée à plat.
Ensuite au niveau du style, lorsqu'il parle à Lune Noire, pourquoi n'utilises-tu pas l'inversion verbe/sujet ? Ca ferait bien plus joli. Et aussi, j'ai trouvé qu'entre les moments où il parlait en "je" (je de narration) et où il parlait durant les dialogues, le ton était très différent.

Bref, pour l'instant, je n'accroche pas  :-[ Principalement car je n'ai pas compris où tu voulais en venir... j'ai bien plus aimé "Réponse". Il faudrait d'autres commentaires, voire si d'autres pensent différement.
Si la réalité dépasse la fiction, c'est parce que la réalité n'est en rien tenue à la vraisemblance.
Mark Twain

La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi.
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Hors ligne sahiqa

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Re : Lune Noire
« Réponse #2 le: 03 Décembre 2008 à 18:00:49 »
Citer
Pas sûre d'avoir tout compris. Et, pour tout avouer, j'ai eu du mal à accrocher.

Heu... je comprends. Le concept de base est très étrange, et ça fait un moment que je me demandais comment le rendre intelligible et... bon encore raté apparemment  ><.
Va peut être falloir que je réutilise en simplifiant...
En tout cas merci d'avoir eut le courage de lire jusqu'au bout. 

 


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